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PAUPIERES

Définition. Les paupières sont deux voiles musculo-membraneux qui, nés du pourtour de l’orbite et opposés par leurs bords libres, limitent entre eux une ouverture transversale, la fente palpébrale. Cette fente laisse à découvert une partie variable de la face antérieure du globe oculaire, sur lequel les paupières sont directement appliquées.

Limites. Ces limites ne s’accusent nettement qu’à la faveur d’un ■ œdème ou d’une extravasation sanguine. La limite de la paupière supérieure répond, en haut, au bord inférieur du sourcil. La limite de la paupière inférieure, indiquée par le sillon orbito-palpébral inférieur, est située un peu au-dessus du rebord inférieur de la cavité orbitaire. En dehors les deux paupières se continuent insensiblement avec la peau de

APPAREIL VISUEL

la tempe, qui est sillonnée chez le vieillard par les plis rayonnés de la patte d’oie. Du côté nasal, la limite est formée par un sillon qui prolonge supérieurement le sillon orbito-palpébral inférieur.

Dimensions. La hauteur de la paupière supérieure est de 25 millimètres à 20 ans; celle de la paupière inférieure est de 12 millimètres.

Couleur. La couleur des paupières est généralement en harmonie avec celle de la peau de la face ; elle est souvent plus foncée sur la paupière inférieure. La couleur bleutée que prennent parfois les paupières dépendrait pour les uns d’un retrait delà lymphe et pour d’autres d’un véritable réflexe de pigmentation.

Configuration extérieure. — Il faut étudier aux paupières deux faces, deux extrémités et deux bords.

Face antérieure . — Cette face présente, à la paupière supérieure, deux parties bien distinctes : l’une inférieure, lisse, résistante, en contact avec le globe de l’œil (portion tarsienne) ; l’autre supérieure, simplement cutanée (portion orbitaire) et séparée de la précédente par le sillon orbito-palpébral supérieur. La paupière inférieure présente le sillon orbito-palpébral inférieur au -dessous duquel se trouve le sillon jugopalpébral, formé de 2 segments, l’un interne, l’autre externe (v. fig. 683) .

Face postérieure. — Cette face est formée par la conjonctive et sera étudiée plus loin.

Extrémités . — Au niveau de la commissure interne, la peau est soulevée par une petite saillie transversale due à la présence du tendon du muscle orbitaire. Au contraire, la commissure externe répond à une dépression linéaire des téguments.

Bord orbitaire. — C’est le bord adhérent de la paupière. Il dépasse le niveau du cul-de-sac conjonctival correspondant.

Bord libre. — Le bord libre est long de 30 millimètres, épais de 2 millimètres. Sur l’œil ouvert, chaque bord libre forme une courbe s’opposant par sa concavité à celle du côté opposé. Quand les paupières sont rapprochées, les bords libres accolés dessinent une ligne concave en haut. Chaque bord libre comprend une portion interne ou lacrymale et une portion externe ou bulbaire séparées par le tubercule lacrymal.

Entre le tubercule lacrymal, situé à 5 millimètres de l’angle interne de l’œil, et cet angle, les bords palpébraux, au lieu de s’unir à angle aigu, embrassent un espace semi-elliptique, dit lac lacrymal , au fond duquel se trouvent la caroncule lacrymale et le repli semi-lunaire de la conjonctive.

La portion bulbaire comprend les 7/8 du bord libre; elle présente deux lèvres et un interstice large de 2 millimètres. Sur la lèvre antérieure du bord libre s’implantent obliquement les cils, au nombre de

ANNEXES DE L’OEIL

100 à 150 pour la paupière supérieure. En avant de la lèvre postérieure du bord libre on aperçoit 25 à 30 petits pertuis représentant les orifices des glandes de Meibomius.

Orifice palpébral. —

L’ orifice palpébral , de forme elliptique, se termine latéralement par deux angles, dits angles de l’œil.

L’angle externe, plus élevé

que l’interne, dépasse de 4 à 6 millimètres le niveau de celui-ci.

Sillon jugopalp. desc.

Sill. orbiiopalp. inf.

Sillon jugopalp. asc.

Fig.

G83. — Sillons de la région palpébrale (œil droit). (D’après Merkel.)

Cet

-- Rebord orbit.

Graisse orbit.

M. releveur

angle externe est situé à 5 ou 7 millimètres du rebord osseux de l’orbite et à 1 centimètre de la suture fronto-malaire. Seul, il entre en rapport avec le globe oculaire. Le centre de la cornée est à peu près à égale distance des deux angles. Le bord inférieur de la cornée est un peu au-dessus du bord palpébral inférieur ; au contraire le bord palpébral supérieur recouvre toujours un

faible segment de la cornée. Si les deux paupières semettent en contact, elles laissent entre elles la fente palpébrale, dont la forme est celle d’une S italique très allongée et couchée transversalement.

