‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 56 sur 254 · DéeeniTlrat · texte numérisé non relu

DéeeniTlrat

Le tribun Terentillus Arsa demandait depuis dix ans que le pouvoir des consuls fût limité, et que les droits du peuple fussent garantis par une législation. Après de longs et orageux débats 9 le sénat fut obligé de céder. Dix magistrats ou déeemtnrs, qui réunissaient l'autorité des consuls et celle des tribuns, reçurent la mission de rédiger un code de lois. Ce code, connu sous le nom de loi des Douze Tables , parce qu'il fut gravé sur douze tables d'airain, maintint à peu près toutes les coutumes anciennes, la séparation absolue des deux ordres, l'autorité arbitraire du père de famille sur sa femme, ses enfants et ses esclaves, le pouvoir monstrueux du créancier sur le débiteur, qui allait jusqu'à couper le corps de celui-ci en morceaux, enfin la peine du talion et la compositioriy c'est-à-dire la rançon payée pour les délits et même pour les crimes. Le vol, les vers satiriques et les attroupements étaient sévèrement punis. Malgré des traces nombreuses de barbarie, cette législation fut un progrès ; elle consacra l'égalité de tous les citoyens devant la loi, et ren-

dit l'assemblée populaire juge en dernier ressort de toutes les questions.

Après raccomplissement de leur tâche, les décemvirs ayant entrepris de garder le pouvoir absolu qu'on leur avait confié, devinrent odieux par leurs excès. La conduite de l'un d*eux, Appius ClaudiuSy mit le comble à l'indignation publique. Ce tyran ayant voulu ravir la jeune Virginie^ fille d'un plébéien distingué par sa valeur et sa probité, le malheureux père tua son enfant pour la soustraire au déshonneur. Le peuple et l'armée se soulevèrent; le décemvirat fut aboli, et le gouvernement de la république reprit son ancienne forme (449).

Page 1