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trée Carte du théâtre de la guerre. Les parties noires indiquent les Etats ou les parties d'Etats où l'esclavage n’est : les pas aboli par la proclamation du président Lincoln.
kyn, Le 14 avril, le bombardement du fort Jackson commenca et fut continué seize sans interruption pendant plusieurs jours avec un acharnement constaté par la
12 LINCOEN.
lettre smivante, écrite par le général en chef commandant le département de la Lonisiane au général Dunkan, commandant le fort Jackson :
« Dites à vos hommes que leur conduite héroïque pendant l'un des plus terribles bombardements dont l'histoire fasse mention leur vaut une admiration et une sympathie générales, Leurs parents et leurs amis ont une confiance aveugle dans leur habileté et dans leur courage, »
A quoi le général Dunkan répondit :
« Le bombardement continue, Plusieurs fois nos canons en barbette ont été démentés. Nous réparons de notre mienx nos dommages. Vingt-cinq mille bombes ont été lancées par les fédéraux depuis dix jours: mille environ sont tombées dans le fort. »
Le 23 seulement, une canonnière forca le passage, et le 24, toute la flotte dépassa le fort Jackson qui, dès lors, se trouva pris entre deux feux. Il n'aurait pu évidemment continuer à se défendre, si le eommodore Farragut n'avait poussé son expédition pour ne s'arrêter que devant la Nouvelle-Orléans. Il demanda la reddition de cette ville en ces termes :
« Les droits des individus et la propriété seront assurés ; je demande donc la reddition sans réserve de la ville, et je demande que les emblèmes de i4 souveraineté des Etats-Unis soient arhorés aujourd'hui à midi, à l'Hôtel de Ville, se la Monnaie et sur la Douane., »
M. Monroe, maire de la Nouvelle-Orléans, fit la réponse suivante :
«Je ne saurais trouver, parmi mes administrés, un renégat assez insensé el assez misérable qui osât souiller de sa main l'emblème sacré des Etats confédérés, etil n’y a pas un homme parmi nous dont la main et le cœur ne se paralyseraient à la pensée d'arborer un drapeau auquel nous n'avons pas solennellement prêté serment, »
Nous ne pouvons que laisser cette lettre à l'appréciation du lecteur; cependant nous devons dire que ee même M. Monroe avait, un an auparavant, prété serment au drapeau fédéral.
Le commodore Farragut fit alors oceuper la ville par un bataillon de soldats de marine. Bientôt après, le fmai, les forts Saint-Philippe et Jackson se rendivent au commodore Porter,
Le général Buttler, qui avait été nommé commandant du département du Golfe, opérait en même temps que le commodore Farragut, et, après avoir pris et détruit les forts qui défendaient le lac Pontéhartrain, iv pénétrait pour débarquer avee son corps d'armée à Lakeport. Ine restait plus aux eonfédérés, sur les bords du Mississipi, que la ville de Wiesburg,
Dans la Virginie, l'armée connue sous le nom d'armée du Potomae, dont le principal corps était commandé par le général Mac Clellan, avait commencé ses opérations. Après avoir quitté Martinsburge, Charlestow, Bolivar, le général Banks avait battu le énéral Jackson près de Vinchester,
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Cette vietoire, remportée «ur les confédérés, Ini donnait In vallée de Shenandoah.
Ea ligne du Bulls Run et du Manassas avait été abandonnée par les séparalistes; aussi Mac Clellan s’avanca-t-il près de Fairfax, Centreville et Court-Honse sans rencontrer l'armée confédérée, qui s'était retirée sur les hords dn Rapahannoe, pour revenir ensuite vers Richmond.
Le général Mac Elellan changea son plan de campagne et fat avec son armée an fort Monroe pour agir dans la péninsule virginienne, 120,000 hommes se tenaient sons ses ordres.
On donna le commandement de l'armée du Rapahannoc an général Mac- Dowell, plus le commandement de la portion de pays située entre les montagnes Bleues, le Potomac et le chemin de fer de Frédérieksburg, ainsi que le commandement du district de Colomhie.
Le général Banks garda le commandement de la Shenandoah.
