Lu ronunrier
Dible,
. Coar
accompBgna 11 IcUre d'ana doIb où El dil eil qu'ilori la piitlé du Roi «ngmenUDl ne , le cheialier dv Lër; (<i>j, en bon conrli
altrlbn* et peu profand. ce qui eit bi de maaviJiB foi que coulndït lier esl un ■ bamoB do bion, dévol, si \e moade uîl dono que M. de Lbérf
li Hait
1 d liiT
tec aon amour pour madama da rliioo, poor prtudre l'air da 11 ■ (non. mais dans la port éiruil différenl) • i un nurocfe. ■ RjœarqnB ridiculg et da Cbltasa-GuilUum*. lequel déclara qua le dwiaoul le niDiide regarde camma Ici > . loal piété qui la à la déFOliou; w détalioo itance et de rourtiianerie. Quel courtisan qu'un aFficier qui n'était pai compte k Saint-Garmain, et dont noiuoe ta dei écrÏTain< dn lempi qui ont parlé de la Conrel d(t«, du Roi ! Si la dévotion da chatatier aùl M iHure -* ^ luillaame n'eût paa oublié de «iguiler ce Irait d'bjpocri*^^ it de M. de Lhory. Au reilo, ai (e chevalier eat maUr^t Cattut, U. Dnclonieani n'eel pai mené plu> doucam^.»^ I n'eil pai plui épargne. Il cit «rai qae U. do CMi^J^
lOfuDi le nom cité par a
fuDilien dsi aulichambi
courtisan. II. de Cbâleai
qui aurait aclifvj le por
par te correipondaul de
et U. da Vauban lui-mi
Guillaume écrivait lou)
magnifique éloge, et qui, tout grand qu'il pill élr
Viuban. M. Engine Sue, qnl nulle M. de Lh^ sur ai tîniidilé. ne le loue pi%
sa fermeti dani une action de guerre qaa noua allona manliouper. 11
le rnmbal dn 10 loplenibre IfiSO, ou, i'il le connut, il ia diipeitu
ne paa montrer courageui ce dévot qui cro;ait à un miracle. {Sur M. de Lhéi^ ^ P^
d-deaRit, pagaa IDl, 14», ITT.) ^ "V»!
.Hait pas > la cheiiHc de \^^ "
renp.rl(^.^»/W
mV MARtNG DU \V|[o SIÈCLE. 379
répondit pns; il réitéra sa demande, il laquelle on Gnit par répondre qu'on avait ordre de ne saluer que les officiers généraux. — i Je ne « suis que capitaine et vous saluerez mon puvillon, ou je vous con- » tniindrai par la force à le faire. « Les Portugais se couvrirent alors de toile, manœuvre qu'imita l'Entreprenant. Si la fuite fut prompte, la chasse fut vigoureusement appuyée. On se rejoignit à la Gn. M. de Lhcry avait le vent snr les Portugais , et il commença le combat . La mer était grosse, et sa batterie basse, à demi noyée par le poids des canons arrimés dans sa cale, ne pouvait lui servir. Il lit si bien de sa batterie haute que les Portugais furent désemparés après une lutte de deux heures et contraints de se rendre à discrétion. M. de Lhérp leur ordonna de le saluer de quatorze coups de canon , reçut te salut auquel il ne répondit que par trois coups, humiliation dont n'étaient pas en mesure de se venger les vaincus qui avaient perdu beaucoup de monde. Le chevalier n'avait qu'un blessé, M, de Beaujeu, un de ses enseignes. Cette fois encore, M. de Lhéry aurait pu dire que Dieu avait fait nn miracle en sa faveur. Le dévot était un vaillant.
= Nous avons Qlé plusieurs fois le nom du chevalier Dromoa de Saint-Génies, un des correspondants de M. Colbert de Villermont. Cetonicier, qui ne s'éleva pas au-dessus du niveau des hommes médiocres de son temps, nous an-élera cependant nn moment , si l'on veut bien nous le permettre. Il avait de l'ambition. Kn 1680, bien qu'il n'eût rien fait qui put le recommander à la faveur de M. Colbert et à la bonté du Roi, bien qu'il edt une commission de lieutenant de vaisseau seulement du 1 3 janvier 1 677 , il songeait à devenir capitaine de vaisseau et se cherchait des protecteurs assez puissants pour lui faire monter ce degré difGcile il gravir. Il en écrivait à M. de Villermont , qui avait pour lui de l'amitié et qui , bien placé dans le monde , était en mesure de faire réussir une entreprise pour le succès de laquelle le chevalier n'était pas hbre d'agir lui-même , étant à Toulon , où , d'un moment à l'autre , l'Intendant pouvait le désigner pour un embarquement. Ses lettres h M. Cabarl étaient pressantes. Il s'agissait de la promotion qui serait connue le I" janvier I68I. M. de Saînt-Gcnies aspirait à s'y voir compris. On disait que le travail avait été fait t dans La nuit du 16 au 17 décembre '" ; mais, ainsi qu'il était arrivé plusieurs fois, on en retarderait peutêtre la publication de huit jours ; il fallait donc agir prompteraent. La promotion, selon M. de Saint-fienies, serait considérable; on avait slgniGé aux officiers de u la religion prétendue réformée 7> que
380 ABRAHAM Dit OlIESNK. lOSO
le Hoi leur donnait, pour se rallier à l'IC^iUc de Rome, seulement jusqu'au miiis de novembre ; el ils u éloieat tous résolus à se laisser n casser plutol (|ue de se convertir " . ( Lettres des Iti novembre et 25 décembre.)
