L'ASSASSINAT DE M. SEWARD
Presque au même moment où Booth assassinait Lincoln, au théâtre Ford, un autre meurtrier s'introduisait dans la demeure de M. Seward, ministre-secrétaire d'Etat, que sa récente chute de voiture retenait au lit. Sous prétexte de remettre une prescription médicale , cet homme pénétrait dans la chambre après avoir frappé toutes les personnes qui s'opposaient à ce qu'il arrivât au chevet du malade. Frederick Seward, qui remplissait les fonctions de secrétaire d'Etat adjoint, tomba le premier sous ses coups. L'étranger essaya de le tuer en déchargeant sur lui un gros revolver de marine, mais le coup ne partit pas. Il se servit alors de la crosse avec une telle violence et une telle dextérité que le fils de M. Seward tomba sur le plancher, le crâne fracturé en deux endroits. Cet obstacle évité , il entra dans la chambre et frappa avec im couteau M. Seward dans son Ht. 11 ne réussit qu'à lui faii-e au visage de larges blessures, le secrétaire
d'Etat ayant eu assez de force pour se jeter dans la ruelle du lit et se garantir avec les couvertures. Un soldat étant entré et ayant saisi l'assassin, celui-ci s'en débarrassa d'un coup de poignard porté dans le ûanc. Il sortit alors de la chambre, frappa encore de son couteau le major Seward, autre fUs du secrétaire d'Etat et un domestique qui cherchaient à l'arrêter. Il réussit enfin à gagner la porte, sortit et sauta à cheval en criant , comme le meurtrier de Lincoln : « Sic semper tyrannls. »
Le pistolet et le couteau, qui avait de dix à douze pouces de long, ont été retrouvés dans la maison.
Après un soigneux examen médical, il a été reconnu que les blessures de M. WiUiam-Henri Se'ward et celles de son fils Frederick n'avaient atteint aucun organe essentiel de la \'ie, et qu'il était possible de les sauver l'un et l'auti-e.