‹ Abrégé d'anatomie (volume 2)Chapitre 163 sur 233 · I. Mont de Vénus. Grandes lèvres et fente vulvaire · texte numérisé non relu

I. Mont de Vénus. Grandes lèvres et fente vulvaire

Le mont de Vénus et les grandes lèvres constituent les seules parties de la vulve visibles à l’extérieur. Elles sont plus ou moins recouvertes de poils. Elles se présentent, les cuisses étant en contact, sous l’aspect d’une saillie arrondie, triangulaire ou cunéiforme.

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME

Mont de Vénus. — Cette saillie que l’on pourrait détacher de la vulve, car elle constitue la région pubienne de la femme, est placée devant la symphyse pubienne. Elle est limitée de chaque côté par les plis inguinaux et se continue en bas par les grandes lèvres.

En haut, elle se confond chez les femmes maigres avec la région hypogastrique; chez les femmes très grasses, il existe un sillon entre les deux régions (sillon pub o -hypogastrique).

Superposition des plans. — 1°) La peau du mont de Vénus ne présente aucune particularité, sinon qu’elle est glabre jusqu’à la puberté et que dans la suite elle se recouvre de poils le plus souvent longs et frisés dont la teinte est plus ou moins en rapport avec celle des cheveux.

2°) La couche graisseuse sous-cutanée atteint parfois une grande épaisseur, car de 3 centimètres en moyenne elle peut en atteindre

8 à 10. Elle est traversée par de très nombreuses lamelles fibroélastiques. Quelques-unes de ces dernières proviennent des expansions terminales du ligament rond et du ligament suspenseur du clitoris. Elles tendent toutes à converger vers la ligne médiane et se fixent sur la ligne blanche.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères proviennent en majorité de la honteuse externe supérieure ; quelques-unes de la spermatique externe, de l’artère dorsale du clitoris et de l’artère périnéale superficielle. — Les veines se rendent à la saphène interne; quelques-unes vont aux veines périnéale et dorsale profonde du clitoris. \ — Les lymphatiques sont tributaires des ganglions inguinaux superficiels. — Les nerfs émanent des deux nerfs abdomino-génitaux.

Grandes lèvres. — Les grandes lèvres sont deux bourrelets triangulaires plus ou moins aplatis transversalement, qui s’étendent du mont de Vénus au corps périnéal. Elles limitent la fente vulvaire.

Dimensions. — La longueur des grandes lèvres est d’environ 8 à

9 centimètres. La largeur, variable avec l’embonpoint, est en haut de 2 cm., 5 en moyenne; elle diminue progressivement en allant vers l’extrémité inférieure et postérieure. Leur diamètre vertical ou hauteur varie suivant l’endroit de 1 cm., 5 à 2 centimètres.

Configuration extérieure. — Par leur extrémité antérieure ou mieux antéro-supérieure, les grandes lèvres se continuent avec le pénil. Tantôt elles se rejoignent à angle aigu ou arrondi formant ainsi un repli peu saillant qui les sépare de la racine du prépuce du clitoris. Il existe alors une commissure antérieure des grandes lèures et de la vulve. Plus fréquemment elles se terminent parallèlement, interceptant un bourrelet étroit qui se continue en bas sans interruption avec le prépuce du clitoris.

VULVE

Par leur extrémité postérieure ou postéro-inférieure, les grandes lèvres, très amincies, se terminent, le plus souvent sans se rejoindre, leurs téguments se continuant d’une part avec ceux du périnée, d’autre part avec la peau de la région fessière. Dans quelques cas, les deux extrémités se rejoignent vers le raphé périnéal, constituant ainsi une commissure postérieure des grandes lèvres.

Par leur base ou bord supérieur , les grandes lèvres adhèrent aux parties molles qui recouvrent le pubis et les branches ischio-pubiennes. D’avant en arrière et très légèrement de haut en bas elles répondent à l’origine du droit interne de la cuisse et des adducteurs, puis au triangle iscbio-bulbaire. Elles recouvrent aussi, en haut, les corps caverneux du clitoris et les bulbes du vestibule, et, plus bas, la glande de Bartholin. Cette disposition anatomique explique que les abcès de cette dernière fassent saillie à la face interne de la grande lèvre.

Le bord inférieur , arrondi, légèrement convexe d’avant en arrière, est libre. Il touche plus ou moins celui du côté opposé suivant l’écartement plus ou moins grand de la fente vulvaire. Ce bord est recouvert de poils plus abondants en avant qu’en arrière.

La face externe ou crurale est convexe, en contact avec la face interne des cuisses. Un sillon, profond, dit génito-crural, la sépare de celle-ci. Cette face, dont la peau est d’apparence chagrinée, est recouverte de poils.

La face interne ou vulvaire est plus ou moins étendue suivant le point d’origine des petites lèvres qui naissent plus ou moins près du bord libre des grandes. Profondément on note le sillon qui sépare la grande de la petite lèvre, c’est le sillon inter-labial ou nympholabial. Ce sillon se perd en arrière dans le périnée; en avant il entoure le gland clitoridien. La peau de la face interne est pigmentée et couverte de poils clairsemés près du bord libre, mais dans sa plus grande étendue elle est glabre, rosée, humide, d’apparence muqueuse.

