‹ Abrégé d'anatomie (volume 2)Chapitre 24 sur 233 · I. Glande lacrymale. — La · texte numérisé non relu

I. Glande lacrymale. — La

glande lacrymale est une glande tubuleuse composée, dont les canaux excréteurs s’ouvrent dans la partie supéro-externe du culde-sac conjonctival.

Lobulée comme les glandes salivaires, elle est d’une couleur jaune rougeâtre. Elle occupe la fossette creusée sur la face inférieure de l’apophyse orbitaire Fig. 690. — Les deux portions de la glande externe de l’os frontal, à l’angle lacrymale, vues par leur face supérieure, supéro-externe de l’orbite ; mais (D après Sappey.)

! , , . . . , 1, muscle releveur de la paupière supérieure. —

le tendon du muscle releveur de 2, muscle droit supérieur. - 3, muscle droit externe.

la paupière supérieure la divise — 4> muscle droit inférieur. — 5, petit oblique. — j . 6, portion orbitaire de la glande lacrymale. — 7, por-

en deux portions : 1 une orbitaire, tion palpébrale de cette glande, traversée par ses ca-

l’ autre palpébrale naUX et canallcules excréteurs. — 8, conduits excré-

1 * teurs accessoires. — 9, conduit naissant de trois glo-

1) La, portion orbitaire, appli- billes glandulaires inférieurs aberrants.

quée contre le périoste de l’orbite, dans la fossette lacrymale, affecte une forme aplatie et ovalaire.; son grand axe est oblique en bas, en arrière et en dehors. Sa face supéro-externe répond au périoste, auquel la fixe sa capsule. La face inféro-interne répond aux bords externes du releveur de la paupière supérieure et du droit supérieur. Le bord antérieur, aminci, se met en rapport avec le ligament large de la paupière. Le bord postérieur reçoit vers son tiers externe l’artère lacrymale et le nerf de même nom. L’extrémité externe répond à l’expansion aponévrotique du muscle

L’appareil lacrymal complète le système de protection du globe en sécrétant les larmes qui facilitent le glissement des paupières sur le globe et humectent la partie antérieure de celui-ci. L’appareil lacrymal comprend : 1° la glande lacrymale, qui produit les larmes ;

2° les voies lacrymales, formées par les conduits qui recueillent l’excès de la sécrétion à la surface

APPAREIL VISUEL

droit externe. L’extrémité interne repose sur le releveur de la paupière supérieure.

La portion orbitaire de la glande lacrymale se trouve entourée de toutes parts par une enveloppe fibreuse, confondue en dedans avec les expansions aponévrotiques des muscles et en haut avec le périoste ; mais c’est à tort qu’on la considère parfois comme un dédoublement de celui-ci. De l’intérieur de cette capsule se détachent de fines travées conjonctives élastiques qui pénètrent dans le parenchyme glandulaire et servent à le fixer ; ces travées sont nombreuses et épaisses au niveau de l’extrémité interne de la glande où elles forment le ligament suspenseur de Sœmmering.

La longueur de la portion orbitaire est de 2 centimètres environ, son épaisseur de 3 à 5 millimètres. Elle est grosse chez l’enfant et s’atrophie chez le vieillard.

2) La portion palpébrale semble se continuer avec la portion précédente par plusieurs lobules glandulaires qui occupent les brèches ménagées par le plan fibreux intermédiaire. Chacun des lobes de cette portion présente une capsule propre, mais les limites de la portion palpébrale elle-même sont très diffuses.

La face supérieure delà portion orbitaire est en rapport avec l’expansion fibreuse du muscle droit supérieur. Sa face inférieure repose sur

la conjonctive du cul-de-sac.

Le bord antérieur, d’où émergent les canaux de la glande, est parallèle au bord convexe du tarse. Le bord postérieur est confondu plus ou moins avec le bord postérieur de la portion orbitaire.

Fig. 691. — Coupe transversale de l’orbite parallèle aux bords T , , , .

1 1 I pxtrpmiîp i n

postérieurs des deux os malaires et passant très près de ces

bords. terne occupe le

même niveau

que l’extrémité correspondante de la portion orbitaire. L’extrémité externe occupe la région de la commissure externe des paupières et empiète même parfois sur la paupière inférieure.

Expans. rel.

Caps, gland.

Expans. dr.

sup.

Gl. lacrym. --- U g. inf. -

M. tempo r

ANNEXES DE L’OEIL

Les canaux excréteurs de la glande lacrymale se distinguent en principaux et accessoires. Les 2 ou 3 canaux principaux partent du bord antérieur de la portion orbitaire, traversent la portion palpébrale et débouchent à la surface de la conjonctive du cul-de-sac. Ces canaux reçoivent la plupart des canaux de la portion lacrymale. Les canaux accessoires sont les canaux indépendants de cette dernière portion ; ils siègent aux angles de la glande. Les orifices de ces différents canaux, au nombre de 12 à 14, s’ouvrent sur une ligne à peu près régulière dans la partie supéro-interne du fornix. Il existe d’ailleurs de nombreuses variétés qui expliquent les divergences de description des différents auteurs.

