I. Muscle crico-thyroïdien
Les faisceaux d’origine du muscle crico-thyroïdien se fixent sur toute la face antéro-latérale du cartilage cricoïde dans toute sa hauteur. En avant, ils n’atteignent ordinairement pas la ligne médiane, de sorte que les deux muscles restent séparés par un intervalle plus ou moins considérable, mais plus large en haut qu’en bas. En arrière, ils s’arrêtent à une certaine distance du bord postérieur de l’arc. Nées de toute cette surface, les fibres musculaires se dirigent plus ou moins obliquement vers Abrégé d’Anat. — III. 86
Fig. 825. — Muscle crico-thyroïdien.
(Face externe.)
APPAREIL RESPIRATOIRE
le cartilage thyroïde et vont s’attacher sur son bord inférieur, sur sa face interne, sur le bord antérieur de sa corne inférieure et, en arrière du tubercule inférieur de ce cartilage, sur une petite partie de sa face externe.
Le muscle est souvent divisé en deux couches : antérieure superficielle, à fibres verticales (crico-thyroïdien droit), et postérieure, profonde, à fibres obliques ( crico-thyroïdien obliqué).
Action. — Les muscles crico-thyroïdiens sont essentiellement tenseurs des cordes vocales. — En effet, quand ils prennent leur point fixe sur le cartilage cricoïde, leur contraction attire en avant et en bas le cartilage thyroïde ; les cordes vocales se trouvent entraînées dans le même sens et se tendent en s’allongeant. Si, au contraire, ils prennent leur point d’appui sur le cartilage thyroïde, l’arc du cricoïde est attiré en arrière et en haut ; la plaque et les aryténoïdes, en arrière et en bas, entraînant l’extrémité postérieure des cordes vocales qui s’allongent et se tendent.
IL Muscle crico-aryténoïdien postérieur. — Epais et de forme triangulaire, ce muscle s’insère sur la moitié inférieure de la face postérieure du cartilage cricoïde, de chaque côté de la ligne médiane qui les sépare l’un de l’autre. De ces points d’insertion, les fibres musculaires convergent en haut et en dehors et vont se fixer par un tendon très court au bord postéro-latéral de l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde.
Action. — Les muscles crico-aryténoïdiens postérieurs sont abducteurs des cordes vocales, dilatateurs de la glotte, respirateurs, par conséquent, et non phonateurs. Ils attirent en effet en bas, en arrière et en dedans, l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde, dont l’apophyse vocale se déplace en avant, en haut et en dehors.
Sphincter du larynx. — Sous ce nom, on étudie l'ensemble des muscles adducteurs des cordes vocales. Aux premiers temps du développement, il existe là un muscle unique, annulaire, mais qui se dissocie secondairement, surtout par l’apparition dans son épaisseur des cartilages aryténoïdes. Chez l’adulte, les muscles adducteurs sont au nombre de 4, dont 3 pairs : crico-aryténoïdien latéral; thyro-aryténoïdien inférieur; thyro-aryténoïdien supérieur; et 1 impair : interaryténoïdien. Tous ces muscles se continuent d’ailleurs plus ou moins les uns avec les autres.
III. Muscle crico-aryténoïdien latéral. — Le muscle crico-aryténoïdien latéral, court et triangulaire, s’insère sur la partie postéro-
LARYNX
latérale, élargie en facette, du bord supérieur de l’arc du cartilage cricoïde. De là, ses fibres, inclinées en haut et en arrière, vont se fixer sur la face antéro-externe de l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde, en avant de l’insertion du muscle aryténoïdien postérieur.
Action. — Il détermine l’adduction des cordes vocales, et leur tension, en attirant l’apophyse musculaire en avant, l’ apophyse vocale étant par cela même entraînée en arrière et en dedans.
IV. Muscle thyroaryténoïdien inférieur. — Le muscle thyro-aryténoïdien inférieur, large et épais, s’insère : en avant , sur la moitié inférieure de l’angle rentrant du cartilage tl^roïde, — le plus souvent sur le ligament crico-thyroïdien, — enfin, quelquefois, sur le bord supérieur du cartilage cricoïde.
De là, ses fibres divergent et se séparent en deux couches plus ou moins fusionnées : une couche externe , superficielle, de fibres obliquement ascendantes vers les replis aryténo-épiglottiques; — une couche interne , profonde, de fibres antéro-postérieures situées dans l’épaisseur des cordes vocales inférieures (muscle vocal), et qui vont se fixer sur la face antérieure du cartilage aryténoïde, dans la fossette hémisphérique, et à la pointe de l’apophyse vocale. Quelques-unes se terminent sur le ligament thyro-aryténoïdien correspondant.
Action. — Le muscle thyro-aryténoïdien inférieur est constricteur de la glotte et tenseur des cordes vocales. Cette tension se fait de deux manières : par augmentation de consistance et de volume du muscle contracté et par traction directe'sur le ligament élastique.
V. Muscle thyro-aryténoïdien supérieur. — Ce muscle n’est pas constant et son degré de développement est variable. Il se fixe à la partie supérieure de l’angle rentrant du cartilage thyroïde, descend en arrière et en bas, en dehors du muscle thyro-aryténoïdien inférieur, et va s’insérer à l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde.
Fig. 826. — Le sphincter du larynx, disséqué par sa face externe après enlèvement de presque toute la lame latérale gauche du c. thyroïde.
APPAREIL RESPIRATOIRE
M. inter aryt.
transv.
M. crie. -aryt.
post.
M. cric.-thyr, post.
Fig. 827. — Les m. crico-aryténoïdes postérieurs et le m. interaryt.
transverse (imité de Luschka).
(L’apophyse musculaire du c. aryténoïde droit a été coupée et rabattue en bas avec le tendon du m. crico-aryt. post.)
VI. Muscle interaryténoïdien. — Ce muscle, impair, est situé entre les cartilages aryténoïdes, en arrière d’eux, au-dessous de la muqueuse pharyngienne. Il comprend deux groupes de faisceaux : l’un superficiel, interaryténoïdien oblique , l’autre, profond, interaryténoïdien transverse.
a) Muscle interaryténoïdien oblique. — Dans les cas typiques, l’interaryténoïdien oblique se compose de deux bandelettes, qui s’attachent
chacune à la face postérieure de l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde ; ces bandelettes se dirigent en haut et en dehors, s’entrecroisent et vont s’attacher respectivement à la pointe et à la partie voisine du bord externe du cartilage aryténoïde du coté opposé à celui d’où elles partent. Quelques fibres vont se perdre dans les replis aryténo-épiglottiques.
b) Muscle interaryténoïdien transverse. — C’est une lame musculaire épaisse, quadrilatère, dont les fibres s’étendent du bord externe de l’un des cartilages aryténoïdes au bord externe du cartilage opposé. En avant, ce muscle répond aux aryténoïdes et, entre ces cartilages, à l’espace interaryténoïdien et à la cavité laryngée. Le bord supérieur du muscle n’atteint pas le sommet des cartilages aryténoïdes ; son bord inférieur, rectiligne, est contigu au bord supérieur de la plaque du cricoïde.
Action. — Dans leur ensemble, les fibres de l’interaryténoïdien, en se raccourcissant, rapprochent les deux cartilages aryténoïdes l’un de l’autre, rétrécissent par conséquent la fente glottique. Ce muscle est encore constricteur de l’orifice supérieur du larynx et abaisseur de l’épiglotte.
Fig. 828. — Muscle interaryténoïdien oblique et transverse.