‹ Abraham Lincoln, sa naissance, sa vie, sa mort [microforme]Chapitre 21 sur 36 · ML · texte numérisé non relu

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hington vient d'organiser un département militaire, comprenant le nord de la Virginie, le Maryland, le sud de la Pensylvanie et le district de la Colombie, Le général Hooker est nommé connnandant en chef de ce département et chargé d'attaquer Richmond du côté du nord,

Le vieil amiral Farragut entre, avec la flotte fédérale, dans la baie de Mobile, dont il poursuit le siége. Sherman est toujours devant Atlanta. Il à réussi, le 13 août, à s'emparer de la ligne des fossés à tirailleurs, et s'y est maintenu. 1 finit par s'en emparer,

Atlanta était le cœur de la confédération du Sud ; il reste encore à prendre ki tôte, Richmond,

À Petersburg, les confédérés attaquent Warren, qu'ils ne parviennent pas à déloger après trois jours de combats, mais auquel ils font perdre 3,000 hommes. Grant leur fait chèrement payer ce succès passager, Dans plusieurs engagements, livrés sur la route de Weldon, il leur met 10,000 hommes hors de combat,

Le président Lincoln ordonne un jour de prières et d'actions de grâce pour remercier Dieu des succès obtenus à Atlanta et devant Mobile.

Le Nord, à l'heure qu'il est, a reconquis plus des deux tiers des Etats rebelles ; il a repris le cours du Mississipi et maintenu un grand blocus effectif. 1 vient d'occuper Atlanta, au cœur de la Géorgie, l'Etat le plus puissant du Sud; il a réussi à isoler complétement Richmond; sa flotte tient la ville de Mobile sous ses canons, et s'est rendue maitresse de la baie. Encore un effort, et le Sud sera vaincu.

Le 19 septembre, Sheridan livre bataille au général Early, dans la vallée de Shenandoah, sur les bords de l'Opoquan, près de Winchester, Le général confédéré Early commandait 27,000 hommes; les forces de Sheridan s'élevaient à 30,000 hommes. L'action a duré depuis le matin jusqu'à cinq heures du soir. Les séparatistes sont complétement défaits, perdent 5 canons, 15 drapeaux, et laissent 2,500 prisonniers entre les mains des fédéraux.

Des renforts arrivent de tous côtés à Grant, qui se dispose à en finir avec la rébellion en Géorgie, La ville de Petersburg est soumise à un bombardement continu. Le 30 septembre, les fédéraux emportent les deux premières lignes de défense de la place. Birney, qui a traversé la rivière James, s'avance sur Richinond , dont il approche jusqu'à une distance de deux milles.

Le 27 octobre, Grant fait une reconnaissance générale. L'impatience du Nord voudrait le voir agir plus activement, mais son plan est résolu, il ne cédera pas aux gens pressés. Réduire Richmond par la disette est un procédé beaucoup plus rationnel que de risquer une attaque contre des troupes supérieurement retranchées. D'ailleurs ses lieutenants font de la besogne pour lui.

Sur mer les confédérés éprouvent un échec. Leur dernier navire est capturé dans le port de Bahia, ce qui amène un échange de notes diplomatiques entre le gouvernement des Etais-Unis et le gouvernement brésilien, qui toujours avait été favorable à la cause du Sud.

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La Florida était dans le port pour se réparer; dans ce mème port se trouvait la corvette fédérale le Wachussett. Dans la nuit du 6 au 7 octobre on s'apereut, à bord du navire séparatiste, que le bâtiment ennemi filait ses amarres. On appela les hommes, qui se mirent à leur poste, et au même instant la Florida fut entourée de chaloupes, Bientôt le Wachussett arriva et se jeta sur la poupe du navire confédéré, qui eut un mât brisé par une décharge à mitraille, puis les gens du bâtiment fédéral se précipitèrent sur le pont et s'emparèrent, après un rude combat à l'arme blanche, de la corvette séparatiste.

Un canot appartenant à la division navale brésilienne fut envoyé pour prévenir le Wachussett que, s'il ne cessait pas son attaque, on allait le couler,

Le navire fédéral passa une amarre à la Florida et disparut avec sa prise.

Les débats diplomatiques durèrent longtemps. Le Brésil demandait une réparation an gouvernement des Etats-Unis. De son eôté, ce gouvernement se plaignait amèrement de la conduite tenue par la flotte neutre, M avait en cela parfaitement raison, car lorsque le Wachussett se retira du port de Bahia, il eut à essuyer huit décharges, qui portèrent toutes el qui lui firent subir de grosses avaries, Enfin, après des discussions très-longues, satisfaction fut donnée de part el d'autre,

À cette époque, ce qui préoccupait surtout les esprits était la réélection d'un nouveau président des Etats-Unis.

