Deuxième saerre médlque
Darius brûlait de réparer ce désastre. Hippias, fils de Pisistrate, réfugié à sa cour, irritait chaque jour son ressentiment Les satrapes Datis et Artapheme, mis à la tête d'une armée de 100000 hommes, débarquent dans l'Ile d'Ëubée, la ravagent et passent de là en Attique. Athènes n'avait pour se défendre que 10000 citoyens* et 1000 Platéens. L'amour de la patrie et de la liberté fit» de cette poignée d'hommes, autant de héros. Miltiade^
1. L*Attiqu6 pouvait nourrir «a plus 500 ooo habitants, y compris les esclaves qui fermalsnt un tiers aa ttoios de la population»
fflSTOIRE ANCIENNE. 69
qui les commandait, remporta une éclatante victoire dans la pldne de Marathon (490). L'effet moral fut immense; car jusque-là, au seul nom des Mèdes, tout le monde tremblait.
Peu après , Miltiade ayant entrepris la conquête des Cyclades et subi un échec au sié^e de Paros, les Athéniens ingrats condamnèrent leur sauveur à une amende énorme qu'il ne put payer. Par une injustice non moins grande , en vertu du droit à*ostracisme\ ils frappèrent d'exil le vertueux Aristide^ l'un des plus braves combattants de Marathon. Son adversaire et son ennemi était l'ambitieux Thémistocle, si avide de gloire que « les trophées de Miltiade l'empêchaient de dormir. » Celui-ci tourna vers la mer Tactivité de ses concitoyens. Ce fut la cause de leur grandeur ; ce fut aussi la cause de leur ruine.
ft« TroÎMlème guerre médlqiie (49«).
Dans l'intervalle qui sépare la seconde et la troisième guerre médique, Darius était mort (485); son fils Xerœès^ après avoir soumis PÉgypte révoltée, fit, pendant cinq ans, les préparatifs d'une expédition formidable contre la Grèce. Il passa l'Hellespont SUT un pont de bateaux, traînant à sa suite plus d'un million d'hommes , arrachés à toutes les contrées de l'Orient. Léonidas et ses trois cents Spartiates arrêtèrent , durant plusieurs jours, cette immense multitude aux Thermopyles ^ défilé situé dans la Locride, entre le mont OEta et la mer : Léonidas y périt avec ses intrépides soldats, après avoir tué plus de 20 000 Perses (480). Le poète Simonide composa pour les héros des Thermopyles cette épitaphe, qui fut gravée sur les rochers de la cMe : Passant f va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir à ses lois»
Cependant Xerxès, après avoir franchi les défilés, envahit et dévaste la Béotie, puis TAttique. Il entre dans la ville d''Athè^ nés , qui était dése^te , et la livre aux flammes. Les habitants, dociles au conseil de Thémistocle , avaient confié leur salut à des murs de bois et équipé 200 galères. Vaillant comme Achille, prudent et rusé comme Ulysse, le général athénien se fit écouter du général de Sparte, Eurybiade^ et la flotte de$ Grecs, forte
t. Oêtracismef d'an mot grec qui signifie coquille, parce que les citoyens écriraient sur nne coqoiUe le nom du personnage qu'ils voulaient bannir, uniquement par défiance et sans aucune forme de procès. « Je suis las de Tentendre appeler juste », disait, en parlant d'Aristide, un paysan qui votait ta condamnation.
de 380 yaisseAux » détruisit les 1000 vaisseaux des Perses, dans le détroit de Salamine (kSO). Xerxès s'enfuit après ce désastre ot repassa bientôt en Asie , laissant en Grèce , sous les ordres de Mardoniuiy son armée de terre , qui montait encore à 300000 hommes. De leur côté, les Grecs, faisant taire un moment lenrs rivalités, en réunirent 110 000. Aristide avait été rappelé avant la bataille de Salamine, où il se distingua parmi les plus courageux. P^tageant le commandement avec le Lacédémonien Pausanias^ il vainquit les Perses dans la plaine de PUUé9j en Béotie (^79). Le même jour, la flotte grecque, sous les ordres de Xantkippe , le père de Périclès, brûlait à Myeaie^ en lonie, les restes de la flotte ennemie. Ainsi, la Grèce, après tant d'exploits, se vit assurée de son indépendance et couronnée d'une gloire immortelle. Pour célébrer le courage de ses enfants, elle trouva deux hommes de génie : d'abord le poète Eschyle^ l'auteur de la tragédie des Perses^ qui lui-même avait combattu vaillamment à Marathon, à Salamine et à Platée; puis, un peu plus tard, Hérodote, d'Halicarnasse , qui lut, en 445, son Histoire aux jeux olympiques.
