lia Chaule au temps de César
La Gaule, à Tépoque de César, avait pour limites le Rhin, TOcéan, les Pyrénées, la Méditerranée et les Alpes. On y distinguait trois grandes races: les Belges au nord, les Celtes au centre, les Aquitains au sud. Un savant géographe grec, Strabon, fut frappé le premier de la situation privilégiée de ce pays entre les deux mers qui le baignent, puis de l'heureuse disposition des chaînes de montagnes, des coUines et des plaines. Considérant surtout les facilités offertes au commerce par tant de fleuves et de rivières navigables, il voyait daiis unedistribution des eaux si admirablement entendue, la promesse d'une grande destinée et comme une démonstration de la Providence ellemême. Mais, à répoque où nous sommes, le sol, mal cultivé d'ailleurs, était en grande partie couvert de vastes forêts et de marécages, de sorte que la population ne devait guère dépasser cinq ou six millions d'habitants. Les métaux précieux et l'or principalement abondaient dans la Gaule; l'industrie y était assez avancée; on savait étamer le cuivre et fabriquer de beaux tissus de laine.
La race gauloise, originaire de l'Asie centrale, avait peuplé primitivement la Grande-Bretagne, l'Irlande, une partie de l'Espagne et le nord de l'Italie. Puis, à différentes reprises, elle avait répandu au dehors, comme des essaims, ces bandes aventureuses, passionnées pour la guerre et pour le butin, qui pénétrèrent et s'établirent jusqu'au centre de l'Asie Mineure. D'un autre côté, les Phéniciens d'abord, et après eux les Grecs avaient fondé des colonies sur le rivage de la mer Méditerranée. Plus récemment les Romains, déjà maîtres d'un assez vaste territoire, avaient bâti dans^leur province j Aix et Narbonne.
Les Gaulois adoraient Tentâtes, le dieu du commerce et l'inventeur des sciences, le même que le Thoth des Égyptiens et le Mercure des Grecs; ils adoraient aussi Hésus, dieu des combats, et Bélénus, le Soleil. Leurs prêtres, les druideSf instituteurs de la jeunesse, juges de tous les différends entre les particuliers, formaient une caste puissante. Dans les sombres forêts dont les voûtes leur servaient de temples, ils cueillaient le gui sacré avec une serpe d'or, et, pour apaiser
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des divinités teeribles, ils immolaient en Ibule deè tietimes hmn&ines. On leur attribue à tort les monuments informes et grandioses appelés celtiques ou druidiques. Le dogme essentiel des Gaulois était la foi dans l'immortalité^ si ardente chez eux qu'elle leur faisait mépriser tous les dangers et la mort même. Aucun peuple de l'antiquité ' ne les surpassa en audace et en bravoure.
Toutefois, lorsque César allait envahir leur pays et venger Rome de ses anciennes terreurs, ils étaient affaiblis par des révolutions continuelles et par une longue anarchie. Les trois ou quatre cents peuples répandus sur ce vaste territoire se faisaient continuellement la guerre les uns aux autres. Ainsi, trois causes expliquent la défaite des Gaulois : leurs discordes, la supériorité de l'armement et de la tactique des Romains^ enfin le génie de César. ^
S. CoB^uéte de 1» «anle («S^»).
Avant d'entreprendre la conquête de la Gaule, Gésar commença par repousser, de ce pays, une double invasion, celle des Helvètes et celle à^Arioviste^ roi des Suèves, dont les soldats, depuis quatorze ans, n'avaient pas couché sous un toit. Il força les premiers à retourner chez eux, après qu'ils eurent essuyé des pertes immenses ; il contraignit le second à repasser le Rhin, vaincu et blessé (58). Les Édues (Bourgogne) et les Séquanes (Franche-Comté) avaient réclamé son secours contre Arioviste et offert un prétexte à son ambition.
En 57, commence la lutte avec les Gaulois eux-mêmes, à la suite d'une coalition des Belges, qui s'étaient ligués pour défendre leur indépendance. Les intrépides Nerviens (Hainaut) sont exterminés par le proconsul. En 56, il réduit les Venètes (Vannes), peuple maritime de TArmorique, pendant que son lieutenant Grassus, le fils du triumvir, soumet l'Aquitaine. En 55, il jette un pont sur le Rhin aQn de pouvoir atteindre les Germains au delà du fleuve et leur fermer la Gaule parla crainte de ses armes. La même année, il passe une première fois dans la Grande-Bretagne, ce que personne n'avait hasardé avant lui. Une deuxième expédition tentée Tannée suivante, fut, comme la première, à peu près sans résultat. La Gaule cependant semblait soumise, et César, trompé par- un calme apparent, avait dispersé ses huit légions dans leurs quartiers d'hiver. Alors éclata une insurrection, dont les chefs étaient Amhioriœ^ du pays des Eburons (Liège) eXIndutiomar, du pays des Tré vires (Trêves). Ils eurent d'abord quelques succès et détruisirent même une légion dans son campement. Mais Qésar» informé du péril, fit une telle diligence, qu'il réussit à délivrer ses autres lieute-
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nants et à comprimer partent la révolte. Il fdt, comme il nous l'apprend lui-môme, sans pitié pour les vaincus»
En 52, une dernière coalition réunit la Gaule entière pour un dernier effort. Tous les peuples y participèrent, même les Édues, jusque-là trop fidèles à la cause de Rome. Le signal partit du pays des Camutes (Chartres), centre de la religion et des assemblées druidiques. Mais Pâme de la confédération, le héros de l'indépendance nationale fut TArverne Vercingétorix, grand citoyen et grand capitaine, auquel il ne manqua pour réussir qu'une meilleure fortune. A peine eut-il commencé l'exécution de son plan, au cœur de Phiver, que César accourut de la Gaule Cisalpine où il était, franchit les Gévennes malgré six pieds de neige, et déconcerta ses ennemis par TefFrayante rapidité de ses manœuvres. Il surprend Genabum (Orléans), saccage Avaricum (Bourges), échoue devant Gergovie (Clermont-Ferrand) ; puis, échappant par son audace à tous les périls, remporte, sur les bords de la Saône, une grande victoire qu'il dut à sa cavalerie germaine. Vercingétorix, avec les débris de son armée, se renferme dans la ville à^AUsia (Alise, Côte-d'Or). César vient l'y bloquer, et pour lui rendre la retraite impossible, fait exécuter par ses 60 000 hommes d'immenses travaux de circonvallation. Ce fut en vain que les peuples confédérés répondirent avec enthousiasme à l'appel de leur chef, et envoyèrent 200 000 hommes pour délivrer Alesia. Les Romains, protégés par leurs retranchements, repoussèrent victorieusement toutes les attaques, et la cavalerie germaine acheva la déroute des assaillants. Vercingétorix, obligé de se rendre, vint s'offrir noblement à la colère de Timplacable Romain, qui l'accabla de reproches et le réserva pour son triomphe.
L'année suivante (50), César étouffe les dernières résistances dans des flots de sang, et travaille ensuite à pacifier le pays
λar des mesures de. clémence. Il composa de soldats gaulois une égion entière qui, sous le nom d'Alauda (l'Alouette), le suivit sur tous les champs de bataille de la guerre civile.