FOSSES NASALES PROPREMENT DITES
Les fosses nasales osseuses ont été étudiées au tome I, p. 179. Il nous
Fin. 733. — Coupe frontale des fosses nasales.
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reste à décrire la muqueuse qui les tapisse et se prolonge dans les sinus de la face.
Caractères physiques. — L’ épaisseur de la muqueuse pituitaire varie suivant les points considérés. Elle est maxima dans l’étage inférieur ou respiratoire des fosses nasales ; sur le bord libre des cornets moyen et inférieur, elle atteint jusqu’à 3 et 4 millimètres d’épaisseur.
Sa coloration chez le vivant est partout rosée, violacée sur le bord
libre et sur la queue des cornets seulement où il existe un système érectile. La région olfactive présente un reflet jaunâtre.
De consistance molle et friable sur le cadavre, elle est plus résistante sur le vivant.
Adhérence. — La pituitaire est très adhérente au périoste avec lequel elle se décolle. L’adhérence de cette fîbro-muqueuse au squelette, faible au niveau du plancher, des méats et de la cloison osseuse, est plus intime au niveau des sinus et des cornets.
Trajet. — La muqueuse pituitaire revêt fidèlement les parois des fosses nasales osseuses et se continue, en avant, avec la peau des narines, en arrière, avec la muqueuse du pharynx.
Notons les détails intéressants qu’elle présente dans son trajet.
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1° La muqueuse du plancher forme un petit cul-de-sac peu profond au niveau de l’orifice supérieur du canal palatin antérieur.
2° Au centre de la cloison, la muqueuse s’épaissit et se soulève en un bourrelet allongé horizontalement, le tubercule de la cloison, qui limite avec le cornet moyen la fente olfactive. La cloison est le siège de nombreuses déformations d’origine squelettique : éperons, crêtes, incurvations, déviations.
A quelques millimètres au-dessus du canal incisif, une gouttière
étroite, oblique en haut et en arrière, conduit dans une petite cavité tubulaire, logée dans la muqueuse septale. Cette formation, l 'organe de Jacobson , qui est rare chez l'adulte, représente une fosse nasale rudimentaire.
3° Sur le toit des fosses nasales, la pituitaire ferme les trous de la lame criblée et présente Y orifice du sinus sphénoïdal. Cet orifice est situé à mi-hauteur de la face antérieure du sphénoïde, plus près de la paroi externe des fosses nasales que de la cloison. Il est ovale et son grand axe vertical mesure 3 millimètres. Un repli delà muqueuse le dissimule partiellement. Par cet orifice la muqueuse pituitaire s’invagine dans le sinus sphénoïdal.
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4° La paroi externe, en arrière des fosses nasales, est séparée du cavum naso-pharyngien par le sillon nasal postérieur, et du corps du sphénoïde par le recessus sphéno-ethmoïdal. A la partie inférieure de ce recessus, la pituitaire rencontre et ferme le trou sphéno-palatin.
La paroi externe, en avant des cornets inférieur et moyen, est plane, lisse, et porte le nom d 'agger ou de carina. Elle est quelquefois soulevée par la saillie du canal lacrymal. Le reste de la paroi externe des
Fig. 736. — Paroi externe des fosses nasales : les cornets moyen et inférieur ont été réséqués.
fosses nasales est occupé par les cornets et les méats, très différents à l’état frais de l’état squelettique.
A. Cornets. — Les cornets sont au nombre de 3, quelquefois de 4 quand le cornet supérieur est dédoublé.
Chaque cornet a une extrémité antérieure élargie ou tète ; un corps fusiforme; une extrémité postérieure ou queue , tantôt effilée, tantôt renflée ; une face interne ou septale convexe, un bord inférieur libre, une face externe , excavée en gouttière.
Les 3 cornets ont leurs queues dans un plan vertical affleurant les choanes; leurs têtes se disposent suivant une ligne oblique parallèle au dos du nez et située à 25 millimètres en arrière de lui.
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B. Méats. — Bans le méat supérieur , on voit d’ordinaire 3 orifices conduisant dans les cellules ethmoïdales postérieures.
