‹ Abraham Du Quesne et la marine de son tempsChapitre 18 sur 32 · XXIV · texte numérisé non relu

XXIV

M. de Valbelle, quand il put mouiller devant Tripoli , envoya à terre un député du commerce de Marseille, M. de Saint-Jacques,

I U. Jean de Betle-lte-Erard, oitiÀrreilirai el fort employé, — on* pn le voir, — jtoil entre dwi la nuiiiKi iieu âne coiamiuion de lieuleaiat de nÎMesn, 1b 90 juillet ISeS. U d.:iinl capiliina le 1°' man ]fiT3. Nous ignoraoi à qnelU époque il se CDtivertil; msii i;i:rlaiDi.'[ueal il quilla l'Églisi: de Genève pour celle de Rome, car il enl une charye de Chef d'cscadm le 1"- janvier 1T03. Au combat de Maliga, le 34 loai 1704, il fat tué inr la ïnisteau le Ua}mfi({i.i qu'il montait. ^1

37C ABRAHAM DU QUKSNE.

pour parler de puis avec le souverain de eetlo Régence. Celaw aux ouvertures qui lui étaient failes, répondit qu'il ne pouvait r résoudre sans sa milice qu'il fil assembler. .La milice, au mol de psisj') répondit par le cri : Guerre! Guerre! "Il n'y a, dirent ces soldats, <i que la guerre qui oous fait vivre, les prises nous nourrissent. Avec " la paix , il nous faudra brûler nos vaisseaux et nous retirer aux " montagnes. ^ M. de Saiul-JacqueG les menaça d'une armée de (rente galères, appuyée d'nne forte escadre de vaisseaux. — ■ » Venez et " nous vous recevrons bien. Mais toutes vos menaces ne nous empé- " cheront pas de faire un présent à votre général, a Et eu effet, ils envoyèrent au Chef d'escndre trois bœufs, quelques moutons et quelques douzaines de poulets. M. de Valbelle ne voulu! p reste avec les corsaires, et les .i régala de liqueurs et de quelqot coliGcbets n . (M. de Sainl-Genies à M. de Villermonl; 1680.) M. de ,Valbelle revint à Toulon à lu fin du mois d'avril; ij 7 mars, il désarmait. (Le même au même, 3 mai.)

= Louis XIV n'avait pas vu de vaisseaux, autrement que dans 11 dessins de MM. I>uget et de La Rose, et sur le canal de Versailles, I flottait une escadre en miniature, c'est-à-dire depuis l'année 1641^ alors que le Roi était dgé de neuf ans. Le spectacle qu'il avaït eu H Dieppe s'était sans doute cfTucé de sa mémoire, et dès loogt^npr-' M. Colbcrt nourrissait le projet de conduire le souverain dans un port, afin de lui faire voir des navires manceuvrant, évoluant, et pour ainsi dire en vie. Le mener à Brest, à Toulon ou à Rochefort , l'arsciul^ de nouvelle création qui est de nature à l'intéresser beaucoup, < difficile, impossible même. Dunkerquc a moins d'imporlance que It trois grands arsenaux où se font les armements considérables, raaii il en a plus que le Havre et que Dieppe. D'ailleurs, Vaubun viei d'rtjouter à ses défenses , et d'un même coup d'œil le Roi verrait L travaux du génie et l'action d'un " homme de guerre " , comme disent les Anglais du vaisseau (man afttar). Il n'est pas entré encore d^. vaisseaux de guerre dans le port étroit de Dunkerque , mais un bâli.^^^ ment d'une grandeur moyenne pourrait peut-être y entrer, en P""^^^ sence de Sa Majesté. On s'informe et l'on apprend que le port ^,^ "" assez large pour recevoir un navire de 64 canous et de neuf c^^^*'' tonneaux. Ce n'est pas l'avis do tous les pilotes; mais un ingéni^ ^'* M. de Combes, affirme que ces timides ont tort. M. Colbcrt e^^^^"^' tient doue le Roi de son projet . el Louis XIV l'agrée. Ce seriv ^trt^ lui el pour la Cour un voyage de plaisir; M. de Seignelaj W Jx'U''

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iera, M. Colbert soulTranl beaucoup de cette gravelle qui le tour- I mente depuis quelques années. Alors M. de Seignelay donne ordre (25 mai) à U. de Lbéry d'armer l'Entreprenant, de telle sorte que, de su beauté, le Roi conclue à la beauté de ses autres vaisseaux. Il ie fuudra bien peint, doré, orné de sculptures délicates, et monté par un équipajge i de très-bons hommes et fort ndroita à l'exercice , n tant de matelots que de soldats. Vous savez assez de quelle coiiti- ■B çvence il al pour vous que œ vaisseau donue satisfaction au Roi n , ^crit le secrétaire d'État.

