‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 35 sur 254 · IiéffUilatloii de I.years«e h Sparte · texte numérisé non relu

IiéffUilatloii de I.years«e h Sparte

Lycurgue^ de la race des Héraclides, gouverna Sparte pendant la minorité de son neveu Cbarilaûs. Pour remédier aux maux causés par l'anarchie, il étudia les lois que Mines avait données aux Grétois, se pénétra de leur esprit pour en faire la base de sa propre constitution, dont voici les points principaux.

La forme monarchique est conservée avec deux rois appartenant aux familles des Proclides et des Agides, toutes deux descendant d'Hercule. Ils sont investis du commandement de l'armée, du pouvoir judiciaire et sacerdotal, de l'administration publique et de la présidence du sénat. Plus tard, leur pouvoir se trouva restreint et presque annulé par les usurpations successives des magistrats inspecteurs, nommés épkores^ qui étaient

élus chaque année au nombre de cinq. Le sénat se compose de vingt-huit membres, âgés de soixante ans au moins, élus à vie par racola mation du peuple. Tribunal suprême et corps législatif, il fait les lois, que rassemblée du peuple admet ou rejette sans pouvoir y rien changer. Du reste, les /Spartiates, [qui étaient au nombre de neuf mille, ont seuls des droits politiques. Les Laconiens, ou descendants des anciens habitants du pays, en sont privés. Quant aux Hilotes *, partie de la population la plus nombreuse, ils sont attachés à la glèbe et cultivent la terre pour leurs oppresseurs, qu'ils détestent et qu'ils tiennent dans une inquiétude éternelle. Le sol ayant été partagé en portions égales, tous les Spartiates sont égaux en fortune ; le patrimoine passe du père au fils aîné, sans pouvoir être aliéné ni divisé. En outre, la monnaie est de fer; les repas sont publics et d'une extrême frugalité. La vie privée des citoyens est soumise à une inquisition de tous les instants : Sparte était, comme on Ta dit, une prison d'hommes libres.

Toute la législation de Lycurgue tend uniquement à former des soldats. Elle détruit la famille et la propriété ; elle bannit le commerce et les arts, à l'exception de la musique guerrière. Les enfants qui naissent difformes ou trop faibles sont impitoyablement mis à mort ; les autres reçoivent, à partir de sept ans, l'éducation publique qui endurcit leur corps et les dresse pour la guerre. Dans ce but, on les envoie à la chasse des Hilotes; on leur permet tout, même le vol, pourvu qu'ils ne se laissent pas surprendre. La pudeur des femmes est sacrifiée au même objet, car elles partagent les exercices des hommes. Il n'eit donc pas étonnant que, dans la suite, Sparte soit devenue la ville la plus corrompue de la Grèce.

Cette constitution avait, néanmoins, d'excellentes parties : elle imprimait fortement dans les âmes la crainte de» dieux, l'amour de la patrie, le respect de la vieillesse, l'esprit d'obéissance et de discipline, le mépris des jouissances, de la douleur et dé la mort. Elle fit, pendant un siècle, la grandeur de la cité de Lycurgue.

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