‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 188 sur 254 · M. Ooisot · texte numérisé non relu

M. Ooisot

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L'autorité royate passa des mains fermes d'Heprl ZV danç celles d'un enfant de dix ans, Louis XUt^ sous la régence de la reine mère, Marie de Médicisi feipme plus ambitieuse qu'tiabile» Les grands projets du dernier règne furent mis en oubli. Sully, remercié, nç garda que sa charge de grand maître de rartilierie, La régente se rapprocha de TEspagne, et livra tout le gouvernement au Florentin Concini, époux de Léonora 6a^ ligal, sa sciur de lait. Cet étranger, avec l'avidité propre aux parvenus de basse extraction, se fit nommer marquis d'Ancre et maréchal de France, quoiqu'il n'eût jamais manié uue épéa. )1 put se faire tolérer de la noblesse, tant qu'il lui distribua 1^ épargQes amassées par Sully; mais le trésor un^ fois épuisé, tout son crédit disparut. Le mariage projeté ^ntre Louis ^mi et Anne d'Autriche, fiUe de Philippe III, roi dJEspagne, révolta ie sentiment national et fut l'occasion d'un soulèvement. Le prince de Gôndé et le comte de Soissons quittèrent la cour pour se mettre à la tête des mécontents. Mais Goneini et 1$. reine se hâtèrent d'apaiser Forage , en signant le traité de Sainte-Menehould et en faisant une large distribution de pensions. On convint en môme temps de réunir )es États généraux.

Ces grandes assemblées étaient convoquées trop irrégulièrement pour exercer uue sérieuse influence sur les affaires du pays. Les trois ordres s'entendirent peu, si ce n'est pour consta*ter le désordre des finances et de la justice. lisse préoccupaient exclusivement de leurs griefs particuliers, dont ils dressèrent dans leurs cahiers la longue nomenclature. Malgré des idées excellentes émises par quelques députés, leurs vœux ne furent suivis d'aucun bien sensible ou durable. Lçs deux personnages qui se firent le plus remarquer, furent Miron, prévôt des mar^ cbaads de Paris, et Richelieu, alors évéque de Luçoa, qui devait plus tard reprendre les gf ands desseins d^Heari IV. Il n'y eut plus de convocation des États géuéraux jusqu'à 1789.

Le mariage du jeune roi avec Anne d'Autriche , et celui d'Elisabeth, sœur de Louis XIII, avec l'infant d'Espagne, qui fut plus tard Philippe IV, achevèrent d'indisposer les esprits. Sully s'était déjà retiré du conseil et refusait de reparaître à la cour ;

car ies Yieux miflisires d*Hesrî IV se fatiguaient, l'ua aprè6 Tautre, d'une politique aussi misérable. Un nouveau farori, d'Albert de Luynes, prit une grande influence sur Louis XIII, en dressant pour lui des faucons. Ayant pour eux le secret appui du jeune roi, les mécontents firent assassiner le maréchal d'Anôre par Vitry^ nommé depuis capitaine des gardes. Sa femme, LéonoraGaliga|,fut liyrée au feu comme sorcière (1617), quoique, dit-elle à ses juges^ elle n'eût employé, pour séduire la reine^ d*cmtres sortilèges que l'ascendant d*un esprit supérieur sur un esprit faible.

La mort de Goncini n'amena qu'un changement de personne. Nommé connétable, sans avoir jamais servi, de Luynes fit sortir le prince de Qondé de là pWsbn où il avait été renfermé par ordre de la reine mère. Celle-ci, écartée des affaires depuis la disgrâce de ses amis, et enfermée au château de Blois^ s'ienfuit pour rejoindre les rebelles. Une action assei vive engagée aux Ponts^de-Cé^ sur la Loire, fut à Tavaiitage des troupes royales. Marie de Médicis fit la paix avec son fils grâce à Ih. médiation de l'adroit Richelieu, qu'elle avait fait entrer dans son conseil privé après l'Assemblée de 1614. Mais une insurrection redoutable éclatait alors dans le Midi, oii le parti protestant avait conservé toute sa force; le rétablissement dû culte catholique dans le Béam en fut l'occasion et le prétexte. Commandés par le due de Rohan, gendre de Sully, les rebelles projetaient de démembrer la France et de la diviser en huit départements ou principautés. De Luynes conduisit Louis XIII devant Montauban^ où l'on perdit 8000 hommes sans pouvoir prendre la place. Il mourut luinmôme, emporté par la fièvre^ quelques jours plus tard (1621). En vertu d'un traité de paix signé à MontpelUer (16Sâ, les protestants conservèrent deux villes de sûreté, la Rochelle et Montauban, . et le roi confirma tous les autres avantages que leur avait accordés l'édit de Nantes. On le voit : tout avait décliné depuis quatorze ans; la royauté suivait une marche rétrograde et timide, lorsque l'entrée de Richelieu au ministère vint sauvek* l'esuvre d'Henri IV.