•. CImen. — Tin de« ^nerrem médlquefl (4L4k9).
Pausanias et Thémistoole eurent tous deux une fin malheureuse. Le premier, accusé de conspirer avec les Perses contre la liberté de sa patrie, périt misérablement dans un temple de Sparte, où il s'était réfugié. Le second, après avoir rebâti les murs d'Athènes et construit les fortifleations du Pirée, fut banni par l'ostracisme et oblîgé de s'enfuir en Asie, chez les Perses, où il mourut. Plus heureux que son ri?al, Aristide organisa, pour résister aux barbares, une ligue des cités grecques, qui reconnurent Yhégémoniê ou la suprématie d*Athènes. Quoiqu'il eût administré le trésor commun, ce vertueux citoyen noourut si pauvre, qu'il ne laissa pas de quoi subvmir aux frais de ses funérailles.
Le successeur de ces grands hommes fût l'Athénien Ciman, digne flls deMiltiade. Chargé du commandement des forces confédérées, il alla chercher les Perses en Asie, et détruisit leur flotte et leur armée de terre à l'embouchure de YEurymédon. Cette victoire fut complétée, quelques années plus tard, par la eonquéte de 111e de Chypre. Alors , Artaacerœês Longue^Main^ flls de Xerxès, signa un traité de paix qui garantissait aux colonies grecques de l'Asie Mineure leur indépendance , et fer^
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m ait la mer Egée aux vaisseaux des Perses (449). Eu dictant ces conditions, Cimon eut la gloire de mettre fin aux guerres médiques. La lutte avait duré plus d'un demi-siècle.
9f. Antagonisme 4e Sparte et étAthèmem. -^ Périclèfl,
La Grèce est parvenue à Papogée de sa puissance ; aussitôt éclate une rivaliié terrible et fauest"*. Elle avait commencé déjà avant que les guerres médiques fussent terœioées. Comme la ville de Sparte venait d'être dévastée par un tremblement de terre, les Hilotes, toujours opprimés, secouèrent le joug. De leur côté, les Messéniens, saisissant Toccasion, essayèrent pour la troisième fois de reconquérir leur indépendance (464). Il y avait alors, comme toujours, deux partis dans Athènes : celui de Cimon qui s'appuyait sur Taristocratie, et celui de Périclès qui était soutenu par ie peuple. Le fils de Miltiade voulait qu'on eût pitié du malheur de Sparte, et son avis prévalut d'abord; mais le secours offert par les Athéniens ayant été mal accueilli, ceux-ci s'en prirent à Cimon, et malgré ses services, ils le condamnèrent à Texil.
Périclès^ désormais sans rival, fit des changements dans la con-» stitution pour se rendre populaire, et flatta l'ambition de ses concitoyens parla hardiesse de ses entreprises. Bientôt sa politique envahissante alarma les peuples voisins et surtout les Spartiates. La guerre s'allume partout une première fois. Cependant Cimon, rappelé de l'exil par le conseil de Périclès lui-môme, détermina les Grecs à conolure une trêve, et à réunir toutes leurs forces contre l'ennemi commun, 1m Perses. Nous venons de voir Téclatante réussite de ses efforts ; mais après la mort de ce grand citoyen, les Athéniens, de plus en plus séduits par Péloquence et la politique de Périclès, s'abandonnèrent à ses inspirations. Il parcourut le £N)nt-Euxin avec une flotte puissante, réduisit l'Ile de Samos, multiplia les colonies dans PArchipel, en Macédoine, en Asie et jusqu'en Italie. Surtout, il embellit Athènes de monuments magnifiques, en même temps qu'il achevait les Longs-Murs, destinés à unir la ville à sou port, le Pirée. Mais ce fut sous son administration et par sft faute que commença la guerre du Péloponèse.
Synchronismes.
SOI. Première gaerre médiqne.