lÉt«« de Rome; mort de Cras0us (AS
Pendant les huit années que dura la guerre des Gaules, Rome fut en proie à une effroyable anarchie. Le démagogue Clodius, patricien d'origine, faisait la loi sur le forum, à la tète des bandes armées qu'il recrutait dans les sociétés secrètes. C'est lui qui fit exiler Cicéron, pour le punir d'avoir condamné à
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mort, sans jugement, les complices de Gatilîna. Seize mois après, le grand orateur rentrait triomphant dans sa patrie. Mais ni son rappel, ni la mort de Giodius tué par Milon, ne sauvèrent la république poussée à l'abîme par les triumvirs. Gésar menait de front les intrigues et la guerre. Tous les hivers, il donnait rendez-vous à ses partisans dans la Gaule Gisalpine, et il en multipliait le nombre avec les produits du pillage et du butin. La vente des prisonniers de guerre lui fournissait des sommes immenses. G' est ainsi qu'appuyé par ses complices et ses créatures, il avait obtenu, en 55, d'être prorogé pour cinq ans dans son gouvernement. Pompée, de son côté, Télève de Sylla, aspirait à la dictature, comptant, pour parvenir à ses fins, sur l'excès du mal qu'il tolérait à dessein. En 52, on le nomma seul consul.
L'autre triumvir, Crassus^ insatiable de richesses, malgré son immense fortune, s'était fait donner, pour sa part, le gouvernement de l'opulente Syrie, et avait entrepris une expédition contre les Parthes. Après avoir pillé les temples de Syrie et celui de Jérusalem, il franchit l'Euphrate avec sept légions et s'enfonça imprudemment dans les vastes plaines de la Mésopotamie, où il se vit bientôt enveloppé par la cavalerie des Parthes, toute bardée de fer et armée de grands arcs, aux flèches meurtrières. Trente mille Romains restèrent sur le champ de bataille de Carrhes (53). Grassus et son fils, l'ancien lieutenant de Gésar en Gaule, furent tués; toute l'armée aurait péri, si le questeur Gassius n'en eût sauvé les débris.
». «uerre elvlle de CéMir et de Pompée. — Phaiwale (49).
Grassus mort, Gésar et Pompée se trouvèrent les seuls arbitres de la république. Pompée, resté en Italie, venait de se réconcilier avec le sénat, et, s'apercevant enfin que Gésar grandissait chaque jour auprès du peuple et de l'armée, il exigea que son rival, après avoir licencié ses troupes, quittât son commandement des Gaules. Gésar deniandait en retour la renonciation de Pompée aux gouvernements d'Espagne et d'Afrique, qu'il gérait par ses lieutenants. Malgré les démarches et les instances de Gicéron, on ne s'entendit pas. Gésar passe alors le Bubicon^ limite de sa province, avec une armée invincible qui ne connaissait plus que lui (49). Ls sort m est jeté, avait-il dit après un moment d'hésitation. En soixante jours, il se rend maître de l'Italie, entre dans Rome et s'empare du trésor public,
pendant que Pompée, qui n'avaîtfait aucuns préparatifs, fuyait avec ie sénat et les magistrats en Épire. Au lieu de l'y poursuivre , César va d'abord en Espagne combattre, selon son expression, r une armée sans général, pour combattre ensuite un général sans armée. » Il fit mettre bas les armes aux meilleures légions et aux lieutenants de son rival. Au retour, il réduit Marseille, rentre à Rome, se fait nommer dictateur et ensuite consul, usant de ses pouvoirs avec modération. De là, il passe en Épire, où l'attendait Pompée. Ayant éprouvé un échec devant Dyrrachium, il s'avance en Thessalie; son adversaire le suit, et malgré la supériorité du nombre, perd la bataille décisive de Pharsale (48).
Pompée, vaincu, alla chercher un asile en Egypte. Les ministres du jeune roi Ptolémée-Denys lui firent trancher la tête dans la barque qui l'amenait au rivage. Bientôt César arrive devant Alexandrie; la fin tragique de son ancien rival lui arrache des larmes, et il punit ses meurtriers. Ayant détrôné le roi Ptolémée et mis à sa place Cléopâtre, sa sœur, dont il était épris, il eut à soutenir, dans Timmerise ville à! Alexandrie^ révoltée contre lui, une guerre longue et difficile, oti il courut les plus grands dangers. L'ordre enfin rétabli après dix-huit mois d'efforts, César quitte Cléopâtre et marche en Asie contre Phamace, fils de Mithridate, qui venait d'envahir la Gappadoce : ce fut l'affaire d'un moment (47). La facilité de la victoire inspira au conquérant ce billet fameux : Je suisvenu^ fat t/U, fai vaincu.
e. Triomphe de César (4S).
