‹ Abraham Du Quesne et la marine de son tempsChapitre 4 sur 32 · I. d s»d.. Saur,, .u. p"p'%<*>'y, '// ^. // g ï · texte numérisé non relu

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oieDls de guerre, ruine des nalions iiiarilimcs , système dont on sera désabusé quand on aura dépensé des milliards dans le duel enire le boulet el la carapace ; mais la cuirasse des chevaliers, pour avoir été chargée de belles devises, de Jolis rinceaux, d'élégants grotesques, ne valait-elle pas la cuirasse noire dudemier porte-piquc?Patieoce, tout change! L'n jour viendra où l'on ne refusera plus aux navires un peu de cette décoration riante el nohle qu'admit de tout temps l'archi lecture navale, et qu'on proscrit par économie, au grand détriment du goût. Encore quelques centaines de millions dépensés en essais sans cesse renouvelés , el qui sait si on ne reviendra pas aux navires de bois, qui ont eu leurs jours, que disons-nous? leurs siècles de gloire?

Bonnes et amicales depuis longtemps, les relations de l'Empire ottoman avec ta France avaient récemment perdu ce caractère. La Turquie, qui avait vu la France prendre contre elle le parti de Venise, — car le pavillon du Pape voilait mal celui de Louis XIV, — la Turquie n'était pas sans inquiétude. Les Ambassades de MM. de La Haye père et Gis avaient mal réussi. Les demandes du Boi de France, en dehors de celles qui tendaient au renouvellement pur et simple des anciennes capitulations, n'avaient pas été accueillies par le Grand Vizir Ahmet Kupcrli '. Trop Gers ou trop faibles,

> Fili de Uohaniel Kapcrii, an dm plm gruidi bominci d'ÉUl ds !■ Turquie. Ln Knperli. ëUbLi d'iliord en Albanie, pnii dtai l'Aiie Mineare, non loin dn la lille d'Amuieh, depuli quelle époque étaisnl-ili Albanait? On parall l'ignuror. A propoa de Hotumel Kaperll, M. de Laourline a ^cril : - On diuil qae aa ramille fiait originiirv • de France; rien ne le couârme ni ne le dément. • [Hiiloirt dt la Turpiit, lame S. p. 3SS,) Peut- Jlre •ommei-aoni en maan de le confirmer. An dii-aeptième liiele eaiiUienl i Paria d» Cnpcrii, arlitint, marchanda, pelili bourgeoii; noi recherchea nous lea ont fait roir. Ncui en aïoni aper;u nn qui eterçiil la profeitinn de laiUeor; ooui coanaïiiona un Jean Cuperli. rpuui de Jeanne Chambellan, qui eul un Sla, Guillaume, lequel épouu i Saint-EuiUche, le I" fccrier 165G. Frinjoiie Clairet. finilkume éUil niallra teinturier, le 16 acril 1158, il Gt bapliicr t Saînl-Eaalaclie ]lirio-FraD;oiaB, que tint lur lei fonti de baptême • Uoiire Jean Coperli , prêtre. eari ds Clarvau (jjc, Claînaui, penl-^lre). La nom : Cuperli n'est pai un nom eommno en France; i Pirii, il n'appartenait qu'i la Tamille dont faiiaient partie

liècle, la gnerrc ait parti en Halte u Iravené l'Adriatique, ponaié par l'ai pouïble. Lei documenta donnent aii Kœprrlii, Coproir. Copru

:. Qu'ai

. Cuperli qui ■'; aoît habitua, et dont un Gla ail

oture ou porté par le commerce, rien n'cil plaa

célèbre! viiirt lei nomi do Kiuperli. Kiuporti,

Kiiperli. Bd-ce le bâtard seal qui a

« dea Coperli de Paria l'I de Kuperli de Turquie? \aOi

18 âBRAHAM DU QUESNB. Ift7«

Cour et ce qii*il y avait d*extraordinaire à Constantinople qui pût inspirer le désir de faire le voyage.

M. de Xointel arriva le 14 août, sur le soir. Les vaisseaux le Mertœmr, la Sirène, la Princesse et le Cheval marin étaient presqne prêts. Le 20, M. de Xointel et Soliman Aga montèrent sor leMercœmr, que commandait M. dn Hé d'Aplemont, commandant de la petite escadre. (Arch. de la Marine , Lettres de M. Matharel des 17 juin, 5, là, 15, 20 et ââ août 1670.) M. d*Aplemont arriva aux îles des Princes , en face de Constantinople , le 2â octobre seal«nent. Il envoya un de ses lieutenants au Caimakan ( le gouverneur de la ville), pour lui dire qu'il avait ordre de ne point saluer le Sérail el Stamboul , à moins qu'on ne lui assurât que les saints lui seraient rendus coup pour coup.