Riohelieu arriva aux affaires par ia protection de MaHe de MédioiS) qui le croyait dévoué pour toujours à «es intérêts. hwn XIH, tens aimer l'homme^ appréoia bientét ee eat«elère

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ferme, cette volonté inflexible et cet esprit fécond en grandes idées politiques. Il eut le mérite de le conserver comme un ministre nécessaire et de le soutenir contre les intrigues de la cour et contre ses propres répugnances. Richelieu poursuivit trois objets principaux : la soumission des protestants, rabaissement des grands et l'humiliation de la maison d'Autriche. Si Ton est forcé d'avouer qu'il employa souvent des moyens arbitraires, et que plus d'une fois il se montra sévère jusqu'à la cruauté, on doit reconnaître aussi qu'il éleva la France trèshaut et prépara la grandeur de Louis XIV.

•. SaïunlMiloii des pretestonto.

Les protestants s'étaient organisés fortement au sein du royaume ; ils songeaient à former une république comme celle des Provinces-Unies, et tenaient le gouvernement en échec. Richelieu, impatient de réaliser l'unité monarchique, voulut affranchir l'Ëtat d'une faction qui prétendait le dominer. Il se concilia donc l'amitié des Hollandais, et crut gagner l'alliance de l'Angleterre en donnant pour épouse au prince de Galles, qui fut depuis le roi Charles I*"*, Henriette de France, fille d'Henri IV ; puis il engagea hardiment la lutte, et reprit Pile de Ré, dont le duc de Soubise, général protestant, s'était rendu maître.

Mais le plus fort rempart des calvinistes était La Rochelle^ ville fière de son commerce et de sa marine, soutenue d'ailleurs par les sympathies des Anglais. D'après le conseil de son ministre Buckingham, Charles 1^^ résolut d'envoyer un puissant secours aux rebelles. Richelieu, de son côté, parvint à créer une flotte; il réunit une nombreuse armée commandée par le roi en personne , et investit La Rochelle. lAôn dlntercepter les communications du port avec l'Angleterre, comme Alexandre devant Tyr, il construisit une digue longue de 1480 mètres. Les Anglais furent obligés d'abandonner l'Ile de Ré^ et malgré l'opiniâtre résistance du maire Ouiton, la ville tomba au pourvoir de Richelieu, après un siège de onze mois (1628). Les factieux perdirent ainsi leur plus sûr asile; les protestants, leur arsenal et leur forteresse. Lorsque Louis Xlil eut achevé la victoire, en s'emparant d'^/ois, défendue par le duc de Rohan, Richelieu rassura les calvinistes par sa modération. S'ils ne formaient plus, comme auparavant, un État dans l'État, ils rea-

taîent au moins sur le pied d'égalité civile et de liberté religieuse que leur garantissait Tédit de Nantes.

flO. Abalflflemeiit des grands.

Au milieu de ces travaux, Richelieu était toujours en butte aux conspirations. La reine Marie de Médicis ne pouvait lui pardonner de Pavoir tout d'abord éloignée des affaires et de son fils. Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII , ie regardait comme un obstacle à son ambition. Sans énergie et sans consistance, ce prince entrait volontiers dans les complots ; mais, au moment du péril, il se retirait prudemment, se réconciliait avec le ministre et sacrifiait sans scrupule les amis qu'il avait compromis par sa légèreté. Richelieu songeait à lui faire épouser Marie de Bourbon, héritière des Montpensier, tandis que Gaston rêvait l'alliance d'une maison étrangère, qui l'aurait rendu plus indépendant. Il allait jusqu'à vouloir usurper le trône. Son gouverneur, d'Ornano, qui tenait le bâton de maréchal des mains de Richelieu, ayant trahi son bienfaiteur pour entrer dans le complot, expia son crime dans les cachots de la Bastille, où il mourut. En môme temps, le comte de Ghalais, aveuglé par sa passion pour Mme de Ghevreuse, offrit ses services au duc d'Orléans, au comte de Soissons, aux deux Vendôme, fils naturels d'Henri IV, à la reine Anne d'Autriche. Les conjurés avaient résolu de se débarrasser du cardinal par un assassinat; mais celui-ci prévint leur criminelle entreprise. Les deux Vendôme furent emprisonnés; Ghalais porta sa tête sur l'échafaud, et le duc d'Orléans, éperdu, accepta doci* lement pour épouse Marie de Montpensier (1626). L'année suivante, le duc de Montmorency Bouteville, ayant enfreint l'ordonnance sévère portée contre les duels, fut décapité, quoiqu'il appartint à la plus haute noblesse.