Plusieurs candidats se présentaient, mais le concurrent sérieux de Lincoln était Mac Clellan.

Une majorité de 400,000 voix en faveur d'Abraham Lincoln, tel fut le résultat de l'élection.

Le Kentucky, le New-Jersey et le Delaware votèrent pour le général Clellan, mais n'ayant en tout que 2,000,000 d'habitants, ils ne pouvaient faire triompher leur candidat qui, du reste, n'avait aucun antécédent politique et représentait, dans le Nord, l'aristocratie ou l'esclavagisme.

Lincoln, au contraire, représentait le parti vraiment et justement républicain., Homme du peuple lui-même, ayant souffert et travaillé comme le plus humble des sujets des Etats de l'Union , ne s'étant élevé à cette haute position de chef de plusieurs millions d'hommes que par le courage et Lx persévérance, il comprenait et partageait les besoins de ceux qui se confiaient à lui.

Sa réélection était significative, et pouvait se résumer en ces quelques mots : Triomphe de la liberté sur l'esclavage.

Un important avantage est remporté à Plymouth par les fédéraux. Après quelques jours de combats et d'escarmouches, ils s'emparent de cette place qui, cependant, était défendue par le bélier A/4ermale. Notons une tentative auducieuse et heureuse du lieutenant Cushing, qui n'hésita pas à remonter le Roanoke au milieu de la nuit, accompagné seulement ile douze hommes, à s'avancer auprès de l'Albermale, au milieu d’une grèle de balles, et à plonger une torpille sous le bélier.

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Cette énergique manœuvre procura aux fédéraux l'entrée de Plymouth.

Le gouvernement des Etats-Unis recut, le 22 novembre, une dépèche lui annonçant que le général Sherman avait divisé son armée en deux parties. L'une marchait sur Macon, l'autre sur Augusta. Elles devaient se rejoindre à Milledgeville et de là se porter sur Charleston,

Les confédérés voulaient depuis longtemps s'emparer de New-York, mais ils ne pouvaient songer à attaquer ouvertement cette ville; aussi eurent-ils recours à l'incendie. Dans la nuit du 25 au 26 novembre, plusieurs grands établissements, situés sur différents points de la ville, prirent subitement feu. Les secours arrivèrent si promptement et furent si intelligemment distribués, que la tentative des sudistes resta infructueuse.

Les confédérés éprouvèrent à la fin de l'année un échec devant Nashville qu'ils assiégeaient, et qui était défendue par le brave et intrépide général Thomas.

Voici la dépèche qui fut expédiée par le général unioniste à son gouvernement :

Nashville, 45 décembre, 9 heures du soir,

«J'ai attaqué l'ennemi ce matin, et je l'ai repoussé jusqu'à la route de Franklin, à une distance d'environ huit milles.

«Nous avons capturé le quartier général et les wagons de Chalmer, vingt wagons, de quinze cents à deux mille prisonniers, et seize pièces de canon.

«Nos troupes se sont bravement comportées et ont enlevé à la baïonnette les retranchements des rebelles.

«dJ'attaquerai de nouveau l'ennemi demain, s'il est disposé à s'arrèter et à livrer bataille ; et s’il bat en retraite pendant la nuit, je le poursuivrai, tout en envoyant un corps de cavalerie sur ses derrières, afin de détruire, S'il est possible, ses convois d'approvisionnement.

«€ GEonGEs LE, Tomas, #2ajor géneral, »

Le lendemain, nouvelle bataille également heureuse pour Les fédéraux, ins; que le constate une seconde dépèche du général Thomas :

Nashville, 16 décembre, 6 heures du soir,

«Une bataille terrible a été renouvelée aujourd'hui, Hood se retire, mis en déroute, Nos forces le poursuivent vigoureusement. Nous avons capturé quarante caissons et nous continuons à taire de nombreux prisonniers.

« GEORGES FE, Tuouas. »

PRISE DE SAVANNAIL. — BOMBARDEMENT DE WILMINGTON. — BATAILLE DE NASINILIE. — ABOLITION DE L'ESCLAVAGE DANS LES ÉTATS-UNIS.