Le Cafmakan répondit qu'il ne pouvait prendre sur lui de faire une telle promesse et qu*il en référerait à Sa Hantesse , alors à Andrinople. Rien au reste n'empêchait l'Ambassadeur de France et Soliman Aga de débarquer, la question du salut étant réservée. M. de La Haye vint alors à bord du Mercœmr complimenter saa suocesseor. 11 était accompagné de quelques personnes de la maiiam, comme on dit. L'escadre le reçut au bruit de son artiUerie ; on devait ces salves à sa qualité, qu'il n'avait pas encore abdiquée ; car, tant que M. de Xointel n'était pas installé, M. de La Haye était le représentant du Roi de France. Lorsque l'ancien et le nouvel Ambassadeur descendirent à tenre pour se rendre au palais de France, oè les attendaient tous leurs compatriotes et ceux des étrangers qui rédamaient la protection du pavillon blanc , l'artillene recommença son brait et le grossît avec un peu d'affectation pent-être, en raison dn refus du Calmakan. Mais cela n amena aucune démonstration fâdiense de la paît des Tnirs.

M. Henii MaHin ^Hi^l. 0k Fhnrr, U 15) a dit que M. de Xointel entra dans le Bosphore ^ avec quatre vaisseaux de gnerve en nnénr de €omiai^ et ne salua le Sécail qne lorsque la Sultane Mère ti'mUtu eut demandé le salut, en son propre nom, t M. de Lamartine a raconté qne 4. k« Ttorcs ^ offi^'usés du silence des batteries françaises:, mnr- ^ nraiaient sur le rivage ^ . Il a ajouté : « Un coup de feu puti dTnn ^ bâtiment lunr blessa un mak^ol de Tescadiv»^ et un ctHubat allant ^ sVnga^« la Sultane VaKdé^ adoùratrke des Français, s^intieqNMgi ; ^ elle fit prier M. dWpreniont * :«Kr pour d\A|4enMint(> de U saluer de

lerO MARINE DU XVII« SIÈCLE. 19

ii ses canons, le lendemain, pendant qu'elle traverserait le Bosphore i> pour se rendre à son palais de Scutari. Les Français accordèrent à n une femme, mère du Souverain, ce qu'ils avaient refusé au reprén sentant dé TEmpire. » Roman !

La version de M. d'Arvieux , dans ses Mémoires, publiée par le Pèr^ Labat , ne dit pas un mot de la prétendue politesse faite à la Sultane, mère de Mohamet IV. M. le chevalier d'Arvieux, que son séjour assez long à Constantinople , aussi bien que ses relations avec M. de Nointel, avaient mis en position de connaître tous les détails de l'Ambassade de celui-ci , aurait-il oublié de mentionner l'épisode du salut galant fait à la Validé? Ce salut eût été une concession ; Ahmet Kuperli n'aurait pas manqué de l'interpréter ainsi et de s'en autoriser pour se montrer encore moins bienveillant qu'il ne parut et voulut l'être dans toute l'affaire que venait traiter avec lui M. de Nointel. Il ne fut point fait sans doute. Si M. de Nointel avait pu ignorer que^la Validé partageait à l'égard des Français le mauvais vouloir du Grand Vizir, qu'elle soutenait de tout son crédit auprès du Sultan et dont elle inspirait la conduite , M. de La Haye était là pour l'éclairer sur ce point et lui conseiller de ne donner* aucune marque de respect et d'affection à une femme qui avait une grande part dans la politique de la Porte. La sultane Tarkan était trop bonne Turque pour ne point partager la colère du Vizir qui avait trouvé contre lui , lorsqu'il conunandait en chef les armées du Sultan , les alliés de Mohamet IV, en Hongrie sous les ordres de M. le comte de Coligny, et à Candie sous M. le duc 4e Navailles. Notre insuccès à Candie aurait pu désarmer Ahmet Kuperli et la Validé ; il n'en fut rien. M. de Nointel devait travaillera effacer cette fâcheuse impression de l'esprit des deux gouvernants de l'Empire ; il y travailla et n'y put réussir. Fut-il trop hautain ou trop faible? Il est difficile de décider. Ceux qui ne jugent des événements que par les résultats l'accusent; ceux qui se font une juste idée de la manière de procéder des politiques turcs et qui savent qu'à la force seule reste ordinairement la victoire dans les contestations avec eux , plaignent M. de Nointel, qui eût peut-être tout obtenu^ s'il avait eu dans les eaux des Dardanelles une escadre de dix bons vaisseaux pour appuyer ses demandes. Réduit à lui seul, il recueillit le fruit de cet isolement*