I L' Entreprenant élaii à Brest. Construit dans ce port, en 1678, P BOUS le nom de Rubis, le 21 mars 1G80 il avait changé de nom. Le chevalier de Lhér^' n'eut avec lui qu'un capitaine, M. de Pallières, mais on lui donua quatre lieutenants et deux enseignes. \^ Entreprenant devait se rendre à Dunkerque du âO au 30 juin, ayant soin u d'éviter la rencontre de tous les vaisseaux anglais • . M. de Lhéry exécuta ponctuel lemeul les ordres du Ministre, et, le 36 juillet I68U, il était à l'ancre sur la rade de Duukerque, lorsque le Roi , la Reine , le Dauphin et la Dauphine arrivèrent dans celte ville , dont lui présenta les clefs M. le Maréchal d'Cstrudes, gouverneur, qui était accompagné de M. de Vauban et de l'Intendant,

^lf. Desclouseaux. Le lendemain, malgré les craintes que lui avaient inspirées les pilotes, de qui l'opinion bien arrêtée était qu'il n'y avait pas assez d'eau dans le chenal pour un navire de la grandeur de V Entreprenant, le chevalier de Lhéry leva l'ancre, et, sous voiles, entra dans le port à la grande 'satisfaction et au grand élonnement de la population et des pilotes. L'opération réussit à merveille, et comme on félicitait le chevalier, il répondit avec modestie que Dieu avait fuit un miracle en sa faveur.

Le mot miracle dont il se servait , chacun le prononçait avec une conviction qui choqua un esprit fort, un certain M. Biffant de ChàtGau-Guilhuine, qui avait une charge de commissaire de marine. 11 •;u plaisanta longuement et lourdement dans une lettre au rédacteur de la Gazeltt, l'ahhé Bernou, lequel se donna bien de garde de l'imprimer. M. de Lhéry , à en croire M. de Château-Guillaume, ^tail un homme , u bien rempli de mauvaises qualités, le plus emporté 31 et le plus violent homme du monde que j'ai jamais connu. Cepen- -ri dant, c'est vn homme de bien, et cela n'empêche pas qu'il ne ioil „ /iépol ' . » U ne dit pas tout à fait que c'était un poltron , mais il se

I Lalellre de M. ChîUiu-GuilUDnie eit à la Bibliothèque NalioiuJc parmi Jet

moque de sa prudence qui alluil à ne pas s'exposer A pcrdro ud beau vaisseau que les pilotes, de vieux officiers de mer, comme M. Panelié, et le public avec enx, tenaient pour Irès-compromis. Nous ne savons rien du caractère de M. de Lliéry, mais sa bravoure nous est connue, et nous In verrons bien sartîrmcrde nouveau. Le chevalier ne redoutait rien pour lui, mais il pouvait craindre de perdi navire que bien des gens croyaient condamné à un naufrage dan* port.

Quant la Cour eut quitté la Flandre, lechevalier de Lhéry ordre Je charger sur X Enlreprenùnt cent pièces de canon et de les porter dans le Itonssillon; cela fait, d'aller à Villefranche pour prendre et conduire à Lisbonne l'Ambassadeur de madame la di chesse de Savoie. Il partit de Dunkerque le 29 août, et le 10 lembre, comme il était près de l'embouchure du Tage, il ap( deux vaisseaux auxquels il alla hardiment. Ces navires arborèrent W pavillon portugais ; M. de Lhéry hissa le pnvillon de France et força de voiles pour s'approcher des deux élrangers. Quand il fut à la portée de la voix, il demanda à l'un d'eux le salut. D'abord on ne In»

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