M. el madame de Vilkrmont s'étaient mis en quête de personnes ayant de Tinfluetice sur M. Colbert et sur sou fils, qui disposoieut & peu près de l'esprit du Roi, ou de celles qui avaient l'oreille de Sa Majesté. Ils avaient découvert un Père de l'Oratoire et puis uoa dame, laquelle demandait pour son entremise • quatre cents pi^ loles n . M. do Suint-Genies , sans fortune patrimoniale , trouvait Is condition bien dure, quatre mille livres! et disait AM.Cabart : "Vous n pouvez l'assurer qu'on lui donnera une année entière du revena i> qu'a un capitaine de vaisseau. ■> La dame en question croyait qoe ce revenu était de douze mille livres , et M. de Saint-Geoies, pour dire le vrai de la position, répondait : i M. Du Quesne " {Henri, le fils d'Abraham) u vous dira qu'ils " (les capitaines) i ont quarante* » sept écus [141 livres) par mois, el quand ils servent, deux cent! « livres par mois et nourris m (c'est-à-dire ayant des frais de table). " Après avoir resté six ou sept ans comme cela et quelquefois d.avaitn tage , ils montent en pied des navires » (c'esl-à-dire qu'ils eu ont le commandement), u M. Ou Quesne vous dira que les capitaine! » s'y ruinent, et voilà les 12,000 livres de rente! °
En même temps qu'on agissait auprès de la dame aui quatre cents pistoles, on cherchait à gagner à la cause du lieutenant l'Abbessedi Fontevraull, Madame Adélaïde de Rochechouart-Morlemart, dont le crédit était grand. Seulement l'illustre Abbesse demandait une somme de trois cents livres qui dépassait les moyens du protégé. > h. n l'égard de la somme , disait-il ,- c'est un peu trop que trois centc n livres; à deux cents j'allois à mon aise et les donnois sans beanr, n coup ni'incommoder; pour le reste» (100 livres), " si vous l'aves^i 0 promis , il faudra bien l'accomplir et j'aurai beaucoup de peine, if Madame Adélaïde de Rochechouart ne voulait pas faire un ma de dupe ; elle prétendait ne pas s'employer dans cette aftaire avoir des assurances ; c'est à elle que les bureaux de M. de Seignelay donneraient le brevet de capitaine ; elle le retiendrait jusqu'au parfait payement des trois cents livres, x Quand vous me mandei " qu'on retiendra ma commission , cela ne me fait aucune peine " car j'ai bonne envie d'exécuter ce que vous promettez , et en cj n qu'il manquât quelque chose, je vous dunuerois des billets suri
3gj ABBAHAU DU QUESNE. 168i-U
liFulcnant, u si on eût agi de ce côté do|)uis deux mois. Madame B de Morlemart " (ia {Ille de M. Colbert, femme de M. Louis de Morlemart, Lieulenanl général des galires) >; eût bien fuilcela; it/aïf n dra s'eti tervir l'année prochaine, et, au cas que tonte la peine que » vous et modamo de Villennont vous donnerez soit encore inutile, n H faudra aller planler det choux ou bien aller à Malte « (BCirir sur les galères de la Religion , comme ses frères les chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem).
