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Le président Lincoln renouvelant son serment à la Constitution, le 4 mars 1865, au Capitole de Washington.
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Sur un autre point, dans la vallée de Shenadoah, Sheridan surprend le général rebelle Early dans Charlotteville, et le fait prisonnier avec 1,800 hommes. Charlotteville, située sur le chemin de fer de la Virginie centrale, qui relie Richmond à Lynchburg, était un des plus grands arsenaux de l'armée sudiste.
L'amiral Dahlgren, en s'emparant de Georgetown, dernier refuge des coureurs de blocus, finit d'enlever à la confédération esclavagiste le seul point d'approvisionnement qui lui restait sur l'Atlantique.
Les Sudistes remportent quelques avantages insignifiants. Lee occupe le chemin de fer de Chattanoaga à Knoxville et enlève les garnisons fédérales d'Athènes et de Sweetwater.
Le but de Grant, qui se prépare à agir, est d'isoler Richmond des Etats du Sud, de couper toutes les communications qui peuvent Fapprovisionner de troupes, de munitions, de vivres.
Par son ordre, Sheridan détruit {ous les ponts sur la rivière entre Lynchbure et Richmond, ainsi que tous les ponts du chemin de fer de Hanté: à Charlotteville.
Sherman, de son côté, pousse une nouvelle pointe dans la Caroline du Nord. occupe Fayetteville et Goldsboro sur la rivière Neuse. Les confédérés sont forcés d'évacuer toutes les villes qui formaient vers le Sud les postes avancés de la capitale esclavagiste.
Lee, qui avait concentré dans la Caroline du Nord {outes les troupes dont il pouvait disposer en dehors de la Virginie, bat aujourd'hui en retraite devant Sherman et se concentre sous les murs de Richmond isolé.
RÉINSTALLATION DE LINCDEN À LA PRÉSIDENCE DES ÉTATS-UNIS. NOMINATION DE M. BIGELON A L'AMBASSADE DE PARIS. BATAILLE DE PETERSBURG. PRISE DE RICHMOND.
Le 4 mars 1855, Abraham Lincoln a prêté une seconde fois, en qualité de Président des Etats-Unis, le serment exigé par la loi fondamentale, La cérémonie à été la mème que celle que nous avons décrite le jour de sa première installation. Le trait saillant du discours prononcé par Lineoln fait ressortir cette déclaration. que, au nom d'une loi supérieure à la constitution devant l'autorité de laquelle is'inelinait en 1851, au nom de l'humanité, il proclame aujourd'hui ce qu'il a déclaré au commencement de l'aunée, l'abolition de l'esclavage sur le sol de la République américaine.
Lincoln, le fils des pionniers quakers, l'homme aux sentiments relicieux et profondément honnètes, terminait ainsi son discours : « Sans malveillance « envers personne, avec charité pour tous et avec fermeté dans le droit autant « que Dieu nous permet de voir juste, finissons Fœuvre dans laquelle nous sommes « engagés Dour panser ensuite les blessures de la nation, prendre soin de celui qui aura affronté les batailles, de sa venve et de ses orphelins, et faisons tout ee «qui est en notre pouvoir pour atteindre une paix juste el durable parmi nous- « avec toutes les nations. »
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Un des preiniers actes de la nouvelle présidence de Lincoln fut d'élever au poste d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire des Etats-Unis à Paris. M. John Biselow qui, depuis la mort de M. Dayton, arrivée en décembre 1864. remplissait ces fonctions tout n'étant que consul. M. John Bigelow est né à Malden dans l'Etat de New-York, le 23 novembre 1817. D'abord avocat, pnis jourmaliste, il fonda le journal le Pleheian, et collahora à la Democratic Revieu:. L'Evening-Post de New-York, dont il était un des principaux actionnaires, est devenu entre ses mains l'organe du parti républicain. En 1860, il contribua de toute sa publicité à Félection de M. Lincoln. Depuis 1861. époque à laquelle M. Bigelow-est arrivé en France en qualité de consul, le diplomate écrivain a publié en français Les Etats-Unis en 1863.
