nUMMlon de Jeanne d'Are (t4t»-«4St
Dunols s'était enfermé dans Orléans avec les plus braves chevaliers, ot défendait vaillamment la place. Cependant, après avoir échoué dans une sortie, à la journée dite des Harengs^ ils firrent réduits aux dernières extrémités; le secours leur vint du «iel contre toute espérance.
11 y avait au village de Domrémy (Vosges), une jeune fille de dix-huit ans, nommée Jeanne d'Arc, remarquable par sa piété et sa compassion pour les malheureux. Ses parents étaient d'obscurs laboureurs. Dès l'âge de treize ans, elle eut des apparitions célestes, et entendit des voix qui lui disaient d'aller au secours du roi de France et de lui rendre son royaume. Obéissant enfin à cet appel d'en haut, elle obtient du sire de Baudricourt, qui commandait à Vaucouleurs, une petite escorte pour aller trouver Charles VII à Chinon; elle reconnaît le roi au milieu de la foule des seigneurs où il s'était confondu, triomphe de toutes les épreuves, et montre une telle assurance, qu'on lui confie un corps de 6000 hommes, avec lesquels elle entra dans Orléans; le peuple la reçut comme une envoyée du ciel. Huit jours après, toutes les bastilles des Anglais étaient emportées et le siège levé; il durait depuis sept mois (1429).
Ayant délivré Orléans, Jeanne vainquit encore Tennemi à PaCay, et entreprit de faire sacrer le roi, qu'elle n'appelait jusqae-là que gentil dauphin. Elle le conduisit à Reims en surmontant mille obstacles, et, pendant la cérémonie du sacre, on la vit près de l'autel tenant son étendard : car il avait été à la peine, et U était bien juste qu'il fût à Vhonneur. Son œuvre achevée, elle voulut retourner près de ses parents ; les instances du roi la décidèrent à combattre encore. On essaya de reprendre Paris, et Jeanne fut blessée dans un assaut. Bientôt après, en défendant Compiègne contre les Bourguignons, elle tomba aux mains d'un vassal de Philippe le Bon, Jean de Luxembourg, qui la vendit aux Anglais. Conduite à Rouen, des juges iniques et corrompus la soumirent pendant trois mois aux plus durs
traitements et à toutes sortes d'épreuves. Rien ne put lasser sa' constance, ni lui arracher le démenti de sa mission. Pour répondre à des questions perfides ou captieuses, elle eut des éclairs merveilleux de hardiesse et d'esprit; enfin, malgré soû innocence, malgré la pureté de sa foi et de ses mœurs, l'héroïne fut condamnée, comme hérétique et sorcière, à mourir sur le bûcher. Elle soutint avec une touchante et sublime résignation, l'horreur du supplice qui a consacré sa gloire. Le dernier mot qu'elle prononça au milieu des flanunes, fut le nom de Jésus (1431).
ft. KxpulAlon de« AnglaUi.
Si la mort de Jeanne d'Arc n'arracha pas Charles VII à son apathie, elle excita du moins une indignation universelle contre les Anglais, et le traité d*Arras (1435), en réconciliant le roi avec le duc de Bourgogne, releva les espérances du parti national. Jeanne avait préparé cette réconciliation, qui fut achetée, du reste, au prix des plus grands sacrifices. Charles dispensait Philippe le Bon de tout hommage de vassal à suzerain ; il lui cédait Auxerre, Mâcon, Péronne et les autres villes de la vallée de la Somme. Le duc de Bedfort et la reine Isabeau moururent peu de temps après la conclusion de ce traité ; Paris se rendit à son légitime souverain (1436).
A partir de cette époque, la fortune de Charles VII prit une face nouvelle; lui-môme sentit son ardeur s'éveiller avec les succès. Toutefois, quelques grands seigneurs, les ducs de Bourbon, d'Alençon, La Trémoille, Dunois même, blessés des mesures sévères qu'il prit contre le brigandage et contre les exactions de la féodalité, troublèrent le pays par leurs révoltes, et mirent à leur tête le dauphin Louis, alors âgé de dix-sept ans. Le duc de Bourgogne lui-môme, soutenant les rebelles, fit revenir d'Angleterre son cousin le duc d'Orléans, pour lui donner la conduite de cette Praguerie^ (1440). Charles VII l'ayant réprimée, envoya son fils contre les Suisses, afin de se débarrasser des grandes Compagnies^ bandes d'aventuriers qui mettaient la France au pillage; beaucoup furent tués à la sanglante journée de Saint- Jacques, près de Bâle. Puis, voulant reprendre l'offensive contre les Anglais, le roi emprunta 300 000 écus
1 . On appela la révolte Pragueriey par allusion aux troubles que les Hussites suscitaient ^lors à Prague, en Bohême.
d'or à Jacque^f Cœur^ son argeotier, qui s'était Jait par h cçpamerce une immense fortune.
ta Normandie fut reconquise, et la victoire de Formiany^ remportée par Richement (1450), acheva s^ délivrance, A rautre extrémité de la France, en Guyenne, leip Anglais perdirçnt^ troi? ans après, la bataille de Castillon (1453). où périt TaJhoi, levir Achille^ alors âgé de quatre-vingts ans ; IVtillerie française, organisée par Bureau de Lariyi^re, les avait foudroyés. Il leur fallut quitter pour toujours la Guyenne et Bordeaux, qu'ils possédaient depuis trois siècles. La faute de Louis le Jeune, les revers de Philippe de Valois, de Jean le Bon et de Charles VI étaient réparés. Plus heureux encore que son aïeul Charles le Sage, Charles VII, justement appelé le Victorieux, ne laissa aux mains do l'ennemi que la ville de Calais, et re^^dit h la France l'intégrité d# son territoire. La guerre dç Cent Aus était tei^ minôa, l'autorité royale a^raûe, la nation cpnfitituéf ; c'e^\ aiùf§ que s'oi^vre Vhistoire moderne.
Indolent pendant U plus grande partie da son règne» ingri^t noU'Seulement envers Jeaune d'Arc, mais encore envers Jacques Cœur, qu'il ne sauva pas de l'exil, Charles VII déploya iiéan** moins, dans ses dernières années, les qualités d'un politique et d'un administrateur. Afin de garantir la royauté contre la défection des seigneurs et l'indiscipline des aventuriers, il créa une armée régulière permanente, au moyen d'uQe taille pu impôt perpétuel, qui fut consenti par les États d'Orléans. On devait entretemr ainsi quinze compognie^ d'Ordonnance li cheval, composées de cent Lances^, Les paroisses du royaume étaient obligées d'équiper chacune un soldat, pour former le corps d'infanterie connu sous le nom de France archers. Cette milice rendit Pindépendance à la royauté, la vie au^ campagnes, la sécurité au commerce. Charles Vil fut encore l'auteur d'une ordonnance non[^née Pragmatique sanctiony par laquelle il prétendit régler les rapport! de V%lise gallicane avec le Saint-Siège.
Lar féodalité décimée par des guerres continuelleSi ^ihlie par le système politique de Charles V et de Charles VII, avait alors changé de nature. Elle se composait presque entièrement