élxième coalition (IMS
Notre pays mit sur pied, par un suprême effort, une armée de 300 000 jeunes soldats. Mêlés aux débris de la grande armée qu'avait recueillis le prince Eugène, ils se battirent comme des vétérans à Lutzen(2 mai 1813), à Bautzen et à Wurtschan (19 et 20); les Russes et les Prussiens furent vaincus. Des conférences pour la paix s'ouvrirent alors à Prague, sous la médiation de l'empereur François. On fit à Napoléon des propositions très-avantageuses. Il aurait conservé la frontière du Rhin, Mayence, Cologne, Wesel, le Texel et la Westphalie ; en outre, l'Italie lui restait; mais son orgueil se refusa aux concessions, bien raisonnables pourtant, qui lui étaient demandées. L'Autriche, de médiatrice qu'elle était, devint ennemie et marcha de concert avec la Russie et la Prusse. Le prince royal de Suède, Bernadette, oubliant qu'il était né Français, se tourna contre nous, séduit par la promesse qu'on lui fit de ki Norwége. Napoléon trouvait devant lui la sixième coalition.
La bataille de Dresdey gagnée par l'empereur, rejeta les coalisés derrière l'Elbe (27 août 1813). Mais ses lieutenants étaient moins heureux. Vandamme tombe au pouvoir de Tennemi, à Culm; Oudinot, Ney et Macdonald reculent devant des forces
supérieures. Napoléon n'avait plus que 180 000 hommes poijr tenir tête à plus de 300 000 ; il attendit les masses alliées sous les murs de Leipsick^ et leur livra la plus terrible bataille des temps modernes, la bataille des Nations, comme rappellent les Allemands ; elle dura trois jours (16, 17 et 18 octobre). Le dernier jour, les Saxons, qui jusque là combattaient avec nous, firent défection et contrû)uèrent à notre défaite, qui fut désastreuse; elle nous coûta 60000 hommes. Quinze jours plus tard, les Bavarois, réunis aux Autrichiens, entreprirent d'arrêter Napoléon, à Hanauy dans sa retraite ; il leur passa sur le corps (30 octobre); mais soixante mille soldats à peine, débris de la grande armée» purent rentrer sur le sol français. Cent mille hommes de bonnes troupes restaient bloqués dans les places fortes qu'ils gardaient en Allemagne. Avant que les alliés franchissent le Rhin, l'Autriche fit une dernière tentative en faveur de la paix. Elle voulait que Napoléon se contentât des frontières naturelles de la France, comme au traité de Luné ville. Ces propositions dites de Francfort^ il les repoussa follement pour courir à sa perte.