Kuperli reçut d'abord avec politesse l'Ambassadeur de France ; il lui offrit un dîner qu'accepta M. de Nointel, et qui n'engageait à rien

le Viïir pour la suile, Jacques Carrey. peinlre Irojen, peu connu, a représenté dans un tableau de l nièire 34 centimètres de largear sur 22 centimËtres de hauteur ce repas, où figurent à cinq tables rondes M. Ulier de Noinlel ut sa suite. Sans doute Jacques Carrey fit partie des personnes que l'Ambassadeur avait emmenées avec lui , car, outre le tableau dont nous parlons et une peinture qui fait pendant à celle-ci et représente une visile de M. de Noinlcl nu quartier des janissaires, l'artiste a représenté » l'Ambassadeur français à l'audience du Sultan " et un u Repas offert à cet Ambassadeur >> , sur deux toiles que garde le Musée de Bordeaus. H. de Tainni avait dans son château de Cbamarunde ^ un portrait de M. deNoinle) et quelques scènes turques se rapporlanl à l'Ambassade de 1670, ouvrages do Carrey. Les deux premiers morceaux que nous avons cités parurent dans ta vente de la galerie Salanianca, qui eut lieu les prcmien jours de juin 1837. Si Jacques Carrey n'avait pas été attaché à l'Ambassadeur, il est probable qu'il se fût moins occupé du séjour de M. de Nointel à Constanlinople. Ce que nous savons des tableaux de Carrey, nous l'avons appris dans uu curieux mémoire de M. Corrard de Breban sur les Graveurs Iroyens. \'ous demandons pardon au lecteur de cette digression, mais elle venait si naturellement sons notre plume que nous n'avons pus cru devoir lu repousser.

Voir le Sultan, que sa passion pour la chasse retenait à Andrinople où l'avait comme relégué Kuperli. était le devoir naturel de M. da Nointel : mais on n'arrivait au Sultan que par le premier Viitr, à qui tout Ambassadeur devait sa première visîle oflicietle. M. de Noinlel demanda quel jour Abmel Kuperli le recevrait et comment il le recevrait. Le Grand Viiir, quant à ce dernier point , répondit qu'il rece-' vrait l'Ambassadeur de France comme tl recevait ceux de toutes les puissances amies. M. de Nointel ne fut pas satisfait de celte réponse, et, par ordre exprés du Roi, demanda au nom de son maître <■ le ' Grand Empereur de France ■ qu'on le reçut sur le Sopka, c'est-à-dire qu'il fût assis sur un siège placé i càté de celui du Viiir, décoré comme celui du Viiir, haut comme celui du ViEir, tes deux sièges placés sar l'estrade d'honneur oil montait le Vizir pour donnerses audiences Boleii> nclles. Kuperli refusa , se référant à l'usage commun. Une cxceplioR avait été faite autrefois pour les Envoyés de France, et II. de Nointel insistait, réclamant le bénéfice de cette honorable distïnctioa. Kuperli résist.i. M. de Noinic) ne vil officicHement ni le Grand Viiir, ni le Padischah. Le premier drogmsn de la Porte cl le premier

lerO MARINK DU XVII« SliSGLK. SI

drogman de France eurent de longues conférences au sujet du Sopha sans que la question fît un pas en avant.

Cependant TAmbassadeur vit en particulier le Ministre, à la Porte, lui exposa les désirs du Roi de France quant à la restitution des Lieux saints aux Latins , les Grecs s'en étant emparés et gardant les clefs de réglise bâtie sur le Calvaire; il ne Tobtint pas d^abord. MM. de La Haye avaient demandé , dans Tintérét du commerce français, un libre passage pour la France par TËgyple et la mer Rouge ; le marquis de Nointel se le vit refuser. Le Vizir se rabattit sur le renouvellement des anciennes capitulations existant entre les deux Couronnés. M. de Nointel rendit compte à sa Cour de Tétat des choses et de la difficulté de sa position , demandant ou qu'on le rappelât ou qu'on lui donnât des moyens d'action pour contraindre Ahmet Kuperli à céder et à traiter sur les bases que posait la France.

On a dit que l'argent de la Hollande fut pour beaucoup dans les refus du Vizir. Peut-être, en effet, la Cour de France ne fut-elle pas assez généreuse. Dans un pays où l'or et les présents pouvaient tout, où tout s'achetait, il fallait que Louis XIV, pour montrer qu'il était en effet « le Grand Empereur » , comme on le nommait dans le langage diplomatique, éblouit Constantinople par sa prodigalité et achetât la Validé et le Vizir, dont la cupidité satisfaite eût fait pencher la conscience du côté où la voulait voir s'incliner M. de Nointel. Mais peut-être Ministre et Sultane furent incorruptibles. Les historiejis de l'Empire ottoman s'accordent à dire que la Validé Tarkan était une femme supérieure en tout , et que Kuperli , véritablement grand , était au-dessus des bassesses des âmes vulgaires. Blessés de ce qu'ils considéraient comme un manque de foi , comme une dérogation à la politique traditionnelle qui avait fait dès longtemps la France amie de la Turquie, ils poussèrent loin la rancune, s'exposant pourtant à voir venir, forçant les Dardanelles, s'établir une armée navale française devant le Sérail et la Corne d'or. 11 est vrai que le Roi Louis, fort occupé par la guerre où se multipliaient ses succès, n'avait guère le temps de songer à une attaque par mer de la flotte turque et de Stamboul. L'argent d'ailleurs se dépensait largement au Nord, et on grand armement naval en aurait voulu beaucoup qu'on n'avait pas.

