‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 57 sur 254 · Iintte et réconelllation des deux ordres · texte numérisé non relu

Iintte et réconelllation des deux ordres

Bientôt les tribuns obtinrent une nouvelle victoire, en faisant décréter que les patriciens et les plébéiens pourraient s'unir par des mariages, ce qui avait été interdit jusqu'alors. Le peuple voulait aussi que le consulat fût partagé entre les deux ordres Intraitable sur ce dernier point, le sénat aima mieux remplacer provisoirement les deux consuls par six tribuns consulaires, qui pouvaient être choisis, pour moitié» parmi le peuple. En môme temps, comme le cens était négligé par les consuls, deux magistrats, sous le nom de censeurs, furent chargés de le faire exactement et de clore, suivant la coutume, cette opération par un sacrifice purificatoire de tout le peuple (444). Ils acquirent dans la suite l'inspection des finances, et leur surveillance s'étendit sur les mœurs des citoyens, avec le droit de les punir et de les dégrader. Ils pouvaient rayer un patricien de la liste du sénat, ôter à un chevalier son anneau et son cheval, pour le faire descendre à la condition de plébéien. Ce fut un frein puissant contre le relâchement et le désordre. La censure était cooune le couronnement des plus hautes dignités ; la durée de l'exercice, fixée d'abord à cinq ans (c'était Tintervalle d'un lustre à l'autre), fut plus tard réduite à dix-huit mois.

Les cinquante années qui suivirent furent remplies par des troubles intérieurs, des guerres contre les Étrusques, les Èques et les Volsques, et par le siège d'une grande ville étrusque, VêieSj qui résista dix ans (40Ô-396). Les Romains avaient de vieilles injures à venger, mais surtout la mort des 306 Fabius, qui avaient péri, en 477, sur les bords du fleuve Grémère. Véles fat prise, grâce à la persévérance et au génie du dictateur Camille. A partir de cette époque, I9 soldat romain reçut une

paye régulière, et n'eut plus à craindre de voir sa famille mourir de faim, tandis que lui-même faisait la guerre à ses frais. Bientôt après, Rome faillit disparaître sous une soudaine et terrible invasion, de Gaulois (390). Mais nous allons d^abord suivre la lutte des deux ordres et l'admission successive 'du peuple à toutes les dignités de la république.

On avait cessé d'élire des tribuns militaires, et l'on était re- ^ venu au consulat. Le tribun Licinius Stolon, chef de l'opposition populaire, proposa les lois fameuses, dites lidniennes, afin de régler le payement des dettes et de limiter la possession de Vager publicus, c'est-à-dire des terres du domaine public. Aucun citoyen ne devait posséder désormais plus de 500 arpents de ces terres (126 hectares ^2 ares) ; de plus, on était tenu à une redevance envers l'État, pour la jouissance des champs et des pâturages. L'excédant des 500 arpents devait être partagé à titre de propriété entre les citoyens pauvres. Telle fut la loi agraire de Licinius Stolon.

Ce tribun demandait encore que l'un des consuls fût toujours plébéien. Les patriciens lui opposèrent la plus vive résistance, et ses lois ne passèrent qu'après dix ans de lutte acharnée (376-366). Ce fut le dictateur Camille qui eut la gloire de terminer le débat et de réconcilier les deux ordres.

Toutefois, pour atténuer la concession, les patriciens, démembrant le consulat, firent créer deux nouvelles magistratures, qui leur furent d'abord exclusivement réservées : la préture, administration suprême de la justice, et Védilité curule, qui conférait la surveillance des édifices publics, des approvisionnements et des jeux (365). Cette dernière charge imposait de grandes dépenses à ceux qui en étaient revêtus, parce qu'ils devaient faire célébrer les fêtes publiques à leurs frais et donner au peuple des spectacles très-coûteux.

Aux divers magistrats que nous connaissons déjà, il faut ajouter les questeurs , chargés de l'administration du trésor public, receveurs de l'impôt, payeurs de l'armée. La questure était le premier degré dans la carrière des honneurs, lesquels devinrent enfin accessibles à tous, sans distinction de naissance. Car à la fin du quatrième siècle (302), les tribuns du peuple, à force d'énergie et de persévérance, avaient obtenu que les plébéiens fussent admis au partage de toutes les fonctions politiques et même religieuses. La concorde alors, doublant les forces de la république, va lui donner le loisir de conquérir d'abord l'Italie, puis ensuite le monde.

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HISTOmEf ANCIENNE.

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