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CHAPITRE V

DÉRIVÉS BRANCHIAUX1

THYMUS — GLANDE THYROÏDE — PARATHYROÏDES

On peut rattacher à l’appareil respiratoire une série d’organes, placés chez l’adulte en avant du conduit laryngo-trachéal et dérivant embryologiquement de l’épithélium des fentes branchiales.

Deux de ces organes, le thymus et la glande thyroïde, sont connus depuis longtemps ; les parathyroïdes, au contraire, n’ont guère été étudiées que dans ces dernières années et bien des points de leur morphologie restent encore très obscurs.

DÉVELOPPEMENT

Nous avons indiqué page 1187 la disposition générale de l'appareil branchial. Nous avons vu qu’il existait chez l’embryon humain, aux stades compris entre 3 et 15 millimètres, cinq arcs branchiaux séparés par quatre fentes branchiales. Le cinquième arc est très rudimentaire. Au-dessous de lui se trouve une dernière poche qui est limitée inférieurement par le bord de la gouttière respiratoire. Cette poche porte le nom de fundus branchialis. On peut la considérer comme une cinquième poche branchiale rudimentaire.

1° Thymus. — Le thymus se forme chez l’homme aux dépens de deux tubes épithéliaux qui se détachent du fond de la troisième poche endodermique (Stieda, 1881 ; Born, 1883).

Les tubes thymiques bourgeonnent par leur extrémité inférieure et s’éloignent progressivement de la troisième fente. Ils s’abaissent ainsi au-dessous du croissant thyroïdien et se rapprochent de la ligne médiane. Les deux ébauches thymiques commencent à se fusionner dans le cours du 3° mois, et ainsi se constitue le thymus qui devient, en apparence du moins, un organe impair et médian. Nous indiquerons plus loin les stades de son évolution ultérieure.

Comme on le voit, le thymus ne dérive chez l’homme que d’une seule poche branchiale. Il n’en est pas de même chez les vertébrés inférieurs où le thymus naît de plusieurs ébauches superposées ou, en d’autres termes, a une origine nettement polymérique.

1. Dans le Traité ci’ Anatomie humaine, ce chapitre a été rédigé par M. Simon.

DÉRIVÉS BRANCHIAUX

2° Glande thyroïde. — Les recherches déjà anciennes de Born (1883) et de Ilis (1885) ont montré que la glande thyroïde se formait aux dépens de trois ébauches : une ébauche impaire et médiane (thyroïde médiane) et deux ébauches paires et latérales (thyroïdes latérales).

ci) Thyroïde médiane. — La thyroïde médiane se développe aux dépens d’une évagination de la paroi ventrale du pharynx. Cette évagination naît du champ mésobranchial, à la hauteur delà deuxième fente branchiale, et répond à la jonction de l’ébauche antérieure et de l’ébauche postérieure de la langue. Ce bourgeon descend en avant du pharynx et de la gouttière respiratoire jusqu’au niveau du bulbe aortique. A partir du stade de 14 à 16 millimètres l’extrémité inférieure du bourgeon thyroïdien se ramifie activement et donne un réseau de cordons épithéliaux qui constitue la presque totalité , sinon la totalité du corps thyroïde. Le pédicule qui réunit l’organe ainsi formé à la paroi ventrale du pharynx porte le nom de cordon ou canal thyréoglosse, qui disparaît normalement sans laisser de traces.

b) Thyroïdes latérales. — Les thyroïdes latérales naissent du fundus branchialis, c’est-à-dire de la cinquième poche endodermique. L’ébauche thyroïdienne latérale s’éloigne progressivement du pharynx auquel elle reste temporairement rattachée par le conduit thyréopharyngien. L'ébauche latérale paraît ne prendre qu’une part très minime à l’édification de la glande thyroïde. Chez certains animaux, elle ne prendrait même aucune part à la formation de cet organe.

Sur l’embryon de 18 à 20 millimètres, la glande thyroïde a déjà la disposition générale qu’elle aura chez l’adulte et affecte la forme d’un croissant à concavité postérieure.

Dans le courant du 4e mois, les cordons épithéliaux qui constituent la glande commencent à se morceler pour donner naissance aux vésicules qui constitueront plus tard d’une façon exclusive le parenchyme thyroïdien. En même temps que se développe le cou, la glande thyroïde subit un mouvement d’ascension apparente qui lui fait perdre ses connexions primitives avec le bulbe aortique et l’amène à occuper sa situation définitive en avant de la trachée, au-dessous du larynx.

Ces notions embryologiques nous expliquent l’existence des thyroïdes accessoires. Ces formations, qu’il ne faut pas confondre avec les parathyroïdes, avec lesquelles elles n’ont rien de commun, ne sont pas autre chose que des lobules erratiques, abandonnés par les bourgeons thyroïdiens, au cours de leurs migrations. On en a signalé dans la région de l’os hyoïde, dans la région prélaryngée, au voisinage de la crosse aortique.

APPAREIL RESPIRATOIRE

Fente I

Parath.l 1

Thyr. lat. - -

Parath.l II . 4

Thymus

Fente I

3Ü Parathyroïdes. — Il existe deux paires de parathyroïdes, dérivant de la 3e et de la 4e fente branchiale.