M. le chevalier de Lhéry fut fait Chef d'escadre le 2 jamrier 1682; — il l'ai'ail bien mérité — et, parmi ses aines, aucun ne donna sa démission. M. de Saint-Génies n'alla point planter des choux et ne retourna pas à Malte. Il vûl bien l'ail de prendre ce parti. Il fut embarqué comme lieutenant sur le Cheval Matin, qoe quittait M. de Lhéry et qu'on donnait à M. le marquis de La Porte, et le I" février, il écrivit à M. de Villermont : « Nous allons croiser « à la mer... Notre navire a 4-4 canons et deni cent cinquante n hommes d'équipage. Je vous prie de presser, s'il se peut, les fortes ï> sollicitations pour obleuir présrnienient qu'on me fasse capitaine; » je me rapporte là-dessus à mes précédentes (lettres), Soyea bien » persuadé do ma ponctualité. <■ Le marché n'était donc pas rompn, s'il n'était pas réalisé. Les protecteurs n'avaient pas refusé de servir lo lieutenant du Cheval Marin. Lu faveur de madame de Moulespan baissait, mais non pas peut-être celle de madame de Tbianges et celle de l'Abbease de Fonlevraulf; ces dames conlinuérenl-elles k s'occuper du chevalier, ou abandonnèrent -elles un .solliciteur qui n'avait , pour payer les peines qu'on prendrait de nouveau , que lei trois cents livres qu'il faisait entrevoir? Elles ne lui manquèrent pas, mais elles n'obtinrent pas la commission de capitaine de vaisseau qu'il voulait avoir. Le 12 janvier 1681, il fut fait seulement cai»laine de fréi^ate légère'. Francbement c'était assez. Il semble qiutj M. de Satnl-Cenies aurait dû se montrer content; il n'en (ut rieafj Celte position l'humiliait, et, le 8 octobre 1684, il écrivait k M. Villermont : u Dites à M. de Bonrcpos qu'il est vrai que le poste de ■ frégate légère m'est insupportable ; qu'il n'y a Jamais eu de chevs^
■ G« a'éUil pu inn rompis; oisii li penonae qai roceTsit Is moàttU ■Uiiiit pu lui répuudre ce (ju'un pïfUu répuadil 1 luii Migneur. Celui-«i loi «lit dit : • Cherche Fcaime. cl ji la dolcni de cent écu*. ■ Le pnjsïii chercha, trouv* Et amena » Ëaneie au chiloau pour ta prûcuter au leigncDr : • — Elle n'eit pu b«lh| la Folurel — ^ Bh J inonwîgnenr, que voulci-ious avoir pour canl écniî .
1680 MARINE DU XVII« SliCLK. 88S
» liers de Malte qui Paient occupé , après avoir été lieutenants. » Gentilhomme , il lui répugnait d*étre en un rang qui était d'ordinaire occupé par des roturiers ou des hommes de très-petite naissance. Le dégoût ne le porta cependant point à quitter le corps où il espérait toujours obtenir de Tavancement. U resta sur Tétat de la marine jusqu'à la fin de 1687. £n novembre, il fut accusé d'avoir commis une action criminelle dont on ne put cependant le convaincre, et il fut cassé au mois de novembre. Que devint-il? Put-il aller à Malte? C'est douteux. Mais que nous importe le sort de cet honmie, dont nous n'avons parlé que pour signaler l'intrigue où fut mêlée, pour quelques centaines de livres, une fille de la maison de Mortemart, une Abbesse, intrigue qui ne fut peut-être pas la seule de son genre, et que M. Colbert ne soupçonna sans doute point.
= On avait institué des conseils de construction auxquels assistaient l'Intendant du port, les maîtres charpentiers, les officiers généraux et les plus expérimentés des capitaines , « les officiers qui navî«- « guent les vaisseaux étant plus capables déjuger de ce qui doit être » observé dans leur construction que les Intendants et les charpen- » tiers. r> (Lettre de M. de Seignelay à M. de Seuil, 7 novembre 1679.) Ce qui touchait à la construction était l'objet de la constante sollicitude de M. Colbert ; aussi, quand M. de Vanvré proposa d'établir à Toulon une école de construction , le Ministre approuva hautement ce projet (26 avril 1680), et, le 11 juin de la même année, il écrivit aux Intendants Demuin, de Vauvré et de Seuil :
tt Sa Majesté ayant résolu d'établir à Rochefort (à Toulon et à » Brest) une école pour la théorie des constructions, pareille à celles 9 qui ont été établies pour le canon et l'hydrographie, vous devez t» vous appliquer à chercher quelqu'un qui soit capable de tenir cette D école et qui sache asses le fond de la théorie desdites constructions t) pour l'enseigner. Il faudra qu'il ait le talent de s'expliquer assez » clairement pour être entendu par les officiers de marine, et, pour » cet effet, Sa Majesté veut que vous consultiez avec M. de Tourville « (on écrivait à l'Intendant de Toulon de consulter Do Quesne et à celui de Rochefort de consulter M. Cabaret) « quel des charpentiers » il estimera capable de cet emploi. » — Le 15 juin, M. Colbert prescrivait aux officiel^ d'assister aux conférences tenues sur la construction , et souvent ensuite « il se fit nommer les personnes qui se montraient assidues à cet enseignement et celles qui le négligeaient. Mauvaise note pour ces derniers.
390 AURAHAM DU QUKSNE.
joindre Du Quesni;, qui mil sous voiles ayunt
ISSl'l
ilement quatre vai^ seaux, le brùlol et le Bienvenu. Cette flûlc ))orluit une partie des vivres et des rechanges. Le l'oilé et le Trident, portant le reste , partirent de Toulon que le Iti juillet, sous l'escorte du Fleu\ (Lettre de H. Levasseur au Ministre; 6 noùt 16H1.) Le Fort i jnit l'escadre à Cerigo.
