IV. Appareil érectile
L’appareil érectile comprend : 1° le clitoris ; 2° le bulbe.
I. Clitoris. — Le clitoris présente trois parties : des racines, un corps, un gland.
Racines du clitoris (corps caverneux). — Ces deux racines, cylindriques, naissent par des attaches solides à la partie moyenne de la face interne des branches ischio-pubiennes. Elles se portent obliquement en avant, en dedans et en haut, et se réunissent devant la symphyse pour constituer le corps.
Leur face supéro-externe est accolée contre le diaphragme uro-génital, et les branches osseuses ; leur face inféro-interne, coiffée par le muscle ischio-caverneux, répond, à distance, au bulbe de la vulve, au muscle bulbo-caverneux et plus superficiellement à la base de la grande lèvre.
Corps du clitoris. — Ce dernier, plutôt aplati que cylindrique, est constitué par l’adossement des deux corps caverneux. Après un trajet ascendant de quelques millimètres, le corps se coude pour se porter obliquement en bas et en arrière.
C’est à ce niveau que s’insère le ligament suspenseur. Ce ligament comprend des fibres superficielles qui vont se perdre dans le mont de Vénus et des fibres profondes, plus solides, qui vont s’insérer à la face antéro-inférieure de la symphyse.
Le corps est entouré d’une capsule conjonctive, le fascia clitoridien.
Gland du clitoris. — Le gland affecte la forme d’un tubercule
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Fig. 936. — Les parties profondes de la région vulvaire; symphyse, clitoris, bulbe, feuillet inférieur du plancher uro-génital (Farabeuf).
L’urètre coupé est tiré en bas par une épingle. Le canal vulvovaginal, également coupé, est tenu par deux ligatures. La racine gauche du clitoris a été arrachée de l’arcade pubienne c et transportée à droite en l’air par un crochet. Le bulbe gauche extirpé n’est plus à sa place b'. Le clitoris n’a gardé que la moitié droite de son ligament suspenseur attaché en s. L’excision de l’autre moitié permet de voir sortir librement du bassin, par-dessous l’excavation, le feuillet celluleux, sous lequel on voit la veine dorsale profonde se bifurquer et pénétrer dans le plancher, mince en cet endroit. Du côté droit, le bulbe b est en place ; il en part, en haut, les veinules coupées du réseau intermédiaire qui, avec les urétrales et les caverneuses, alimentent les honteuses. En bas, la bulbaire principale gagne la honteuse en rampant dans le plancher, non loin des périnéales superficielles p et anales a. Le bulbe donne aussi plusieurs veines, ici deux, qui entrent en relation avec celles de la vulve et finissent, après avoir perforé, par s’unir avec les émissaires des colonnes antérieure etpostérieuredu vagin. (Farabeuf.)
1) Les artères viennent de la honteuse interne.
Elles représentent les deux branches terminales de ce tronc artériel. Une de ces branches pénètre dans le corps caverneux.
C’est Y artère caverneuse ou clitoridienne profonde, qui se dirige en avant, se ramifie et s’anastomose avec celle du côté opposé par tous les orifices du septum. Un rameau récurrent ve-
nant de cette artère irrigue les racines du clitoris.
L’autre branche de la honteuse constitue V artère dorsale du clitoris.
médian, conique, mesurant 5 à 6 millimètres en longueur et en largeur. Il est recouvert par un repli des petites lèvres qui constituent Un capuchon ou prépuce. Sa face postérieure est plus ou moins excavée en une gouttière sur laquelle s’insèrent les replis nymphéaux postérieurs qui lui forment un frein.
Structure. — Seules les racines sont érectiles au sens histologique du mot. Elles sont constituées par une enveloppe fibro-élastique de 1 millimètre d’épaisseur, Valbuginée , contenant un tissu érectile aréolaire.
Le gland est une formation plus élastique qu’érectile. Il est recouvert d’un revêtement cutané.
Vaisseaux et nerfs. —
VULVE
Elle passe à travers les feuillets du ligament suspenseur, chemine sur la face supérieure et se dirige vers le gland où elle s’anastomose avec celle du côté opposé.
2) Les veines forment un réseau des plus compliqués. On distingue :
1° Les veines caverneuses , très ramifiées à leur origine, qui constituent finalement deux troncs allant à la honteuse interne;
2° Les veines clitoridiennes, qui comprennent deux groupes : un groupe superficiel, les veines dorsales superficielles du clitoris, se jetant dans la saphène internp; — un groupe profond représenté par deux veines dorsales profondes, satellites de l’artère, et une veine dorsale profonde, unique et médiane.
3) Les lymphatiques du revêtement cutanéo-muqueux du gland sont les seuls connus. Ils vont aux ganglions inguinaux superficiels (groupe supéro-interne), aux ganglions inguinaux profonds, et aux ganglions iliaques externes.
4) Les nerfs proviennent du nerf honteux interne par le nerf dorsal du clitoris. Ce nerf est renforcé par des filets du plexus caverneux sympathique. Le gland- est le siège de corpuscules nerveux spéciaux (corpuscules du sens génital).
II. Bulbes vulvaires ou vestibulaires. — Sous ce nom, on décrit deux formations érectiles entourant l’orifice vulvo-vaginal à la façon d’un fer à cheval. Les bulbes vestibulaires commencent en arrière par une extrémité renflée, puis s’amincissent et se terminent en avant entre l’urètre et les formations érectiles du clitoris, en s’unissant l’un à l’autre par le réseau veineux intermédiaire de Kobelt.
Les dimensions moyennes sont : longueur 33 millimètres, hauteur 15 mm., épaisseur 10 mm.
Longtemps désignés sous le nom de bulbes du vagin et rattachés à ce dernier organe, ils appartiennent en réalité à la région vulvaire, car ils sont situés en dessous de l’aponévrose périnéale moyenne.
Rapports. — La face externe du bulbe est recouverte par le muscle bulbo-caverneux et répond au triangle ischio-bulbaire. Tout à fait en avant cette face entre en rapport avec le muscle ischio-caverneux et la racine du clitoris. La face interne répond d’avant en arrière, à la portion terminale de l’urètre, à la face interne des petites lèvres, à la glande de Bartholin.
Structure, — Les bulbes sont constitués par une albuginée moins épaisse que celle du corps clitoridien et contenant du tissu érectile à larges aréoles. Ils sont en réalité plus spongieux qu’érectiles.
Vaisseaux et nerfs. — 1) L’artère principale est l’artère bulbaire ou transverse profonde du périnée, dernière branche collatérale de la
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honteuse interne. Une artère accessoire, l’artère bulbaire superficielle, provient de la périnéale inférieure.
2) Les veines sont extrêmement développées. On les divise : en veines bulbaires postérieures , qui constituent deux ou trois troncs allant à la v. honteuse interne, quelquefois à une v. hémorroïdale, et en veines bulbaires antérieures’, ces dernières rejoignent aussi la v. honteuse interne en cheminant à travers les feuillets périnéaux. Toutes ces veines communiquent largement entre elles et avec les réseaux voisins.
3) Les lymphatiques ne sont pas connus.
4) Les nerfs vaso-moteurs proviennent du plexus hypogastrique qui accompagne l’artère honteuse interne. Quelques rameaux sensitifs et moteurs viennent du nerf périnéal (nerf bulbo ou musculo-urétral).