BATAILLE DE BULL'S RUN. —— INCIDENT SLIDELL ET NASON
Lorsque le fort Sumpter fut au pouvoir‘des confédérés, toute l'attention se porta sur le fort Pickens, le seul point de la Floride occupé par les troupes fédérales. I fallait à tout prix conserver ce fort; aussi on donna l'ordre aux six navires de guerre : le Gowhatan, la Sabine, le Wyandot, le Brooklin, le Crusader et le Water- Wich, de défendre le fort, si les séparatistes venaient à l'attaquer. Un steamer illinois réussit à renforcer la garnison du fort, qui était insuffisante, et à ravitailler la place; puis le steamer Mohawk débarqua cinquante pièces de canon pour les batteries avancées.-défendant les approches de la citadelle’, du côté de la terre ferme. Par suite de la position du fort, les assiégeants ne pouvaient livrer qu'un assaut, lequel présentait peu de chances de succès, ou se décider à faire un siége enrègle, ce qui eñt été une énorme dépense d'hommes et d'argent; aussi le général Bragg, commandant les forces du Sud, hésitait. .
Bientôt, Saint-Louis fut le théâtre d’une lutte des plus sanglantes, Le général confédéré Frost, commandant environ huit cents séparatistes, se retirait au canp Jacksons ; mais à peine était-il arrivé, que le colonel fédéral Lyons cerna général et soldats, etles prit sans avoir tiré un seul coup de fusil,
Is furent conduits à Saint-Louis par les volontaires, mais ceux-ci eurent à essuyer de la part de la population une grèle de coups de pierre et de coups de revolver, L'énergique capitaine Blankowski, commandant la colonne, ordonna immédiatement de faire feu, et vingt-six émeutiers furent frappés mortellement,
Vers cette époque, les Virginiens tentèrent une sortie contre le fort Monroe; ils furent repoussés par les troupes fédérales; puis deux combats eurent lieu, l'un à l’est, l'autre à l’ouest: tous deux également malheureux pour les fédér'AUX.
Enfin, le 21 juillet 1861, on livra la grande bataille’ qui tira son nom d'un petit cours d'eau appelé Bull's Run, bataille qui se termina par un désastre pour l'armée du Nord, commandée par le général Mac-Dowel. Les généraux Jonhston et Beauregard étaient à la tête des confédérés.
Le général Beauregard avait successivement abandonné Fair-Fax, Court-House et Centreville, mais ce n'était 1à qu'une ruse de guerre pour attirer le général
Types de volontaires,
Mac-Dowel dans un piège. En effet, depuis trois mois cette position, prise par l'armée confédérée, près de la rivière Bull's Run, avait été fortifiée par les Sudistes, et 66,000 hommes y étaient réunis.
Le général commandant les troupes du Nord avait divisé son armée, forte seulement de 35,000 hommes, en trois corps. Il attaqua les confédérés de front etsur les deux flancs.
Les troupes du Sud formaient un triangle dont le sommet se trouvait au Bull's
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Run et la base à Manassas. Les ailes de l'armée se dé ut gne ontinu allant de l'une à l’autre de ces deux positions.
Malgré l'infériorité du nombre, le succès de la bataille, pendest les pren heures, semblait devoir appartenir au Nord, A deux heures, le: ‘dérés bi us
sur tous les points envoyèrent au général Mac-Dowel un parlementaire, & qu il fut répondu que l'on ne pouvait accepter qu'une reddition sans condition. En ce moment arrivait par le chemin de fer de Richmond le président du Sud,
M, Seward, secrétaire d'Etat uux affaires étrangères des États-Unis.
Jefferson Davis, qui prit le commandement du centre, Presque au mème instant, le général confédéré Johnson venait du côté opposé, amenant avec lui 25,000 hommes de troupes fraîches. La bataille commença avec plus d'acharnement que jamais. L'armée du Nord fit encore de$ prodiges de valeur. Fatiguée par les marches forcées des jours précédents, par les efforts inouïs qu'elle venait de faire pour conserver l'avantage sur un ennemi bien supérizur en nombre, démoralisée par les renforts arrivant aux confédérés, elle se vit ‘lans la nécessité de battre en retraite.