Notre chapitre 11 (pages 16 et suiv), contenant le récit campagne qui eut pour principal incident la canonnade de (!23 juillet 1681), et qui, compromettant d'abord rufCaire du Si lui fit faire cependant un grand pas, nous prions le lecteur de se reporter à ce chapitre, où se trouve toute l'histoire de la revendication du siège d'honneur par les Ambassadeurs de France i la Porte. Lorsque la nouvelle de l'arfaire de Scio arriva à la Cour, le Wj écrivit à Du (^uesne :
<i J'ai éié fort salisfail de tout ce qne vous svei fait en celte occuiODi espiirant que le mauvai» état où voua avez mis ces vaisscaiii sera mi pni» sont motif pnur obli>|Rr le gouverneur de la ville à accepter les rondilioiu de paix que vous devez leur proposer. Mais il seroil fort à soutiaiter qaa voua joIgnlsBiez à ce premier avantage la prise de quelques vaisseaux aaires, el j'espère que vons en trouverez occasion avant la ftn de la pagne. » (Arch. de la Marine, Dépêches, 31 août 1681.)
Avaut de perdre de vue l'escadre des Cyclades, que doue revenir en 1682 , notons un détail de son armement. Du Quant demanda pour commander sous lui le Ferme , comme premier capitaine, son neveu M. Du (^>uesne-Guiton, en qui il avait toute contiance. M. de Seigneliiy ne se rendit point à ce désir. Il avait désigné pour premier capitaine le chevalier Digoinc du Pallais, dont la mission était du 13 janvier 1677 ; il maintint son choix et ordoi à M. Du Quesne-Guiton, capitaine depuis le 7 février 1(378, de sei en second sur le Ferme. (Lettre de M. de Seignelay, !> avril 1680.)' DuQuesnefut obligé de se rendre; mais, le 12 avril, on lui donna comme un de ses ecisei^nes M. Du Quesne-Aloros , son second file, {Voyez ci-dessus, pajie 358.)
M. Du Quesne-Guiton allait faire la campagne avec son onci qui l'aimait beaucoup, l'estimait fori comme marin, el peut-^tr* aussi voulait le soustraire aux instances faites par M. de VaavM auprès de lilî pour le faire abjurer. M. Du Qucsne-Guiton, si l'on em croit rintendaul, était u dans le dessein de se faire catholique; l||<| présence de son oncle, disait M. de Vauvré, le relient pour un lempl
1«81 MARINE DU XVII« SliCLE. 3S7
seulemeiit; mais elle n*auroit plus d^effet si ud mariage qu*il poursuit avec une veuve catholique qui est riche se pou voit faire. Cet établissement Tengage à rester à Toulon. » (Lettre de M. de Vauvré à M. Colbert, 17 janvier 1681.) Le 25 mars, Tlntendant écrivait :
u Le sieur Du Quesne-Guiton est dans la disposition et volonté de se convertir. H va tous les jours au sermon et m'a assuré qu'il étoit vrai" ment catholique. Cependant, je ne Tai encore pu résoudre à Tabjuration; le bean-père de la venve qu'il vent épouser s'oppose à son mariage. Étant obligé de se ménager avec son oncle , qui le demande pour servir avec lui, je crois qn'il est à propos qu'il fasse la campagne pendant que je tâcherai de tourner l'esprit du beau-père, et^près laquelle il me promet qu* il changera de religion, de manière ou d'autre. »
Le mariage n*eut pas lieu; M. Du Quesne-Guiton se convertit plus tard. En 1692, il épousa mademoiselle de Vautron, huguenote si mal convertie qu*on la mit dans un couvent où elle resta jusqu'en janvier 1 695 , et d*où elle sortit u sur la promesse de tenir une autre » conduite qu'elle a fait sur la religion. » (Lettre de M. Michel Bégon, Intendant de Rochefort.)
= Au mois d'avril 1681 , mourut le marquis de Martel, Lieutenant général depuis le 26 janvier 1656. Il était capitaine de Tamiéc 1637 et avait été pourvu d'une charge de Chef d*escadrc en 1643. C'était un ofGcier très-distingué qu'une lettre malencontreuse , dont nous avons dit les conséquences pour lui , perdit dans l'esprit du Roi , et qui ne se releva pas de ce coup qu'il avait voulu porter à M. d'Ëstrées, et qui le blessa lui-même. (Voir ci-dessus, pages 114 et 121.)
