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I. MUSCLES DÉRIVÉS DE LA MUSCULATURE CAUDALE

Diaphragme pelvien principal. ( Releveur de L'anus el ischio-coccygiev.)

Le diaphragme pelvien principal est composé, suivant la nomenclature généralement adoptée en France, par deux muscles distincts, le releveur de l’anus et l’ischio-coccygien. Nous croyons cependant préférable de les réunir dans une même description,

Formé de deux moitiés symétriques, le diaphragme musculaire principal du pelvis (releveur coccy-périnéal de Farabœuf) figure dans son

ensemble une sorte d’entonnoir charnu à concavité supérieure, percé en son centre d’une large fente médio-sagittale que traversent l’urètre, le rectum ainsi que le vagin chez la femme.

La ligne d’origine de cet entonnoir musculaire commence sur la face postérieure du corps du pubis à un demi-centimètre au-dessus de l’ogive pubienne, passe ensuite sur l’aponévrose de l’obturateur interne et

MUSCLES DU PÉRINÉE.

vient aboutir à la petite épine sciatique. Les fibres charnues, émanées de cette ligne, se portent toutes obliquement en bas, en arrière et en dedans. Quelques-unes d’entre elles se terminent en avant du rectum, mais leur presque totalité contourne les parties latérales de celui-ci. pour se fixer en arrière de lui, sur le raphé ano-coccygien ou le coccyx.

Cette nappe musculaire est décomposable en plusieurs faisceaux dont le nombre et la disposition varient beaucoup suivant les auteurs. Nous adopterons ici la description de Holl, la plus conforme aux données de l’anatomie comparée qui, en l’espèce, nous paraît le guide le plus sûr.

Nous décrirons donc, au diaphragme musculaire principal du pelvis, quatre faisceaux : l’ischio-coccygien, l’ilio-coccygien, le pubo-coccygien et le pubo-rectal.

1 . Ischio-coccygien (M. coccygeusBNA). — Le muscle ischio-coccygien se détache : 1° de la face interne de la petite échancrure sciatique; 2° de la partie adjacente de l’aponévrose obturatrice; 3° de la face supérieure, pelvienne du petit ligament sacro-sciatique. Ses fibres se portent en bas et en dedans et se terminent sur les bords latéraux du coccyx.

Le développement de ce muscle est très variable et en rapport inverse de celui du petit ligament sacro-sciatique. L’ischio-coccygien représente en effet un muscle en voie d’atrophie et de transformation fibreuse. Cette transformation gagne le muscle par sa face externe et son bord postérieur. Lorsque le muscle, reproduisant la disposition primitive, est anormalement développé, ses insertions vertébrales peuvent remonter sur les parties latérales du sacrum jusqu’au niveau du 3e trou sacré. — Les faisceaux, nés de l’aponévrose obturatrice, sont inconstants. Ils appartiennent en réalité au muscle ilio-coccygien dont ils représentent un faisceau postérieur anormal.

2. Ilio-coccygien. — Le muscle ilio-coccygien, dont le développement est très variable, naît de l’aponévrose obturatrice le long d’une ligne, concave en haut, unissant l’extrémité postérieure de l’arcade obturatrice à l’épine sciatique. Au niveau de cette ligne, se trouve un épaississement fibreux linéaire : c’est Y arcade tendineuse du releveur (arcus tendineus levatoris ani) qu’il ne faut pas confondre avec Yarcus tendineus fasciæ pelvis que nous décrirons en même temps que l’aponévrose endo-pelvienne. Cette arcade tendineuse, de développement très variable, est quelquefois peu apparente. Les fibres tendineuses d’origine de l’ilio-coccygien remontent alors jusqu’à la ligne innommée, en adhérant d’ailleurs intimement à l’aponévrose obturatrice.

Les fibres de l’ilio-coccygien se portent en bas, en arrière et en dedans et viennent se terminer sur le sommet du coccyx et sur le raphé ano-coccygien.

PÉRINÉE.

La face pelvienne de la partie terminale de l’ilio-coccygien est recouverte par le muscle pubo-coccygien.

3. Pubo-coccygien. — Le pubo-coccygien naît sur la face postérieure du corps du pubis, le long d’une ligne légèrement concave en haut qui s’étend du bord inférieur de la symphyse au trou obturateur. Ses libres se portent presque directement en arrière et se divisent en deux faisceaux :

1) Un faisceau interne , accessoire, toujours très réduit, qui se porte en avant du rectum et paraît se terminer au niveau de la paroi anté-

Ischio-coccyg.

Ilio-coccyg.

Pubo-coecyg.

Ilio-coccyg.

Pubo-rectal

Sphinct. ext.