La ville de Yorktown que défendait l'armée confédérée, et qu'attaquait le général Mae-Clellan, était parfaitement fortifiée et pouvait être défendue avee succès, L'attaque au contraire en était difficile, ear il fallait tout un matériel de siége, que les fédéraux n'hésitèrent pas à faire venir pour Semparer d'une position aussi importante,
A peine commencait-on les préparatifs d'attaque. que les séparatistes, pris d'une sorte de panique, évacuèrent la place où l'armée fédérale entra le 2 mai.
Le surlendemain un combat acharné eut lieu entre les deux armées, à trois milles de Williamsburg, ville que les eselavagistes n'essayèrent pas même de défendre, quoiqu'ils eussent des moyens très-puissants et Irès-considérables.
Le général Mac-Clellan, victorieux sur toute la ligne, transporte son armée par la voie du Potomae, arrive à la presqu'île formée par les rivières York et James, puis il établit ses forces sur les bords du Chickahomins. |
A ces divers succès, vint bientôt s'en ajouter un nonvean, suivi promptement d'une défaite sur an autre point,
Le 8 mai, le Vaugaturk, le Seminol, le Suequehannah, le Vanderhilt, Ve Monitor, le San-Jacinto et le Dacotah, qui tenaient le blocus devant Norfolk, ville trèsimportante, occupée par les confédérés, bombardèrent les batteries ennemies toute la journée et une partie de la nuit,
Le 9 et Le 10 mai, le général Wool, à la tôte de son corps d'armée, débarqua et fit ses préparatifs pour prendre Norfolk par terre, Le maire de la ville envoya iminédiatement un parlementaire, lequel déclara que lon ne voulait faire aucune résistince.
Voici pour la victoire,
Le revers fut éprouvé parle général Banks, dans la vallée de Shenandoah,
avait été obligé d'envoyer 18,000 hommes de renfort an général Mae-Dowell qui eraignait un engagement sur le Rapahannoe, Bien au contraire, ce fut lui qu'on attaqua, avec des forces trois fois supérieures, et malgré sa belle condnite
et l'énergie déployée par les hommes placés sous ses ordres, il fut repoussé jusqu'au delà du Potomac.
Ce ne fut qu'avec le secours des généraux Frémont et Mac-Dowell, qu'il put réparer ce désastre. Mais cette complication nouvelle devait une fois de plus changer tous les plans du général Mac-Clellan. En effet, il comptait sur la jonction que devait opérer avec lui le général Mac-Dowell, jonction empèchée par suite des événements qui avaient eu lieu dans la vallée de Shenandoah.
Richmond recevait à chaque instant des renforts nouveaux. Mac-Clellan se vit dans la nécessité, pour être sous la protection des canonnières fédérales, de se diriger vers la rivière James. Il commencait à effectuer son mouvement de retraite, lorsque la division Mac-Call fut attaquée par le général sudiste Jackson. Le combat dura toute la journée ; on ne put reprendre les opérations interrompues que pendant la nuit, mais le lendemain, Mac-Call fut attaqué de nouveau, et cette journée put prendre sa place parmi les plus malheureuses pour les fédér'AUX.
Voici, du reste, ce qu'écrivait à cette époque un officier de l'armée de Mac- Clellan. « Cette scène n'est pas de celles qu'on peut oublier. Des masses de chevaux sans cavaliers fuyaient dans toutes les directions. Les boulets sifflaient dans l'air. Les tourgons, les ambulances et les canons encombraient la ronte; des blessés, boîtant et gémissant, d'autres sanglants et couchés au milieu de la mèlée; des officiers dont la voix n'était plus écoutée, criant et menaçant, au milieu de ces masses effrayées; le sublime fracas de la canonnade ; les nuages de fumée, et le soleil disparaissant à l'horizon, rouge comme une large tache de sang. Voilà ce que je ne puis peindre, mais je le vois encore et le verrai toujours. Je ne puis être sévère pour nos soldats. Is avaient combattu et marché le jour et la nuit d'auparavant ; la chaleur était aceablante, ils étaient épuisés. »
Ceite bataille reent le nom de Gaineshill, ville près de laquelle elle s'était livrée.
Le 28, la journée se passa en esrarmouches., Les fédéraux eurent done la possibilité de continuer leur retraite. [ls traversèrent le Chiekahominy, et commencèrent à s'ébranler vers la rivière James.
Le lendemain 29, les divisions Richardson et Sedgwick furent attaquées par les confédérés qu'elles repoussèrent en leur faisant subir des pertes très-considérables, dans les marais de 1Fhit-Oak. Trois engagements partiels eurent lieu dans cette même journé:; les fédéraux restèrent maitres du champ de bataille.