= Le 17 avril 1681 , le chevalier dç Valbelle mourut à Marseille. (Lettre de M. de Vauvré à M. Colbert.) M. de Valbelle servait depuis quinze ans ; c'était un fort bon et fort brave ofGcier qui attendait une commission de Lieutenant général , à laquelle il avait certainement des droits. La tournure de son esprit qu'aiguisait une malice impitoyable nuisit peut-être à sa fortune ^
M. de Valbelle terminait sa carrière quand Jean Bart conimençait la sienne dans la marine royale. Depuis qu'il avait en sa commission de lieutenant de vaisseau, — on se rappelle que ce fut
^ Le Gheralier de Valbelle (Jean-Baptiste), en quittant Malte, entra dans la marine royale, le 6 mars 1666, avec une commission de capitaine de vaisseau. Noos avons dit qu'il fut fait Chef descadre le 23 décembre 1673; il Boanit le 17 avril 1381, i U Reynarde, près de MarteUIe. (âreh. de Ja Uarîae; alphabet de LafiU#iiL}
SS8 ABRflHAU DU QtESNK.
1 en janvier 1679, — il n'avait pas navi<]iié. Il était à Dunkprque, \ MteDdant un embnrqDemcDl, lorsrju'une circonstance fortuite lui offrit un commaadement . M. Vauderest, dans sa Fie Je Jean Barl, dit (chap. i) : a 11 servit en cette qualité » (de lieutenant) «jusqu'en » 1681, où (sic) Colbert lui Qt donner le comoi an dément de deux
n frégatts pour aller croiser contre les pirates de Salé. Il est
« l'unique oflicier de ce grade qui , à celte époque , ail été char,^é 1 d'une telle mission. " Ceci n'est pas tout à fait exact. Voici le fait, tel que les documents ofCciels nous le font connaître. Le Roi prélail aux armateurs, pour faire la guerre nus Barbaresqucs, ceux de se» vaisseaux légers donl il n'avait pas besoin. Un Dunkerquois possesseur de navires, M. Omaer, conçut !e projet de faire un armement de trois bâtiments ; il avait le Dauphin et une petite frégate de huit canons, et désirait leur adjoindre la Mignonne, frégate de l'Etal. plus grande que le Davphin. Il la voulait prendre à fret, moyennant les rondilions ordinaires. Le Roi consentit au marcbé. M. Oma^r demanda à fréter une barque longue, appartenant au Roi, h la place de sa frégaline de huit canons, qui était encore en course. X^Auwrét lui fut accordée, à la condition qu'il remplacerait toutes les choses consommées et lo petit navire lui-même, s'il était pris ou s'il périssait dans la tempête. M. Omaër demanda que » la Mignontte EUs " montée par le sieur Raert, lieutenant de vaisseau entretenu à D r kerque, qui est de celle ïille, lequel commandera les trois nnvini :' et enfin que ses appointements soient payés par le Roi. n (LettrË* de M. DescIouzeauK, 10 février 1681.) M. Colbert lit accepter ces dernières conditions par Louis XIV. Seulement, Jean Barl voulait que, pour ses appointements, on le traitât comme un capitaine de frégate légère; mais ce point ne fut pas accepté.
Jean Barl était tout naturellement désigné à M. Omaër, et sons doute l'ancien corsaire inoccupé, qui voyait l'occasion de faire encore de la » caprcrie » , s'était oITcrt à l'armateur, qui no pouvait mieux choisir. \,3l Mignonne ne '^Xal pointàJcan Bart. II la trouvait impropre -^ à l'eipédition projetée, - n'ayant qu'un pont ■> . Il demanda m'o»—^^ lui donn&t la Vipère, à laquelle on fit un second pont , car elle aus^^^^ n'en avait qu'un ; mats elle avait apparemment des qualités qui ^-- ^ reconimandaicnt à son capitaine. Il eut la Vipère, qui , le 19 a"~ sortit des mains des calfats. (Lettre du 19 avril.) Le 10 mai, • • Vipère, appartenant au Roi, et le Dauphin du sieur Omaër ét^ y à quai » pour embarquer leurs vivres, qui, le 14, n'étsieix%
Ifl» MARINE DU XVIt* SIÈCLE. 18'J
complètement k bord. Prêts à partir le 1" juin, iean Batl et son camarade — dont les lettres de l'InlendaDt Dcsclou^eoux el celles de M. de Seignelay ne nous font point connaître le nom — étaient retenus par un fort vent de N.-N.-E. Ils purent cependant mettre à la voile le 3 juin.
M. Dcsclouseaus écrivait le 8 juin : n J'ai eu l'honneur d'écrire à a Monseigneur (le 3) que les frégates armées par le sieur Omatr * étoient enGn sorties i la mer ; mais ce n'a pas élé sans peine. > M. Vanderest Gxc le départ de cette escadrille au 17 avril; on voit qu'il fut mal renseigné. La course, quoique bien dirigée et fuite dans les parages fréquentés par les Salélins, n'eut qu'un succès médiocre.