Après un court séjour à Rome, César courut en Afrique (46), oîi Métellus Scipiofif beau-père de Pompée et Caton étaient à ' la tôte d'une armée considérable. Ils avaient intéressé à leur cause Juba, roi de Mauritanie, dont l'alliance leur donna une excellente cavalerie , celle des Numides, qui leur permit d'affamer l'armée du dictateur. La position de celui-ci devenait critique, lorsque Scipion le sauva en lui offrant la bataille. César obtint près de Thapsus (46) une victoire complète. Caton se tua dans Utique, après la bataille, pour ne pas survivre à la liberté.
Au retour de cette campagne, César reçut du sénat, où il avait fait entrer ses créatures et même des Gaulois, tous les pouvoirs et toutes les dignités de la république. On lui conféra le droit de fsdre la paix et la guerre, le tribunat et la dictature ;
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on le proclama père et libérateur de la patrie. Son ima^e fut placée dans le temple de Mars, comme celle d^un dieu; des fêtes d'une magnificence inouïe furent données en son nom. Il triompha pour les Gaules, pour TÉgypte, pour le Pont et pour l'Afrique. Derrière le char du triomphateur marchaient les représentants des nations vaincues, le Gaulois Yercingétorix, la sœur de Gléopâtre Arsinoê, et le ôls du roi Juba. Afin de se faire pardonner sa victoire, il rappela les proscrits, prit de sages mesures pour adoucir le sort des provinces et ranimer en Italie l'agriculture et le commerce. Il s'attachait le peuple par ses largesses, continuait les distributions de blé, multipliait les combats de gladiateurs, de captifs et d'éléphants. Le champ de Mars, transformé en lac, devint le théâtre d'une bataille navale. Ces fêtes de la paix, sanglantes comme la guerre, convenaient singulièrement au caractère des Romains dégénérés. Corrompus et cruels, il fallait tout à la fois les nourrir dans l'oisiveté et les amuser par des spectacles infâmes ou barbares.
V» i^dmlnlstratlon de CéMr. — • Sa mort (44).
La guerre civile n'était pas encore finie. Secondés par un vétéran de la guerre des Gaules, Labiénus, les fils de Pompée avaient recueilli en Espagne les débris de leur parti. César partant de Rome fit la route en vingt-sept jours, et joignit l'armée ennemie à Munda (45) près de Cordoue. La bataille fut terrible et longtemps incertaine: il fallut que César ranimât Tardeur de ses troupes, en s' élançant seul au milieu de la mêlée. Le parti de la république y perdit 30 000 hommes, avec un des fils de Pompée ; César resta maître de l'empire (44).
On vit alors, pour la seconde fois, un général conserver la dictature en pleine paix ; mais celui-ci en usa du moins pour la grandeur de Rome et la prospérité générale. Quatre-vingt mille citoyens pauvres furent envoyés dans les colonies; Capoue, Corinthe et Carthage relevées de leurs ruines ; les amis mêmes de Pompée furent comblés de faveurs. Tout cela n'était rien encore à côté des vastes projets de César. Après avoir réformé le calendrier, il voulait dessécher les marais Pontins, fonder une immense bibliothèque grecque et latine, rédiger un nouveau code qui aurait simplifié la jurisprudence romaine. Pour venger la mort de Crassus, il songeait à dompter les PartheS) et au retour, les Scythes, les Daces et les Germains. Ces grands desseins ne devaient pas s'accomplir. Une conspi-
ration fat tramée par les républicains fanatiques et les méoon^ tents, blessés des dédains du dictateur ou de ses prétentions à la royauté. Juniua BnUui^ le gendre de Gaton^ et Cassius^ ayec leurs complices, l'assassinèrent en plein sénat, aux pieds de la statue de Pompée (15 mars 44). Il avait cinquante- cinq ans.
La mort de César ne profita ni à la république ni à ses meurtriers. 11 est vrai que les patriciens témoignèrent une grande joie ; mais le peuple consterné se révolta, lorsque Antoine, ancien lieutenant du dictateur, eut montré à la tribune son cadavre percé de vingt-trois coups de poignard. L'indignation s'accrut à la nouvelle que César, par son testament, laissait au peuple ses richesses, ses vastes jardins, et à ses meurtriers, les . meilleures provinces de la répiiiique. Des cris de vengeance éclatèrent de toutes parts contre les conjurés, qui furent obligés de s'enfuir et de se retirer chacun dans leur gouvernement.