‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 134 sur 254 · I. ANOI.ETERR|S (1Û · texte numérisé non relu

I. ANOI.ETERR|S (1Û

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La féodalité, que Guillaume le ponquérs^nt avait importée de France en Angleterre, devait avoir dans cei^ |ieux pays une destinée bien différente. Tandis qu'en Franoe les rqis étendent leur pouvoir en s'appuyant sur le tiers état, la noblesse, en Angleterre, tient la royauté en bride avec le secours des communes, et l]ii arfache cette constitution aristocratique et libérale^ qui 4ev2^it as5^ref la durée de son li^fli^epce.

Gui)laun^0 le poi^qu^r^nt laissa trois f[|s : Hqbe^^ poufte- Heu3e, Guillaume le Roux et Henri Bea^-Cl^rc. |1 liguait à Tatné son duché héréditaire de Normandie ; au second, PAngleterre, arrosée du sang des Saxons ; au troisième, il ne donnait qu'une somme d'argent. Guillaume II le Roux fut donc proclamé roi (1087). Robert Courte- peuse voulut prendre part à la première croisade, et n'ayant p£f3 de quoi suffire aux frais de l'expédition, il epg^agea le duphé de Normandie \ son frère Guillaume. Q^alli il rpyiot d'Orient couvert de gloire, spn plus jeune fjière, Uenri /*"" J^eau-Clerc (1100), était en possession tout à la fpîs du trône d'Angleterre et du duché de Normandie. Robert essaya de rentrer dans son héritage, perdit la bataille de Tinchêbray (1106), fut fait prisonnier et motirut dans un cachot à Tâge de quatre-vingt-quatre ans, après yingt-huit ans de captivité. Spn fils^ Guillaume Ûfitofl, spîitqi^ij pi^r Lpfii;^ le Gfos, PB réussit pas ^ reconqi^érir l'héritage paternel ; ^Pf^^ la bataille de Brerinevillp, Upnri I» resta maître de toute la Normandie.

Ce prince accorda quelques privilèges aux bourgs saxons; il épousa l'héritière des anciens rois, et perdit ses deux fils dans le naufrage de la Blanche-Nef. Élève du pieux Lanfranc, et néanmoins débauché, simoniaque et ennemi des libertés de l'Église, c qui étaient alors les libertés du monde % » il persé-

l.M.Miohelet

cuta saint Anselme, archevêque 4© Cantorbéry, à cause de la f^meté que pe gran(| hçniine mettai|; à les défendre.

^ la niort de Henri !«',' sa fille M^tnilde, mariée à l'empereur Ifenri V et désignée par les Anglais sous le pom de l'impératrice 0]i de l'étrangère^ se vit écartée du trône; Êtiennp de Blqis (1135), petit-fils par sa mère de Guillaume le Conquérant, lui fpt préféré. Voulant soutenir ses droits, Mathil4e obtipx Pappui de David ^ roi d*]^cosse, ^on oncle. La bataille de V Étendard ÇiiZS) donna, pour un moment, l'avantage à Etienne, tandis que cellp de Lincoln lui coûta la liberté. Mathilde, une fois reipe, §e fit beaucoup d'pnnemis pair S4 na^uvs^sQ adpiinistràtio]!. Éjienne jçort de prison, remonte sur le trône, et la guerre àe prolonge avec des succès 4iveirs. Enfin ce dernip^r, ayant perdu son fîl^ ui^ique, a4opta Henri Plantag^net, fils de Mathilde et de Geoffroy, cpmte d'Anjou, que la veuve de T empereur Henri V ay^it éppusjé en secondes noces. Cette transactipn mit un terme ^ la guerre civile.

L'ai^née suivante (^154)^ Henri U Plantagmet succédai^ ^ Etienne. Déjà duc de Normandie du phef fié sa mère, com|ie d'Anjou et du Maine dif chef de sou père, il ^\i\ à spn paa^iage ^veç É}éouofe iie Guyenj^e, femme auparavant de Lo^s Vit, lappsses§ion de |;ou^è l'Aquitaine. Il étreignait dpnc de toutes P^ts les domaines du rqi de France, son suzerain, de sorte que, |dans la luite qui allait s'engager, sa supériprité paraissajf certaifte. Toutefois, les difficultés qu'il se créa par son despotisme, et les révoltes coi^tinuelles de ses prppres àls, ipalntii}!rent l'équilibre entre les deux puissapces.

M. M^^tte ^p Tiipfiii^ji Pi^cm^t 99JI^^Tfi f*pi^| pi.

^solu comme ses prédécesseurs, Henri II ne respectait pf^s les immunités pcclésjastiques consacrées par les lois du temps. Il éleva au siège primatial de Cantorbéry son chancelier, Thoipas Becket, le compagnon de ses V^isirs, payée C[u'il se croyait certaifi de sa copnplaisance. Mais Ip nouvel arche yôque, comprenant 1^ gravité de ses devoirs, résista courageusement aux usurpations du pouvoir royal. Par les statuts de Chrendon qu'il publia , Henri prétendait assujettir les propriétés de l'Église au|: paêmes obligations que les autrei^ nefs; il voulait s'attribuer le jugement des affaires eccléçiastiq|ies. et mettre ï'épiscopat daùs sa. complète dépendance. Abandonné dans la lutte, de presque tous les évêques, ses collè-