M. de Lyonne se contenta d'envoyer à Constantinople le chevalier d'Arvieux porter à M. de Nointel l'ordre de revenir si la Porte n'accordait pas à la France sa demande légitime. M. d'Arvieux partit de Toulon pour Malte sur le Vermandoii, conuuandé par M. le cheva-

sa ABRAHAM DU QIIKSNE. 16T1-{I878)

lier (le Valbclle. A Malle, il tomba malade, mais se remit bicntdt. (Lettre (le M. de Valbelle; Arch. de la Marine.) Le Ministre avait écrit ii M. de Marlel, dont l'escadre était à Malte, — ayant chassé les Tripolitaina qu'elle n'avait pu atteindre. — de donner à M. d'Arvieux un vaisseau pour le conduire à Conslanlinople. Le Diamant, monté pur M. le marquis Preuilly d'Humikïrcs, fut préparé pour ce petit voyage; il partit le 26 novembre 1G71. M. de Nointel, en possession de la lettre du Roi qui le rappelait, crut que la menace d'une rupture ferait impression sur Ahmcl Kuperli; il lit entendre quelques paroles qui furent sans effet. Il se décida à rester pourtant, pensant que la mort de Kuperlt, arrivée sur ces entrefaites, cliangcritit sa situation.

Cora-Muslaplia, parent de Kuperli et élevé à son école, ne fut pas plus favorable à M. de Noinlel que le défunt Grand Vizir, M. d'Arvicux était reparti pour la France, le 29 juillet 1672, laissant l'Ambassadeur â ses pénibles devoirs, et n'obtenant pas plus les bonneurs du Sopba de Cara-Muslapba, qu'il ne les ^vait obtenus de l'inflexible Kuperli. Tdut ce qu'il put arracher au Vizir, ce fut de nouvelles capitulations où les intérêts du commerce français étaient ménagés, oii la liberté des pèlerinages eu Terre sainte était accordée par la Porte , où était reconnu pour la France le droit de protection sur les Lieux saints et le patronage — la France l'avait depuis longtemps — des Chrétiens qui n'avaient pas d'Ambassadeurs en Turquie. M. de Nointel Gl un voyage à Jérusalem, et revint à Constanlinople, oïl il resta jusqu'en 167t>, Ambassadeur qui n'avait cessé de demander le Sopba et avait trouvé deux Vizirs sourds il celte demande.

Cette affaire du Sopba dura quatorze ans , et puisque nous avons été amené à en parler, disons tout de suite, en anticipant sur les faits et le temps, quand et comment elle finit.

Le Roi , jugeant M. de Noinlel usé et désormais sans moyen de se faire écouter, céda au dépit de son Ambassadeur et le rappela. Il lui donna pour successeur, au commencement de 1679, un bommc que la faveur de Sa Majesté avait mis en passe de tout avoir et que son mérite signalait k Louis XIV, â M. de Lyonne et à M. Colbert. Pré- [ sident ti la Cour des aides de Rordeaux, M. Gabriel -Joseph de f Vergnc, sieur de Cuillcragues, ayant quitté sa présidence, ava acheté, le 21 octobre 1669, la charge de " Secrétaire ordinaire la chambre et du cabinet du Roi « , que lui vendait un M. Burtel * qu'avaient possédée avant celui-cî MM . Lucas père et fils. Celte char^ J

qui rapprochait du Souverain celui qui la possédait , était d'importance; elle rinitiait aux petits secrets du monarque et en faisait une sorte d*intime qui devait être sage, prudent et surtout discret. Elle avait une grande valeur, non pas seulement parce qu elle donnait la nouiriture , ordinaire à tous ceux qui avaient bouche à cour, comme on disait, et par dessus cela les clefs des coffres de Sa Majesté; mais encore parce que le Secrétaire du cabinet couchait dans la chambre du prince et avait nécessairement son oreille aux heures d'insomnie et au moment du réveil. Aussi , estimée en argent par le Roi luimême, cette charge valait cent cinquante mille livres (plus de 300,000 fr. de notre monnaie actuelle). Louis XIV avait gratiCé son nouveau secrétaire d'un brevet d'assurance de cette somme sur sa charge, en cas où elle passerait en d'autres mains. M. de Guilleragues était dans cette situation d'un familier respectueux, estimé pour son esprit, admis pour son dévouement, lorsque M. de Nointel , désespéré de n'avoir pu triompher du parti pris qu'il trouvait dans l'esprit du Grand Vizir, s'était décidé à quitter la Turquie.

Le Roi, qui avait sans doute remarqué dans M. de Guilleragues ce mérite dont, en 1674, l'avait Idué Boileau-Despréaux (Épître 111'), de savoir « et parler et se taire » , mérite rare et très-appréciable autant chez un Secrétaire particulier que chez un Ambassadeur, le Roi jeta les yeux sur lui pour un poste qui voulait une fierté non compromettante , de la vigueur avec de la modération , une grande intelligence des ruses de la diplomatie turque, et surtout, avec beaucoup d'argent, beaucoup de patience.

