Pr«srès des Anglais dans Flnde
Vers la fin du dix-septième siècle, la Compagnie anglaise des Indes orientales, instituée en 1599, possédait Bombay^ Madras^ un fort dans la Bengale, et un petit nombre de comptoirs sur les côtes où dominaient les Hollandais. Telle fut l'origine de cette puissance coloniale qui compte aujourd'hui cent cinquante millions de sujets. L'Angleterre était en outre maîtresse de la Barbade^ de Saint^Christophe et de la Jamaïque ; elle faisait le commerce de pelleteries dans la baie d'Hudson et tenait Gibraltar dans la Méditerranée. La paix d'Utreçbt, les guerres et les traités qui suivirent, marquent autant de progrès de la puissance maritime de l'Angleterre. Pendant la guerre de Sept ans, notre marine étant trop faible pour défendre nos colonies d'Amérique et dis Indes orientales, l'Angleterre s'en empara. , La perte des États-Unis fut, il est vrai, un échec sensible pour la métropole ; mais ses progrès dans les Grandes-Indes la dédommagèrent amplement.
Dès 1757, lord Clive avait enlevé aux Français quelques ports du Gange, et une partie du Bengale aux nababs ou princes indiens. L'un de ses successeurs, le trop célèbre Hastings, accabla les indigènes de cruelles exactions. Hàider-Ali, sultan de Mysore, déjà maître des côtes du Malabar, de Calicut et des Maldives, se défendit vigoureusement avec l'aide de la Hollande et de la France, et mit un instant en péril la domination britannique. Héritier des domaines et du courage de son père, Ttppoo- Saè*6, grâce aux victoires du bailli de Suflfren, obtint un traité avantageux (1784), bientôt violé par les Anglais. Après avoir imploré vainement le secours du roi Louis XVI que les crises de la Révolution condamnaient à Timpuissance, Tippoo-Saëb essaya plus tard de nouer des relations avec le général Bonaparte, lors de l'expédition d'Egypte. Réduit enfin à ses propres forces et assiégé dans Séringapatarrij sa capitale, il périt les armes à la main, abandonnant au vainqueur des richesses immenses (1799), Le dernier empereur mongol était déjà prisonnier des Anglais, en sorte qu'ils n'avaient plus d'autres ennemis à craindre que les belliqueux Mahrattes, retranchés dans les montagnes du Dekhan. Ils s'étaient de plus emparés de la colonie hollandaise de Negapatam, Ainsi fut fondé cet empire
colossal qui s'étend aujourd'hui de l'Arabie à la Chine. La France si forte naguère dans les Indes au temps de Dupleix et La Bourdonnais, n'y possédait plus que des territoires insignifiants. Enfin, pendant notre révolution, sous prétexte que l'armée française avait envahi la Hollande, l'Angleterre se saisit de la colonie du Cap et de l'île de Ceylan (1795), qu'elle occupe toujours. En 1800, un blocus rigoureux et la famine lui livrèrent l'Ile de Maltey qui est, avec Gibraltar, une des clefs de la Méditerranée.