Fig. 939. — Diaphragme pelvien principal, vu par sa face pelvienne, côté gauche

(d’après Holl.)

rieure de celui-ci. En réalité, ses fibres se continuent avec de fins trousseaux tendineux qui s’entrecroisent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé et viennent se perdre à la face profonde des téguments de la région anale.

2) Un faisceau externe , faisceau principal, dont les fibres croisent la face latérale du rectum et se terminent en arrière de celui-ci : a) sur le rapbé ano-coccygien ; b) sur une lame tendineuse qui, au-dessus des

MUSCLES DU PÉRINÉE.

fibres de l’ilio-coccygien, se prolonge en pointe sur la face ventrale du coccyx au-dessous du muscle rétracteur de Treitz (v. fig. 939).

Au moment où le faisceau principal croise la face latérale du rectum par ses fibres les plus internes, celles-ci sont unies à la paroi de 1 intestin par une lame élastique très résistante, qui reçoit d’autre part par sa face supérieure l’insertion de nombreuses fibres longitudinales du

Fig. 940. — Diaphragme pelvien principal, vu par sa face-pelvienne, côté gauche

(d’après Iloll).

Le pubo-coccygien a été partiellement enlevé pour montrer le pubo-rectal.

rectum et émet par sa face inférieure des prolongements qui descendent jusqu’à la face profonde des téguments de la région anale.

Les étroites connexions du pubo-coccygien avec cet appareil tendinoélastique ont fait croire à tort à une insertion vraie du pubo-coccygien sur le rectum. Ce sont ces faisceaux du pubo-coccygien adhérents au rectum que nombre d’auteurs (Lesshaft, Roux, Drappier) décrivent sous le nom de couche interne, élévatrice, du releveur ou de releveur proprement dit (elevator ani proprius.)

4. Pubo-rectal. — Le pubo-rectal, recouvert par le précédent, est invisible lorsqu’on regarde le releveur par sa face pelvienne. Il naît : Abrégé d’Anat. — III. 99

PÉRINÉE.

à) du bord inférieur de la symphyse ; b) de la partie adjacente de la branche ischio-pubienne ; c) de la face supérieure du segment attenant du plancher uro-génital.

Ses fibres se portent en arrière et s’insèrent les unes en avant, les autres en arrière du rectum.

Les fibres rétro-rectales, de beaucoup les plus nombreuses et les plus importantes, se terminent en arrière du rectum, en s’unissant à celles du côté opposé. Elles constituent avec ces dernières une fronde épaisse et résistante, qui embrasse dans sa concavité les parois latérales et postérieure du rectum.

Quant aux fibres prérectales, quelques-unes s’attachent sur la paroi antérieure du rectum. D’autres se continuent avec les fibres du transverse superficiel du périnée et du sphincter du côté opposé.

Rapports. — Envisagé dans son ensemble, le diaphragme pelvien principal affecte la forme d’un quadrilatère irrégulier auquel on peut décrire 4 bords et 4 faces.

Les 4 bords se distinguent en : supérieur, répondant à la ligne d’origine, étendue de la partie inférieure de la symphyse à l’épine sciatique; — inférieur, formé par la ligne de terminaison s’étendant de la partie antérieure de l’anus à la base du coccyx ; — postérieur , contigu au bord inférieur du muscle pyramidal ; — antérieur ou mieux antérointerne; celui-ci, plus important, repose sur le plancher uro-génital. Il limite avec celui du côté opposé une fente antéro-postérieure qui livre passage à l’urètre.

Des deux faces, Y externe ou superficielle répond à la fosse ischiorectale dont elle forme la paroi interne. — L'interne présente des rapports beaucoup plus importants. Elle constitue le plancher de l’étage sous-péritonéal du bassin et répond à ce niveau aux faces latérales des viscères pelviens : vessie, prostate, rectum, et aux nombreux organes qui se rendent des parois pelviennes à ces viscères.

Les deux faces sont recouvertes par une aponévrose, mince et celluleuse pour la face externe; épaisse et fibreuse, pour la face interne. Cette dernière fait partie du fascia endo-pelvien (aponévrose périnéale supérieure) que nous décrirons plus loin.

Action . — Le diaphragme pelvien principal sert avant tout à constituer le plancher pelvien. Par sa simple tonicité, comme par sa contraction, il lutte contre la poussée abdominale que produisent les efforts combinés du diaphragme et des muscles abdominaux, en sorte qu’il se trouve dans un état permanent d’antagonisme avec ceux-ci.

Regardé autrefois comme un muscle élévateur et dilatateur de l’anus, il doit au contraire être considéré comme un constricteur énergique de

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