IV. TURCS ET GRECS
L'empire grec ne se releva pas du désastre de la quatrième croisade. Rentrés à Constantinople avec le secours des Génois (1261), les Paléologues achevèrent la ruine de l'Orient chrétien en se consumant dans des hérésies sans fin, et en se refusant à une réconciliation sincère avec Rome : ce fut Tagonie d'un misérable despotisme. De l'autre côté du Bosphore, au contraire, se fortifiaient les sauvages conquérants, qui devaient détruire et remplacer Fempire grec.
Originaires du Khorassan, et d'abord tribu obscure, les Turcs parurent aussitôt que les Mongols eurent renversé l'empire des sultans abbassides (1258). Le fondateur de leur puissance et de la dynastie des Osmanlis fut Osman ou Othman^ auquel ils ont emprunté leur surnom à^Ottomans. Il conquit sur les Grecs une grande partie de l'Asie Mineure, fit de Brousse sa capitale et termina dans cette ville, en 1326, une vie longue et glorieuse. Orkhan^ son fils et son successeur, prit Nicomédie et Nicée, puis s'approcha de Constantinople, dont il pilla les faubourgs. De son règne datait la célèbre nrilicedes Janissaires, formée de jeunes chrétiens ravis dès l'enfance à leurs familles et que leurs maîtres élevaient dans l'islamisme.
Amurath I®' (1360) enlève à Jean Paléologue Âncyre et môme Andrinople^ oh il établit le siège de sa domination. Il soumit l'Arménie, longtemps indépendante sous des rois nationaux, envahit la Macédoine et ne fut arrêté dans ses progrès que par le courage des Servions. Jean Paléologue avait inutilement demandé des secours au pape Urbain V et aux princes chrétiens, en assurant qu'il abjurerait le schisme, promesse tant de fois renouvelée et toujours trahie. Amurath, vainqueur dans trentesept batailles, périt assassiné à la journée de Cassovie, après avoir défait l'armée des rois de Servie, de Bosnie et de Bulgarie (1389). Les Grecs ne possédaient plus que Constantinople, Thessalonique et quelques lies avec une partie de la Morée. Bajazet I'^^ s'empare de Thessalonique et campe cinq ans devant la capitale. Ce fut lui qui gagna la bataille de Nicopolis (1386), où l'infanterie des janissaires triompha, par sa tactique, de l'impétueuse chevalerie française. Manuel II, fils de Jean Paléologue, vint en Occident mendier de cour en cour des soldats et de l'argent, pendant que Bajazet étalait à Brousse toute la magnificence orientale. Le courage d'un illustre capi-
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taîne français, Boncicaut, ancien compagnon d'armes de du Guesclin , sauva pour un temps Gonstantinople de la barbarie mulsumane .
Depuis 1370, un second conquérant mongol, un autre Gengiskan portait ses armes et ses ravages dans la pluî? grànd^ partie de l'Asie. Tamerlan (Timour leng ou le boiteux), chef d'une tribu de Tartares, après avoir pris la couronne royale à Samarcande, mit à ses pieds tous les pays situés à l'est de la mer Caspienne, parcourut l'Inde en la dévastant affreusement, enleva la Syrie au Soudan d'Egypte, réduisit en cendres Damas et Bagdad, d'où il se dirigea vers l'Asie Mineure. Là Providence le destinait à humilier l'orgueil de Bajazet. Vaincu près à'Ancyre (1402), celui-ci finit ses jours dans une dure captivité. Toutefois, rinvasion des Mongols, qui menaçait de tout engloutir, s'arrête à la mort de Tamerlan (1405). Un de ses descendants fonda, au commencement du siècle suivant, dans Tltidoustan, l'empire du Grand Idogol,
Sous Manuel II, les Grecs perdirent la Morée, et le danger, un moment suspendu, se rapprocha de leur capitale. Amurat II, successeur de l'habile Mahomet b^ (1421), leva le siège de Gonstantinople pour aller combattre sur les bords du Danube, où se préparait mj\ armen^ent contre lui. Vaiqqueur en Servie, il jéchoua devant Belgrade. Le Hongrois Jean Hunyade, l'Albanais Scanderbeg, opposèrent à ses armçs une .constance indomptable et de merveilleux exploits ; mais l'empire grec ne devait pas échapper plus longtemps à sa ruine. Ge fut en vain que le concile de Florence, en 1440, prononça }a réuni^pn des deux Églises, d^ consentement de l'empereur Jean P^^ëolQg^e : li était trop ta^d. t^es vaisseaux de Gênes et de Venise protégeaient seuls les murailles de Byzance, ces fortes murailles qui, depuis m^lle ans, avaient bravé tant d'assauts, lorsq^ue l'artillerie formidable de Mahomet II y ouvrit une i3rèche, ^près deux mois de siège. Constantin XII Dracosès, le demi^ epipere^ir grec, se fit tuer héroïquement les armes à la main (145$) * ; 2206 ans s'étaiei^t écoulés depuis la fondation de Rome par Romulus, et il y avait 1124 ans que Constantin avait transféré le siège de l'empire ^ Byzance. Le dernier vesl^içe de la^puissance romaine avait disfparu. Mais fipr^s cette victoire^, les Turcs, n,on aonteiOs d'asservir les plus be^ux pays d,^i monde ancia», ^i^ r
1. te patriarche séhismiitiqiie de CbMtantinûplè-cidiiàeiiilt & recevoir 'soh invBttittnre du sultan, dn^rvitode honteuse que aes sacoeâtenra ont toujoais subHe depuis cette époque.
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mStOIRE BU MOYEN ÂGE. 831
ûaceront roAgteiï^ps ie leUrjou^ tËurôpiB idirîetïtate et les rivages de la Méditerranée.
y. (RÉSUMÉ DE l'histoire DU HOVEN ▲G£.