Orig^ines epi*<ïci|ue(i
Les premiers habitants de la Grèce furent les Pélasges, de race asiatique, probablement originaires du plateau delà Perse. Dans leur émigration, ils avaient marché vers l'ouest, occupé
l'Asie Mineure, d'où quelques-uns, passait d'une île à Pautre, parvinrent dans la péninsule hellénique. On leur attribue les monuments nommée cyclopéens. Ces constructions gigantesques consistent en d'énormes blocs de pierre à peine équarris, unis par leur propre poids et par la perfection des joints, sans le secours d'aucun ciment. Peuple agricole et commerçant, habile à exploiter les mines, les Pélasges donnèrent à la Grèce une première civilisation, bâtirent des villes nombreuses et des citadelles; ils envoyèrent des colonies dans les lies de la Méditerranée et sur lescôtes de l'Italie. Leur religion était un naturalisme grossier. Après une longue lutte, ils furent vaincus et refoulés par les Hellènes, tribu belliqueuse descendue de la Thessalie ; mais la Grèce ne perdit jamais entièrement l'empreinte qu'ils lui avaient laissée. Les plus anciennes cités, telles que Sicyone, Mycènes, Argos, Tirynthe, datent de cette première époque.
Bientôt, quelques colons venus de l'Egypte, delà Phénicie et de l'Asie Mineure, apportèrent dans ce pays les arts de l'Orient, et jetèrent, à leur tour, les premiers fondements de plusieurs villes fameuses.
Cécrops^ originaire de Sais, en Egypte, s'établit en Attique, y fonda les douze bourgades, dont Athènes devint plus tard la capitale. On croit qu'il introduisit dans le pays la culture du blé et de l'olivier, et que ce fut lui qui institua l'Aréopage, le plus sage des tribunaux de l'antiquité (1580).
Danaiis, chassé de la basse Egypte, s'établit à Argos, institua des fêtes religieuses enl'honteur de l'agriculture, enseigna aux Grecs les premiers éléments de la navigation. La fable a conservé Thistoire de ses cinquantes filles, condamnées à remplir aux enfers un tonneau sans fond, en expiation du meurtre de leurs maris (1466).
Cadmus^ fils d'Agénor, roi de Phénicie, aborda en Béotie, bâtit la Cadmée^qui fut plus tard la citadelle de Thèbes. Il répandit parmi les indigènes la connaissance et l'usage de l'écriture alphabétique (1314).
PélopSy fils de Tantale, roi de Phrygie, aborda en Élide. Ses descendants, les Pélopides, s'établirent à Argos et renversèrent la famille de Banaûs (1284). -
Deucalion, fils de Prométhée, est le père de la race hellénique. Parti du Caucase, il s'arrêta d'abord en Thessalie (1434). Sous son règne, une grande inondation submergea la Grèce centrale, déjà envahie une première fois par les eaux à Tépoque d'Ogygès. Deucalion fut le père à'Hellen, chef par ses en-
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fants des quatre tribus helléniques, Éoliens, Doriens, Ioniens et Achéens.
Ainsi, Pélasges, Égyptiens, Phéniciens, Phrygiens et Hellènes, étaient venus successivement peupler le pays. La race de Deucalion s'assimila ces peuples divers, et leur donna le caractère hellénique, qui prévalut et subsista seul au milieu de tant d'éléments hétérogènes.
s. IiCS béros de la fable.
Dans ces premiers temps fleurirent les héros grecs ou demidieux, vainqueurs des monstres et des hôtes féroces, tous remarquables par leur beauté et leur force "prodigieuse, honorés d*un culte constant dans leur cité natale.
Persée, le vainqueur de Méduse, le libérateur d'Andromède, fondait ou relevait la ville de Mycènes, dans l'Argolide, et en faisait la capitale de son royaume. Son descendant , Hercule^ d'origine dorienne, étendit sa renommée depuis l'Asie Mineure jusqu'au détroit de Gibraltar, nommé par les anciens Colonnes d*Hercule> On le voit tantôt délivrer une contrée de quelque bête redoutable, tantôt assainir un pays marécageux, tantôt punir et tuer des brigands tels que Géryon et Cacus. La fable nous le montre encore descendant aux enfers, finissant sa vie mortelle sur un bûcher qu'il a dressé lui-môme, puis appelé dans l'Olympe par Jupiter, son père, pour y jouir d'une jeunesse éternelle. Un grand nombre de princes, qui s'appelèrent Héraclides^ se glorifiaient d'avoir Hercule pour auteur de leur race.
Amphictyon, fils de Deucalion , défendit contre une invasion des Thraces, la yille que Cécrops avait fondée ; il réunit à Delphes ou aux Tbermopyles les députés des peuples intéressés au salut commun de la Grèce. Ces assemblées célèbres prirent le nom d*Amphictyonies, Thésée^ de race ionienne et contemporain d'Hercule, extermina les brigands qui désolaient l'Attique et les pays voisins. Devenu roi d'Athènes après la mort de son père Egée , il affranchit ses sujets du tribut honteux qu'ils payaient aux Cretois, et réunit en un seul corps politique la population jusque-là dispersée sans lien commun, dans plusieurs bourgades. Ce fut lui, dit-on, qui donna le nom de Minerve (en grec Athéni) à la ville que protégeait cette déesse. Les descendants de Thésée se maintinrent sur le trône pendant près de deux siècles.
Amphion agrandit la ville de Thèbes, dont il bâtit les murs
au son de la lyre. Un de ses successeurs, Œdipe, est la victime la plus remarquable de la fatalité antique. "Meurtrier involontaire de son père Laïus, éponx de sa mère Jocaste, il ne put échapper à la destinée ; poursuivi par les Furies, il se creva lui-même les yeux et vint mourir au bourg de Colon e, en Attique.
La ville de Corinthe s'accrut par les soins de Sisyphe, que l'on peut regarder comme son véritable fondateur. Ce fut lui qui établit les jeux isihmiques, ainsi nommés de l'isthme de Corinthe, où ils se célébraient tous les cinq ans '.