Rien ne se fait vite à Constantinople , — nous l'avons éprouvé personnellement en 1841 , — même pour celui qui n'est pas venu les mains vides ; il faut y savoir attendre si Ion veut réussir ; il faut lutter avec constance contre les habitudes paresseuses des fonctionnaires de tous les ordres , avec finesse contre les mille moyens dilatoires que le génie inventif des Grecs , drogmans de la Porte , avec l'apparence d'une bonhomie empressée , oppose à tout arrangemen prompt. M. de Guilleragues va donc avoir à prendre un visage moins sévère que celui de M. de Nointel , des airs aussi dignes mais plus attrayants; réussira-t-il?

En même temps que Louis XIV apprend à M. de Guilleragues qu'il l'a choisi pour faire prévaloir à la Cour de Mohamet IV les volontés de la France , il donne à M. Colbert l'ordre de faire préparer à Toulon un navire qui portera à Constantinople son Ambassadeur, et une

S4 ABRAHAM DU QUKSNK. 1671-(1680)

escadre dont le commandement sera donné à Da Quesne.. Cette escadre comptera six vaisseaux de moyenne grandeur qui seront accompagnés d'un brûlot. Elle aura une double mission : faire la guerre aux Tripolitains et appuyer M. de Guilleragues par sa présence dans les eaux de la Grèce et de la Turquie. M. le chevalier de Tourville aura aussi une escadre pour chercher les Majorquains, les combattre ou du moins les forcer à demeurer dans leurs ports et à ne pas courir sus aux chrétiens. Cette escadre sera composée de cinq vaisseaux : le Sans-Pareil, le Conquérant, que montera le commandant; le Content, V Arc-en-ciel et le Poly. Une flûte : la Biat^ Aimée, et deux brûlots : ï Etourdi et Y Hameçon, compléteront cet armement. Bien que le chevalier de Tourville ne doive pas naviguer dans les mêmes parages que Du Quesne , il sera aussi un appui pour FAmbassadeur de France, car en quelques jours il pourrait se joindre à Du Quesne et, avec lui, menacer Constantinople. L'instruction donnée à M. de Tourville est du 12 avril 1679. (Arch. de la Marine , Ordres du Roi.)

L'armement de Du Quesne se fait, mais lentement; Tinstruction qui lui est donnée est seulement du 28 mars 1680. (Ordres du Roi, 1680, fol. 136.) Elle prescrit au Lieutenant général de rester huit mois à la mer, ses vaisseaux n'emportant que pour quatre mois de vivres et des flûtes devant aller le ravitailler et lui porter les choses nécessaires à l'espalmage, ainsi que les rechanges de mâture et de gréement. Du Quesne doit aller d'abord à Tripoli se faire voir, afin de montrer au Bey de cette régence « que le Roi a dix vaisseaux en mer v ; Q restera là quelques jours, passé lesquels il entrera dans l'Archipel. Smyme est le lieu où il ira d'abord, pour assurer aux navires marchands qui s'y trouveront, son escorte à l'époque de son retour en France. « La principale raison pour laquelle Sa Majesté veut qu*il ^ aille à Smyme avec l'escadre est pour obliger la Porte à accorder ^ à l'Ambassadeur de Sa Majesté les honneurs du Sopka qu'il a itm^ -AJOUTS eus (que ses prédécesseurs avant M. de La Haye ont eus); "> c*est pourquoi Elle veut qiraussitôt qu'il sera arrivé audit lieu de » Smyme, il envoie avertir ledit Ambassadeur de son arrivée... et » qu'il lui donne part de l'ordre qu'il a de demeurer dans l'Archipel n pendant trois semaines ou un mois au plus , de s'avancer même 7 jusqu'aux Dardanelles s'il est nécessaire. »

Il entrait apparemment dans les vues de la Cour que M. de Guilleragues arrivât à Constantinople seul, c'est-â-dire avec un seul vais-

ieTl-(I681j UAniNE DU XVM' SIÈCLE. !S

seau de guerre, pour li'mojgner de la ronniclion où étail le Roi que le nouvel envoyé de France scraîl reçu avec les é([ards dus au rcprésenlanl de la nulion dont les inlêrcis dans la Médilerranée étaient les plus grands cl qui avait eu jusqu'alors les rapports d'amitié le plus solidement établis avec la Porte. En effet, Du Quesne ne partit qu'au commencement de 1681 , et M, de Guillcranues était à Constautinople depuis plus d'un an. Le vaisseau le Hardi, accompagné de la llùte le Bienvenu, sous les ordres de M. le marquis de La Porte, était parti de Toulon vers la On de IG79, emmenant le nouvel Ambassadeur et devant ramener M. de Nointel , sans s'arrêter à Constanlinople plus de quelques heures données à rembarquement de M. de N'ointel et de tout ce qui lui apparlenuil. {Arcb. de la Marine, Ordres du Roi, 2 juin lU"?!).)

