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Deuxième guerre (iS69-ifte

La bonne intelligence se maintint quatre ans seulement. Catherine de Médicis, ne voulant pas remettre au prince de Condô la lieutenance générale du royaume qu'elle lui avait promise, avait fait déclarer son fils majeur par le parlement de Rouen (1563); elle n'en conserva pas moins toute Tautorité. Mais, afin de rattacher l'affection des provinces au gouvernement royal, elle engagea Charles IX à parcourir la France.

Ce fut dans le cours de ce voyage que le jeune roi et sa mère eurent de longues conférences à Bayonne avec le duc d'Albe, ministre de Philippe II, qui, dans les Pays-Bas, avait déployé contre la Réforme une épouvantable rigueur. Les protestants français, craignant T effet de ces conseils et supposant qu'il s'agissait d'établir en France l'inquisition espagnole, prirent de nouveau les armes. Le prince de Condé tenta un coup de main pour enlever le roi du château de Monceaux, en Brie.

Charles IX, prévenu à temps, gagna précipitamment Meaux et de là Paris, escorté par les Suisses. Le chef des huguenots vint alors prendre position à Saint'Denis (1567). Les Parisiens contraignirent le connétable de Montmorency à livrer bataille, malgré l'infériorité de ses forces. Bientôt entouré et déjà prisonnier, le général catholique fut tué par un soldat écossais, et quoiqu'il fût âgé de soixante-quinze ans et couvert de blessures, il cassa les dents de son meurtrier du pommeau de son épée. Pendant sa longue carrière, il avait servi successivement quatre rois avec plus de dévouement que de génie. Malgré l'avantage resté aux catholiques dans cette bataille peu sanglante, un renfort de lansquenets et de reitres luthériens que le prince de Condé reçut d'Allemagne, et la disette qui menaçait Paris, déterminèrent Catherine de Médicis à suspendre quelque temps les hostilités en signant la paix de Longjumeau (1568). Les clauses de la convention d'Amboise furent remises en vigueur.

i06 HISTOIRE MODERNE.

S. «rolvlème guerre («i0è-l5#«).

Jamais la lutte des croyances religieuses n''aYait été plus acharnée qu'à cette époque. Pendant que le duc d'Albe, gouverneur des Pays-Bas, cherchait à étouffer l'hérésie dans des flots de sang, le catholicisme succombait en Écosâe avec Marie SJuart, obligée de se remettre aux mains d'Elisabeth, son implacable ennemie (1568). Un nouveau pape, saint Pie V, aussi recommandable par ses talents que par ses vertus, voyant rÊglise sérieusement menacée, stimulait partout le zèle des puissances catholiques. Catherine de Médicis résolut, à son tour, de combattre vigoureusement le protestanisme ; mais elle eut le tort de défendre la vérité avec les mêmes armes que ses adversaires employaient pour soutenir l'erreur, c'est-à-dire la ruse et l'assassinat. Elle essaya de s'emparer du prince de Condé et de l'amiral deColigny, qui se tenaient en Bourgogne. Ceux-ci se réfugièrent à La Rochelle, oh. leurs coreligionnaires étaient en majorité et d'où ils pouvaient communiquer avec l'Angleterre. La place fut bien fortifiée; ils y furent rejoints par la reine de Navarre, l'intrépide Jeanne d'Albert, qui leur amenait du Béarn 4000 hommes, et avec eux, son jeune fils, l'es> poir du parti calviniste, qui fut plus tard Henri IV.

Le duc d'Anjou, frère de Charles IX, commandait l'armée royale, sous la direction d'un capitaine expérimenté, le maréchal de Tavannes. Il se porta en Angoumois et rencontra Tarmée du prince de Condé kjarnac (1569). Blessé au bras, ayant en outre la jambe fracassée, le général protestant fut forcé de se rendre après avoir fait des prodiges de valeur ; mais au mépris des lois de la guerre, Montesquieu, capitaine des gardes du duc d'Anjou, l'assassina lâchement. Coligny, qui s'entendait mieux à réparer un échec qu'à gagner des batailles, remplaça Condé, tout en laissant l'honneur du commandement au jeune Henri de Béarn. Treize mille Allemands, après avoir traversé la France, vinrent grossir son arnaée ; la reine de Navarre vendit ses bijoux, et bientôt le parti protestant reprit l'avantage dans le combat de Roche V Abeille, euLimoiism. Les prisonniers catholiques furent égorgés après la victoire» et dès lors on ne fit plus de quartier de part ni d'autre : tant il est vrai que la fureur des guerres civiles peut transformer de braves soldats en bourreaux. Une brillante victoire remportée par Tavannes, à Montcontouren Poitou (1569), répara cet échec. Henri de Guise,

fils atné du duc François, âvâit fait ui glomux début en défeûfdant Poitiers contre Goligny, qui leva le siège de cette ville au bout de six semaines. Néanmoins, Catberine de Médiciè conclut à Saint-Germain (1570) une nouvelle paix, |)lus fatvorâblè aux réformés que les précédentes. Outre la confi^atio^ des avantages accordés précédemnfiènt, ils obtenaient lit Rochelle, Cognac, Montauban, la Charité, comme |)lat<5es dé sôt-eté, avèô le droit d'jr tenir garhison.

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