Le 2 août, M. Dcsclouseaux écrivit à M. de Seignelay : I 'I Le rapitaine Wacrenier, » — c'ëlait un corgaire de Oirakerqiie qui avait de la répatalion — <• ayant passé k Lisboonc, a rapporlû une lettre in aicur Baert, qui roramande les vaisseaux arnids ici contre les Salétins, adressante au slcur Omacr, qui cq envoie copie à Monseigneur, par laquelle il verra ce que les capitaines couimandaiil ces frelates ont fait, et qu'ils ont bonne volonic. ^ (ArcLives de la Marine.)
La copie dont il s'agit a disparu, ainsi que toutes les lettres do I Jean Bart ; nous en connaissons heureusement le contenu par un extrait de la main de M. d'Hamecourt , ancien premier commis des Archives de la Marine. Cet extrait a été relié dans le volume des caïupsunesde 1681, et en voici les termes : u Lettre de Jean Bart. — n II rend compte qu'étant de conserve avec M. àe Béihune , îl a fait » échouer sur les câtes de Portugal deux corsaires salélins, l'un de 1 Vi canons, (> pierriers, 130 Maures et 18 chrétiens; l'autre de n 14 canons, 105 Maures et 15 chrétiens. -^ M. Vanderest, qui ne connut ni cet extrait ni le volume des Ordres du Roi pour l'année 1681, raconte la campagne de Jean Bart en ces termes, qu'il emprunte à M. Eugène Sue (Uitloire de la Marine, édition de 1838, tome 5, p. 135) : u Le 30 juin , il rencontra vers les cotes de Por- Ti tugal deux pirates salélins qu'il se mil aussilàl à chasser. L'un » d'eux rallia une escadre anglaise pour se mettre sous sa prolcc- 1 tion, l'autre fit voile vers les cotes d'Algarve. Jean Barl, après ■ l'avoir poursuivi en le' canonnant , le força de s'échouer. Ce pirate i> était armé de 16 canons et monté par cent cinquante Maures, qui, B après avoir gagné la terre , furent pris par les habitants et délenus 1 comme esclaves... » On voit que M. Siie et M. Vanderest ignorèrent la part qu'eut ù l'affaire du 30 Juin (? les documenta ne nous
3!iO ABRAHAM DV QUKSNE.
uni point appris la date de l'évâncnienl) M. le chevalier de Béthone, avec qni Jean Bart ■ était de conserve > . Ils cnirent qu'un seul Salétin fut attaqué cl canlraint de s'échouer, lorsqu'on effet MM. de Béthune et Bart en lombal tirent deu\.
Comment le chevalier de Bélhuiie fut-il associé à Jean Bart et capitaine du Dauphin? Le voici. M. de Bélbune, capitaine de la fi gâte iuAfuUrte, faisait partie de l'escadre de M. de Château-Renaalt, qui croisait sur les côtes de Frauce. Le Ministre ayant besoin d'un navire pour aller chercher à Lisbonne M. de Guéne,^aud et le porter ù Belle-Ile, désira la Mutine, dont l'armement n'était pas complet, et qui se préparait à Brest. M. de Béthune, en quittant Belle-Ile, devait se hâter de rallier le pavillon de M. de Cbdteau-Rebault. (Lettre du Roi au chevalier de Béthune, 25 mars Itigl.) La Mutine se rendit 4 Lisbonne, et, comme elle était près de l'embouchure du Tage, elle rencontra l'escadrille do Jean Bart. Ce fut peu après cet rencontre que furent aperçus les deux Salétins. Le chevalier Béthune, qui était capitaine de vaisseau', voulant concourir perte de ces corsaires, ordonna au lieutenant de vaisseau rieur, d'imiter sa manœuvre et d'appuyer la chasse aux navires Salé, qui se IrouvaienI entre les bâtiments français et la terre. Bart obéit, comme c'était son désir et son devoir, et les ennei furent vigoureusement poussés vers la côte. Les équipages se sauvèrent, mois pour devenir les esclaves des Portugais. L'historien de Jean Bar! dit , après M. Eugène Siie, que celui-ci " les ayant récla- " niés coDinte forçats destinés aux galères du Roi, on refusa de les " lui rendre sans un ordre du Prince Régent, l'infant Dom Pèdrc. » Il n (Jean Bart) n envoya alors en dépûche son lieutenant à LLsn bonne et obtint, parrentremisedcrAmbassadeurfrançais, M.d'Op- X pède, les ordres requis pour faire conduire les Maures à Lisbonne, > où Jean Bart alla les prendre pour les conduire à Toulon, n ' là-dessus une lettre de M. Colbert àM. le marquis d'Oppéde (6 lljSl , Archives de la Marine) :
a Monsieur, le Roi apprend que le chevalier de Béthune et le rommOD-^ ^ dani des frégates dunkerq noises ayant rencontré deai vaisseaux de S»lé^^ Im ont combattus et forcés d'échouer, l'un sur la cûte, vers ie cip d^^^^ Mondégo ' , et l'autri! dans »n autre ciidroil de la côte de Portugal ; cl, «omtt^^^'l
de
1 Voï«. (oa
', page 586.