Le Hardi et sa conserve mouillèrent devant l'échelle de Péra. Quelques esclaves français, échappant ù leurs maîtres, se sauvèrent sur le vaisseau. M. de La Porte les reçut pour les ramener en France. Les Turcs prirent doucement la chose; mais M. de Gnilleragues pria H. Colbert de faire mouiller à l'avenir les vaisseaux français uui lies des Princes, pour éviter u de fâcheuses suites pour la nation - . M. de La Porte , après avoir passé à Smymc pour prendre sous sou escorte les marchands français qui étaient préls à quitter le Levant, arriva k Toulon au milieu du mois d'avril 1680. (Lettre de M. de Vauvré à H. Colbert, 19 avril.)

Du Quesne, en 1681 , prit la mer avec quatre de ses vaisseaux; le Fleuron devait L' rejoindre à Smyrne. Le Fort le rejoignit proche de Cérigo, alors que sa petite escadre entrait dans la mer des Cyclades, eu venant de Zanlc, d'où noire Abraham avait écrit à M. Colbert une letlrc en date du 5 juillet 1681. Du Qucstie savait que l'habitude des Tripolituins était de chercher un refu<)e â Chios (Scia), le port étant grand, sûr et défendu par deu» Forteresses bien armées; il avait appris d'ailleurs que le marquis d'Amfreville , séparé de sou escadre, avait trouvé cinq navires de Tripoli, les avait chassés et maltraités pendant cette chasse, et que ces corsaires, après s'(^tre radoubés à Candie, s'étaient retirés à Scio, où élaicntdéjà, avec deux prises Irançaisea, trois vaisseaux de leur uation. Ces Tripolitaius ne supposaient pas qu'une escadre ennemie oserait venir les attaquer sous les forts de Scio.

Du Quesne se dirigea tout de suite vers l'tlc, entra dans sa rade, el, le 23 juillet, alla mouiller devant l'embouchure du port, " à la

26 ABRAHAM DU QUESNE. 16TI-[l6ai)

" bonne porlée du mousquet " . l^endanl que ses vaisseaux prenaient leurs postes, présentant le travers aux batteries du môle, un caîque parlant un janissaire ■> avec sa marque au bonnet i vint à bord de l'Amiral (le Ferme) apporter, du consnl de France, une lettre écrite en italien. Du Quesne dit à cet envoyé qu'il n'entendait pas l'italien et qu'il priait le consul de venir lui-m^me ; qu'au surplus il fit savoir OUI gouverneurs de la ville qu'il était venu " comme ami et sujet n d'un Empereur allié du Grand Seigneur; qu'il faisait la guerre " aux Tripolins " (sk), à dessein de les attaquer partout où il les trouvait, et qu'il ne croyait pas (jue " ces gouverneurs voulussent i< protéger des voleurs, rebelles d'ailleurs aux ordres du Grand Sei- 1' gucur 1 , et qu'ils " ne voudroient pas risquer leur tète à commettre " une telle injustice"; cn6n que, " lorsqu'il altaqucroit les cor- " saîres, il ne tireroil ni sur la ville, ni sur les forteresses, ni snr les " galères turques, qu'au cas où ils lireroient les premiers «.

Le janissaire partit avec cette réponse, et Du Quesne attendit l'arrivée du consul, qui ne vint pas, manquant ainsi à tous ses devoirs.

Le port de Scio était fermé par une cbausséc de pierre laissant passage pour un seul vaisseau ou une galère ; on reconnut que cette étroite ouverture était elle-même fermée par une chaîne que soutenait une estacade composée de vergues et de mâts de hune. LesTripolitains, avertis sans doute par quelque barque venue de Zanle ou de Milo, — Du Quesne avait louché à cette ile et y avait mouillé — craignaient une action des Français et se mettaient en garde contre les brâlols, s'ils ne pouvaient empêcher qu'on ne les canonnâl.

L'escadre, prête à faire feu, attendit plus de deux heures des nouvelles du consul intermédiaire naturel entre Du Quesne et le fâcha de Scio; ce fut en vain'. Alors, dit le commandant de l'escadre,

' M. Du Quone El dire • à cdIdî qui cammandoil à Scîo pour le Gruid Scignolir... qa'il fallDit lui livrer lei C4is9»iii de Tripoli, qui ac poaioiial élre proiigci HDi UDS conlnifiilion formello im cipitaUlior». le comaiiiDdaal du chélua ne fil poÎDl de r6jion». nil qu'il craignit U tialence dn Tripolilaini, qui a'^loldol rendus millrei de la cille, d» port el du chlleau. luïl qu'il n'eill point lei ardrei poar régler as conduilc CD celle accuion. qnoiijue l'Ambuiiideur de FriDce eAl tait aierlir'le premier Viiir que Dd Qoetne alUqueruil Ici Tripolitaini dam ton) les porta, el qu'il éloil de u. prudence d'ump^elicr qn'ili n'j fuiseul ruçui. ■ (Uimoin an aujel do l'affaire airii^ k Chio. Arcli. géuéralei, Section fautorique, urton K. US9.) — La lilndeco Mémoire; . mnieirr: av njit dtt affaire arrwiei Chio h 6 octobre 1681 ■ . pourrait fuire traire que la canonnade de Scio eut Iji^u le S oclabro ; il n'en eil rien, el l'on bilt que l'éirSaooienl cul lieu le 33 julllel. A la Irtc dn récit, qui fui fcril apparemneat le S octolirs 1S81, on lil : • Amluiiade de U. de Guilleraguei. •