Le cinquième acte de ce drame guerrier qui, depuis quatre ans désole l'Amérique, va se jouer sous les murs de Richmond, le dernier boulevard de l'eselavagisme,
Une indicible panique règne dans la capitale du Sud Les sénateurs et es représentants du Congrès rebelle abandonnent déjà leurs postes. Les jommmanx se lamententet pleurent sur les ruines de la Confédération.
Le Congrès de Richmond lni-mèême est décourasé. A accorde à M. Jefferson Davis une quasi-dictature, 1 fait un appel au patriotisme des citoyens qui peuvent aider le trésor épuisé de Ja confédération, et termine enfin une session qui ne laissera derrière elle que le souvenir de sa stérilité.
Le moment est venu. Grant, qui à employé fout son ternps à se fortifies et à affablir son ennemi, va terminer la grande Tntte en faisant tombes Richmond.
La bataille commence le samedi 25 mars.
Le président Lincoln se tronvait depuis dix jours à City -Poiat, sur la rivière James, dans le voisinage du théâtre des opérations, On avait d'abord parlé de négociations. Le New-Fork Herald affirmait que Lee avait demandé une entrevue à Grant, que la paix était décidée, et que le Président ne retournerait pas à Washington sans lavoir signée, On ajoutait que M. Jefferson Davis avait offert à Lincoln de renoncer à toutes ses prétentions pourvu que Fon garantit à lui et aux autres chefs sudistes les droits de citoyens. Lincoln aurait répondu qu'il ne pouvait accéder à une telle demande, attendu qu'une loi du Congrès avait déclaré les chefs rebelles déchus de tous leurs droits, et que, d'autre part, Silavaitle plus grand désir de faire Ja paix, il voulait avant tout qu'elle fût solide et à l'abri de toute contestation.
Au lieu de convoquer une conférence de paix, Lincoln réunit donc on conseil de guerre, auquel ont assisté, sous sa présidence, les généraux Grant. Sherman, Meade, Ord et Shéridan.
A la suite de cette réunion, Sherman est retourné, fort à regret sans doute. auprès de ses troupes, dans la Caroline du Nord, et Grant a ébranlé toutes ses
forces, c'est-à-dire l'armée du Potomac, commandée par le général Meade;
L'aumée du Junes commandée par le général Or et Fammée de la Shenanduah placée sous les ordres de Sheridan, Ce mouvement, commencé le 20 mars, mepaeait à la fois Petersburg et Richmond; mais l'objet immédiat du général en chef était d'atteindre et de détruire le chemin de fer de Southside, qui servait à l'approvisionnement des deux villes assiégées,
Les troupes de Grant se sont mises en marche le 29 au matin ; elles avaient été inassées depuis la veille sur les routes de Vaughn et d'Halifax, au sud-ouest d'Hatchers Run et se composaient du 2°, 5°, 6° et 10° corps d'armée. A trois heures du matin, elles quittuient leurs bivouacs et se portaient en avant. Leur flanc ganche était protézé par em divisions de cavalerie qui, sous les ordres de Sheridan, S'étaient dirigées pendant la nuit vers Dinwiddie Court House, à sept milles du Hatehers Run et entre ce cars d'eau ete chemin de fer de Lynchburg. L'infanterie de Grant ne renegatra pas d'opposition, avant son arrivée sur la route de BoyHown, qui coupe celles de Vaughn et d'Halifax et où elle eaptura les avant-postescontédérés.
La division Guiffin, du 5 corps, S'avanea ensuite dans la direction de Petersbars, et dans laprèsanidi elle rencontra un corps sudiste qui, formé en ligne de bataille, voulant exéeiter une charge, Mais la supériorité numérique des fédéraux élaittelle, que les rebelles furent immédiatement forcés de se retirer eu abandonnant un écctain nombre de prisonniers entre les mains de leurs adversaires.
Les mouvements de Grant Favaient rendu maitre, sans coup févir, d'une position importante entre Le Hatehers Run et % chemin de fer de Southside, position vers laquelle se rendait, d'un autre côté, le général Sheridan qui, dans la matinée du 29 mars, était déjà arrivé à Dinwiddie Court House.
