‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 186 sur 254 · irruMé Ile yervlus (tWd · texte numérisé non relu

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L*pspagi)Q seulç, qui venait de combattre i Fontaipe-Française, coptjpua d'inquiéter IJenri IV. Celui-ci comprit que pour Ij^i porter des coups décjsift, il fallait givaut tout réforiuer Us finances, ruinées par quarante ans de çuerpe icjyil,e. C'est alors qu'on le vit s'occuper, ayjec so» piinistre buUy, des moyens les plus propre^ à réparer la fortune de FÉt^t. L'effet d§ îeur^ sag^s mesures ne se fît pas longte^ips attendre.

En 1597, les Espagnols, déjà maîtres de Calais, s*étaient emparés par surprise à'' Amiens ; inais le roi, réunissant une armée de ?0 000 hommes, sut arracher cette vjlle de leurs mains, et Philippe TI se décida enfin à conclure la paix, te traité fut signé à Vervins (1598), date mémorable qui marque en même temps la fin des guerres de religion. Quelques moi^^ auparavant, pour assurer la pacification des esprits et mettre un terme aux discordes civiles, Henri IV avait publié le mémorable Édit de Nantes (1598), qui accordait aux protestants le libre exercice de Leur culte. Peut-être alla-t-il trop loin en leur cédant des places de sûreté et en jéur garantissant des privilèges incompatibles avec la souveraineté dé l'État.

Deux ans plus tard (1600), lorsque la cour de Rome eut déclaré nul son mariage avec Marguerite de Valois, Henri IV épousa ^arie de Médi.cis, fille du grand-duc de Toscane.

Libre de tout obstacle, Henri tourna son activité vers les réformes intérieures, 1\ ne fut pas même distrait de ce soin par les attentats multipliés qui menacèrent ses jours et par les complots continuels dont Je plus déplorable fut celui de Biron \ son ancien compagnon d'armes. L'ambition du roi était que chaque paysan eût une poule m pot tous les dimanches, Sully, en qualité do surintendant, mit, pour la première fois, l'ordre et l'économie dans les finances. La dette de l'Etat s'élevait à 300 millions, qu^ faudrait quadrupler au moins pour les évaluer en monnaie d'aujourd'hui. De 200 millions prélevés sur les contribuables, vingt-cinq seulement entraient dans les cofires du roi ; les fermiers, chargés de lever les impôts, en détour-

1 . L« maréchal tle Biron, coupable d'intelligences avec i'E^pagna et la Savoie. £atoMi4«BMié dt exéofité «n 4G«t.

naient la plus grande partie. Le ministre d'Henri IV soumit les recettes et les dépenses à un contrôle sévère, et réduisit les charges et les pensions abusives. A la suite des guerres civiles, les campagnes étaient ravagées et dépeuplées; Sully protégea .es paysans autant qu'il le put ; car, disait-il, le labourage et le pâturage sont deux mameUes dont la France est alimentée, Us vrais mines et trésors du Pérou, Olivier de Serres, le premier en date de nos agronomes, écrivit, sous l'inspiration du roi, son Ménage des Champs* Douze années suffirent à Sully pour payer une grande partie des dettes, racheter les domaines aliénés et accumuler encore quarante millions d'économies dans les caves de la Bastille.

Cependant, rien n'était négligé pour la prospérité de la marine et du commerce. La Guyane reçut ses premiers colons, et Ghamplain jeta les fondements de QuéheCy au Canada. Le roi encourageait aussi les travaux de l'industrie nationale, et particulièrement les manufactures de soie de la ville de Lyon, un peu malgré son ministre qui traitait ces somptuosités de babioles. On fabriqua pour la première fois, en France, les tapisseries de haute-lisse, les crêpes fins, le fil d'or, les glaces à la mode de Venise, les verreries, les cristaux. Le canal de Briare fut commencé pour joindre la Seine à la Loire. Paris s'embellit d'un grand nombre de constructions nouvelles : l'Hôtel de ville et le pont Neuf s'achevèrent; une longue galerie* réunit le Louvre au palais des Tuileries, bâti par Catherine de Médicis.

Le nom d'Henri IV était de jour en jour plus respecté au dehors; car l'Europe comprenait qu'elle pouvait se fier à la parole d'un tel roi. En 1601, par le traité de Lyon conclu avec le duc de Savoie, il avait obtenu la Bresse et le Bugey^ en échange du marquisat de Saluées. Aussi jaloux de la paix de l'Italie que de la dignité du saint-siége, il venait d'interposer sa médiation entre le pape Paul V et la république de Venise. L'Espagne, dominée par son ascendant, avait accordé une trôve de douze ans aux Provinces-Unies, dont il soutenait l'indépendance (1609). En même temps, il étendait sa sollicitude sur les catholiques persécutés en Angleterre et en Hollande. Le pavillon français était le seul qui fût respecté par les Turcs dans les mers du Levant. Les chrétiens d'Orient, sans distinction de croyance, s'appuyaient sur la protection du roi.

On ne sait pas au juste ce qu'il faut penser du grand projet que Sully attribue à Henri IV, dans les célèbres MémoireSy

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œuvre de sa vieillesse. Ce prince aurait voulu remanier TEurope entière, pour en former une sorte de république fédérative. Toujours est-il qu'ayant pour alliés les princes protestants d'Allemagne et les Hollandais, il méditait, au moment de sa mort, d'abaisser la maison d'Autriche. L'héritage litigieux des duchés de Clèves et de Juliers lui fournissait une occasion propice d'intervenir en Allemagne ; une belle armée était prête à marcher. La reine devait recevoir solennellement la couronne et le titre de régente, lorsque, la veille de la cérémonie, l'infâme Ravaillac trancha d'un coup de poignard une vie si précieuse (1610), et fit ajourner pour longtemps l'exécution de si glorieux projets. Sans doute il faut déplorer les scandaleuses faiblesses qiii remplissent la vie privée d'Henri IV. Mais aussi, c jamais roi, venu dans des temps d'extrême violence, n'a, par des procédés plus doux, mis fin à tant de mal, commencé tant de bien, et relevé la monarchie avec tant de ménagement pour les anciennes traditions ou les nouveaux besoins de liberté *. > Le grand mouvement de rénovation religieuse qui honore la première moitié du dix-septième siècle, commença du temps jd'Henri IV.

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