I6T)-(1«81) UARIMK Dtl Wll" SltlCLG. !T

(Ions UDc leitre datée du 35 juillet IGftl, ^ je fii tonner la floche " fourgue Ut aumànien: diaent une courte prière , ce qoi fut enlondu ' des aulres vaisscauv ; et, aprit avoir fait Inm/oii le cri de Vive le

- Hoy! je donnai le signal par une salve tic canonnade qui fut suivie " de touB nos vaisseaux de guerre , ce qui mit dans un grand éton- 1 nement tous ces peuples; les vaisseaux corsaires, qui avoieul du

- canon, tirèrent ; mais les nôtres les firent taire. Lors, la forteresae, y qui est celle du côté du Nord, la plus grande, comniençu, et celle 1 du Sud après, i Cet échange de boulets » continua jusqu'à cinq « henres, avec une telle furie qu'il s'est tiré plus de 5,U00 coups r. de canon , qui , perçant les vaisseaux les plus exposés aux ndtros, • les ont remplis d'euu " , sans les couler toutefois, le port étant peu profond. Les vaisseaux des pirates furent en partie démolis. l'Iusieurs maisons et quelques mosquées furent cndoniuia<{ées , et plus de deux cents musulmans perdirent la vie dans cette action.

Le 24 juillet, deux capucins frani^ais vinrent de la part du Beg de Scio demander à Du Qucsne pourquoi il avait tiré sur la ville et sur les forts. Du Quesne répondit qu'il n'avait fait que riposter à leur tir. Il ajouta que, tant que le gouverneur de Scia protéjjcrait les pirates, et tout le temps qu'il resterait, lui, devant la ville, il romprait le commerce des Sciotes, ne laissant entrer ni sortir aucun navire marchand. Les capucins, retournés auprès du l)eg, revinrent au Vaisseau Amiral prier que l'on permît au gouverneur d'envoyer quelques caïques en mer, dont un porterait une lettre au Capitan- Pacha. à Constantinople, pour l'avertir de ce qui s'était passé et lui demander des secours. Du Quesne consentit à cet envoi. Le Ilc,i faisait solliciter aussi la permission d'aller à bord de l'Amiral français avec le commandant de l'escadre tripoliluinc. Du Quesne répondît à cette ouverture, qui lui faisait entrevoir des propositions d'accommodement, que leur visite serait tout à fait inutile, s'ils n'apportaient pas la promesse, le Tripolitain de faire cesser la guerre ouverte contre le commerce français , le Beg celle de ne plus couvrir de l'ombre de son môle et de ses forteresses les vaisseaux des corsaires. La visite n'eut pas lien, et Du Quesne resta sur la rade de Scio. Le 7 aodl, le Capitan-Pacba y arriva avec une flotte du galères, pour contraindre le Lieutenant général à se retirer. Les vaisseaux ne le saluèrent pas. M. du Mené, de la part de Du Quesne, alla lui faire visite et lui déclara que, s'il n'obligeait pas les TripoHtains à demander la paix, il les brûlerait dans le port et ferait tirer

38 JBRABâU DU QUKSHB. ISTl-fl68l}

sans iiièna>]cnieDt sur If cbàleau et sur les galères tnrqoes , si elles prcl<'ndmcnt les ilèfcDitTe. Le Capîtao-Pacha entra dans le port et subit le blacus sans cherciier à se déga^ger par une lutle sanglante du cercle étroit dans lequel l'enserraient les sept vaisseaux français ' .

La Dontelle de la canonnade de Scio produisit â Conslanlînople une impression profonde et un vif ntourement de colère. Le Sultan, son \iiir et le Divan pensèrent d'abord à punir sur M. de Guilleragaes l'andare de Du Quesne. Les plus modéras proposèreol d'enfermer l'Ambassadeur dans le cbàlcau des Scpl-Tours, jusqu'à ce que la France eût donné satisfaction pour cette violation du territoire tnrc; les plus irrités, les moins sages parlèrent du lacet. Etrangler ou seulement emprisonner le représentant d'un souverain puissant comme Louis XIV, dont une flotte pouvait venir brûler la finlle ollomane et Stamboul aux maisons de bois, c'était un parti violent auquel il fallait réfléchir. Peu à peu l'on s'adoucit; M. de Guilleragues ne bougea point cl laissa passer l'orage. Le Grand \ iiir lui avait refusé dès son arrivée l'audience du Sopba; lui n'en reparla pas (oot de suite; mais il Gl savoir à Cara Mustapha que Du Quesne, après avoir quitté Scio, était allé à Vilo pour espalmer ses navires et pour passer là les plus mauvais temps de l'hiver; cependant, qu'au moindre incident qui nécessiterait sa présence aux Dardanelles, il j* viendrait et pourrait en forcer le passage pour entrer dans ta mer de Marmara et mouiller sous les murs du Sérail.