Au niveau du méat moyen , en arrière de l’apophyse unciforme, la pituitaire s’enfonce dans une gouttière étroite et profonde, la gouttière infunclibulaire. Celle-ci reçoit en avant le canal naso-frontal, qui conduit dans le sinus frontal (voir plus loin).
A la partie inférieure de la gouttière infundibulaire s’ouvre l’orifice normal du sinus maxillaire, orifice elliptique horizontal mesurant 3 à 19 millimètres de largeur et quelquefois, en arrière de celui-ci, l’orifice accessoire, de forme circulaire.
A la partie moyenne du sillon infundibulaire s’ouvrent plusieurs petits orifices arrondis des cellules ethmoïdales antérieures.
En arrière de la bulle ethmoïdale, dans une gouttière dite rétrobullaire, s’ouvre, par un petit pertuis, la cellule de la bulle.
Le méat inférieur , spacieux, présente sur sa paroi externe l’orifice inférieur du canal lacrymo-nasal. Cet orifice a le plus souvent la forme d’une fente précédée d’un sillon et est situé à 6 ou 7 millimètres audessous du sommet du méat.
Structure de la pituitaire. — La structure de la pituitaire diffère dans la région olfactive et dans la région respiratoire.
A. Région respiratoire. — La pituitaire se compose de deux couches : la couche superficielle oü épithélium , la couche profonde ou chorion.
1) L’ épithélium est stratifié. Les cellules profondes sont arrondies, les superficielles sont cylindriques, ciliées. Déplacé en place, il y a quelques cellules caliciformes.
2) Le chorion est formé de nombreuses cellules fixes, de fibres conjonctives rares et de quelques fibres élastiques. Il est infiltré de nombreuses cellules lymphatiques et de tissu adénoïde dans la partie la plus reculée du méat inférieur. La zone profonde du derme au niveau des cornets est transformée en un véritable tissu érectile.
Sa face profonde est distincte du périoste ; une membrane basale le sépare de l’épithélium.
Glandes. — Les glandes sont très nombreuses, surtout au niveau des cornets. Elles sont en grappes, et Sappey les a divisées, d’après leur forme, en glandes en épi et en glandes globuleuses.
B. Région olfactive. — Elle comprend le méat et le cornet supérieur, une partie du méat moyen et la zone correspondante de la cloison.
Le derme renferme un grand nombre de glandes tubuleuses. Leur épithélium est infiltré de granulations pigmentaires jaunes ou brunes.
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h' épithélium se compose de 3 ordres de cellules : des cellules olfactives, des cellules de soutènement et des cellules basales.
Les cellules de soutènement sont cylindriques; elles présentent audessous du noyau un prolongement profond très grêle, quelquefois ramifié, qui descend jusqu’à la basale.
Les cellule * basales, étoilées, anastomosées, forment un réseau protoplasmique à la limite du derme et de l’épithélium.
Les cellules olfactives , cellules de Schultze , sont les véritables cellules sensorielles. Elles sont fusiformes, renferment à leur partie moyenne, renflée, un noyau transparent et arrondi. Leur
extrémité périphérique se termine par un bâtonnet à la surface libre de la muqueuse; leur extrémité centrale, grêle, flexueuse, paraît se continuer avec une fibre du nerf olfactif.
Vaisseaux et nerfs. — 1) Les artères viennent de la sphéno-palatine, de l’artère de la sous- Fig. 738. — Artères de la paroi externe des fosses nasales, cloison et des deux
ethmoïdales.
La cloison reçoit ses artères de la branche interne de la sphéno-palatine, des branches internes des ethmoïdales et de l’artère de la sous-cloison. Ces artères s’anastomosent entre elles et avec la terminaison de la palatine supérieure, Lhi peu au-dessus de l’épine nasale antérieure, il
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existe un carrefour artériel, la tache vasculaire de la cloison.
La paroi externe reçoit, principalement de la branche externe de la sphéno-palatine, les artères du cornet et du méat moyens ; accessoirement, quelques petits rameaux de la palatine supérieure, des branches externes des ethmoïdales, de l’artère de l'aile du nez.
2) Les veines efférentes, nées par un réseau sous-épithélial et par un
G. Meckel N. vidien.
Bac.symp.
> n. vid.
Ram.
pharyng.