Structure. — La grande lèvre comprend les couches suivantes :

1) Peau. — Elle est caractérisée par l’abondance des glandes sébacées et sudoripares et le développement du système pileux.

2) Fibres musculaires lisses. — Un dartos homologue à celui de l’homme, mais très faible, double la peau. Ces fibres musculaires, groupées en faisceaux pâles, sont plus abondants à la face externe et au niveau du bord libre.

3) Pannicule adipeux sous-cutané. — Ce dernier est constitué par de petits lobules plus ou moins circonscrits par des fibres élastiques et conjonctives.

4) Coussinet (ibro-adipeux de la grande lèvre. — La partie centrale

APPAREIL GÉNITAL DE LA FEMME

de la grande lèvre est occupée par une masse fibro-adipeuse qui lui donne son aspect régulièrement arrondi et sa consistance ferme et souple. Cet appareil fibro-adipeux comprend un sac conjonctivo-élastique englobant une masse graisseuse plus ou moins abondante, suivant l’état d’embonpoint du sujet.

Les libres de l’appareil cellulo-élastique ont des origines multiples. En haut et en avant, elles viennent des parties latérales du ligament suspenseur du clitoris, du pourtour de l’orifice externe du canal inguinal et du segment terminal du ligament rond. En dedans, elles se détachent du bulbe vestibulaire et plus' particulièrement de l’extrémité postérieure de celui-ci. En dehors, elles viennent de la branche ischio-pubienne. Toutes ces fibres forment une sorte de filet dont la forme générale est celle d’un sac dont la partie renflée se trouve en arrière. Dans ce sae, se trouve la masse graisseuse divisée en gros lobules. Cette graisse se continue en avant avec la graisse du pénil et de la paroi abdominale antérieure.

Cette masse graisseuse ne constitue pas un organe adipeux au sens strict du mot. C’est une simple agglomération du tissu cellulo-graisseux sous-cutané. C’est également à tort qu’on a considéré le sac conjonctivo-élastique comme l’homologue cle la fibreuse qui double le feuillet pariétal de la vaginale, et la graisse qu’il contient comme un prolongement de la graisse sous-péritonéale. Lorsque cette dernière se prolonge anormalement dans la grande lèvre, autour d’un canal de Nuck persistant, elle se place au-dessous du coussinet adipeux.

Vaisseaux et nerfs. — 1° Artères. — Elles comprennent : 1° un groupe antérieur , allant à l’union du pénil et de la grande lèvre et provenant des honteuses externes ; 2° un groupe postérieur, provenant de la périnéale superficielle et quelquefois du tronc de la honteuse interne et allant vers la région clitoridienne ; 3° un groupe externe, provenant de la branche antérieure de l’obturatrice.

Toutes ces artères s’anastomosent largement entre elles et communiquent avec les réseaux de la profondeur.

2° Veines. — Le développement de ces dernières est considérable, d’où prédisposition aux varices. Elle se divisent en superficielles et profondes ; les premières viennent des téguments, les secondes proviennent du corps adipeux. Les deux groupes, qui s’anastomosent largement, se portent vers la saphène interne par les honteuses externes, vers la honteuse interne par les périnéales superficielles. Enfin, dans la profondeur, elles communiquent avec les riches plexus du vagin, avec les veines hémorroïdales, obturatrices et avec les veines de la paroi abdominale.

3° Lymphatiques . — Très nombreux, ils vont au groupe supéro-interne des ganglions inguinaux superficiels.

VULVE

4° Nerfs. — Les nerfs proviennent de sources multiples. Un groupe, dit labial antérieur , est fourni par les nerfs ilio-inguinal (petit abdomino-génital) et par la branche interne du génito-crural (n. spermatique externe). Un groupe, dit labial postérieur , provient de la branche génitale du nerf petit sciatique et de la branche périnéale du nerf honteux interne.

Fente vulvaire. — Constituée par les faces internes des grandes lèvres, la fente vulvaire s’étend du mont de Vénus au raphé périnéal ; elle s’arrête à environ 3 centimètres en avant de l’anus.

Elle constitue l’axe de la vulve et n’est pas absolument horizontale; elle suit l’inclinaison pelvienne et présente une direction très légèrement oblique de haut en bas et d’avant en arrière. Sa longueur est de 7 à 8 centimètres.

A l’état d’occlusion, si nous pratiquons une coupe vertico-transversale (v. fîg. 929), on reconnaît que la fente n’est que l’entrée d’un canal vulvaire , long de 3 à 5 centimètres s’étendant jusqu’à l’entrée du vagin. Ce canal est constitué par la face interne des grandes lèvres, par les n)^mphes, le gland clitoridien, par l’hymen ou ses débris, par le triangle pré-urétral.

La fente vulvaire chez les multipares est plus béante et laisse entrevoir les plans profonds de la vulve.

Chez les enfants il n’est pas rare d’apercevoir le clitoris entre les lèvres de la fente.

Pour étudier les autres organes constituant la vulve, il faut écarter les grandes lèvres.

Nous apercevons alors les petites lèvres ou nymphes , limitant entre elles le vestibule , dans lequel on distingue V orifice de V urètre et, en avant de celui-ci, le clitoris, portion visible de l’appareil érectile.

Tout au fond de la région, nous avons l’orifice du vagin avec ses dépendances, constituées par Yhymen ou ses débris.

Page 1