Le soir, Mac-Clellan s: mit en marche pour gagner le pont de Turkey-lsland, sur la rivière James, mais il ÿ avait une longue distance à parcourir par des chemins étroits, mauvais, et ce ne fut qu'à dix heures que le gros de l'armée put arriver sur les bords de la rivière.
Les confédérés attaquèrent le lendemain, 30 juin, l’arrière-garde fédérale qui se trouvait encore dans les marais de Whit-Oak. Le combat dura tonte la journée. Tantôt les Sudistes avaient le dessus, tantôt les Nordistes reprenaient l'avan-
LINCOLN. 45 tage, de manière que le sort de la journée fut à peu près partagé. Pendant ce temps, Mac-Clellan qui pensait ètre encore attaqué le 1° juillet s'était fortifié dans sa position. Il avait disposé son armée de facon qu'elle püt, si le besoin s’en faisait sentir, être appuyée par les canonnières.
Le général nordiste ne s'était'pas trompé dansses prévisions, car le lendemain, à midi, les séparatistes commencèrent l'attaque, et quoiqu'ils fussent plus nombreux et en meilleure position que les fédéraux, ils éprouvèrent un échec. Cette bataille, dite de Turkey's Grove, fut une des plus meurtrières. Les Sudistes avaient une armée de cent qua’te-vingt mille hommes. Les fédéraux comptaient à peine cent mille combattaus. {l'est vrai que leur artillerie était bien supérieure à celle des ennemis.
Ces diverses batailles, livrées consécutivement, prirent le nom de Seven- Days (Les Sept Journées).
Les pertes subies par les deux armées s'élevèrent à 80,000 hommes.
50,000 pour le Sud et 30,000 pour: le Nord.
Le général Lee, commandant en chef les forces séparatistes, détacha un de ses meilleurs lieutenants pour attaquer et disperser l'armée fédérale, commandée par Pone.
A la même époque, Braxton-Bragg repoussait les fédéraux en remportant plusieurs avantages sur les bords de l'Ohio. De plus il menaçait la capitale du Kentucky et Cincinnati.
Lee traverse de son côté le Potomac et le Maryland pour s'emparer de la capitale fédérale, mais il est arrèté dans sa marche victorieuse par Mac-Clellan, qui vient au secours de Washington, sur un ordre du président Lincoln.
Les fédéraux éprouvent un cruel revers à Harper’s Ferry qui capitule et se rend avec sa garnison de 10,000 hommes. Murfordsville se rend également.
Ce n’est partout que désastres nouveaux pour les Etats de l'Union, lorsque let5 septembre, l'avant-garde des confédérés subit an échec dans le Maryland. Hooker, surnommé /e Batailleur, culbute les ennemis, les met en déroute, et les oblige à reculer Il les poursuit pendant trois jours, et livre enfin une bataille générale sur les E ds de l'Antieman.
C'était à la date du 18. L'aile gauche des ennemis était commandée par Jackson; Hooker engage le combat avec ce général qui faiblit bientôt, Hooker fait des prodiges de valeur, il va même jusqu'à la témérité; mais il tombe grièvement blessé et dès lors Jackson reprend l'avantage. Burnside se distingue, lui aussi par sa bravoure; il repousse les confédérés malgré leurs vives attaques, oblige Lee à repasser le Potomac et à rentrer dans la Virginie.
Les fédéraux comptent deux nouveaux succès, l'un à Cornilh et l'autre à Gerryville. Braxton-Bragg depuis longtemps était heureux dans cette partie du Kentucky qui se trouve au nord du Mississipi, mais Rosencranz le bat et le force d'abandonner ses positions.
Ce fut à cette époque que l'on projeta une expédition contre Richmond, la
capilale des Etats contédérés, Le général Mac-Clellan renut le commandement en chef de l'urimée du Potomac à Burnside,
Celui-ci accepta la responsabilité et s'occupa activement du passage de ses troupes sur le Rappahannock qui, à l'endroit où il voulait le travesser, compte 170 mètres de profondeur, Cette première difficulté vaineue, il fallait encore prendre Fredericksburg pour arriver jusqu'à Richmond.
C'était là vraument une che à la hauteur des plus grandes audaves,