gués, Beck^t s'enfuit en France, où Louis VII lui offrit asile et protection. Du fond de son exil, il ne craignit pas d^ezcommunier le roi d'Angleterre, qu'il força ainsi à se désister de ses prétentions. Revenu ensuite à Gantorbéry, malgré de funestes pressentiments, le prélat affronte de nouveau la colère d^Henri II, en lançant l'anathème contre les détenteurs des biens ecclésiastiques. La fin de cette lutte fut tragique. Aveuglé par la colère, Henri s'était écrié un jour : De tous les lâches qui mangent mon pain, n'*en est-il aucun qui veuille me délivrer de ce prêtre turbulent? Quatre chevaliers de sa cour ayant pris ces paroles pour un ordre, assassinèrent Tarchevêque dans sa cathédrale, au pied môme de l'autel (1170). Ce crime horrible révolta toute la chrétienté. Alors régûait le pape Alexandre III, zélé défenseur des droits de l'Église, qui lança l'interdit sur le royaume d'Angleterre, et contraignit le meurtrier à venir s'agenouiller sur la tombe du martyr, honoré dès lors comme un saint.

Henri II employa la fin de son règne à conquérir VIrlande (1171) et à combattre des révoltes domestiques. Il avait confié à Taîné de ses fils, Henri Gourt-Mantel, le gouvernement de la Normandie; à Richard Cœur de Lion, l'Aquitaine; il avait marié Geoffroy à l'héritière des ducs de Bretagne. Seul, le plus jeune n'avait rien obtenu, et, pour cette raison, on l'appela Jean sans Terre. Les trois aînés, poussés par leur mère, s'entendirent avec les ennemis de leur père, le roi d'Ecosse et le roi de France; ils soulevèrent contre lui les populations de l'Aquitaine, toujours prêtes à défendre les fils de leur princesse Éléonore. Henri II, abreuvé d'amertume, consentit à un accommodement, et mourut en désespéré à Ghinon , après avoir vu le nom de Jean, son fils chéri, sur la liste des rebelles qu'on lui avait remise; il reçut à Fontevrault une sépulture sans honneur.

Richard Cceur de Lion (1189), héritier de la couronne d'Angleterre par suite de la mort d'Henri Gourt-Mantel, s'illustra dans la troisième croisade. On a vu ses exploits et ses malheurs. Lorsqu'il revint en Angleterre, il trouva des auxiliaires contre son ft'ère Jean parmi les outlaws ou proscrits Saxons. Nous avons dit qu'après une longue guerre avec Philippe Auguste, Richard se fit tuer en assiégeant le. château de Chàlus, oti il croyait trouver un trésor.

Jean sans Terre, son successeur (1199), ne tarda pas à se brouiller avec son ancien allié, Philippe Auguste. Le meurtre d'Arthur de Bretagne fournit au roi de France un prétexte pour confisquer une partie de ce que Jean possédait sur le continent.

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mSTOIRE DU MOYEN AGE. Ê 289

Ce prince misérable persécuta l'Église, et fut excommunié par le pape Innocent III, auquel il fit plus tard hommage de sa couronne, pour échapper aux armes de Philippe Auguste.

s. Cïrande Charte et Parlement.

Défait lui-même sur la Loire, pendant que ses alliés étaient vaincus à Bouvines (1214), le roi Jean eut à soutenir une lutte sérieuse contre les barons de son royaume. Ceux*ci lui demandèrent de signer la Grande Charte^ qui garantissait leurs libertés et leurs privilèges, ainsi que ceux du clergé et des villes. Les hommes de chaque ordre conservaient le droit d'être jugés par leurs pairs et de ne pouvoir être emprisonnés sans jugement. Ces garanties n^'étaient qu'une réminiscence et un développement de la charte du roi Henri !<», retrouvée par l'archevôque de Gantorbéry, prélat énergique qui se mit à la tête du mouvement. Cédant à la nécessité, et contraint de renvoyer ses troupes mercenaires, Jean signa d'abord, puis, selon sa coutume, viola bientôt son serment. Les barons le déposent et transfèrent la couronne au prince Louis, fils de Philippe Auguste ; peut-être l'auraient-ils maintenu sur le trône, si la mort de Jean sans Terre (1216) ne les eût désarmés. Revenant d'eux-mêmes à la dynastie nationale, ils reconnurent pour roi le fils de Jean, Henri, d'autant plus volontiers que son jeune âge leur permettait de gouverner sous son nom.

Les troubles qui remplirent la minorité d'Henri ///et les revers que ce prince essuya plus tard sur le continent, où saint Louis le vainquit aux batailles de Taillébourg et de Saintes (1242), consolidèrent la prépondérance de la noblesse anglaise sur la royauté. A la tête des mécontents était un seigneur français, Simon de Montfort, fils du vainqueur des Albigeois, devenu comte de Leicester en Angleterre. Le Parlement, qu'il organisa, devait être convoqué trois fois par an et composé de deux chambres : la chambre héréditaire des Lords et la chambre élective des Communes, où le vieux parti saxon fut enfin représenté. Dans l'origine, la chambre des Communes était uniquement chargée de faire connaître l'état des bourgs, leur force de production et la quotité de l'impôt qu'ils pouvaient payer. Ces attributions modestes promettaient pour Tavenir à la classe moyenne, qui dominait dans les Communes, une très-grande influence.

Edouard, fils d'Henri lïl, releva pajr }a victoire d'Évesham

290 HisTomE m m^m âg^

(126^) Pautorîté dp, sqp çère m'ayait sensi^îp^^jjt »imi^^ ^ coipte de Leiçester; m^s il ^ta^t déjà trpp t|ird ppyjr ^Qg^s^isîf Iss concessions wrr9,àfy^QS précédemment \ \^ rpyauté p?ir l'union de là noblesse et de la bourgeoisie.

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