Toutefois, ce fut à la suite d'une expédition en Italie que la fortune de Richelieu courut le plus grand danger. Louis XIU était allé en personne faire valoir les droits de la maison de Nevers sur les duchés de Mantoue et de Montferrat; car on attachait une grande importance à maintenir cette petite souveraineté entre des mains françaises (1629). Le roi avait forcé vaillanmient le Pas de Suse^ et déployé une énergie qu'on n'était pas accoutumé à voir en lui ; mais il tomba malade au retour. Profitant de ce moment, la reine mère a recours aux prières et aux larmes; toute la famille royale se

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joint à elte pour ré<tlamer le renvoi du :mMÛstoe, et iki «haie de celui-ci semblait iaévitàblo, lorsque »• par ^wi>re^imin^ «unprévu, Richelieu, après un court entretien avec le roi, reprit tout son empire et vit revenir à lui le flot des courtisans qui déjà Pavaient abandonné. La journée des dupes (1630) le débar- Mmui donc de oeiiz^à mésm <^ croQraiont l'avoir asciÉUé. C6tte ^n^ &it «ussi celle des «vdotimes. La reise inère s^Mifmt à iBnneti«&;^Ga9toii,'é;iou¥aiité,iBe i^éfngMi enLo/traine, oùikieBnet il -^uHà * ik «GMir «hi d^ic contre la vokmtéodii »oi. fie m»- -Fédialide Marillae, t[ui tfvait trempé dansle complot, rf ut ^«uv 4mvi ponricrinie 'de-coitcussion et décapité, «pioique, .dit^îL, rU ^ Véi^^t éam sôn^ooês qfêe êe friri et de puUk, àtféim-de(qwn ifmHgtrunila^fuais. 'Son(frère,'le garàe des Bcoaox,^£QtitiiB ^ '^yfîMn.

^De tëlofi %<ç0iis no corrigeaiont pas CMton d^rièHaft, «l'hoiome "du monde qui aimait le 4nîoux le contmenoeniont'àe •totftos i0hosois.^ ^on Hsecond mariage >avait Altiré une armée fetiftHÇiriIso sur les terres Aiu duc de LoTraino,et il^afvaît fevcéde -so'i^^irer'^kri-'mème'à Bruxelles' près de^ mère. (Delà, ajnntt "ûofié des4!itell%eDees srvefc Henri de MontmoF6iray,'goinKeriioor •dtrlitfikguieâoe, il eonduisiC dans 'oette 'province tme^etite^nssée. -UiieirmHXniltrewec'leB^oupos'royales eut-iieu préside 6M»}- ^9Kiilil«f^.'Glidton'0e^uva lâcbement, etMoiltmoroneyi8tfor(96 ^ '«e«wiildiiB,ttais couvert de %lrt»upes (I68î>). Il n^npotia pas moins Isa ^èie ^nir l^dftdànd, où 'la ville tie Toulouse le <«tit monter *vec le Trepeirtir et la 'piété d*ûn saint. Avec kn o^étei- %ta,h la 'bmpche d«oale des ^MOBffRnorency. Gaaiton, cottame t(WijouW5,iat -îa^ix 'cn-«!aori6aÉt «tous «es afiiés, 'Sa mèr« et 4e d«e tie <I^rraiao, qui perdit une ''partie 'de «on toi^otre. ^im mdssâttce dSm dauphin (1696), ^iKmdue 'pendatft 'vîsigt'âeaK ttm^toniétflnitsu'û'ère de Louiis'XHrsés espôranoes *^e>?oyaat4, ne l'empôcba pas de conspirerr -enoorfs ^voc h ^oofiàte >âe iSois- «Ods, ce ^i leiré^âfcnsit à implorer tb'isottveaa le^ardon duearîdinal, tosque ^Oh allié eut été tué % la 4[m«allle de 2a diar* fée çi^ew).