Le président Lincoln, établi à City-Point, transmettait à Washington, par le télégraphe. les bulletins des opérations, Dans la première jeurnée, le 29 mas, les troupes fédérales avaient déjà occupé a moitié de l'espace qui les séparait, la veille, du chemin de Southside. Le 40, le mouvement fut contrarié par la pluie ; cependant la lutte continuait vigoureusement. Le 31, Je général Lee qui commandait en personne les contédérés, prit l'offensive de bonne heure, fut d'abord repoussé, regagna ensuite le terrain perdu, mais finit par abandonner le champ de bataille aux fédéraux qui se trouvaient alors à un mille du Southside, Cest au général Sheridan que revient le prineipal honneur de cette
Journée.
Le premier avril, le général Sheridan d'élogea les Sudistes de leurs retrancheiuents des Five Forks et atteignit la route du Southside. Le 2, à l'aube du jour, les fédéraux attaquèrent l'ennemi sur toute la ligne avec une irrésistible vigueur, le rejetèrent dans Petersburg et commencèrent à détruire le chemin de fer. Douze mille prisonniers et cinquante canons restèrent entre leurs mains. Cette journée, la cinquième et dernière de la grande bataille. qui durait depuis le 29 mars, a décidé du sort de la confédération eselavagiste.
Le général Lee, se voyant menacé du sort que Pemberton avait subi à Wicksburg , il y à deux ans, évacua Petersburg et Richmond pendant la nuit du 2 au 3, et s'échappa avec le reste de son armée par la route de Danville, la seule qui lui fût encore ouverte et qui le conduisait à Lynchburg, dans la direction du sud-ouest. Le général Grant, sans prendre aucun repos à Petersburg, partit à la poursuite de Lee, dans l'espoir de le faire prisonnier avec toute son armée, et le # avril il envoyait une dépêche dans laquelle il annoncait avoir fait déjà plus de 1,500 prisonniers et Uouvé la route jonchée d'armes, de munitions, d'ambulances, de fourgons et de caissons en partie brûlés. Une telle retraite à tous les caractères d'une déroute,
Le général Weilzel à eu Le premier l'honneur d'entrer à Richmond, le 3 avril à huit heures du matin, à la tête de ses troupes, et c'étaient DES TROUPES DE couLeur ! Il n'y à rien eu de prémédité dans ce fait assurément très-remarquable. Ce sont les chances d'une guerre juste et libératrice qui ont livré la capitale de l'esclavagisme aux hommes de la race servile, non pour qu'ils la pillent, l'outragent ou la dévastent, mais pour qu’ils la protégent, pour qu'ils étcignent l'incendie allumé par leurs anciens maitres, pour qu'ils ÿ ramènent, avec la liberté, l'ordre et l'autorité légitime.
Le général Weitzel à expédié la dépèche suivante datée de Richmond, 3 avril, 10 heures :
« Le peuple de Richmond nousrecoit avec de grandes démonstrations de joie et d'enthousiasme. »
«Tout indiquait que le gouvernement et les troupes esclavagistes avaient fui dans la plus grande hâte, sans prendre même le temps de détruire un important metériel qui est tombé entre les mains des fédéraux.
Tout ce qui se rattache aux derniers moments du pouvoir rebelle dans la capitale virginienne a un vif attrait de curiosité, Nous résumons donc 161 quelques incidents de ce grand épisode de l'histoire contemporaine.
Jefferson Davis n'est pas resté à Richmond jusqu'au fundi matin, comme on l'avait dit d'abord. Après un conseil de guerre tenu avec le général Lee et les membres du cabinet, il avait reconnu l'impossibilité de défendre sa capitale ; le lendemain, il conduisit sa funille à Charlotte, dans la Caroline du Nord, et revint à Richmond, Cependant le dénoûment est venu plus vite qu'ilne s'y attendait.
