‹ Abrégé d'anatomie (volume 2)Chapitre 169 sur 233 · CINQUIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE

PERINEE

On donne le nom de périnée à l’ensemble des parties molles qui ferment le détroit inférieur. Le périnée a une forme générale losangique, répondant au contour ostéo-ligamenteux du détroit inférieur. Au point de vue topographique, on peut le diviser en deux régions secondaires, séparées par une ligne transversale réunissant les deux tubérosités ischiatiques : le périnée antérieur , uro-génital, et le périnée postérieur, anal.

Envisagé au point de vue de sa constitution, le périnée comprend toutes les parties comprises entre les téguments et le péritoine tapissant le fond de l’excavation pelvienne. Mais son principal élément constituant est représenté par un diaphragme musculaire étendu de la partie moyenne de l’excavation pelvienne au coccyx et au raphé fibreux qui prolonge cet os inférieurement. Ce diaphragme pelvien principal (i diaphragma pclvis proprium , BNA) n’obture cependant pas complètement la partie inférieure du pelvis. Les deux moitiés symétriques qui le constituent laissent entre elles une fente sagittale répondant à la moitié antérieure environ de la distance pubo-coccygienne. Au niveau de cette fente, le diaphragme pelvien principal est complété par un diaphragme accessoire, le plancher uro-génital ( diaphragma pelvis accessorium s. urogénitale, RAM), lame musculo-aponévrotique qui comble l’espace triangulaire que limitent les deux branches ischio-pubiennes.

Ces deux diaphragmes livrent d’ailleurs passage aux conduits urinaire, génital et rectal, qui sortent du pelvis pour venir s’ouvrir au niveau des téguments de la région périnéale.

Devant nous limiter ici à l’anatomie descriptive du périnée, nous étudierons successivement ses muscles et ses aponévroses.

§ 1. MUSCLES DU PÉRINÉE

Préparation. — Pour préparer les muscles du périnée, choisir uu sujet maigre, moyennement musclé, peu infiltré. L’hydrotomie du sujet est utile pour débarrasser le périnée du sang dont il est souvent gorgé. Pour disséquer les muscles superfi-

1. Dans le Traité d' Anatomie humaine, le chapitre Périnée de l'homme a été rédigé par M.

Dr Paul Delbet ; et le chapitre Périnée de la femme , par M. le Dr H. RiefTel.

MUSCLES DU PÉRINÉE.

ciels, on placera le sujet dans la position de la taille et on pratiquera une incision médiane s’étendant de la racine des bourses à la pointe du coccyx, en encerclant l’anus. Sur cette incision sagittale, on fera tomber une incision transversale passant un peu en avant de l’ischion. Les muscles sous-jacents au plancher uro-génital seront facilement dégagés, après ablation des plans superficiels. Pour voir le transverse profond et le sphincter strié de l’urètre, on enlèvera avec précaution le bulbe et le feuillet inférieur de l’aponévrose moyenne. — Une étude complète du releveur coccy-périnéal nécessitera une dissection du muscle par sa face périnéale et par sa face pelvienne. Celle-ci s’exécutera de préférence sur un bassin divisé par une section sagittale para-médiane. Les viscères seront conservés du côté où l’on voudra disséquer le muscle.

Les données de l’anatomie comparée permettent de répartir les muscles du périnée en deux groupes. Le premier comprend les muscles qui dérivent de la musculature de la queue des mammifères caudés. Le deuxième est formé par ceux qui proviennent du sphincter primitif du cloaque.

Le premier groupe comprend les muscles releveur de l’anus et ischio-coccygien, qu’il y a intérêt à réunir en un seul, le diaphragme pelvien principal. Celui-ci résulte de l’adaptation progressive des muscles moteurs de la queue que la régression de celle-ci rendait inutiles, en même temps que le passage de l’attitude horizontale à la station debout nécessitait l’apparition d’un appareil d’occlusion de la cavité pelvienne sur le fond de laquelle devait reposer une partie des viscères pelviens et abdominaux.

Le deuxième groupe comprend un muscle postérieur, le sphincter externe de l’anus — et plusieurs musclés antérieurs : bulbo et ischiocaverneux, transverse superficiel du périnée, transverse profond du périnée, sphincter strié de l’urètre. Les données de l’anatomie comparée, confirmées par celles de l’embryologie, montrent qu’en dépit de leurs situations variées, ces muscles dérivent tous du sphincter primitif du cloaque.

A ces deux groupes principaux, il faut ajouter quelques muscles à fibres lisses, dont l’importance est beaucoup moins considérable (muscle recto-coccygien de Treitz, muscle recto- urétral, fibres d’union du releveur et du rectum).

Comme tous les groupes musculaires en voie d’évolution, les muscles du périnée n’ont qu’une fixité morphologique très relative. Il est fréquent de les voir varier au point de vue de leur indépendance, de leur développement et de leurs insertions. Pour la même raison, l’existence de certains d’entre eux est loin d’être constante. C’est à cette variabilité qu’il faut sans aucun doute attribuer les divergences de description des muscles du périnée, divergences qui viennent encore compliquer l’étude déjà délicate de cette région musculaire.

PÉRINÉE.

La disposition de la musculature périnéale varie selon le sexe. Nous prendrons , comme type de description, les muscles du périnée de l’homme. Nous verrons ensuite quelles sont les modifications que subissent ces muscles par suite de la traversée du périnée féminin par le canal vagino-vulvaire.

Page 1