N. palat. post.
N. palat. moy.
N. palat. ant.
Filet Ram. N. naso- N. max.
ethmoïdal. olfact. int. palat. sup.
A UJ*
R. palat. muq.
Fig. 739. — Nerfs de la paroi externe des fosses nasales. (D’après llirchsfeld.)
réseau profond (véritable corps érectile dans certains points delà pituitaire), forment 4 groupes :
1° Le groupe inférieur , venu du vestibule et de la région voisine, gagne la veine faciale.
2° Le groupe supérieur est formé par les veines ethmoïdales, satellites des artères et tributaires de l’ophtalmique.
3° Le groupe postéro-inférieur se jette dans les veines du voile du palais et des plexus pharyngiens latéraux.
4 ’ Le groupe postéro-supérieur , voie principale, va à travers le trou sphéno-palatin dans le plexus ptérygoïdien.
3) Les lymphatiques aboutissent aux ganglions rétro-pharyngiens et carotidiens supérieurs.
SINUS
Nerfs. — La pituitaire reçoit un nerf de sensibilité spéciale , Y olfactif, dont le territoire est limité à une surface de icm£i,5.
Les nerfs de sensibilité générale viennent du trijumeau par le
N. naso-palatin. Ram. int. n. olf.
Bulbe olf .
F. ethmoïd.
---N. nas. lob.
Ram. prof, du f. ethm.
Fig. 740. — Nerfs de la cloison des fosses nasales. (D’après Hirschfeld.)
rameau nasal interne de l’ophtalmique et par les nerfs sphéno-palatins, palatin antérieur et nasaux supérieurs du nerf maxillaire inférieur.
Les nerfs sympathiques , venus du ganglion sphéno-palatin, se distribuent aux vaisseaux et aux glandes.
§ 4. SINUS
Les sinus sont des cavités irrégulières annexées aux fosses nasales. Ils sont au nombre de 4 de chaque côté, à savoir : le sinus frontal, les cellules ethmoïdales, le sinus sphénoïdal, le sinus maxillaire.
1) Sinus frontaux. — Au nombre de 2, l’un droit, l’autre gauche, ils n’apparaissent que vers 15 ans et ont un développement très variable suivant les sujets et d’un côté à l’autre. En forme de pyramides triangulaires creuses, ils présentent trois parois, une base et un sommet.
a) La paroi antérieure ou cutanée, ordinairement épaisse, est recouverte par les téguments de la région sourcilière.
b) La paroi postérieure ou cérébrale, mince, est en rapport avec les méninges, l’origine du sinus longitudinal et le pôle antérieur du lobe frontal.
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c) La paroi interne est formée par la cloison médiane intersinusale, mince, quelquefois perforée, fréquemment déviée latéralement.
d ) Le sommet , supérieur, est à l’union de la paroi cutanée et de la paroi cérébrale. Il remonte à un niveau variable.
e) La base ou paroi inférieure, orbito-nasale, véritable paroi chirurgicale, est en rapport, par sa moitié externe, avec la paroi supérieure de l’orbite, par sa moitié interne, avec les cellules ethmoïdales.
Le sinus frontal s’ouvre dans le deuxième méat par le canal frontal , long de 10 à 15 millimètres, large de 2 à 3 millimètres, oblique en bas, en dedans et en arrière. Son oriiîce nasal est dans le prolongement de la gouttière de l’unciforme.
2) Cellules ethmoïdales. — Constituées par des cellules développées dans l’ethmoïde seul ou par des demi-cellules ethmoïdales complétées par un autre os du voisinage, elles forment par leur réunion le labyrinthe ethmoïdal. Celui-ci est contigu en avant au sinus frontal, en arrière au sinus sphénoïdal, en bas au sinus maxillaire, et est compris entre les fosses nasales, la cavité orbitaire et la cavité crânienne. Il représente un cube à six faces. Les deux faces principales sont nasale et orbitaire , les quatre autres sont creusées de demi-cellules que complètent : en haut le frontal, en bas le maxillaire supérieur et le palatin, en avant la branche montante du maxillaire supérieur et l’unguis, en arrière le palatin et le sphénoïde.