Le dimanche 2 avril, il assistait aux cérémonies religieuses de "église Saint- Paul, dont il est membre, quand on lui apporta une dépêche de Lee, Le général en chef Jui annoneait la nécessité d'évacuer Petersbarg et Richmond dans le plus bref délai. M. Davis partit par un convoi du soir pour Danville, en exprimant, dit-on, la résolution de continuer la lutte. Le bruit à couru qu'il avait préalablement vendu son mobilier; mais il a été démenti. Dans cette mémorable après-midi, la cité virginienne a offert l'aspect d’un sauve-qui-peut général, au moins dans la classe aristocratique. On assure toutefois que madame Lee, la
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lemme du 2cuérahssine rebelle, est demeurée dans la ville, Quelques linulles riches ont suivi ‘e sas exemple.
Quant à la classe iahorieuse, elle était sacritiée, selon l'usage. Les troupes sudistes, sous les ordres du général Fwell, mettaient le feu à la ville, et tout le quartier des affaires, depuis Mau street jusqu'à la rivière, était réduit en cendres. Les ponts du James ont aussi été détruits, C'est à minuit que le général fédéral Weitzel fut informé de ce qui se passait dans la ville. ne pouvait tenter d'approcher pendant la nuit, parce qu'il savait que le terrain situé en avant des fortifications était garni de nombreuses torpilles, I fallut done attendre le jour. Aussitôt que la clarté le permit, ilenvoya un détachement de cavalerie dis fa direction des lisjues rebelies.
Les hommes dont se composait cette petite troupe durent avancer ee ben coup de prudence pour éviter les torpilles qui, heureusement, étaient imétquées par des petits morceaux d'éloiie rouge. Les précautions que les rebelles avait prises pour eux-mêmes furent fort utiles aux fédéraux. Ceux-ci virent bientôt approcher une Voiture dont le cocher ägitait un pavillon blanc, Cette voiture contenait M. Mayo, maire de Richniond, jui venait, 6 compagnie de quelques citoyens notables, offrir de rendre la ville aux autorités fédérales, L'offre était exprimée par un éerit de la manière suivante :
CO propose de rendre formellement aux autorités fédérales la ville de «Richmond, ei-devant capitale des Etats confédérés d'Amérique, etles fortifea- «tions par lesquelles sile a été défendue jusqu à ce jour. »
«Le document ft transe au géné Weitzel, qui mit aussitôt ses troupes en mouvement etentra diss fr viile, Le drapeau de l'Union, immédiatement relevé sur le Capitole, fut salue pen la pojadation comme le symbole de sa délivrance. L'ouvrage Le plis pres était d'étendre le feu. Cest ce qu'on fit avec un peu de peine. La mistre “lait grande dans la ville, et le général Weitzel s'est mis en mesure de taire des distributions de vivres.
«Le feu était à peine éteint qu'on a découvert un complot dontlot'et était de rallumer l'incendie et de faire sauter un magasin contenant vingt mille livres de poudre. Les individus auxquels on attribuait cet infernal projet ont été arrôtés.
«Le Président s'est rendu à Richmond mardi a été recu parle peuple avec de sreles démonstrations d'enthousiasme. Etabli dans le son de M Jefferson Davis, a recu tous les eitovens qui ont voulu lui rendre visite, » {Opinion nationale.)
Le général G.Æ, Shoplev a été nommé gouverneur militaire de Richmond. I a sienalé se prise d'antorité par Pordre suivant:
Richmond, 3 avril 186%.
1, Les armées de la rébellion, ayant reuoncé à l'entreprise d'asservir le peuple de la Virginie, se
sont eéfareies de détinire par le fen la capitale qu'ils ne pouvaient plus lonptemps retenir en lent nonvair
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LINGOLN. 71
Le lieutenant-colonel Manning, marchand prévôt de l'armée du James, et maintenant marschal pre vôt de Richmond, enverra immédiawment un détachement de la garde prévôtale pour arrèter, s'il est possible, le prozrès des flummes,
Les pompiers de Richmond et tous les citoyens intéressés À la conservation de cette belle cité, doivent immédiatement se mettre aux ordres de cet oflicier et travailler de tout leur pouvoir à arrêter le progrès de l'incendie,
Le premier devoir des armées de l'Union sera de sauver Ja ville, que les armées de la rébellion avaient condamnée à p'rir,
Il. Personne ne quittera la ville de Richmond sans un permis obtenu dans le burean du marschal prévôt,
UL, Tout citoyen, soldat où individu quelconque qui pillera, détruira on détournera ce qui tient aux propriétés publiques où particulières, sera arrêté et puni sommairement,
IV. Les soldats sous mes ordres s'abstiendront de toutes paroles ou gestes offensants à l'égard des citoyens.
V, Onne permettra l'usage d'aucune expression offensante ou insultante pour le drapeau, la cause on les armées de l'Union.