Ciû^Mats'Çt son «ani »de ^Phouviettwèwt clore cette iwigi/e ihte^ conspirateurs improdcHts ou whBânols, qtii 'bwrvaieHt %'p*86sir % VOHgmnoe du 'resdoatài)le 'ministre. Qinq**Ma*», «BtfWtfeux^dte'ViHgt-*e^ •«is,*favori de ^î»w*b Mil, ^vait ^it

.1. GwtW,japrè8 un ^n de mariage, ét^t veuf deiaiéritière des Moutpeqsiçr CcUè-ci ' Iiiîlàijsift liûe*fllle qui 'l<5ûa deJEiuis un «èrtain rdle, èoas le ifotn ^de"ia gtaiM« MàdemoffieHe.

JHISTOIBE MOJWRÎ^. .435

entrer T.E^pagne d^ns ses téméraires ,prcpts. -Lé triaité .tomba aux mains du cardinal gui alors éta^t mourant, faaig dOftt l'inertie semblait cTrOitre avec répuiaemen,t des forces phy^igues. 11 se montra dans cette circonstance critique tel qu'il s'ô$t peint lui-même en ces paroles : Quand une fois fai pris une résolution^ je vais droit àmonbut;je renverse topt, je fauche tout, et ensuite je couvre tout de marffberouge.'DQ Thou, fils du célèbre historien, coupable seulement de n'avoir j)ar révélé la conspiration, fut exécuté à Lyon avec son ami Cinq-Mars (1642). Richelieu a^nonQant au roi la .çonguôte 4u Œlpussillûn ipi {s'aehevaût dans le jnême nioment, Jlui 4crivi^ : JStr»e, .«v^ «nt^WM^Wf** !i(ior.ts .etiVQs .arvs^s soxU fia/ns pAif^ignan.

Jiiprès de tels >examplas, il ji'y .eut plus dlj^osi^ja. ^qb ^^stçr .teatianis étaient jdpmptés ; La .noblesse .syp^renait ^ jcoiwb^r Ja Jète.Jlicheliûu vS^vaitxestreintle pouvoir h Çr^diit^Be d^igou^wrneurs en leur adjoignant des intendante, «^vqy es r£^u^ s^i tjnepirésen^ient dans les provinces l'action dinçcte et «rbitriiire du .gouvernement, dirigeaie^at la juatipe .et J^ rpipUoei, fsuiTveUl^nt les finaûc«5. X*aEBftée,;perdant-son oar^tèce féodal, rfttt constituée isur de nouvelles hiaaes; la Qs^arwie û^a^i^aisp îtait 4^à Tune des plus fortes de l!£urope. ^ifi|^e]j^u efla^^ssait .^ut .à la fois. 11 fojada PAostd^ie ffâ^^aise (a68;5), i^réa le j^ardiji désolantes, b*^tit la Sorbonne ^t le •Palais•I^)l^^, (^*il laissa, au roi en r^nourant. Qoant au palais d^.I.aiXi^n)t)iaur£,,.Gp iutJjit^ie de ,Médicis qui ie fit ocapMstruire.pîWsSopLi^çGjiit^^ .lafQue^ Debrosse.

Maître au4edans, Richelieu ^vajt NtcoH^oé' tfifas se&^iïott^m^pud la maison d'Autriche. Pàs^on entEéeauani^stèi:ei;(l^^),:POur empêcher les de^x branches 4e Jia iQ94soa d'/Uttr^çh^ .ip ^seliear .entre elles leui2s possessions d!Alle9^g^e.et4'^taIie,/il d^^is^ajlt les Espagnols de laJK^^'ne, ^petit ,^s^ i^ui ^sy^acte^t ja^x GrisoAs, alliés de.la^l'ranQe. «On a ^u giie plus ^ar/i ^1 ÔQjteiityijiîrt; dans la querelle de jLa .su^cejssipn desduqs deJlfy^rl|to^e,JB^li% pour établir uoe Camille f]]a^Qaise dans ee ,p^ys 3g.ye i^f>fXT fiy^ encore à nos ennemis lein^s moyens de «communicatiœi. N(aisjbas plus grands coups restaient à frapper du côté de l'Allemagne en proie, d€\pu^ I61i3, à Ajuie jgue^re ^tenûlàlexQinnue sous le nom de guerre de Trente ans. A partir.de 1630, Richelieu s'allie «vec les princes protestants ligués contre la maisMi d'Autriche, et^depttis 1635 jusqu'à -sa mort (Wr2}, entrant directement dans la lutte, il prépare le traité de Wes^haliep|ur l'habileté dé sa politique et le succès des armées irançaises.

AvaDt de raconter les opérations militaires qui ont signalé la guerre de Trente ans, il est à propos d'en retracer Torigine pour faire mieux comprendre les effets de Tintervention de la France.

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