‹ Abrégé d'anatomie (volume 2)Chapitre 26 sur 233 · PAVILLON DE L OREILLE · texte numérisé non relu

PAVILLON DE L OREILLE

Le pavillon de l’oreille constitue une sorte d’entonnoir de forme irrégulière qu’on désigne vulgairement sous le nom d’oreille.

Situation et topographie. — Il est placé sur les parties latérales de la tête, et se trouve presque à égale distance de l’angle externe de

1, Les chapitres « Oreille externe et oreille moyenne » ont été rédigés par M. le Dr Guibé, dans le Traité d' Anatomie humaine.

OREILLE EXTERNE

Hélix:

Trizgus.

Iricisura . y.

. Anmèllx.

Conxjux

Anlilrccgua

Lobule,

l’œil et de la protubérance occipitale externe. Il est compris entre deux horizontales dont la supérieure rase le point culminant de l’arcade sourcilière, et dont l’inférieure passe au-dessous de la sous-cloison du nez.

Direction. — Le grand axe du pavillon est légèrement incliné en haut et en arrière, et fait avec la verticale un angle, d’environ 10°, ouvert en haut; il est à peu près parallèle à la branche montante du maxillaire inférieur.

Le pavillon s’insère los. dè l’cuzth.

sur le crâne selon un angle qui varie de 25 à 45°. La mobilité du pavillon est grande, en haut et en arrière surtout, et il peut être aisément déplacé sur les parties profondes.

Dimensions. — Les dimensions du pavillon sont très variables : là longueur maxima oscille entre 5 et 8 centimètres; la largeur , entre 3 et 5 centimètres ; mètres.

Configuration extérieure. — Le pavillon affecte une forme générale ovalaire et aplatie, de sorte qu’on peut lui décrire deux faces et une circonférence.

1° Face externe. — Cette face regarde en dehors et en avant. Elle présente une série de saillies et de sillons qui ont reçu des noms spéciaux. Elle est bordée à sa périphérie, en avant, en haut et en arrière, par un repli curviligne, mousse ou tranchant, Yhélix. Celui-ci prend naissance dans une cavité qui est la conque par une crête ou racine de V hélix et se prolonge en bas, en s’effaçant peu à peu jusqu’à la naissance du lobule. Il circonscrit ainsi la plus grande partie du pavillon. Il présente parfois à sa partie postéro-supérieure un petit tubercule, le tubercule de Darwin.

En avant de l’hélix, se trouve une deuxième saillie, également curviligne, Y anthélix, qui, née dans la concavité antéro-supérieure de l’hélix, descend à peu près concentriquement à lui, en s’en rapprochant cependant, et se termine dans l’antitrao-us.

Fig. 698.

E^.Cuy

Le pavillon de l’oreille (côté gauche).

la hauteur d'insertion , entre 3 et 6 centi-

APPAREIL AUDITIF

Entre l’hélix et l’anthélix se trouve un sillon plus ou moins profond, surtout en haut, la gouttière de l'hélix. — A la partie inférieure de l’anthélix, on remonte une petite saillie, c’est Y antitragus.

Sur le contour antérieur du pavillon, en avant du méat auditif et le recouvrant en partie, est une autre saillie, le tragus. Le tragus a une forme triangulaire à base d’insertion antérieure, à sommet postérieur libre arrondi ou carré. Il est souvent surmonté d’une éminence plus pe tite, le tubercule supra tragique. Il est séparé en haut de l’hélix, par un sillon, sillon antérieur de V oreille, en bas, de l'antitragus, par une profonde échancrure, échancrure inter Ira gienne.

La conque est une cavité profonde, limitée en avant, par le tragus, en haut et en arrière, par l’anthélix, en bas, par l’antitragus. La racine de l’hélix la divise en deux portions : l’une supérieure petite, l’autre inférieure plus grande, se continuant avec le conduit auditif externe.

Au-dessous de toutes ces parties, pend une masse charnue et molle, le lobule , à sommet inférieur arrondi, et séparé des parties voisines par de petits sillons pré-- sus- et rétro-lobulaires.

2° Face interne. — La face interne du pavillon se compose de deux parties : une partie adhérente et une partie libre.

La partie adhérente correspond au tiers antérieur du pavillon et s’insère sur la partie latérale de la base du crâne, selon une surface ovalaire, verticale, en se continuant avec le conduit auditif externe et les téguments voisins.

La partie libre comprend les deux tiers postérieurs du pavillon et présente des inégalités qui reproduisent en sens inverse les saillies et les dépressions de la face externe.

3° Circonférence. — La circonférence du pavillon est constituée en avant, en haut et en arrière, par l’hélix, — en bas, par le lobule, — en avant, par la racine de l’hélix et par le tragus 1 .

Structure. — Le pavillon de l’oreille est essentiellement formé par un squelette fibro-cartilagineux entouré d’une enveloppe cutanée.

Fibro-cartilage du pavillon. — Le fibro-cartilage du pavillon occupe la plus grande partie du pavillon de l’oreille, à l'exception du lobule, simple repli cutané. Il reproduit, mais accentuées, les saillies et les dépressions du pavillon lui-même. Il présente ainsi des saillies correspondant à l’hélix, à l’anthélix, au tragus et à l’antitragus.