Les cellules ethmoïdales, au nombre de 7 à 8, forment deux groupes :
a) les cellules antérieures, ou cellules du 2e méat, viennent s’ouvrir, les unes, dans la moitié supérieure de la gouttière de l’infundibulum, sur les parois du canal frontal, les autres, dans la gouttière de la bulle;
b) les cellules postérieures, volumineuses, s’ouvrent dans le méat supérieur par trois ou quatre orifices.
Rarement une des cellules ethmoïdales postérieures s’ouvre dans le 4e méat. La plus postérieure des cellules de ce groupe se met en rapport immédiat avec le sinus sphénoïdal et le canal optique.
3) Sinus sphénoïdaux. — Ils sont au nombre de 2, l’un droit, l’autre gauche, et séparés l’un de l’autre par une cloison mince, souvent déviée latéralement. Leur développement est variable.
Ils peuvent être petits, moyens ou grands. Les sinus de dimensions moyennes occupent exclusivement le corps du sphénoïde. Les grands sinus ont des, prolongements, dits : antérieur (autour du canal optique), palatin (en contact avec le sinus maxillaire), ptérygoïdien (dans la base des grandes ailes du sphénoïde), basilaire (dans l’apophyse basilaire de l’occipital).
Le sinus sphénoïdal, de forme cubique, présente six parois : a ) la paroi supérieure , crânienne, répond à la selle turcique, au corps pitui-
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taire, au chiasma optique ; b) la paroi inférieure , épaisse, résistante, est rhino-pharyngée ; c) la paroi latérale ou externe présente deux segments : un segment postérieur , crânien, en rapport avec le sinus caverneux, la carotide interne et les nerfs contenus dans la paroi externe du sinus caverneux ; un segment antérieur , orbitaire, en rapport avec le canal optique et la partie interne de la fente sphénoïdale; cl) la paroi médiale ou interne est formée par la cloison ; e) la paroi postérieure répond à l’apophyse basilaire ; /') la paroi antérieure est en connexion, dans son segment supérieur, avec la partie postérieure du labyrinthe ethmoïdal, et, par son segment inférieur, forme la partie postérieure de la voûte des fosses nasales. Sur ce segment est l’orifice nasal du sinus sphénoïdal, ovalaire, mesurant 2 millimètres et situé plus près du toit que de la base du sinus.
4) Sinus maxillaires. — Les sinus maxillaires ou antres d’Highmore, les plus vastes de la face, creusés dans les maxillaires supérieurs, pairs et symétriques, ont une capacité et des dimensions variables.
Les grands sinus envoient des prolongements : en haut, dans la branche montante du maxillaire supérieur (prolongement orbitaire ) ; en dehors, dans l’os malaire (prolongement malaire) ; en bas, dans le bord alvéolaire (prolongement alvéolaire) et vers la voûte palatine (prolongement palatin inférieur) ; en haut et en arrière vers la partie supérieure du palatin (prolongement palatin supérieur).
Le sinus maxillaire a la forme d’une pyramide quadrangulaire à base nasale, interne, à sommet externe, malaire, et présente quatre parois : 1) la paroi antérieure , concave, répond à la fosse canine et, au-dessus du cul-de-sac gingivo-labial, est recouverte par les parties molles de la joue; 2 et 3) la paroi postérieure et la paroi inférieure s’unissent suivant un bord mousse, sont convexes et limitent en avant la fosse zygomatique; 4) la paroi supérieure , plane, a des rapports intimes avec le nerf et l’artère sous-orbitaires et les parties molles de l’orbite.
La base ou paroi nasale répond aux méats moyen et inférieur. Ses rapports sont surtout étendus avec le méat inférieur.
Le sommet s’étend jusqu’à la moitié interne de l’os malaire.
Des 4 bords du sinus maxillaire, le seul intéressant, en pathologie, est le bord inférieur ou alvéolaire qui est en rapport avec les racines des 2 premières grosses molaires et de la 2e pré-molaire.
Le sinus maxillaire s’ouvre dans la fosse nasale par le canal maxillaire, long de 6 à 8 millimètres, large de 3 à 5 millimètres, qui naît sur la partie supéro-interne du sinus et s’ouvre à l’extrémité postérieure de la gouttière de l’infundibulum par une fente elliptique, longue de 3 à 19 millimètres, large de 3 à 6.