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ORGANISATION DE L'EMPIRE

t. moelétlen (t84-SOft).

Dans cette dernière période Pempire prend une face nouvelle. Les anciennes institutions de la république, qui avaient jusquelà survécu, du moins extérieurement, disparaissent. Rien ne subsiste que le despotisme impérial avec son cortège de servitude et de misère croissante. Rome va bientôt cesser d'être le centre du monde; pour défendre à la fois l'Orient et TOccident, il y aura une seconde capitale et deux empereurs. A la place du

paganisme caduc et impuissant, la religion chrétienne, après une persécution terrible, entrera enfin dans l'État et dans les lois.

JHoclétiên (284), né d'une famille obscure à Salone, en Dalmatie, ne manquait ni de talents ni de vertus politiques. Gom« prenant les besoins de l'empire, il s'associa son ancien compagnon d'armes, Maaoimien Hercule, qui devait résider à Milan et pacifie^ les provinces occidentales, tandis que lui-même, établi à Nicomédie, surveillerait l'Orient. Les deux empereurs se partagèrent ainsi Tautorité sous le nom dCaugustes et se firent adorer sous les noms de Jupiter et d'Hercule. Ils s'entourèrent d'un luxe tout oriental^ imité des Sassanides; ils introduisirent ces pompeuses expressions de cour, que l'empire conserva fidèlement dans sa décadence.

La première expédition de Maximien fût dirigée contre les Bagaudes, paysans et cultivateurs gaulois, que la misère et lé désespoir avaient poussés à l'insurrection. Il triompha de leurs bandes indisciplinées, mais il ne put réduire Carausius, qui s'était fait proclamer empereur en Bretagne. En même temps que les Saxons infestaient les côtes de l'Océan et que les Francs menaçaient la frontière du Rhin, l'Egypte était en pleine révolte. Pour faire face à tant de périls, Dioclétien compléta l'organisation impériale ou la tétrarchie, en nommant deux Césars^ qui devaient soulager les Augustes dans leur tâche (292). Constance Chlore et Galère, Illyriens d'origine tous les deux, choisis par lui, résidèrent, le premier à Trêves, pour défendre la frontière du Rhin; et le second à Sirmium, pour défendre celle du Danube. Ce partage du pouvoir, avantageux à quelques égards, entraîna pour les peuples de nouvelles charges et des rivalités sanglantes entre les princes eux-mêmes.

On n'en recueillit d'abord que les heureux effets. Constance Chlore repoussa les Alamans et les Bataves^ enleva la ville de Boulogne^ où Carausius s'était fortifié, et bientôt après fit rentrer la Bretagne dans l'obéissance. Maximien, de son côté, battit les Maures d'Afrique; Dioclétien reprit, non sans peine, la grande ville dJ Alexandrie ; Galérius, d'abord vaincu par les Perses, répara sa défaite par une brillante victoire, qui reculait l'empire romain au delà du Tigre. Les quatre empereurs, réunis à Rome, y célébrèrent le dernier des grands triomphes. La même année (303), Galérius abuse de son influence sur Dioclétien pour lui faire signer un édit contre les chrétiens*. Cette

i. Il y a eu dix persécations t la pr«mière, sous Néron (ea); la deuxième,

persécution de dix anâ, la plus cruelle de tduteë, est appelée ère des martijrs^. Dioclétien et son collègue se glarîfîèÈt Sur des médaillés frappées eô leur boiîiiëui* « à^ahhif" ànéaMi le nom cbrétiën.* Ce fut le dernief efTort dii paganisme expirant, et la dernière épreuve de l'Église avaât son ti'iomphes II làut remarquer que les chrétiefns n'avaient rieii à settffrîi* dans le go^^ Tememeût de Goûàtance Chlore (Gaules, Grande-'Bretà^tie, Espagne),

Dioelétieù et MaMmien abdi^ueM éii même iéitùpé {30â}. Le ^rentier se retim dans son palais dé Sàlosé, oti il mout'ùf éd

ÙéUr^è et Consî&fifce Chlore detieïtnent augustes; Séi^êre et Maœimin Daïa sont àommés èésars*. Alors recomttiencent les rivalités un moEtient suspendues soûs Dioclétien. ARonieiles prétoriens, mécfontents de Galérius, donnent la pourpre à Maxenée, fils de Maéirhien^ qui rappela son père au pouvoir, tandis que Constance Chlore, chéri des légions et des peuples^ mourait en Bretagne, après avoir reûiis son autorité et son tîlre à sfôn fils Constantin (306). Celui-ci resta d'abord étranger kàx querelles de ses rivaiix.

t. Constantin (8M-S99).

Sévère, nommé auguste ys^ Galérius^ fut pris dans Ravenncy mis à mort par Mi^iimien et remplacé par Lidnim (307)« Maximien, à son tour, brouillé avec son fils, conspira contre son gendre, Constantin, près duquel il s'était réfugié, et fut réduit à s'étrangler, de ses propres mains, dans Marseille (310). L'année suivante, le persécuteur Galérius, frappé, comme tous ses devanciers^ par la colère divine, mourut en Orient d'une horrible maladie, fruit de ses débauches. Constantin franchie les Alpes et tnarche contre le tyran Maxence, hostile aux chrétiens; il rencontre l'armée ennemie aux Éoches-RougeSy sur les bords du Tibre.^ Là, tandis qu'il se disposait à livrer bataille, une croix lumineuse paraît dans; les airs avec ce& mots : Tu vaincras par ce signe^ Malence, après sa défaite^ périt dans la vase du fleuve, et Constantin, par reconnaissance, fil porter l'étendard du Christ, le Labarum^ à la tête de son

BOUS Domltien (95) ; la troisième, sous Trajan (107) ; la quatrième, soûs Maro Aurelé (idô) ; lâcinquième, sous Septiirie Sévère (202I; la sixième, sous MàxifliiûX2^!0 jla. septième, sons Dèce (249); la huitième, sons Valérien (257); la neuTième, sous ÀQrélieD (273); la dixième, sous Dioclétien et Mazimien (302).

armée (312). En Orient, Licinius, Pallié de Constantin, avait battu Maximin Daïa, qui se donna lui-môme la mort.