Structure. — La glande lacrymale est une glande tubuleuse composée, c’està-dire formée, comme les glandes en grappe, de lobes qui se décomposent en lobules, constitués eux-mêmes par un groupement d’acini. Chaque acinus représente un tube très long plusieurs fois ramifié, avec une membrane basale, hyaline .sur laquelle reposent des cellules contracxites et aplaties (cellules en panier, de Bol l) et des cellules pyramidales, sécrétantes. Parmi ces dernières, les unes ont un protoplasme finement réticulé et un noyau médian, les autres un protoplasme à larges mailles et un noyau basal.

Les petits canaux excréteurs font suite aux acini et se réunissent à angles aigus pour former des canaux plus volumineux; ceux-ci se réunissent à leur tour et les canaux résultants vont se jeter dans le canal excréteur principal.

Vaisseaux et nerfs. — Les artères viennent de l’artère lacrymale, branche de l’ophtalmique.

Les veines se jettent dans la veine lacrymale, tributaire de la veine ophtalmique et s’abouchant dans celle-ci tout près du sinus caverneux.

Les lymphatiques aboutissent aux ganglions parotidiens.

Le nerf lacrymal , branche de l’ophtalmique, parvient à la glande en longeant le bord supérieur du muscle droit externe ; mais il se bifurque, avant d’atteindre la glande, en un filet supérieur destiné à celle-ci et un filet inférieur qui va s’anastomoser avec le filet lacrymo-palpébral du rameau orbitaire du nerf maxillaire supérieur. Les fibres sécrétoires de la glande proviennent en grande partie du nerf facial et arrivent à la glande par le grand nerf petreux superficiel, le ganglion sphénopalatin, le rameau orbitaire du nerf maxillaire supérieur et l’anastomose orbito-lacrymale.

IL Voies lacrymales. — Les larmes excrétées dans la partie externe du cul-de-sac conjonctival remplissent d’abord la rigole circulaire que forme le fornix autour de l’hémisphère antérieur de l’œil, et de là se répandent sur la face antérieure de celui-ci, grâce aux mouvements des paupières.

Elles tendent à s’accumuler au niveau de la partie interne de la fente

APPAREIL VISUEL

palpébrale, limitée par la portion interne ou lacrymale du bord libre des paupières. Ce lac lacrymal où s’accumulent les larmes est comblé en partie par la saillie de la caroncule lacrymale qui dévie les larmes vers les ‘points lacrymaux. Elles sont recueillies à ce niveau par les canalicules lacrymaux , qui les versent dans le sac lacrymal , puis dans le canal nasal. Ce dernier évacue finalement le produit de la sécrétion lacrymale dans le méat inférieur des fosses nasales.

Configuration extérieure. — 1° Tubercules et points lacrymaux.

— Les points lacrymaux occupent le sommet de la saillie formée par les tubercules lacrymaux ; ils se distinguent des orifices des glandes de Meibomiuspar un orifice un peu plus considérable. Le point inférieur est à 6 mm. 5 de la commissure palpébrale interne, le supérieur est à 6 millimètres, d’où leur juxtaposition et non leur superposition pendant l’occlusion des paupières. La saillie des tubercules paraît s’accentuer avec l’âge.

2° Conduits lacrymaux. — Ces conduits cheminent dans l’épaisseur

de la portion lacrymale du bord libre de chaque paupière. Ils se réunissent au delà de la commissure interne pour former le canal d'union qui se jette dans le sac lacrymal.

Chaque conduit est coudé à angle droit et présente ainsi une portion verticale et une portion horizontale. Le coude est large et arrondi. La portion ver-

1, conduits lacrymaux. — 2, portion verticale de ces conduits. — ticale commence par 3, tarses supérieurs et inférieurs. — 4, bord libre des paupières avec . ^

les orifices des glandes de Meibomius. — 5, sac lacrymal. — 6, ten- un infundlbulum dont don de l'orbiculaîre. — 7, point de bifurcation de ce tendon. labase est au point 8, gaine fibreuse que chaque moitié du tendon biturque tournit au 1

conduit lacrymal correspondant. lacrymal et dont le

sommet porte le nom

d ' angustia. Cette portion a 1 mm. 5 de longueur. — La portion horizontale est longue de 6 à 7 millimètres et d’un calibre assez irrégulier. Cette portion, avant de se jeter dans le canal d’union, est recouverte par le ligament palpébral interne qui lui adhère lâchement.