VE, Pour un exposé de Leurs droits, de leurs devoirs et de leurs priviléges, les citoyens de Richmond sont respectueusement renvoyés aux proclamations émanées du Président des Etats-Unis au sujet de la présente rébellion.
VIF, Toute personne qui a en son pouvoir on sous son contrôle un nbjet quelconque appartenant à la soi-disant confédération où à un fonctionnaire de cette confédération, ou les registres ou les archives d'un telfonetionnaire, devra immediatement rendre compte desdits objets au colonel Manning, marschal prévèt,
Les citoyens de Richmond recoivent ici l'assurance qu'avec le retour au drapeau dle ji'Union, ils peu vent attendre le rétablissement de la paix, de la prospérité et du bonheur qui étaient autrefois leur partage sons l'Union dont ce drapeau est le glorieux symbole,
ü. F. SHEPLEN,
Brigadier-général et gouverneur militalre de Richmond,
En arrivant dans la capitale du Sud, les troupes du général Weitzel, composées de noirs formant une partie du 25° corps, ont trouvé vingt-huit locomotives et cent cinquante wazons de toute espèce, Les rebelles avaient détruit, pendant la nuit de l'évacuation, la plupart de leurs magasins et de leurs ateliers militaires, et le feu s'était communiqué à plusieurs parties de la ville, Fort heureusement les fédéraux ont réussi à s'en rendre maîtres, et lex-capitale du Sud à échappé au sort d'Atlanta et de Cobembia.
Avant de quitter la ville, les rebelles avaient envoyé en grande hâte tous les prisonniers fédéraux de la prison Libhy à Varuna Eanding, sur le James, où les ch s avaient lieu précédemment, Mais aucun officier fédéral n'était là pour rec, oirles prisonniers, et is Parent mis en liberté au nombre de sept couts, par ordre des autorités rebelles,
Ces prisonniers sont arrivés À Gity-Point, et ils rapportent que pendant l'évacuation de Richmond, les nes étaient pleines de citavens de toutes les classes et de tous les âges, qui paraissent fort joyeux du départ des rebelles
Lés diverses dépèches reçues, s'accordent à dire que la réception faite aux tronpes fédérales, À leur entrée à Richmond, à été des plus enthonsiastes. Un
grand nombre d'unionistes qui avaient continué à habiter la ville depuis 1861 se sont portés à la rencontre des soldats pour leur souhaiter la bienvenue.
le toutes parts des drapeaux américains flottaient aux fenêtres pour la première fois depuis le bombardement du fort Sumpter, et des vivat en l'honneur de l'Union sortaient de toutes les poitrines.
Ces faits suffisent pour prouver que l'Union n'a jamais cessé d'avoir des partisans dans le Sud, en dépit des assertions contraires de la presse esclavagiste.
Grant, écrit M. Cortambert, un véridique correspondant de New-York, n'avait pas donné un moment de répit au général sudiste, après l'avoir contraint d'abandonner Petersburg et Richmond. Le grand objet de Lee était de gagner la Caroline du Nord pour faire sa jonction avec Johnston; mais il se trouvait au nord de l'Appomatox, et Grant, s'avançant sur la rive méridionale de ce cours d'eau, empêchait Lee de le traverser et le forcait de s'éloigner toujours plus de la Caroline.
