IL RENAISSANCE ITALIENNE
Sièele de Xiéon X.
Depuis l'époque de Dante et de Giotto, la poésie et les arts n'avaient pas cessé de fleurir en Italie. Pétrarque remplit le quatorzième siècle dA son activité et de sa gloire. Gomme son ami Boccace, qui fut Pun des créateurs de la prose italienne, passionné pour les lettres antiques, il faisait rechercher et copier les manuscrits précieux : Gicéron et saint Augustin partageaient en quelque sorte son admiration. Les Ordres religieux entrèrent pour une part importante dans le mouvement artistique et littéraire. Saint François d'Assise avait composé des poésies remarquables, et l'église où repose son corps fut décorée avec magnificence. Au quinzième siècle, un peintre toscan, de l'ordre de saint Dominique, doué d'un génie sublime et inspiré par une foi profonde, donnait à ses figures de bienheureux une beauté suave et tout angélique : c'était Fra Giovanni de Fiésole, élève de Masaccio. Il vivait sous le grand pape Nicolas V (1447-1455), qui, lui-même ardent promoteur de la Renaissance, embellissait Rome, recueillait au Vatican les manuscrits grecs et latins, ouvrait un asile aux savants exilés de Gonstantinople. Déjà vers 1440, l'évoque grec Bewarion, depuis
cardinal, envoyé en Italie pour travailler à la réunion des deux Églises, avait formé dans sa maison une espèce d'académie où figuraient plusieurs de ses doctes compatriotes. La prise de Gonstantinople en accrut le nombre, et par eux, avec le secours de l'imprimerie, se répandirent les chefs-d'œuvre de la Grèce antique, traduits en latin. Vers la même époque, les Médicis faisaient de Florence un foyer d'érudition et de philosophie platonicienne.
L'architecture avait brillé par les conceptions de Nicolas de Pise, à*Arnolfo di Lapo^ et surtout du Florentin Brunelleschi; ses compatriotes Donatello et Ghiherti n'avaient pas moins illustré la sculpture. Enfin rillustre Léonard de Vinci, né près de Florence, tout à la fois grand peintre et grand statuaire, fut le précurseur de Raphaël, qui sortit lui-môme d'une école ouverte à Rome, de 1488 à 1493, par Van" nucci, surnommé le Pérugin, de Pérouse sa patrie.
Le pontificat de Jules H (1503-1513) 'ouvre le sei2ième siècle. Ce pape, dont les goûts étaient magnifiques, vit se grouper autour de lui des hommes d'un génie supérieur. Il eut pour hôte VArioste, auteur de Roland furieux; pour contemporain, le Florentin Machiavel j profond politique, grand historien, mais auquel on reproche justement d'avoir écrit, dans son livre du Prince, le code de la tyrannie. D'après les ordres de Jules II, le Bramante, formé par l'étude des monuments antiques, commença la reconstruction de la basilique de Saint-Pierre de Rome, dont Michel-Ange devait plus tard élever la gigantesque coupole. Raphaël, très-jeune alors, succède au Bramante, son oncle et son protecteur; mais ce fut surtout dans la peinture qu'il excella. La magie de son pinceau, l'expression céleste de ses Vierges, le nombre immense de ses œuvres, la grâce noble et divine qui les distingue, ont illustré le pontificat de Léon X (1513-1521), qui Taimait et le protégeait. Son style est celui de la belle antiquité, retrempé ;et rajeuni par l'idéal chrétien. Il mourut en 1520, à trente-sept ans, laissant inachevée la Transfiguration, son chef-d'œuvre. Michel- Ange, son rival, déploya une puissance extraordinaire d'invention et d'exécution dans la sculpture, l'architecture et la peinture à fresque.
Ils ne furent pas les seuls grands artistes de cette époque incomparable, où brillaient encore avec Léonard de Vinci, que nous avons déjà nommé et qui fonda l'école de Milan, ilndréa del Sarto, Florentin, le Corrége, et le Titien, celui-ci chef de l'école vénitienne. Car Florence, Rome, Milan, Venise, avaient alors des écoles rivales, toutes d'une prodigieuse richesse; mais Florence avait été le herceau de tous les arts, et la Toscane fut la patrie de presque tous les artistes. Plusieurs de ces peintres, tels que Léonard de Vinci et Michel-Ange, joignirent le talent politique et la science de l'ingénieur à la pratique supérieure de tous les arts. Fidèle au sang des Médicis qui coulait dans ses veines, Léon X aimait à vivre entouré d'artistes, de lettrés, de savants, qui faisaient le plus bel ornement de sa brillante cour; il a mérité ainsi d'attacher son nom à l'un des grands siècles de l'histoire.
Cette fécondité du sol italien se soutint pendant toute la durée du
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siècle. Le Tatse^ émule de FÂrioste, publia en 1575, son poëme éf^ que de U Jérugalmtt^ délivrée, te Toscan P<»i6s4rtna, qui eut pour ami galnt Philippe Néri, créa la musique religieuse moderne. Venise s'enorgueillit du pinceau de Paul Vérçmèsê et du Tintor^t; leeéMbre imprimeur Aide Manitce lui apporta son art. Fioxence, déjà z»ère de tant de grands hommes, donna le jour au physicien GalUéey créateur de la philosophie expérimentale. Avant lui, le chanoine allemand €opermc, qui étudia les mathématiques à Bologne et professait k Rome dans les dernières années du quinzième siècle, avait donné la véritahla explication du système du monde.
yé numération qui précède fera mieux comprendre queEes leçoiks de goût, d'élégance et de politesse, quelle curiosité littéraire et adeiH titque l'Europe, et surtout la France, dev<iient rapporter des guerre» d'Italie. Les plus beaux génies dans les lettres «t dan» les arts. Mon* teigne et Ronsard, Shakespeare et MiUon, Albert Diirer et Jean Gou- ^, trouveront des inspirations dans la Kenaissanee itaUenne; pre»^ que tous iront étudier au delà des Àl^s les modèle» qu'elle cà[rait à leiur aitmratioA.
UU SECONDE PARTIE ])£& GUERRES d'itAUB*
iouis XII n'avait point laissé â^enfants mâles. Son successeur Ftonçois /•, âls de Charles d'AngoulÔme, de la maison d'Orléans * et de Louise de Savoie» commence dans notre histoire U troisième branche des Valois^ dite des Valois^Mâouléms. E^U) spirîtuel, v«illan(t et magnifique, le ^eoAA roâ aimait la th#vakrie et le& griusdes aventures. 11 avait sur liaples les ntees droits que ses prédécesseurs, et sur Mi!an, ceux de Lenis XII, dont il était le proche parent. Presque en même temps- arrivait au trône d'Espagnole jeune Charles-Quint, petitfils de Ferdinand le Catholique, héritier des domaines de la maison d'Autriche, et bientôt après empereur d'Allemagne. Par la finesse de son esprit,, la dissimulation et la fermeté de soa caractère, il semblait Tadversaire naturel de François !««, quand bien même leurs communes prétentions à l'Empire et à la possession de ritalie n'eussent pas fait naître entre eux cette lutte fameuse, mar(^ée par une guerre de vingt-quatre ans (1530- Ibkk). Résumons d'abord l'histoire séparée de ces deux j)rinces, jusqu'au moment qù nous les trouverons en prfee^ce.