39Ï ADnAHUU DU QUKSNE. lASt
Scignela; donna ordre d'armer à Brest, à nochefort et à Toolon'des frégates miseg sous les ordres de MM. de Tourvillc. Cabaret et de Beaulieu, u pour instruire im certain nombre d'ofûcicrs , lientcnaots n et enseignes, dans t' exercice des inanccuiTcs par commandcoienlt n réglés M . La campagne d'instruction devait durer un mois. At. d^ Tourvillc embarqua, outre son étnt-major, où figuraient deux lieu-! tenants et trois enseignes, si\ lieutenants, six enseignes et cinqf gardes de la marine. (Archives de la Marine, Ordres dn Roi, 1681, folio 224.)
= M. le comte de Sourdis se trouvant à Brest avec M. de Châ— ' teau-ttenault , crut pouvoir donner le mot d'ordre dans le port, as détriment de celui-ci , qui, Cbcf d'escadre depuis le 18 décembr& 1673, avait l'ancienneté sur M. de Sourdis, Chef d'escadre 26 janvier 1680. Le comte de Chàteau-ilenault se plaignit de cette' infraction à la règle , et , le 30 avril , le Roi envoya à l'Intendant di Brest l'ordre d'interdire des fonctions de sa cbarge le comte de Sonrdis. (Areh. de la Marine. Ordres du Roi, 1681 ; fol. 195.)
^ M. le marquis de Langeron avait servi pendant la campagne et l'on avait des éloges h lui donner ; mais bien fitire son devoir à U mer n'était pas le seul mérite que devait avoir un officier, 'un officier supérieur surtout. Il lui fallait une conduite régulière qui fi]t exemple donné à ses inférieurs. M. de Langeron, sur ce point n'était pas irréprochable. Iil. de Seignelay, au nom de Louis \1V lui écrivit le 10 octobre IG81 :
■ Le Hui a éié salisfult de votre application et des services que vo' avez rendes peuilanl celte campagne ; mais il ne faut pas que vous coalentiez de bien servir à la mer; il faut élre sage dans ie port et ne pu donner un mauvais eiemplc aux officiers, et je suis bien aise qne Sa Majesté a Été infiirmce que roui tout adonmts beaucou] qui est un défaut essentiel cIil'I tout homme qui a l'hotineur de les vaisseaux de Sa Majesté, n
M. de Langeron ne se corrigea pas de cette habitude ; à cet égard le témoignage d'un homme honorable, M. de CombeiJ capitaine de vaisseau, coimuissaire général de l'artillerie, qui, 15 novembre 1707, écrivant au Ministre, M. Louis Phélip comte de Pontcbartraîn , à propos de la conduite de M. de [ ron , dans l'affaire du siège de Toulon par le duc de Savoie , sa malveillance pour M. de Combes, parlait ainsi :
u J'ai l'hoancur de dire à Monseigneur qu'étant à Versailles , M. le n
Id81-170T
MAHINK DU XVM" SIÈCLE.
