Campagne de Vranee
L'empire, tout entier à la conquête, n'avait rien préparé pour la défense des frontières, que nos ennemis envahissaient sur tous les points. Wellington, après sa victoire de Vittoria^ franchit les Pyrénées et marche sur Bordeaux ; Schwartzemberg et ses Autrichiens débouchent par la Suisse ; le Prussien Blùcher passe le Rhin, la Moselle et la Meuse ; Bernadette et ses Suédois, réunis aux Allemands du Nord, traversent la Hollande et la Belgique. La Russie précipite sur nos provinces ouvertes l'élite de ses troupes avec le flot de ses hordes sauvages. Contre ce torrent d'ennemis, Napoléon soutint une lutte impossible et fit dans sa campagne de France, des prodiges de stratégie militaire. En un mois, n'ayant guère que sa garde et des conscrits, il livra treize batailles, remporta douze victoires, et, s'il succomba, ce fut seulement sous l'écrasante supériorité du nombre.
La capitulation de Paris et la défection du maréchal Marmont, qui ouvrit à l'ennemi la route de Fontainebleau où Tempereur s'était retiré, amenèrent la chute de l'empire. Un décret du Sénat prononça la déchéance de Napoléon (3 avril 1814) €t appela au trône Louis XVIIl^ qui résidait alors en Angleterre*.
1. Louis XVII, fils de Louis XVI, étant mort dans sa prison du Temple, ia
Alexandre, empereur de Russie et le priace de Talleyrand, diplomate très-habile, s'entendirent pour restaurer la royauté des Bourbons. Le comte d'Artois devança son frère en France, et entra dans Paris le 12 avril. Napoléon ayant vainement abdiqué en faveur de son fils, signa le 11, à Fontainebleau, une abdication pure et simple; le 20, il fit à sa vieille garde de> adieux devenus historiques, et partit pour l'Ile d'Elbe, qu'où lui abandonnait en toute souveraineté. Dix jours auparavant, le maréchal Soult livrait à Wellington, devant Toulouse, une sanglante et glorieuse bataille, la dernière de ces luttes gigantesques.
ni. PREMIÈRE RESTAURATION (AVRIL 18U-MARS 181.5).
Un million d'hommes avait péri dans les guerres de l'empire, et, suivant les expressions de M. Thiers, la France, en 1814, était « vaincue, noyée dans son sang, désolée ; » elle avait soif de repos et de liberté, car le régime impérial avait été, dans . ses dernières années, un intolérable despotisme. Des transports de joie et d'allégresse saluèrent donc le changement de gouvernement. Mais les difficultés de la situation ne tardèrent pas à paraître. Louis XVIII, entré à Paris le 3 mai, avait sig^é, le 30, avec les souverains alliés un traité de paix qui réduisait la France aux limites de 1792. Le 4 juin, il promulgua Ibl Charte constitutionnelle, et il eut le tort de Voctroyer. D'autres fautes refroidirent l'enthousiasme du premier moment. I^'armée, d'ailleurs, ressentait vivement la honte de l'invasion et des sacrifices que la paix avait coûtés ; elle regrettait sou ancien chef^