Malheureusement, une sorte de panique se répandit dans l'armée; elle fut causée par les fourgons de bagages qui se mirent à fuir précipitamment el
en désordre, [ls causèrent an tel bruit que les troupes à portée d'entendre rompirent leurs rangs et couvurent péle mièle duus buutes les directions, et trainaut avec elles l'armée entière,
A la suite de cette bataille, de conumandement fut retiré au général MavDowell et donné au général Mac-Clelland, qui s'occupa activement de la vécrganisetaon de l'armée pour laquelle Abrahann Lincoln titan appel de 500,000 hommes,
Dans d'autres endroits, Les tédéraux éprouvent de nouvelles défaites, fins le Missouri, les soldats, après lement du général Lyon, prennent la fuite dans loutes les directions: à Balls Bluf les unionistes sont culbutés, dans le Potomar, par armée placée sous le conmmandement de Jackson: entin, dans le Maryland, la présence seule de nonmdmenses troupes nordistes réussit à conmprimer tes popurlations; mais Paltention est toujours et surtout portée sur la Virginie, où les deux armées sont en présemoe, eboût, pense-on, un engagement plus sérieux encore que ne la été la bataille de Bulls Run ne peut tarder à avoir lieu,
A l'embouchure du Mississipi, une flotte confédémée, composée du steumer Le Manassés, avé d'un pere, de nombreux brülots et de six cunonniètres à va peur, profite des ténèbres pour attaquer lescadre de blocus des Etats-Unis, comptant trois steuners, @iemond, Huntsrille, Water Wich, deux sloops de suerre, Parcennes, et Preble, eU le transport Véghtinqule,
L'éporou de ler du Manasses pénètre dans le coque du Helen pas assez profondément cependant pour Lui causer de sérieuses avartes , aussi cherehetal, ainsi que le reste de l'escadire, à gagner le mer, mais il échoue sur lt barre, en méme temps que le Greble éUle Naghtingale, Ce dernier recoit un coup d'éperon qui le fait couler; un boulet se Toge dans la coque du Hichmond, le Vincennes est obligé de jeter à la mer son armenrent, ses chaines et ses ancres,
Nous uë pouvons passer iei sous silence l'incident Mason el Slidells aussi allons-nous donner quelques détails sur de départ de ces personnages, détails que uous prenons dans le C'harleston-Mercury à
« Les deux envoyés choisirent, pour quitter Charleston, le petit steumer l'heodora, Tous les préparatifs faits, les passagers s'embarquèrent, le 12 octobre avant minuit, Ces passagers étaient : ME, Mason et M Mac-arline, son secrélire; M. Slidell, sa femme, son fils, ses deux filles; M, Eustis, son secrétaire; M Eustis et diverses autres personnes.