Leur mode de développement est assez rigoureusement symétrique.

Chacune de ces fentes donne naissance :

1° par sa paroi ventrale, à une ébauche thymique ; 2° par sa paroi dorsale, à une petite masse glandulaire ; 3° enfin une partie de la fente elle-même persiste sous forme d’une ou plusieurs vésicules ciliées.

L’ébauche thymique de la 3e fente forme le thy mus proprement dit. Nous avons vu que la plus grande partie de l’organe ainsi formé perdait toute connexion avec la fente et les autres organes qui en dérivent. Cependant, le pédicule de l’ébauche thymique garde ses connexions primitives et fournit un ou plusieurs grains thymiques. Au niveau de la 4e fente, ces grains résument la totalité de la formation thymique.

La glandule dorsale, formée au niveau de la 3° fente, porte le nom de glandule thymique en raison de sa proximité d’origine avec l’ébauche thymique principale. La glandule correspondante, née de la 4e fente, porte le nom de glandule thyroïdienne , en raison du voisinage de

Fig. 843. — Schéma du développement des dérivés branchiaux.

(Vue postérieure du plastron branchial, du corps thyroïde et du thymus.)

DÉRIVÉS BRANCHIAUX

l’ébauche thyroïdienne latérale qui naît du fundus branchialis immédiatement adjacent,

Les vésicules ciliées, formées par l’épithélium des poches endodermiques, présentent des caractères identiques pour l’une et l’autre fente.

Ainsi se constituent, au niveau de la 3e et de la 4 e fente, deux agrégats ayant une constitution identique, puisque chacun d’eux comprend, en effet : l°une glandule (thyroïdienne pour la 4e fente, thymique pour la 3e); 2° des grains thymiques ; 3° des vésicules ciliées. Chacun de ces agrégats porte le nom de parathyroïde. Il existe donc une parathyroïde III et une parathyroïde IV.

Les migrations que subissent ultérieurement les parathyroïdes tiennent essentiellement à leurs connexions avec les organes plus volumineux qui prennent naissance à côté d’elles. Les glandules parathyroïdes IV suivent les ébauches latérales du corps thyroïde et viennent se placer à la face postérieure des lobes latéraux de celui-ci dans lesquels elles sont souvent plus ou moins incluses (d’où leur nom de parathyroïdes supérieures, ou parathyroïdes internes, ou, plus exactement, profondes). Les glandules parathyroïdes III, d’abord placées audessus des précédentes, sont ensuite entraînées par les ébauches du thymus. Elles deviennent ainsi sous-jacentes aux parathyroïdes IV, puis s’accolent à la face postérieure du corps thyroïde, au voisinage du pôle inférieur des lobes latéraux. Elles restent toujours superficielles. On les désigne sous le nom de parathyroïdes IV, parathyroïdes inférieures, parathyroïdes externes ou superficielles.

§ I. THYMUS

Le thymus est un organe glandulaire contenu dans la cage thoracique, au niveau du médiastin antérieur. C’est un organe propre à la vie embryonnaire, dont l’évolution, inachevée à la naissance, se poursuit durant la première moitié de la vie extra-utérine.

Au point de vue anatomique, l’évolution de cet organe peut se diviser en trois périodes :

1) Une période de croissance ;

2) Une période d’état;

3) Une période de régression.

1° Période de croissance. — Nous avons indiqué déjà le mode d’origine du thymus. Les deux thymus droit et gauche, d’abord distincts, tendent à se fusionner au niveau de la ligne médiane et simulent ainsi un organe impair, formé de deux lobes.

APPAREIL RESPIRATOIRE

Le thymus est d’abord un organe exclusivement épithélial. Il se compose de cordons creux à parois épaisses. Dès la fin de la grossesse, le thymus perd son caractère d’organe épithélial pour devenir un organe lymphoïde. Les détails du processus de transformation sont encore mal connus.

2° Période d’état. — Vers la deuxième année après la naissance, le thymus, définitivement formé, se présente sous forme d’une pyramide quadrangulaire à base inférieure, à sommet bifide. La majeure partie du thymus est comprise dans la cage thoracique (thymus thoracique), tandis que les extrémités supérieures répondent à la région cervicale (thymus cervical).

Le thymus se compose de deux lobes, droit et gauche, adossés l’un contre l’autre, et séparés par une mince cloison. Les deux lobes sont le plus souvent inégaux. Chaque lobe possède la forme d’une massue à grosse extrémité inférieure ( corne inférieure ), à sommet supérieur ( corne supérieure).

La coloration du thymus est d’un rouge vineux chez le nouveauné; elle est rosée chez le fœtus et grisâtre à la période d’état. Le thymus présente un aspect extérieur lobulé. — Sa consistance est molle. —

Ses dimensions sont variables.

On trouve en moyenne 40 à 50 millimètres en longueur ; 20 à 30 en largeur; 8 à 10 en épaisseur.

— Son poids est, en moyenne, à la naisde 6 à

Cav. pv. —

Pneum. -

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