Après troisjours de retraite désespérée, l'armée sudiste, constamment harassée par la cavalerie de Sheridan, fut atteinte près de Burkesville par plusieurs divisions de l'armée fédérale, livra sa dernière bataille et subit sa dernière défaite qui fut écrasante, Quatorze pièces d'artillerie, plusieurs centaines de lourgois et treize mille hommes, au nombre desquels se tronvaient sept généraux, restèrent aux mains des vainqueurs. Le lendemain, Grant fit proposer à Lee de se rendre, pour arrêter l'effusion du sang. Lee répondit qu'il désirait Ja paix, et demanda quelles étaient les conditions de Grant,
su
IE: Après l'échange de plusieurs lettres, il fut convenu que Lee et tous ses hommes | se reconnaltraient prisonniers de guerre; que les armes, bagages et munitions de
l'armée confédérée seraient remis aux troupes des Etats-Unis, à l'exception de | l'épée qu'on permettrait à chaque officier de conserver; enfin, que tous les | | prisonniers seraient mis en liberté après avoir donné leur parole de ne plus porter les armes contre le gouvernement des Etats-Unis, et qu'ils pourraient retourner dans leurs foyers, où ils ne seraient jamais inquiétés par les autorités fédérales, tant qu'ils tendraient leur parole et respecteraient les lois,
C'est le dimanche, 9 avril, que fut signée cette capitulation si honorable pour les vaincus, si magnanime de la part des vainqueurs. La nouvelle arrivait à Washington dans la première partie de la nuit, et de là, courant comme la foudre, allait réveiller toutes les villes du Nord, où on l’accueillait avec des cris d'enthousiasme, de joyeux carillons et des salves d'artillerie, Ce grand événement a presque fait oublier la prise de Richmond. En effet, Richmond n'est qu’une ville et la rébellion pouvait en trouver une autre pour y établir le siége de son gouvernement., Mais Lee et son armée, c'était la force vitale de la sécession. Cette force anéantie, la confédération n'est plus rien. I faut que la guerre cesse. Johnson, dans la Caroline du Nord, a encore des forces respectables; en les réunissant à celles de Lee, il aurait pu résister longtemps. Abandonné à lni-
LINCOLN. 73 se même , il ne lui reste plis qu'à obtenir de Sherman ce que Grant à bien voulu accorder à Lee,
les plus ent ités
Le général Grant.
Richmond à beaucoup souffert de l'incendie allumé par les rebelles avant de
quitter cette ville, L'ordre donné aux incendiaires par les autorités confédérées était de mettre Le feu aux quatre principaux entrepôts de tabac, De là les flammes se sont communiquées à tout le quartier des affaires etauraient peut-être dévoré la ville entière, sans intervention des troupes fédérales,
Une quantité considérable de tabac, appartenant au gouvernement français, a péri dans cette circonstance,
L'ordre le plus parfait règne dans la cité virginienne depuis quelle estoccupée par les forces de l'Union, Ce n'est pas un ordre comme celui qui récrait à Varsovie quand l'armée de Nicolas y avait pénétré : c'est une harmonie véritable entre les soldats et les ciloyens, qui se respectent mutnellement et se reconnaissent conne les enfants d'une même patrie.
Lincoln a déjà fait deux visites à cette ville, Selon un témoin oculaire, la seconde entrée du Président à Richmond à provoqué Fenthonsiasme le plus extraordinaire parmi les habitants blanes et noirs. Presque toute la population se pressait pour voir l'homme sur le compte duquel elle avait entendu tenir tant de propos outrageants, Les nègres manifestaient leur joie de Ta mamère Ta plus bruyante et saluaient Lincoln comme un second Messie, Quelques-uns tombaient à genoux dans les rues et, levant les mains au ciel, remerciaient Dieu de leur avoir montré l'homme qui les délivrait, eux et leurs enfants, d’une servitude plus dure que celle de l'Egypte.
Quelques jours après la prise de Richmond, uu accident très-grave mettait en péril la vie de M. Seward. Le secrétaire d'Etat s'était jeté hors de sa voiture. dont les chevaux avaient pris le mors aux dents. 1 a eu un bras cassé et la mâchoire fracturée, L'âge avancé de M. Seward à faiteraindre que le rétablisse ment ne ft difficile.
Les troupe: fédérales ont attiqué Mobile.
Voici les extraits importants de la correspondance éehangée entre le général Grant et le général Lee :