‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 32 sur 254 · IiC0 expéditions béro¥que0. — C^uerre de Vrole · texte numérisé non relu

IiC0 expéditions béro¥que0. — C^uerre de Vrole

Les héros se prêtant un mutuel appui, formèrent en commun de grandes entreprises inspirées par l'amour des aventures et par l'espérance d'un riche butin. Beaucoup d'entre eux prirent part à une expédition maritime dans la mer Noire, que l'on appelle l'expédition des Argonautes (du navire Àrgo). Le chef fut Jasony prince d'Iolchos en Thessalie; il avait avec lui les deux frères Castor et Pollux, Orphée, Pelée et Hercule ; mais ce dernier laissa ses compagnons en chemin. Leur but était d'enlever au roi de Ja Colchide ses richesses, figurées par une toison d'or. L'imagination des Grecs embellit cette expédition de pirates, très-hardie pour le temps, d'une foule d'aventures merveilleuses (1226).

Quelques années plus tard, la Béotie fut le théâtre de la sanglante rivalité des deux fils d'OEdipe, Étéocle et Pohjnice,

Polynice, chassé de Thèbes par son frère, vint assiéger cette ville, après avoir épousé la fille d'Adraste, roi d'Argos. Six chefs illustres marchaient avec lui, ce qui fit donner à cette guerre le nom de guerre des Sept Chefs (121^). Elle se termina par un combat singulier entre les deux frères; tous deux y périrent. Les Épigones, ou fils des Sept Chefs, mirent de nouveau le siège devant Thèbes, qu'ils ruinèrent, dix ans après la guerre précédente.

1. Il y eut en Grèce quatre jeux principaux, rendez-vous de toutes les cités, théâtre de la plus ardente émulation : Les jeux Olympiques, dédiés à Jupiter, qui se célébraient tous les quatre ans en Êlide, et qui exercèrent une telle influence sur les mœurs et la poésie, que les Grecs comptaient par Olympiades, ayant adopté pour ère une célèbre victoire remportée aux jeux olympiques (776); les iews. Isthmiques, en l'honneur de Neptune; les jeux iVeme>ns, en l'honneur d'Hercule; les jeux Pythiques, en l'honneur d'Apollon.

La troisième expédition héroïque et la plus importante est la guerre de Troie (1193-1184).

La ville de Troie,- en Asie Mineure, avait été fondée par les Pélasges à une époque très-reculée. Sa domination s'était peu à peu étendue sur toute la Mysie occidentale. Une haine profonde séparait les Pélasges et les Hellènes, et cette haine s'était manifestée par des outrage^ réciproques. En dernier lieu, Paris, fils de Priam, roi de Troie, avait enlevé Hélène, femme de Ménéla$^ roi de Sparte. Agamemnon, roi d'Argos et frère de Ménélas, réunit dans le port d'Aulis, en Béotie, les forces de toutes les cités grecques, qui Pavaient reconnu comme leur chef suprême. Son armée s'élevait, dit-on, à 100 000 hommes, portés par 1200 navires; il vogua vers l'Asie. Les principaux chefs qui concoururent à cette expédition étaient ; Ulysse^ d'Ithaque, Nvstor^ de Pylos, Idoménée, de Crète, Achille, de Larisse en Thessîdie, Ajax, de la Locride, Ajax, de Salamine, Diomèàe, de rÉtolie, Philoctète, de la Thessalie,

A cette invasion Priam opposa une ligue puissante, composée des Carions, des Lyciens et d'auxiliaires venus de la Thrace ou d*autres contrées.

La guerre de Troie que les poèmes d'Homère ont rendue si célèbre, dura dix ans. Après la mort d'Hector, fils de Priam, son plus vaillant défenseur, la ville tomba au pouvoir des Grecs et fut réduite en cendresf. Toutefois, les vainqueurs payèrent chèrement la gloire du succès. Plusieurs, comme Achille, trouvèrent la mort sous les murs de la ville; ceux-ci, comme Idoménée, se virent à leur retour méconnus de leurs familles, ou repoussés par leurs sujets, et contraints d'aller s'établir sur les côtes de l'Italie méridionale ; ceux-là, comme Ulysse et Ménélas, errèrent longtemps sur les mers. Plus malheureux que tous les autres, Agamemnon, en rentrant dans son palais de Mycènes, tomba sous le fer de son cousin Égisthe et de sa femme Clytemnestjre , crime qui fut vengé plus tard par le parricide Oreste. En un mot, la guerre de Troie fut presque aussi fatale aux vainqueurs qu'aux vaincus.

s. InTatiloii dorlenni» dati« le Péloponèse.

