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Après l'ère des martyrs, PÉglise triomphe avec Constantin, et pro* clame, à Nicée , son symbole éternel. Admirablement féconde en talents et en vertus, elle oppose au paganisme, à Parianisme, à Julien, à toutes les erreurs, une foule^ de docteurs éloquents et intrépides. En Orient, c*est saint Athanase, le patriarche d'Alexandrie, l'exilé da Trêves, qui fut, pendant cinquante ans, la lumière des conciles et l'athlète de la foi ; puis saint Grégoire dé Nasiia/n^e et saint Basile ,
élevés tous les deux, en même temps que Julien, aux écoles d'Mhèneà^ enfin le patriarche de Constantinople, saint Jean Chrysostome^ mort dans Pexil, et beaucoup d'autres. En Occident, c'est le grand évêque de Poitiers, saint Hilaire, adversaire de l'arianisme ; Lactance, le Cicéron chrétien ; saint ÀmbroisCj l'illustre évoque de Milan. Saint Augustin et saint Jérôme appartiennent à la fin du quatrième siècle et au commencement du cinquième. On a donc eu raison de dire que cette époque est l'âge d'or de la littérature chrétienne. La langue grecque et la langue latine revivent alors par tant de beaux génies, avec une hauteur et une solidité de raison inconnues à Tautiquité païenne.
« Dans le quatrième siècle, a dit M. Villemain>, la sublimité de l'éloquence chrétienne semble croître et s'animer en raison du dépérissement de tout le reste. C'est au milieu de l'abaissement le plus honteux, et des esprits et des courages, c'est dans un empire gouverné par des eunuques, envahi par les barbares, qu'un Athanase, un Chrysostome, un Ambroise, un Augustin, font entendre la plus pure morale et la plus haute éloquence. Leur génie seul est debout dans la décadence de l'empire. Ils ont l'air de fondateurs au milieu des ruines. C'est qu'en effet ils étaient les architectes de ce grand édifice religieux, qui devait succéder à l'empire romain. »
Les institutions monastiques s'établissent dans les contrées les plus diverses. En Orient, saint Basile donna aux religieux une règle si *age, que de nombreux couvents l'observent encore aujourd'hui. En Occident, saint Martin fonda un monastère à Ligugé, près de Poitiers^
Mais l'Ëglise eut encore, et dès sa naissance, une autre gloire qui lui appartient en propre, celle de la charité. Dispensateurs des aumônes, les évèques, assistés des prêtres et des diacres, nourrissent les pauvres, donnent aux malades dps secours et des soins, recueillent les enfants et les vieillards abandonnés, rachètent les captifs, émancipent un grand nombre d'esclaves, soulagent enfin, suivant leurs moyens, toutes les infirmités et toutes les misères. « Ne devonsnous pas rougir, disait Julien aux païens, que les chrétiens, après avoir nourri leurs pauvres, nourrissent encore les nôtres laissés dans un dénûment absolu?» Les papes envoient des secours aux églises des provinces, dans leur détresse. Toutes les communautés chrétiennes étaient des refuges avant qu'on eût créé les hospices, dont il y a déjà des exemples au quatrième siècle. « A Rome, dit Voltaire, autant d'hôpitaux que d'arcs de triomphe. »
D'un autre côté, quelle merveilleuse révolution sociale l'Évangile a opérée, partout où il règne 1 L'esclave est maintenant, devant Dieu, l'égal de son maître. ^La femme se relève aussi de son long abaissement* Naguère, les dames et les vierges chrétiennes ont bravé le martyre : aujourd'hui, dans des états divers, elles offrent au monde étonné l'exemple des plus héroïques vertus. Sainte Monique, la mère de saint