La nuit était tout à fil noire, el, vers nunuit, uae pluie fine commença à loimber, ce quiajoutait aux chances qu'avait lt heodora de ne pas ètre aperçue. A «ue heure du matin, da Zhcodora Jeva ses câbles et se dinygca silencicusement vers la sortie du port. En passant devant le fort Sumpter, toutes les lumières furent éteintes à bord, et le navire passa au milieu de lescadre de blocus pour gagner la iuer,
« Le 16, la Zheodora axvivait à Cardenas, Fun des ports de Pile de Cuba, et mettait à lerre ses passagers qui se rendent eu chemin de ei à la Havane, Une fois chaque mois, un peut bateau à vapeur, le Zrent, ausporte de la Havane
ne,
à Suut-Thounus lus voyageurs à destination de | Augletare, Les passagers de la Theodora s'embarquèrent le 7 novembre à bord du Zrent, et le lendemain, vers huit heures du matin, ils se trouvaient vis-ä-vis le phare du Pasadon-Grande, au plus élroit de l'ancien canal de Baume, lorsqu'ils fivent la rencontre d'un srand navire de guerre bout noi, qu'ils upprirent plus tard ètre le Suu-Jacintu,
« Le Sa-dacsuto lisa, dans lu direction du Zreut, deux coups de canon, el, presque aussitôt, ue chuloupe portant deux ofttiurs et dix hommes, vint se ranger aupres du navire anglais, L'undes deux officiers, Le lieutenuat Fairtax, dersanda alors au capitaine Moir du fre de lui remettre MM, Slidell, Mason. Eustis et Mur-larlaue, Sur le refus du capitaine, M, Fairfax fit de Ju uin, vers le Nan-dacinto, un signe convenu, et trois grandes chyldoupes, montées par treute honmues de urine et svixaute suutelots, vinrent aborder le 77e, Les hommes montérent à bord, Le fusil au port d'armes, et le lieutenant Fairfax leur douua l'ordre de s'emparer des quatre passagers qui venaient de se réfugier daus leurs cabines, MM. Mason, Slidell, Eustis.et Mac-l'arlane furent aments sur Je pont, Euliu, Les quare passagers durent descendre dans une des chaloupes du Sun- Jaciuto, après avoir fait leurs adieux à leurs familles et à leurs compaguons de VOoYac, »
Le Sun-Jucinto se dirige vers Les Etats-Unis : iurriva de #6 novembre au fort Monroe, De là, les dépèches annonçant l'arrestation de MM. Mason et Slidell lureut envoyées à Washington, puis Le Suu-dacinto repuartit el uransporta les prisoumiers à New-York, pour les reprendre encore et les amener au fort Marreu,
Après de nombreuses réclamations émanant de l'Augleterre, 1 fut répondu par Les États-Unis que le souvernement n'avait « que des dispositions auicules, que le capitaine Wilkes avait agi sans ordres, et qu'ainsi cet acte se Hrouvait dégagé de l'embarras qui auriuit pu en résulter, »
M. John Russel adressa alors la dépêche suivante, qui précéda là luise en Liberté des passagers du Zrext.
« Le gouvernement anglais est disposé à croire que cel acte n'a pus é& aulorisé, et qu'il ne peut être que le résultat d'un maleutendu..…... Le gouvernement de la reine espère que le gouvernement des Etats-Unis accorderi de Tui-mème la seule xéparation qui puisse dre satislaisaute : la liberté de MM. Mason et Slidell et une excuse convenable.»
A la suite de cette dépêche, M. Sewaud répondit, le 26 découbre, qu'urdre avt été donné pour Le relâchement des prisonniers. Voici le texte de cette dépèche :
« Le gouvernement auglais ne s'est pas Liompe lorsqu'il à pensé que le capilaine Wilkes n'avait agi que selou les iuspirations de sa conscience. sans ordres ui instructions. Aucun ordre n'avait été donné ni à M. Wilkes ni à aucuu ofticier d'arrêter MM, Slide, Eustis, Mason et Mac-Farlane, où toute autre personne, soit à bord du Zreut, soit à bord de tout autre navire augluis. Le cubiuet
de Washington n'a jamais formé le projet, et n'a mème jamais eu la pensée de soulever une semblable discussion qui pourrait éveiller la susceptibilité de la nation anglaise. »
M. Seward annonça en outre à lord Lyon, mimstre anglais à Washington, qu'il désirait conférer avec lui au sujet des mesures à prendre pour que les prisonniers fussent rendus et placés sous la protection de la Grande-Bretagne.
Ainsi se termina cet incident, qui aurait pu amener un changement des plus sérieux dans la guerre américaine.
A peu près à l'époque où l’on arrêtait MM. Mason et Slidell, les fédéraux remportèrent deux victoires, l’une sur les côtes de la Caroline du Sud, l'autre sur les côtes de la Caroline du Nord.
Dans la Caroline du Sud, le fort du cap Hatteras fut bombardé; la garnison, se composant de 800 hommes et de 50 officiers, se rendit au général Buttler.