Après la guerre de Troie, la Grèce fht en proie aux rivalités acharnées des diverses branches de la race hellénique. Il y eut de longs bouleversements, au milieu desquels là civilisation naissante sembla reculer et s'éteindre.

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Les Héraclîdes avaient été chassés du Pélopoûèse par Eurysthée, frère d'Hercule, qui les persécuta comme il avait persécuté le héros, leur père. Trois fois ils avaient essayé de rentrer dans leur héritage, trois fois leurs tentatives avaient échoué. Enfin ils se mettent à la tête des Doriens, établis entre )e mont 0£ta et le mont Parnasse, et réussissent à s'emparer du Péloponèse (110^); ils renversent la domination de Tisamène, petit-fils d'Agamemnon, et substituent la race d^Hercule à celle de Pélops. Ils se partagent ensuite le pays conquis. La Laconie est donnée aux deux fils d'Aristodème, Eurysthène et Proclès, Les Doriens» race guerrière et farouche, formèrent dès lors, dans le Péloponèse, une classe dominante et privilégiée; les vaincus, qui ne s'expatrièrent pas, furent réduits à un état d'rafériorité complète, ou môme à la servitude. Cette invasion désastreuse fit retomber la Grèce dans une sorte de barbarie, d'où elle sortit seulement cinq siècles plus tard.

Une partie des Ioniens se réfugia en Asie Mineure ou dans les îles ou sur les côtes de l'Italie et de la Sicile. Quelques-uns ayant trouvé un asile en Attique, leurs vainqueurs les poursuivirent et provoquèrent au combat les habitants de cette contrée, qui appartenaient eux-mêmes à la race ionienne. Un oracle avait prédit que l'armée dont le chef périrait, serait victorieuse, CodruSy roi d'Athènes, sous le déguisement d'un simple soldat, se fit tuer dans la mêlée, et sauva son pays de la servitude.

Après la mort héroïque de Godrus, les Athéniens crurent que nul n'était digne de porter le titre de roi; ils abolirent la royauté, et instituèrent l'archontat, magistrature perpétuelle d'abord, puis décennale, puis annuelle. Médon^ fils de Godrus, fut le premier archonte (1045).

•. Ia poésie primitive. — Homère.

Les montagnes de la Thrace furent le premier berceau de la civilisation helléuique. Là vécut Orphée, le plus célèbre de ces hommes de génie que Pon croyait inspirés, et qui tout à la fois prêtres, devins et chantres, adoucirent les mœurs de leurs compatriotes par Tinfluence de la poésie et de la musique. Ils leur enseignèrent la religion et les devoirs publics et privés.

Mais ce fut sous le beau ciel de Tlonie, entre TOrient et l'Occident, que la poésie grecque s'épanouit avec un éclat qui n'a pas été surpassé depuis. On croit que le divin Homère naquit à Smyrne, au bord de cette mer sillonnée par les navires de toutes les nations. Naïf et profond, pathétique et sublime , fidèle observateur de la nature et des mœurs, il anima les traditions héroïques et ses propres fictions d'un

souffle de vie qui semble immortel. La Bible seule a des beautés supérieures à celles Viliade et de VOdyssée. Si les mœurs que peint Homère sont trop souvent féroces et grossières, s'il prête à ses dieux les faiblesses et les passions humaines, son génie néanmoins est profondément moral et religieux. L'action divine éclate à chaque page de ses poèmes, et les beautés de la création ont en lui un peintre inimitable. Il est vrai que la langue dont il se sert est une des plus riches et des plus harmonieuses que les hommes aient jamais parlée. Homère ne fut pas seulement le père de la poésie et des arts : historien, orateur et moraliste, on peut le regarder comme le vrai précepteur du peuple qui devait être la lumière de TOccident.

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