Les deux vainqueurs, restés seuls maîtres de l'empire, publièrent, de concert, le célèbre édit de Milan^ qui permettait aux chrétiens le libre exercice de leur culte (313). Cet éditouvre une ère nouvelle dans Thistoire. Dès lors, Constantin manifesta hautement sa prédilection pour le christianisme, sans contraindre néanmoins personne à l'embrasser. Toutes les lois qu'il fit sont empreintes d'un esprit de justice, de douceur et d'humanité, auparavant inconnu. Des asiles furent ouverts aux pauvres et aux malades; les artisans protégés, la rigueur des supplices diminuée, et les mœurs placées sous la garde de la loi. De plus, l'empereur adoucit le sort des esclaves et défendit d'exposer les enfants nouveaux-nés. U reconnut à l'Église le droit de posséder et d'avoir ses tribunaux particuliers.

Cependant une première rupture, suivie d'une paix de neuf ans, avait eu lieu dès l'an 314 entre les deux empereurs devenus beaux-frères ; car Licinius avait épousé la sœur de Constantin. En 323, la guerre s'étant rallumée à cause de la persécution qui sévissait en Orient contre les chrétiens» Licinius fut battu près de Byzance, contraint d'abdiquer et mis à mort Tannée suivante.

Seul maître de l'empire, Constantin fit éclater tout sonzèle pour la religion. Comme l'Église était déchirée par Thérésie d'Arius, l'ennemi de la divinité de Jésus-Christ, il favorisa la convocation du conci7e de Nicée (325), oh se réunirent 318 évoques, et avec eux le diacre Athanasey d'Alexandrie. Le monde n'avait jamais vu de sénat aussi auguste, ni d'assemblée aussi vénérable. U y avait là des confesseurs de la foi, dont Pempereur baisait avec respect les glorieuses cicatrices. Le concile condamna l'erreur d'Arius, et, dans le symbole qui porte son nom, proclama le Verbe fait chair consubstantiel à son Père.

Constantin ne sut pas soutenir jusqu'à la fin le poids de sa gloire et de son autorité absolue; il se laissa tromper par les sectaires, il se couvrit du sang de sa propre famille, ll'impératriceFausta ayant accusé son beau-fils Crispus, d'avoir voulu attenter à son honneur, le jeune prince fut mis à mort malgré son innocence. Instruit trop tard de la vérité, Constantin se montra excessif dans son repentir comme dans sa colère, fit étouffer sa coupable épouse, et livrer au supplice son neveu Licinien, enfant de douze ans (326). Après le premier meurtre,' fl^/ènc,samère, avait en vain cherché à éclairer sa conscience.

Cette pieuse et magnifique princesse vivait retirée à Jérusalem, où elle eut le bonheur de retrouver la vraie croix et le saint sépulcre.

Rome, qui avait été le théâtre des horreurs racontées plus haut, devint un séjour insupportable à Constantin. Les Romains, d'ailleurs, haïssaient dans le fils d'Hélène l'ennemi de leurs dieux et le protecteur des chrétiens. Il transféra le siège de l'empire à Byzance (Constantinople), dans une situation admirable. Les grands y menèrent leurs esclaves, c'est-à-dire presque tout lé peuple, et « l'Italie fut privée de ses habitants. » . Une enceinte immense, qui comprenait aussi sept collines, entoura la ville nouvelle ; un sénat y fut institué ; les distributions de blé et les jeux s'y perpétuèrent. La dédicace solennelle se fit en 330. De là datent l'abandon de l'Occident aux invasions des barbares, l'origine du Bas-Empire et du schisme. Mais aussi le pape demeurera libre et indépendant à Rome : la ville éternelle sera la métropole du monde chrétien.

Constantin acheva l'œuvre commencée par Dioclétien, c'està-dire qu'il donna pour base à l'autorité impériale une organisation toute monarchique*. Les charges militaires furent soigneusement séparées des fonctions civiles. L'empire fut partagé en quatre fyréfectures, administrées chacune par un gouverneur sous le nom de préfet du prétoire. Ces préfectures se divisèrent en diocèses, gouvernés par des vice-préfets , et les diocèses étaient subdivisés en provinces, régies par des proconsuls, gouverneurs et présidents. Les fonctions militaires furent exercées par deux maures généraux de la milice, deux maîtres de la ca^ Valérie, deux maîtres de Vinfanterie et des commandants stationnaires, portant les titres de comtes et de ducs.

Dans ses dernières années, Constantin sut contenir les peuples barbares, Sarmates et Goths. Au moment de marcher contre Sapor, roi des Perses, il mourut à Nioomédie (337), dans les sentiments d'une grande piété. U avait nommé césars ses trois fils, Constantin, Constance et Constant, auxquels il associait pour le gouvernement des provinces, ses deux neveux, Dalmace et Ânnibalien.

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