Quant à l'avantage remporté sur les côtes de la Caroline du Nord, voici le ‘apport qu'adressait le commodore Dupont au secrétaire de la marine :
«J'ai l'honneur de vous informer que j'ai attaqué hier les batteries ennemies établies sur Bay-Point et Hilton-Head, ainsi que les forts Walker et Beauregard. J'ai réussi à les réduire au silence après,un engagement de quatre heures, et la petite escadre des steamers rebelles du commandant Tatuall à dù fuir à toute vapeur. L'ennemi a pris la fuite dans une grande confusion. Les quartiers et ses campements ont été abandonnés sans mème qu'il essayät de sauver aucune propriété publique ou privée. Le terrain sur lequel il avait opéré sa fuite était couvert d'armes; les officiers ont fui si précipitamment qu'ils n'ont pas voulu s'embarrasser de leur sabre, »
Quelques jours après, les fédéraux s'emparèrent encore de la ville de Beaufort.
Tous ces événements se passaient, il ne faut pas l'oublier, à la fin de l'année 1861 ; nous allons entrer maintenant dans la relation de la campagne de 1862.
Le Sud comptait 40,000 hommes dans les villes principales : 40,000 sur les bords du Mississipi, 60,000 dans le Missouri, 90,000 dans une partie de la Virginie, 117,000 dans le Tenessee et le Kentucky et 150,000, sur les bords du Potomac.
Le Nord répondait à cette formidable armée par une armée non moins formidable : 500,000 combattants étaient sous les armes prêts à se sacrifier pour le plus grand triomphe du principe défendu par eux. Les fédéraux comptaient en outre plusieurs flottes dont la plus considérable était, la dernière, sortie du port de Hampton. Elle se composait de vingt-six navires à voiles, trois frégates à vapeur, quinze Canonnières, six grands steambots de rivière, deux puissants remorqueurs, douze ferry-boats armés de six canons; les transports À vapeur le Vanderbitt de 3,470 tonneaux, l'Atlantic de 2,845, l'Océan-Queen de 2,802, le Baltic de 2,723, l'Illinois de 2,123, le De Soto, le Philadelphia, le Coatzacoaleos, l'Éricson, plus une vingtaine d'autres dont nous ignorons les noms,
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On l’a vu : pendant l’année qui vient de s’écouler, les fédéraux ont compté de nombreux revers; celle qui commence semble au contraire se présenter pour eux dans de favorables conditions.
De tous côtés l’on fait des préparatifs immenses et l’on semble vouloir pousser la guerre plus vigoureusement.encore que cela n'avait été fait jusqu'à ce moment.
A l’ouest de la Virginie, on trouve le corps du général Rosencranz, au sud le général Burnside, au nord les généraux Banks et Mac Clellan, avec de grands corps d'armée; l'est est protégé par le fort Monroe; de plus, une grande expédition sous les ordres du commodore Foot et du général Grant se dispose à agir dans le Tennessee. Le général Buell tient le nord du Kentucky.
Le général Mac Clellan veut former un cercle qui, se rétrécissant peu à peu, doit finir par étouffer tout germe de révolte dans les Etats confédérés. Ce plan réussit presque et l'on compte de prompts et nombreux succès.
Une bataille est livrée le 19 janvier 1862, à Mill-Spring, le général confédéré est tué; le désordre se met dans les rangs des esclavagistes. Le général Thomas commandant les forces fédérales compte une victoire.
L'expédition, commandée par le commodore Foot et par le général Grant pour opérer dans le Tennessee, commence par s'emparer du fort Henry et du fort Donelson.
Le général Burnside commandant le corps de débarquement de l'expédition du Sud, soit 30,000 mille hommes, s'empare de Newbom, d'Edenton, d'Elisabeth-City et de l'île Roanoke. Il n'attend plus que l'ordre de marcher soit sur Norfolk , soit sur Charleston. |
Mais deux événements autrement importants allaient fixer l'attention publique : le combat naval de Newport-Ners et la bataille de Pittsbure- Landine.
COMBAT DE NEWPORT-NEWS, — MONITOR ET MERRIMAC. — BATAILLE DE PITTSRURG-