Sherman, qui s'était emparé du fort Me. Allister, sur la rivière Ogeechee, au confluent des deux rivières Albany et Savannah, assiége vigoureusement la ville de ce nom et s'empare de celte place dans la matinée du 21 décembre. I détruit

du coton pour 40 millions de dollars, capture 1,000 nègres et fait 4,000 prisonniers; la prise de la ville Jui livre en plus 40 canons.

ie Le lendemain, Sherman victorieux écrit cette dépêche au président Lincoln :

dye- Savannah, 22 décembre,

à il « Permettez-moi de vous offrir, comme présent de Noël, la ville de Savannah,

avec cent cinquante pièces de grosse artillerie, une grande quantité de munitions

+ etenviron vingt-cinq mille balles de coton.

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des Les rebelles avaient fait sauter les béliers cuirassés qui se trouvaient dans le f port et brûlé l'arsenal, Savannah était la métropole commerciale de la Géorgie,

qu'ils et l'une des plus importantes villes du Sud sur l'Atlantique.

d I ne reste plus aux confédérés, comme port d'approvisionnement, que la

Mt ville de Wilmington, dans la Caroline du Nord, L'amival Porter et le général Buttler vont secharger de la prendre, Hs commencent le bombardement, le main-

r. tiennent irrésistible pendant cinquante-quatre heures, le 24 janvier et jours

Tan- suivants. Les confédérés la croyaient imprenable, mais leur général Hode sera obligé de la ‘endre aux fédéraux.

ingl Pendant que Sherman ajoute à sa gloire le mérite de la prise de Savannah, Thomas, son lieutenant, livre à Hood la bataille de Nashville, qui dure deux

» les jours, Le premier jour, les unionistes ont attaqué les rebelles et ont enfoncé leur aile gauche, en leur prenant deux convois, seize canons et un millier de

et à prisonniers, Le second jour, le succès, plus décisif, a amené la capture de

ten 4,000 prisonniers et de 24 canons. La déroute de Hood est complète. Sherman ,

pos- victorieux à Atlanta, à Savannah, marche sur Branchville pour arriver de 1à à Charleston, Les places fortes des confédérés doivent tomber les unes après les autres,

Le 40 janvier 1865, la chambre des représentants, à Washington, sur la p: +-

LUS position du Président de la république des Etats-Unis, décrète, par 119 voix contre 56, la plus grande mesure législative du siècle, En un article unique, elle proclame l'abolition de l'esclavage. «Ni l'esclavage, ni la servitude involontaire,

«excepté pour la punition d'un crime dont une personne aura été légalement

ss «convaincue, n'existeront dans les Etats-Unis ni dans aucun lieu soumis à leur

juin «gouvernement, « Le Congrès aura pouvoir de faire faire des lois nécessaires à l'application de « cet article, »

LE. Lorsque le speuker, président de la Chambre, proclama le résultat du vote, l'enthousiasme des représentants et du publie se manifesta par des applaudissements si frénétiques, que toute tentative pour rétablir l’ordre fat inutile. La

ds séance fut levée, L'assemblée n'avait pas perdu sa journée, elle venait d'affranchir

Elle un monde,

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La fortune de tous côtés se prononeait en faveur de la cause nordiste, Clare leston tenait encore et Richmond était défendu par Lee, le meilleur général confédéré, Mais Sherman allait assiéger la première ville et Grant bloquait la capitale sudiste,

C'est ce moment que Lincoln, abolitioniste par principe, mais prudent politique par raison, avait choisi pour proclamer l'abolition de l'esclavage, 1 avait temporisé jusqu'à présent, avait marché à son but peu à peu et par décrets de plus en plus émancipateurs, mais il n'avait pas encore trouvé Foccasion qui devait faire éclater le plus grand acte de sa politique el de son passage aux affaires.

Lincoln, ne pouvant oublier ni son serment, ni la Constitution fédérale, devait nécessairement tenir compte des résistances que rencontreraient au sein des Etats restés fidèles ses plans anti-esclavagistes,

À eause de cette marche lentement progressive dans l'application de ses idies, Lincoln ne saurait être accusé de Uimidité ni d'indifférence, I s'est montré prudent comme doit Fêtre un chef d'Etat, qui n'agit pas avec la liberté d'allures que peut se permettre un philosophe dans son cabinet, a commencé par abolir l'esclavage dans la capitale de la Colombie; il a proclamé la liberté des esclaves fugitits, posé le principe de l'émancipation avec indemnité pour tous les Etats fidèles, décrété la peine de mort pour tout capitaine négrier, Ha relevé la race nègre en établissant des relations diplomatiques avec les républiques noires de Liberia et d'Haïti, Ha enfin décrété l'armement des nègres libres, Quelque abolitioniste que l'on soit, on ne peut pas demander à un chef d'Etat plus de fermeté, plus d'activité dans la résolution, Les serupules, nés dans la conscience de Lincoin en face de son serment et de la Constitution qui reconnait implicitement l'esclavage, ne font que plus d'honneur à l'honnèteté de son caractère,

Les nécessités de la guerre posaient la question d'émancipation, et chaque jour les événements et surtout la résistance obstinée du Sud lui faisaient faire un pas de plus vers sa solution.

