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Cfependànt la masse de lai nation, profondément (^tholî(f(ie, ne vit pas sans une sourde colère les huguenots reçus à là cour, où les avait appelés un mariage : celui de Charles IX àve^ Elisabeth d'Autriche, et celui de Marguerite, sçéùr du roi. aveb Henri de Navarre. Leur seule présence, leui* aàpeôt somhte et sévère indigùaient les catholique^ ardents, qui ne comprenaient pas qu'on laissât prendre à des ennemis pubUcè la moindre influence sur Pesprît dù rôi. ChâHès lî parût tin moment subjugué par PamiréQ, qu'il ôoùiblacît dé caï-esses, allant même jusqu'à lui donner le nom de père. 11 luî promettait le commandement d'une guerre projetée contre l'Espagne dans lels Pays-Bas. Sur ces entrefaites, tôligny ayant été blessé |)af un assassin aux gages dii duc de Guîéé, le' roi lui dit en pleurant: Vous avez le mal et moi la douleur. Toùiefoîs, la crise allait ë's^gravant. Jeanne d'Albret, qui était venue à là cour pôiir assîéter aux noces de son fils, mourut subitement, et sa mort ne parut pas naturelle. On répandait partout le bruit qu'une conspiration des protestants allait éclater. Secondée par le duc d'Anjou et le jeune duc de Guise, GatheHne de Médicis, que le crédit dô l'amiral alarmait sérieusement, ctut le moment Venu d'arracher à son fils Tordre d'un massacre qui devait, suivant elle, lui rendre la plénitude de son pouvoir. J^es terreuts dont elle Tassiégeait, firent taire ses derniers scrupules, et î)assant comme toutes les âmes faibles, d'un extrême à l'autre : Alors qu*on les tue tous, s'écrià-t-il, afin quHl n'en demeufepas àh kuî qui puisse me le reprocher après. Il ne fut que trop fidèlèihent obéi.
Dans la nuit du 24 août, fête d/saînt Barthélémy, la èloôhe de Saint-Germain-rAuxerrois donna le signal du catnaîje. L'amiral de Coligny fut une des premières victimes. Précipité par la fenêtre après sa mort, « il assouvit les yeux du fils dont il
avait tué le père' ; » car Henri de Guise dirigeait lui-même les meurtriers, qui n'étaient pour lui que les instruments d'une vengeance personnelle . Charles IX ayant mandé son beau-frère Henri de Navarre et le jeune prince de Coudé, leur donna le choix entre la messe ou la mort. Ils se soumirent et abjurèrent , du moins des lèvres. Près de cinq mille protestants, parmi lesquels cinq ou six cents gentilshommes, périrent dans ^ette nuit eU froyable. Le vertueux Michel de L'Hôpital, qui vivait alors dans la retraite, en mourut de douleur quelques mois après. L'ordre du massacre fut envoyé dans les principales villes du royaume, où le sang coula comme à Paris. Quelques gouverneurs s'honorèrent par leur désobéissance. On cite entre autres la réponse du comte d'Orthez, gouverneur de Rayonne : Sire^ pai cornmuni(]pié vos ordres à la garnison ; fy ai trouvé de braves soldats et pas un bourreau,
La Saint^Barthélemy fît naître à l'étranger des émotions très- • diverses. A Rome, on crut à l'existence d'un vaste complot contre la famille royale, qui aurait nécessité cette cruelle répression. Quant à Philippe II, il ne cessait dans ses lettres de pousser Catherine et son fils aux mesures sanguinaires, en leur promettant alliance et secours. Mais la reine d'Angleterre Elisabeth prit le deuil avec sa cour ; Maximilien II, beau-père de Charles IX, fit à son gendre de tropjustes reproches. D'ailleurs, au point de vue purement politique, le massacre du 24 août fut encore une très-grande faute. Charles IX avait cru abattre le parti protestant, et il ne fit que l'exaspérer. Retranchés dans leurs villes fortifiées de La Rochelle et de Sancerre, et bien convaincus qu'ils n'avaient à attendre aucun quartier, les calvinistes luttèrent héroïquement contre l'armée royale, et finirent par se rendre plus redoutables que jamais. Ils obtinrent une quatrième paix, qui fut signée à La Rochelle (1573), et qui leur rendit, avec le libre exercice de leur culte, toutes leurs places de sûreté.
Entre les deux grands partis dont l'hostilité avait déjà causé tant de malheurs, pn en vit paraître un troisième» celui des Politiques, qui avait pour chef le duc d'Alençon, quatrième fils de Catherine de Médicis. Ils se proposaient de réformer l'État et d'apaiser les passions religieuses, en proclamant la tolérance civile et la liberté de conscience.
Cependant Charles IX, atteint d'un mal étrange depuis la