SueceMieurM de Charlefl-^uliit
L'Allemagne semblait vouée pour toujours aux discordes religieuses. L'hérésie des Hussites, après avoir ensanglanté le pays pendant quinze ans, n'avait pu être entièrement extirpée de la Bohème. Quelques sectaires, sous le nom dî^Utraquistes^ avaient obtenu la permission de communier sous les deux espèces et arraché en outre d'importants privilèges à la faiblesse des empereurs*.
Le système de modération adopté depuis Ferdinand I^ (1556-1564) par la branche allemande de la maison d'Autriche» favorisa l'introduction de la Réforme en Hongrie. Maximilim II (1564-1576) toléra les idées nouvelles, qu'il n'était pas en mesure de combattre ; son successeur Rodolphe 11 n'eut pas l'énergie qu'il fallait pour une telle entreprise. Protecteur des savants illustres du temps, de Tycho-Brahé et de Kepler, mais plus adonné aux sciences qu'il ne convient au souverain d'un grand empire, Rodolphe essaya seulement de limiter l'exercice du culte protestant. Il rencontra une vive résistance en Hongrie et en Bohême, oii les Utraquistes firent cause commune avec les réformés. L'empereur fut obligé d'abord de ce* der la Hongrie et l'Autriche à son frère Mathias, puis d'abdiquer la couronne impériale en sa faveur. Mathias (1612-1619) ne sut pas apaiser les troubles qu'il avait en partie fait naître. Sur la fin de son règne, les insurgés de Bohême précipitèrent par une fenêtre du château de Prague les ambassadeurs de leur souverain. Cet acte violent, connu sous le nom de défenestration de Prague, fut le signai de la guerre de Trente ans,
t. «verre de Trente ans (t«i9-4«49j.
Si l'empereur obtenait peu d'obéissance dans ses Ëtats hérê* ditaires, TAUemagne lui en accordait moins encore. Dans cha-
1. La Bohème et la Hongrie appartenaient à la maison d'Autriche, depuis le mariage nt Ferdinand I"' avec l'héritière de ces deux royaumes.
que ville, catholiques et protestants étaient en guerre ouverte, sans qu'il parût possible de mettre un terme à cette anarchie. Les protestants ayant formé une ligue sous le nom à^ Union évanyélique, les catholiques imitèrent leur exemple. Tout se préparait pour une guerre générale : il s'agissait de savoir si l'Allemagne resterait fédérative et en majeure partie luthérienne, ou bien si la maison d'Autriéhe, en assurant la prééminence de la foi romaine, dominerait en môme temps le corps germanique et transformerait la constitution élective en empire héréditaire, La succession des ducs de Glèves et de Juliers mit aux prises des concurrents de chaque parti, et T embrasement devint bientôt général.
La guerre de Trente ans se divise en quatre époques princi* pales: Période palatine (1618-1623); — • Période danoise (1625- 1629); — Période suédoise (1630-1635); — Période française (1635-1648).
s. Période palatine («•tS-ltttS).
La Bohême entière se souleva après la défenestration de Prague. Mathias étant mort peu de temps après, les insurgés ne voulurent pas reconnaître son successeur Ferdinand II (1619). et offrirent la couronne de Bohême à Frédéric V, électeur palatin du Rhin (Bavière rhénane). Ce prince était protestant, gendre du roi d'Angleterre Jacques I»**, et neveu du sthatouder de Hollande. Sa femme, Elisabeth Stuart, dévorée d'ambition, ne cessait de lui répéter: Taimerais mieux manger du pain et être reine que de vivre dans les délices comme femme d'électeur. II accepta donc le dangereux honneur qui lui était offert, et Ferdinand dut mettre tout en œuvre pour tenir tête à ses ennemis. Dépourvu d'armée, il se rapprocha de la ligue catholique et de son chef Maximilien duc de Bavière, qui lui prêta un très-hs^ile générai, le vieux Tilly, élève d'Alexandre Farnèse. Les troupe? de Tétocteur furent battues aux environ de Prague; lui-même, par la faiblesse de son caractère, acheyant de décourager son parti, quitta précipitamment la Bohême, d'où il fut poursuivi jusque dans ses domaines héréditaires. Vainqueur sur tous les points, Ferdinand termine la guerre par le traité de Ratis» bonne (1623), qui enlevait à Frédéric le Palatinat, et transférait ce pays avec la dignité électorale au duc Maximilien de Bavière. A la suite de ce grave échec, les protestants appelèrent à leur secours un nouveau défenseur.
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