I était réservé à l'énergie d'un caractère peu ordinaire d'assigner Fheure de cette solution,

Lincoln avait trouvé dans sa conscience d'honnète homme le courage de mai quer un terme à la scandaleuse institution de Feselavage, plaie hidense qui gancrenait le flanc de la jeune Union américaine et qu'il fallait encore cautériser avec le fex rouge des boulets et Ta mitrulle,

Les confédérés, surments par la victoire qui s'altachail anx pas des armes du Nord, songérent plus que jamais à reprendre les négociations. Une entrevue eut lieu dans la rade de Hampton, Lincoln y assista et posa les propositions suivantes :

1° Rétablissement de l'autorité nationale sur tous les Etats ;

2 Maintien de la position prise par le Président des Etats-Unis sur Ja question de l'esclavage dans son dernier message annuel au Congrès,

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4 Pas de cessation d'hostilités jusqu'à ce que les forces opposées au gouverne ment se soient débandées,

Los commissaires du Sud, MM, Stephens, Hunter et Canphell demandaient la cessation des hostilités, Lincoln ne pouvait y consentir au moment où le succès était prét à couronner l'œuvre de la restauration de l'Union. La conférence du fort Monroë, dans la rade de Hampton, n'aboutit pas mieux que les prévédentes tentatives de pacification, Elle fut close dans les premiers jours de février,

La guerre recommence, L'armée du Potomac est avancée au sud-ouest de Petersburg, sur une petite rivière nommée Natcher's run. Après un combat assez vif, elle gagne quatre ou cinq milles de terrain qui la rapprochent de Richmond.

Sherman, dans la Caroline du Sud, occupe Brancheville, place importante située sur le chemin de fer de Charleston à Augusta, I veut contraindre les Sudistes à abandonner la métropole carolinienne,

Le 17 février, le général grand marcheur prend possession de Columbia, après un bombardement qui force Beauregard à évacuer la ville, La prise de Colum}: nécessite, pour les confédérés, l'abandon de Charleston. Sherman y fait sun entrée, le 21 février, au milieu des plus grandes manifestations de joie de le part de la population nègre.

Le général Gilmore annonce la prise de Charleston pa: cette dépêche :

« Au major général Halleck,

« Général, la ville de Charleston et toutes ses défenses ‘ont tomb as en notre pouvoir, le 18 février au matin, avec environ 200 pièces de bonne artilleric eun approvisionnement considérable de munitions.

« L'ennemi a commencé à évacuer les fortifications de la place le 47, au soir, cet le major Macbeth a rendu la ville au général Schimmelfenr ia, ie 18, au «matin, à 9 heures. Elle a été aussitôt occupée par nos forces. Note mouvement offensif de Bulls Bay, sur l'Ediste, a déterminé les confédérés à la retraite,

«Les entrepôts de coton, les arsenaux, les ponts de chemin de fer et deux enavires cuirassés ont été incendiés par l'ennemi. Quelques bâtiments en construction dans les chantiers maritimes ont également été détruits,

« Presque tous les habitants qui sont restés dans la ville appartiennent à la .«<elasse la plus pauvre,

@ A, GILMORE, »

Voilà done la ville célèbre qui a eu le triste honneur de donner an Sud l'exemple de la rébellion, la ville qui a tiré le premier coup de canon de la guerre civile, la place qui à soutenu le plus long siége de Ja guerre, voilà donc Charleston qui se livre sans conditions au vainqueur,

Sherman se remet en marche, Test chargé par Grant d'empécher la jonction de Lee avec les troupes esclavagistes du Sud-Ouest et de mettre le général confédéré entre son armée et celle de Grant, pour l'attaquer de deux côtés à ja fois,

Les forces du Sud sont en mouvement. Hood et Hardee cherchent "rejoindre Johnston, qui se trouve à la tête de 90,000 hommes formant tout l'effectif de la Caroline du Sud, de la Géorgie et de la Floride.

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