Avant de se réunir pour former le canal d’union, les canaux doivent perforer séparément le pont périostique qui, allant delà crête lacrymale

Fig. 692. — Points lacrymaux, conduits lacrymaux, sac lacrymal (côté gauche). (D’après Sappey.)

ANNEXES DE l/OEIL.

de l’unguis à la crête lacrymale de l’apophyse montante du maxillaire supérieur, transforme la fosse lacrymale osseuse en une sorte de cavité close. C’est dans cette cavité que le canal d'union est contenu. De direction à peu près horizontale, il est long de 0 mm. 8 à 3 millimètres. Parvenu au sac lacrymal, il débouche à peu de distance de l’extrémité supérieure de celui-ci, en arrière du ligament palpébral interne. Les deux canaux peuvent d’ailleurs s’ouvrir isolément dans le sac lacrymal .

3° Sac lacrymal. — Le sac lacrymal est placé à la partie in-terne delà

Fkj. G93. — Direction générale et rapports avec le squelette du canal lacrymo-nasal.

(D’après Sappey.)

1, cloison des fosses nasales. — 2, extrémité antérieure du cornet moyen. — 3, méat moyen. — 'i, coupe du cornet inférieur au niveau de l’embouchure du canal nasal. — 5, méat inférieur. — 6, sac lacrymal. — 7, conduits lacrymaux. — 8, canal nasal. — 9, valvule de Horner. — 10, sinus maxillaire.

hase de l’orbite. C’est un réservoir membraneux cylindrique un peu incliné par son extrémité supérieure sur le plan sagittal, et à grand axe faiblement incurvé en arrière. Sa hauteur est de 12 à 14 millimètres, sa capacité est en moyenne de 20 millimètres cubes, mais elle peut atteindre jusqu’à 120 centimètres cubes.

L’extrémité supérieure arrondie ou fond du sac lacrymal est placée •entre le muscle orbiculaire en avant et le ligament large des paupières Abrégé d’Anat. — III. 72

APPAREIL VISUEL

en arrière. Elle dépasse généralement le bord supérieur du ligament palpébral interne et se trouve placée à 15 millimètres au-dessous de la poulie du grand oblique; à ce niveau passent la racine inférieure de la veine ophtalmique supérieure, l’artère nasale et le nerf nasal externe. La face antérieure est en rapport avec le ligament palpébral interne, qui la croise transversalement. La face postérieure répond au tendon réfléchi du muscle orbiculaire doublé du muscle de Horner. La face externe est comprise dans l’angle d’écartement du tendon direct et du tendon réfléchi du muscle orbiculaire. La face inférieure est unie au périoste de la gouttière lacrymale par un feutrage de fibres conjonctives, dans lequel se trouve un plexus veineux très développé. Profondément, celte face répond au groupe des cellules ethmoïdales antérieures.

Le sac lacrymal est tapissé par une muqueuse mince, de coloration rosée. Ce sac présente fréquemment deux diverticules : l’un occupe la paroi externe du canal, c’est le sinus de Maier; l’autre occupe la paroi antérieure, c’est le recessus de Arlt. Les deux conduits lacrymaux se jettent parfois dans le premier de ces diverticules.

4° Canal nasal. — Ce canal fait suite au sac lacrymal et vient s’ouvrir dans le méat inférieur des fosses nasales. Le canal affecte la forme d’un cylindre aplati latéralement. Son diamètre antéro-postérieur mesure 3 millimètres, son diamètre transversal 2 mm. 5 environ. Le canal est uni solidement au périoste du canal osseux qui le contient par une couche de tissu conjonctif engainant un plexus veineux.

Le canal osseux dessine, en dehors, sur la paroi interne du sinus maxillaire, une légère saillie verticale; en dedans, il répond à la paroi externe des fosses nasales au niveau de de légers replis. —3', repli sem- la partie antérieure du méat moyen, biabie appartenant aia muqueuse L 'orifice inférieur du canal nasal se trouve

du canal nasal. 11 . .

à l’union du quart antérieur avec le premier quart moyen du méat inférieur, point éloigné de 3 centimètres du bord inférieur dé l’orifice postérieur de la narine correspondante. Cet orifice affecte généralement une forme ovalaire à grand axe vertical. Dans d’autres cas, il est arrondi. Il est généralement placé à 4 ou 5 millimètres au-dessous de l’orifice du canal nasal osseux.

— Un grand nombre de plis muqueux, situés sur la mu-

Fio. 694.— Voies lacrymales ouvertes par leur partie antérieure. (D’après Sappey.)

i, conduitslacrymaux — 2, sac lacrymal dont la muqueuse offre

Valvules.