Le cartilage de l’hélix a un bord libre crénelé; près de son origine se trouve un petit tubercule, ou épine de l'hélix , et il se termine en une languette ou queue de l'hélix. Le cartilage de l’anthélix se continue

1. La morphologie du pavillon est extrêmement variable, — ses malformations sont loin d'être rares, et on les considère généralement comme des stigmates de dégénérescence. — La plupart constituent en tous cas de véritables anomalies réversives.

OREILLE EXTERNE

avec celui de l’antitragus. Quant au cartilage du tragus, de même forme que lui, il se continue par sa base avec le cartilage du conduit auditif, et présente à son sommet deux éminences , tragienne et sus-tragienne.

Le cartilage du pavillon est d'épaisseur inégale; mince au niveau de l’hélix, il est plus épais au niveau de la conque.

C’est un cartilage élastique. Il peut subir, chez les gens âgés, une calcification plus ou moins complète.

Ligaments et muscles du pavillon de l’oreille.

— Au cartilage du pavillon sont annexés des ligaments et des muscles.

I. Ligaments. — On les distingue en intrinsèques et extrinsèques.

1) Les ligaments intrinsèques sont des faisceaux conjonctifs insérés par leurs deux extrémités sur le pavillon même. Ils relient entre elles les différentes parties du cartilage.

2) Les ligaments extrinsèques unissent le pavillon au temporal. — On en distingue généralement deux : antérieur, allant de l’aponévrose temporale à la partie antérieure de la conque, et postérieur , allant de la mastoïde à la convexité de la conque.

IL Muscles. — Comme les ligaments, ils sont extrinsèques et intrinsèques.

1) Les muscles extrinsèques sont au nombre de trois : auriculaire supérieur , auriculaire antérieur , auriculaire postérieur, (v. T. I.

2) Les muscles intrinsèques unissent les divers segments du cartilage du pavillon entre eux ou à la peau qui les recouvre. On distingue ainsi: le grand muscle de l'hélix; le petit muscle de l'hélix ; le muscle du tragus, comprenant deux faisceaux, un faisceau principal et un faisceau accessoire ou muscle pyramidal du pavillon: le muscle de Vanti-

M. aur. sup

M. trago-hel.

M. du tragus

M. de l’antit.

Fig. 699. — Muscles du pavillon de l’oreille. Face externe (Tatarofï .

APPAREIL AUDITIF

tragus; le muscle dilatateur de la conque; les muscles transverse et oblique du pavillon.

L'action de ces muscles est très faible, leur importance pratique nulle. Atrophiés chez l’homme, ils dérivent tous du muscle peaucier du cou.

Peau du pavillon de l’oreille. — La peau du pavillon de l’oreille se continue avec celle des parties voisines. Elle est mince, rosée, transparente, et tapisse étroitement le cartilage. Elle déborde le cartilage de l’hélix et forme le lobule en s’adossant à elle-même par l’intermédiaire d’une couche de graisse abondante.

Elle est doublée d’un tissu cellulo- graisseux sous-cutané , assez épais sur la face interne où la peau est peu adhérente; très mince, au contraire, sur la face externe où la peau adhère au cartilage. La peau du pavillon présente des glandes sébacées, quelques rares glandes sudoripares et de nombreux poils. Mais ceux-ci restent rudimentaires. Certains sujets présentent cependant, sur la face profonde du tragus, un bouquet de poils raides, comparables aux vibrisses des fosses nasales.

Vaisseaux et nerfs. — 1° Artères. — Les artères du pavillon viennent toutes de la carotide externe par l’intermédiaire de l’auriculaire postérieure et de la temporale superficielle.

a) Les branches de l’artère temporale superficielle forment les artères auriculaires antérieures . Elles sont au nombre de trois : supérieure ou artère principale de l’hélix, moyenne ou artère de la racine de l’hélix et inférieure ou artère du tragus et du lobule.

b) Les branches de l’artère auriculaire postérieure irriguent la face interne du pavillon et forment deux groupes, supérieur et inférieur, naissant au-dessus et au-dessous du muscle auriculaire postérieur.

2° Veines. — On les divise en deux groupes : groupe antérieur , allant à la veine temporale superficielle et groupe postérieur, allant aux veines auriculaires postérieures. Toutes se terminent dans la veine jugulaire externe.

3° Lymphatiques. — Ils forment, sur toute la surface du pavillon, un riche réseau dont les troncs collecteurs vont : les antérieurs , à un ganglion prétragien ; les postérieurs aux ganglions mastoïdiens ; les inférieurs , aux ganglions sous- sterno-mastoïdiens et aux ganglions de la chaine jugulaire externe.

4° Nerfs. — Les nerfs moteurs sont fournis par le facial. Les nerfs sensitifs viennent de Y auriculo-temporal et de la branche auriculaire du plexus cervical superficiel.

Il existe enfin de nombreuses fibres sympathiques vaso-motrices.

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