quis de LsngerOD voulut a un peu pliu bu de tin que fonileiir Soiicliet ^loit bie trouins lui faire entendre i eela que lui ; it n'y eol po:
temenl... Je fua rendre ci
faire entendre , dans votre anticliombre , ayant quejo dcvoi» vous dire que le martre
•s commis de M. de Pontchartrain) , e le pardooneroil jamais . qu
plus habile que le maitre fondeur Mayère; je lison là-dessus . moi qui avois plus approfondi It de raison qui pât lo faire revenir de son enté* nple de celle coni-crsalion à M. d'Argont n (uc
t homme ne caractère.., n
M. de Combes raconte qn'claot arrivé k Toulon le 8 noienibre, il Cl sa première visite à M. de Langeron, qu'il trouva > tout effaré s . Il alla eosuite chez M. de Vaiivré, puis il se rendit sur les rempnris, «à l'artillerie était en niouv(?ment :
^ Deui
edit
i éloit
I jours ap ris, j'allai chercher M. de Saint-Pater, que I commander la place, que je tronvai à la maison de la fonder M. le gouverneur » (de Provence), u et M. hiiqnel, ingénieur de Is province, et autres qui faisaient leur Cour, qui me présentèrent. Noua eotrdmeB en matière » (sur la défense de la place) «... M. de Lnngeron arriva alors... n (pendant la conférence) ■ Je jetai k vue {tic) sur le portrait de feo M. Du Quesne. M. de Saint-Pater me demanda quel portrait Je regardois là ; je lui dis : D'un grand général de mer, qui éloit SI. Du Quetne. M. de Langeron prit la parole pour lui dire ■ (à M. de Saint- Pater) • que c' éloit un homme de rien. Eh ! Monseigneur, que ce général " (Du Quesne) u se connut bien jieu dan.* celle réplique ! "
Un peu de vin, une bonfTée de cet orgueil qui aveuglait M. de Langeron et ne souR'rait pas qu'on fit l'éloge d'un homme sous lequel il avait servi sans désagrément cependant, produisirent cette réplique injuste, dont M. de Combes se sentit blessé. Le commissaire de l'artillerie , pendant la discussion qui suivit cet incident, trouva M. de Langeron opposé à tout ce que l'on proposait de raisonnable pour l'armement des remparts , chose qui était essentiellement da ressort de M, de Combes; celuî-ci , simple capitaine de vaisseau, se Ironva obligé , par respect , de se taire , se promettant bien de se {ilaindre au Ministre , et sous l'impression du souvenir de celte journée du 1 0 novembre, écrivît le long Mémoire dont nous avons donné les parties les plus calmes, mois dont nous ne croyons pas devoir dissimuler le reste, convaincu que nous sommes de lu sincérité de l'accusateur, qui nous parait d'ailleurs démontrée par le silence que garda M. de Ponlcbarlrain. Aucune lettre, en effet, n'alla des bureaux du Ministre à M. do Combes pour le réprimander et défendre Ja réputation d'un Lieutenant général si vivement attaquée. Écou-
3«4 ABRAHAM DU QUBSNE. 1011-1707
tons le capitaine déchargeant sa rate et , dans le portrait qu'il trae*^ de M. Langeron, n'adoucissant aucun trait : |
u II est presque impossible qn'nn homme qui a (lé obligé de se justifier laot de fois puisse valoir quelque rliose. liue personne peut irianquer par des malheurs iniprÂvus; mais à la premii^re cBUipa<;nc de la Maoche il fui Bci^usé d'avoir commencé le combal n'élanl pas à propos, n
Pendant la campa<]nedc 1600, M. de I.angcron , Chef d'escadre, monté sur le vaisseau la Couronne, menait la troisième division de l'avanl-gardc , contniaiidée par le comte de Château-Renault. Au combal de Bévéziers (10 juillet IG90), il y avait quatorze vaisseaux entre lui et le comte de Tourville qui commandait l'armée. Peut-être ne vit-il pas bien les signaux de l'Amiral -, peut-être une pointe de vin le pressa-t-clle trop. En tout cas , commencer le combat trop t6t était une faute qui n'était point un signe de faiblesse. M. de Combes poursuit en ces termes :
« La seconde campagne de la Manche (1693), on lui fil »on ng*9i ÀyJ famaloire, marchant aui cnni?mis. Moi qui élois son matelot d'arrière ■ (c'est-à-dire qui le suivais et devais être un de ses seconds) u et qui élois tout prêt à coinballre , Je fus à son bord pour voir pourquoi nous étioDS un peu reculés » (en arrière de notre poste) ; » je le trouvai qui faîsoît travailler à s'appréier. Je lui demandai si l'Amiral n'étoit pas plus avance qoe nous; je le menai au compas, il regarda la girouette, puis l'Amiral ^ (le Vaisseau Amiral) ; " jj me dit : Kous sommes bien, et voilà Beanjen qui est trop avancé et se trouvera tantôt embarrassé. Je n'avois encore riea contre lui; je m'en fus à mon bord, et il eut blende la peine à s'en josti- Ger à la Cour; mais il ne s'en justifia point dans l'esprit du corps qui a toujours en du mépris pour lui, et je suis surpris que M, le Maréchal de ChSleau-Renaull ne vous ait pas dit la connnissancc qu'il avoil de son peu de valeur, mot qui l'ai vu traiter plusieurs fois ce général en conversation de coquin et d'indigne de servir [e Roi. Ce Maréchal est peut-être à Paris, on peut lui demander. En conscience, ces sortes de discrétions m'ont lOTijours paru pernicieuses su service du Roi. "
Tout cela es! vif jusqu'à la dureté. Mais M. de Combes invoque le témoignage de M. de Château-Renault, qu'il a entendu souvent maltraiter par M. de Langeron, qui ne traitait bien personne apparemment. M. de Pontehartrain interrogea- t-il le comte de Château-Renault, ou connaissait-il, par les relations de la Cour, le caractère et la conduite de M. de Langeron? Nous l'ignorons ; mais i rappellerons que le Ministre, homme sévère, ne répondit point â la pliilippique du Commissaire de l'artillerie, ce qui
ABRAHAM DU QIIESNE.