Abjuration et «ueeès d'Henri iv
Henri IV revint assiéger la capitale, qui était plus que jamais en proie à l'anarchie. Les Seize, chefs du parti démagogique, firent arrêter le président Brisson, dont la modération les irritait. Mayenne, à son tour, redoutant les fureurs de ses anciens alliés, dispersa le conseil des Seize et fit mettre à mort quatre des plus exaltés. Enfin la Ligue réunit les États généraux, et Philippe II laissa percer ses audacieuses espérances, en proposant de marier sa fille au fils du Balafré et de déférer
436 HIBTOIRe MODBOKB.
la coBFonii« aux deux époux. Quoique le Parl9meAtfàt < ea^f et estropié », il readit un arrêt courageux pour empéi^r que, sous préteite de reiigipu, ia couronne passât eu dps mains étrangères. La Satire Ménifipée, pamphlet poiitique pleio da verve et de mdiee, en accablant la Ligue des traits du ridicule, acheva de donaer gain de cause à Henri IV.
Un seul obstacle, mais invincible, arrêtait la France prête % se jeter dans les bras d'un prince magnanime : c^était sa religion. Henri IV le comprit, et, s'étant fait instruire à loisir dans la £ei caiholique, il abjura solennellement le calvinisme àSain^ Denis (1^08). Le peuple de Paris c affamé de voir un roi » acr courut en foule sur son passage, malgré la défense de Ifayenne. A ia nouvelle de l'abjuration, Oriéans, Bourges, Lyon, se sou^ mirent sans résistance. Le roi se fit sacrer à ChairPrê9^ pai^ que Reims était encore au pouvoir des ligueurs. L^aaaée suivante (159<i), le duc de Gossé-Brissac lui ayant ouvert l'entrée de Paris^ pendant l'absence de Mayenne, il se rendit i Notre- Dame au milieu des transports et des acclamations populaires. Rouen suivit, un mois après, l'exemple de Paris. La France allait être reconquise, et les Espagnols, salués ironiquement par Heori IV à leur départ de Paris, purent apprendre à leur maitre quel prince allait désormais défendre notre pays contre Panarchie et contre l'étranger.
toutefois, les résistances particulières des provinces eoâtè* rent cher à Henri IV ; car il fut obligé d'acheter eueeessivement la soumission des gonvemeurs, devenus, pendant le désordre des guerres civiles, souverains indépendants. Oa évalue à plus de cent nâlions l'argent que lui coûtèrent ces transactions qui kU étaient imposées par les circonstances. Son principal agent et négociateur fut Maximilien de Béthune, depuis duc de Sully. La Picardie, la Bourgogne et la Bretagne, occupées toutes trois par des seigneurs de la maison de Lorraine, furent les dernières à se soumettre. Ma^r^iuie, qui s?obstiaait dans la lutte, fut vaincu une dernière fois avec les Espagnols, ses alliés, au combat de Fontaine-Française^ près de Dijon (1595).
Vers le même temps, les cardinaux du Perron et d'Ossat, négociaient à Rome, pour obtenir en faveur de leur maitre «ne absolution qui lui fut accordée par le pape Clément VIII, malgré les intrigues et i'q)position de l'Espagne. Cet heureux événement entraina ia soumission des derniers rebelles.
HISTOmE MÔDERNB. 4Î7