ANNEXES DE I/OEIL

queuse des voies lacrymales, ont été décrits sous le nom de valvules: valvule de Bochdaleck (au niveau des points lacrymaux), valvule de Foltz (au niveau de l’angustia), valvules de Rosenmüller et de Huschke (au niveau de l’orifice du sinus de Maier dans le sac lacrymal), valvule de Béraud (au niveau de l’orifice supérieur du canal nasal) et valvule de Taillefer (au niveau de la partie moyenne de ce canal). Enfin sur le bord interne de l’orifice terminal du canal existe une sorte de repli muqueux constant, c’est la valvule de H orner qui représente un vestige du diaphragme membraneux qui obture l’orifice nasal des voies lacrymales avant la naissance.

Structure. — Les voies lacrymales sont tapissées par une muqueuse qui se continue en haut avec la conjonctive, en bas avec la pituitaire. Cette muqueuse est renforcée sur les conduits lacrymaux par la gaine musculaire, dépendante de l’orbiculaire et du muscle de Horner, et par une enveloppe conjonctivo-élastique. Sur le sac lacrymal et le canal nasal la muqueuse est également renforcée par une épaisse couche fl bro-élastique creusée de canaux veineux.

La muqueuse comprend un épithélium reposant sur une membrane basale; il est paviinenteux, cylindrique, stratifié. Quant au derme, il est infiltré de cellules lymphatiques souvent disposées en follicules.

Vaisseaux. — Le sac lacrymal et le canal nasal reçoivent leurs artérioles de la palpébrale inférieure et du rameau interne de la nasale.

Les veines se jettent dans les veines sus-orbitaires et dans la veine angulaire de la face.

Les lymphatiques sont tributaires des ganglions rétro-pharyngiens, parotidiens et sous-sterno-mastoïdiens.

Les nerfs proviennent du nasal externe, sauf pour la partie inférieure du canal nasal qui reçoit des filets des nerfs dentaires antérieurs.

APPAREIL AUDITIF

L’appareil auditif comprend : 1° Y oreille externe , formée par le pavillon de l'oreille , prolongé par le conduit auditif externe ; 2° Yoreille moyenne , constituée par la caisse du tympan , qui loge les osselets de l'ouïe et présente une membrane vibrante, la membrane du tympan ; 3° Yoreille interne , tapissée par un épithélium sensoriel où viennent s’épanouir les ramifications terminales du nerf auditif. L’oreille externe est l’organe de réception, V- l’oreille moyenne, l’organe de transmission, — l’oreille interne, l’organe de perception des vibrations sonores.

DÉVELOPPEMENT

Au point de vue embryologique, l’oreille se compose de deux parties

bien distinctes : l’oreille interne, qui dérive de la vésicule auditive; l’oreille moyenne et externe , qui représente des produits de transformation de l’appareil branchial.

A. Oreille interne. — Le premier rudiment de l’oreille interne est représenté par une fossette ectodermique, la fossette auditive , qui apparaît sur l’embryon de 3 millimètres (19 jours), en arrière de la 2e fente branchiale. Cette fossette se transforme bientôt en une vésicule(vésicule auditive), qui vient s’appliquer sur la paroi latérale du cerveau poslérieur et perd tout rapport avec l’ectoderme. Cette vésicule s’étrangle bientôt à sa partie moyenne et se dilate à sa partie antérieure et à sa partie postérieure, pour former le saccule en

Fig. 696. — Développement de l’oreille interne (schématique).

Coupe transversale (côté droit) segment inférieur de la coupe.

1. Coupe du canal cochléaire. — 2. Partie initiale du canal cochléaire. — 3. Saccule. — 4. Utricule. — 5. Canal endolymphatique. — 6. Canal semi-circulaire postérieur.

DÉVELOPPEMENT

avant, l’utricule en arrière. En mêmetemps, la partie moyenne étranglée pousse un prolongement en bas et en arrière, le canal endolymphatique, qui paraît dès lors rattaché à l’utricule et au saccule par un pédicule bifurqué qui n’est autre que la partie moyenne de la vésicule auditive. Ultérieurement, l’utricule émet trois prolongements qui s’orientent suivant les trois plans de l’espace et forment les canaux semi-circulaires. En

Br. inf. can. endol. Tache acoustique1 Esp. péril.

Canal de réunion Rampe vestibulaire

Tissu conj. pré-épithél. -

Couche épithéliale ( endothélium )

Crète acoustique

Crête acoustique

Espace périlymphalique Labyr. osseux j

Canal semi-circulaire Tache ac

Br. sup. can. endol.

Lab. osseux —

Périoste

Esp. périlymphalique Tissu conj .peri-épilhél.

Pli sép.l’ulric.du sacc.

Confluenlpérilymphat .

Etrier et fenêtre ovale

Cul-de-sac limaçon

Pénétré ronde

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