Une guerre avec la France serait chose dangereuse; d'ailleurs, Hohamct avait d'autres affaires pressantes. La lutte coolre l'Empereur d'Allemagne allait recommencer, et les forces turques devaient être dirigées sur Vienne, don! le siège serait fait bientôt par Cara llustapba. A Miln, Du Quesne menaçait toujours Scio, d'où n'osaient sortir les Tripolitains. Ennuyés de celle situation et fort maltraités parle combat du 21 juillel, les pirates engagèrent le Dey de Tripoli à conclure avec Du Quesue un traité de paii que dictait celui-ci , et

»jaUlcl 1*81. Il e

m dr doBOCT «r ratTtin de Srm. HW itt r Da Qa«n« i U. Calbcrt. it U nÀi àt Scio, le Il it atlt leUn demi copio *igB««, aa /rimmlm H BO Ji^taim; Mat «Ml xirtin du itpàt da Anhiiei de tirailla i nae ëpo^ae qae bdu u saariou précÛB. L'abc in dru si lajaqtd'hBi ta drpailFawaI dei ■uaicriU en h Bikliolbèfn Kitioule. dui It SappléaMl ffu^ai*; Tiiilte ni dm nne «U l«tiaa pirticBli«n , Mn M biobi ImimII*. EU* ippoliM • in M. d< U Janwlr . é» Wa/tm, fm aaiàai kit» aan U commamiftm. La IttU* àt Db Qana*. s puti» ditTrda, Ml dMkiTMe dui la dm npiei; Mt ot d'an k^sfsr irlfc <pc M>ii« D* fwaai p« h paUhr. Ham n noat prit b n

legl-(I683)

qui, eolÏD, fut si<|nê dans les premiers jour» de décembre 1681. Du Quesne quitta Milo au commeitcenicnt du mois de février 1683. M. de Guilicragucs lui avait écrit pour l'eniiager à venir aux Dardanelles, où su présence pourrait avancer l'affaire du Sopha et l'arrangeineDl à faire avec la Porte pour la satisfaction qu'elle réclamait à propos de rnllaquc de Scio, toujours tenue par elle pour une provocation du >{énéral français, dont les boulets lancés dqx Tripolitaîns avaient très-cerfainemcnt dépassé le but et frappé la ville aussi bien que la muraille du port. La lettre de l'Ambassadeur n'avait pas trouvé Du Quesne dans les eaux de Miio; aussi, n'ayant pas de direction obligée de ta part de M. de liuilleragues, auï ordres de qui il avait été mis par ses instructions, le commandant de l'escadre se rendit aux lies d'Ourlac, ne voulant pas s'approcber davantage de Cunslantinople. La prudence l'avait bien conseillé. Des rises entre les Turcs et les équipa<{es des vaisseaux français auraient encore compliqué une situation déjà trés-fàcbeuse ; il eut donc raison

Bien qu'il eût mouillé loin de la terre, le chdleau lira sur lui un coup de canon à balles; l'envie le prit aussitôt de s'approcber du Fort et de le " canonner de la bonne manière ■ , comme le dit M. Antoine Galland dans une lettre où il rend compte de ce qni se passa A Constanlinople des premiers jours de février 1683 au 30 avril de celle année'. Mais Du Quesne se retint; il ne crut pas que ce fût un motif sufGsant pour faire une action " qui pouvoit rompre ' entièrement avec la Porte une amitié que Sa Majesté ne voudroil • point avoir rompue la première ■ . A l'injure faite au pavillon français et pour laquelle il y avait une réparation à demander, le gouverneur de Smyrue ajouta de refuser au consul et à ^ nation d'aller k bord de l'Amiial lui rendre la visite d'usage. Du Quesne protesta, se plaignit, et, à la lin, le consul eut la permission d'aller saluer le Lieutenant ,iénéral, mais accompagné seulement de deux ou trois Français. Le prétexte du refus opposé au désir du consul était que le fieg, gouverneur de Smyrnc , craignait que consul et nation, une

' Celle lellre trèi-curieuie do célèbrr aolpur dei Miltt t< mu A'iiiU, ilun â ConilaDtinople, où il occupa lo poale de iccréliiro <lc l'AmbaiHilc pendaol lu million di- H. da Noinlel . est è In Bibliolhiqus Nilionale, Uanuirrili Sup]i|pniEii( tréB^iàs. Non «D prcDoni le principil, Do pauvsnl ht reprodaire loul entière i ciun dsi lunjti

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