Tendon relev.

Insert. tendin.

Gl. sudorip.

Meibomius

Constitution anatomique. — Les paupières présentent six

Fig. 084. — Coupe sagittale de la paupière supérieure. couches, qui sontd avant (D’après Merkel.) en arrière :

1° La peau, fine, mince

et transparente, n’a pas de glandes sébacées indépendantes, et ses glandes sudoripares sont petites et peu nombreuses.

2° Une couche de tissu cellulaire lâche très élastique, facile à plisser et à distendre, sauf cependant au niveau de l’angle externe.

APPAREIL VISUEL

3° Couche musculaire. — Cette couche est formée par un muscle aplati à fibres circulaires, le muscle orbiculaire (y. Myologie). Le faisceau le plus interne est le muscle de Riolan. Le muscle lacrymal postérieur, ou muscle de Horner, dépendance du muscle orbiculaire, occupe la face profonde du tendon réfléchi de ce muscle (y. plus loin).

Vers l’angle interne de l’œil, le tissu cellulaire lâche, recouvrant le tendon direct du muscle orbiculaire ou ligament palpébral interne, renferme dans son épaisseur l’artère et la veine angulaires. — C’est dans le tissu cellulaire qui sépare les fibres du muscle orbiculaire que viennent se terminer les fascicules tendineux du muscle releveur de la paupière supérieure qui vient de traverser la couche fibreuse sousjacente.

4° Couche fîbro-élastique . — Cette couche constitue le squelette de la paupière. Elle est formée de deux parties distinctes : l’une périphérique plus mince, les ligaments larges des paupières; l’autre centrale plus épaisse, les tarses des paupières.

à) Les ligaments larges représentent une membrane insérée, d’une

Tarse sup.

part, au rebord osseux de l’orbite et, d’autre part, au bord convexe du tarse correspondant. En dedans et en dehors, les deux ligaments larges s’unissent par leurs fibres devenues horizontales. En dedans; ces fibres s’insèrent sur la crête de l’unguis, en arrière du sac lacrymal et du muscle de Horner, qui sont ainsi hors de l’orbite. Cinq orifices perforent le ligament large de la paupière supérieure et livrent passage de dedans en dehors : à l’anastomose entre la veine angulaire de la face et la veine ophtalmique supérieure; à l’artère nasale externe et au nerf homonyme ; au nerf frontal interne ; aux vaisseaux et nerf frontaux externes; aux vaisseaux et nerfs lacrymaux.

b) Les tarses des 'paupières sont deux lames fibro-élastiques denses qui s’étendent du bord libre de chaque paupière aux ligaments larges avec lesquels elles se continuent. Au niveau de leurs angles interne et externe, ils émettent des trousseaux fibreux qui sont

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dits ligaments des tarses ou ligaments palpébraux. Le ligament palpébral externe , assez mal limité, se fixe au niveau de la partie externe du rebord orbitaire. — Le ligament palpébral interne , né par deux racines des extrémités correspondantes des tarses, ne tarde pas à se diviser en deux branches qui se superposent d’avant en arrière. La branche antérieure, souvent désignée sous le nom de tendon direct de l’orbiculaire, se fixe sur la branche montante du maxillaire, immédiatement en avant de la gouttière du sac lacrymal. La branche postérieure, qui constitue le tendon réfléchi des auteurs, va s’attacher sur la crête de l’unguis, en arrière du sac lacrymal (v. fig. 685).

Les tarses sont formés de tissu conjonctif, auquel s’ajoutent des fibres élastiques. Ils contiennent dans leur épaisseur les glandes de Meibomius.

5° Couche musculaire à fibres lisses — Cette couche est décomposable en deux muscles, les muscles palpébraux, supérieur et inférieur. Le muscle palpébral supérieur s’étend du tendon du releveur de la paupière supérieure au bord convexe du tarse correspondant. Le muscle palpébral inférieur se détache de la face profonde de l’expansion palpébrale du tendon du muscle droit inférieur et se termine sur le bord inférieur ou convexe du tarse inférieur.

6° La couchs profonde ou muqueuse est formée par la conjonctive qui sera étudiée plus loin.

Bord libre. — Le bord libre des paupières a une texture plus dense due aux mailles très serrées de son tissu conjonctif et à la présence de nombreuses papilles dermiques.

Les follicules des cils, obliquement implantés suivant la direction générale des cils, atteignent souvent par leurs extrémités profondes la face antérieure du tarse avec les glandes de Meibomius. Leur plus grande longueur atteindrait 2 mm. 5 à la paupière supérieure, 1 mm. 5 à la paupière inférieure.

Glandes des paupières. — Les paupières contiennent trois espèces de glandes, présentant des caractères assez particuliers : les glandes de Zeiss, les glandes de Moll et les glandes de Meibomius.

