‹ Abrégé chronologique de l'histoire universelleChapitre 77 sur 254 · Deuxième triumvirat. — Philippe · texte numérisé non relu

Deuxième triumvirat. — Philippe

Antoine^ devenu tout-puissant, exerçait une tyrannie contre laquelle protesta Cicêron dans ses éloquentes philippiques. Octave^ neveu et fils adoptif du dictateur, qui paraissait sans conséquence à cause de son âge (il n'avait que dix-huit ans), arrive de la Grèce, oti il achevait ses études, et réclame l'héritage de son oncle. Ayant d'abord recherché très-habilement l'amitié de Cicèron et l'appui du sénat, il se met à la tôte des vétérans de César ; puis, de concert avec les deux consuls Hirtius et Pansa, il marche contre Antoine qui assiégeait Décimua Brutus, l'un des conjurés, dans Modène. Antoine, vaincu, se réfugia en Gaule auprès de Lépide, Tancien maître de la cavalerie sous la dictature, et bientôt Pambitieux Octave s'entendit avec eux, au lieu de les combattre. Dans une entrevue près de Bologne, ils se partagèrent le pouvoir suprême et les provinces : c'est ce qu'on appelle le second Triumvirat (43).

Mais avant de tourner leurs armes contre Brutus et Cassius, maîtres de la Macédoine et de l'Asie, les triumvirs convinrent de s'inunoler réciproquement tous leurs ennemis : ils avaient, d'ailleurs, trop de haines à assouvir, et il leur fallait beaucpup d'argent pour soutenir leur entreprise. Les proscriptions recommencent, plus horribles qu'à l'époque de Marins et de Sylla. Trois cents sénateurs, deux mille chevaliers, les Citoyens les plus riches et les plus considérables, tombent sous le fer des assassins. Aucun titre n'est respecté. Lépide livre son propre

frère ; Antoine, son oncle, et Octave, Cicéron, son ami et son bienfaiteur. La tête du grand orateur fut attachée, toute sanglante, à cette tribune du forum qu'il avait tant illustrée.

Abreuvés de sang et chargés de dépouilles, les trois tyrans achevèrent leurs préparatifs. Lépide resta dans Rome ; Octave et Antoine passèrent en Grèce, pour en finir avec Tarmée républicaine. Le choc eut lieu près de Philippes, sur les confins de la Thrace et de la Macédoine (42). La brillante valeur d'Antoine vint deux fois au secours du timide Octave, et la victoire demeura aux triumvirs. Brutus et Cassius se donnèrent la mort, le premier en prononçant ces mots tristement célèbres : Vertu, tu n'es qu'Hun mot I

9, Partage des provlneetf. — JLetlmn (•!).

Il se fit alors un nouveau partage entre les vainqueurs. Octave se chargea de pacifier POccident et de réduire Sextus Pompée^^ qui s*était emparé de la Sicile. Antoine eut l'Orient et se rendit dans TAsie Mineure, où il se laissa séduire par les ch- mes de l'artificieuse Cléopâtre, venue à sa rencontre. Son fro Lucius, qui, de concert avec la femme du triumvir, Tambitieuse Fulvie, avait allumé la guerre civile en Italie, fut va"^cu dans PeVouse (40). Peu s'en fallut qu'Antoine et Octave

. vinssent dès lors aux mains. Réconciliés une seconde fois par le mariage d'Antoine avec Octavie, sœur du neveu de César, ils firent d'importantes concessions à Sextus Pompée, qui s'était rendu très-puissant sur mer. Puis Antoine retourne en Orient, avec le dessein 4e combattre les Parthes. Pendant qu'il s'engageait dans une téméraire expédition, ou qu'après son retour, il se livrait tout entier à sa folle passion pour Cléopâtre, Octave, secondé par deux ministres dévoués. Mécène et Agrippa^ rétablit l'ordre en Italie, enlève la Sicile à Sextus Pompée, et dépouille Lépide du peu qui lui restait. Demeurés seuls maîtres du monde romain, Antoine et Octave s'en disputèrent la souveraineté exclusive. Les habiles manœuvres d' Agrippa, dans la bataille navale à^Àctium (31), donnèrent la victoire au neveu de César.

Antoine s'enfuit honteusement en Egypte avec la reine Cléopâtre, auteur de sa défaite et de sa ruine. Battu de nouveau aux portes d'Alexandrie, il se perça de son épée. Cléopâtre, ne

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