Les glandes ciliaires ou glandes de Zeiss sont le siège anatomique de l’orgeolet; au nombre de deux pour chaque follicule et s’ouvrant dans celui-ci, elles ont la structure des glandes sébacées ordinaires.

Les glandes de Moll sont des glandes sudoripares arrêtées dans leur développement, puisque au lieu de former un peloton glomérulé, leur tube sécrétant décrit un simple zigzag. Ces glandes s’ouvrent au niveau du bord libre de la paupière ; on les trouve entre les follicules des cils et en arrière de ceux-ci.

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Les glandes de Meibomius sont des glandes en grappe allongée, perpendiculaires au bord libre de la paupière. Elles sont au nombre de 35 à la paupière supérieure, de 25 à la paupière inférieure. Elles occupent toute la largeur et toute la hauteur des tarses dans l’épaisseur desquels elles sont renfermées. Elles peuvent être regardées comme une

Fig. 686. — Glandes de Meibomius vues par transparence à travers la conjonctive.

(D’après Sappey.)

1, paroi interne de l'orbite. — 2, partie interne du muscle orbi culaire. — 3, insertion de ce muscle à la partie interne du rebord orbitaire. — 4, anneau fibreux pour l’artère nasale et le nerf nasal externe. — 5, muscle de Borner. — 6, glandes de Meibomius. — 7, portion orbitaire de la glande lacrymale. — 8, portion palpébrale de cette glande. — 9, conduits excréteurs et (10) conduits accessoires de la glande lacrymale, avec (11) leurs embouchures.

variété de glandes sébacées, dont le canal excréteur a un épithélium pavimenteux stratifié.

Vaisseaux. — 1° Artères. — Le sang artériel des paupières est fourni par les artères nasale, sus-orbitaire, temporale superficielle, lacrymale, le rameau malaire de la transverse de la face, l’artère sousorbitaire et l’angulaire; mais surtout par les artères palpébrales supérieure et inférieure. Parvenue dans la paupière, chaque artère palpébrale longe le bord libre de celle-ci. Mais au moment où elle atteint ce bord, elle émet une branche qui suit le bord périphérique du tarse et se porte en dehors pour venir s’anastomoser à plein canal avec la terminaison du tronc principal. Il existe ainsi, au niveau de chaque paupière, une arcade artérielle marginale et une arcade artérielle périphérique. De celle-ci partent surtout des rameaux des tinés à la conjonctive. L’arcade marginale donne des rameaux cutanés, des rameaux marginaux, de longs rameaux prétarsiens ascendants qui vont

ANNEXES DE L’OEIL

gagner l’arcade périphérique et des rameaux perforants marginaux qui traversent le tarse, pour se distribuer à la partie de la conjonctive qui avoisine l’orifice palpébral.

2° Veines. — Les veines naissent de deux réseaux : l’un postérieur, rétro-tarsien; l’autre antérieur, pré-tarsien.

a) Le réseau veineux rétro-tarsien ou sous-conjonctival naît exclusivement des capillaires sous-conjonctivaux. Ses branches afférentes se jettent dans la veine ophtalmique supérieure pour la paupière supérieure, dans la veine ophtalmique inférieure pour la paupière inférieure.

b) Le réseau pré-tarsien aboutit à un réseau sous-cutané qui est tributaire de la veine ophtalmique supérieure et de la veine faciale pour

Art. front, int.

Art. front, exl.

Art. empor. superf .

Art. nas.

• Art. lacrym.

Art. palp. int.

Lig. palp. int.

Art. angulaire

Art. palpébr. ext.

.. Art. zygom.

• Arc. inf. int. tarse

Art. fac.

Fig. 687. — Circulation artérielle des paupières (côté gauche). (D’après Merkel.)

la paupière supérieure, de la veine faciale seulement pour la paupière inférieure.

3° Lymphatiques. — Les lymphatiques des paupières naissent par deux réseaux : un réseau cutané et un réseau conjonctival. Chacun de ces réseaux donne naissance à de nombreux collecteurs qui peuvent être répartis en deux groupes : un groupe interne , qui gagne les ganglions sous-maxillaires, en cheminant parallèlement aux vaisseaux faciaux; on groupe externe, beaucoup plus important, tributaire des ganglions parotidiens.

Nerfs. — Les nerfs moteurs viennent : pour l’orbiculaire, de la

APPAREIL VISUEL

branche supérieure du facial ; pour le releveur de la paupière supérieure, du moteur oculaire commun.

Les nerfs sensitifs viennent du trijumeau. La paupière supérieure est innervée par l’ophtalmique de AVillis (frontal externe et frontal interne), et la paupière inférieure par le maxillaire supérieur (nerf sous-orbitaire). L’angle externe des deux paupières est innervé par le nerf lacrymal et le rameau orbitaire du maxillaire supérieur.

Les nerfs sympathiques se rendent aux vaisseaux, aux glandes et aux muscles lisses de Millier.

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