AMYGDALES
Préparation. — On préparera les amygdales et les piliers en même temps que le pharynx.
Digastr
Pavot.
Espace
Hro-styl.
Pt. int.
Diaphr.
styl.
Espace pré styl.
Ligam.
pt. maxill.
Cloison sagit.
ô'. Espace prévert.
Constr.
svp.
Amygd.
Définition. — Les amygdales ou tonsilles , amygdales palatines pour les distinguer des amygdales pharyngiennes et linguales, sont deux corps glandulo-lymphatiques situes sur les côtés et un peu en arrière de l’isthme du gosier. Elles ont les fonctions des organes lymphatiques : formation des globules blancs, défense de l’organisme contre les invasions microbiennes
(fig. 745 et 747).
Elles sont situées dans la loge amy gdalienne (excavation, fosse amygdalienne ) , entre les deux piliers, débordant le pilier antérieur , débordées par le pilier postérieur. Leur forme, leur volume sont ceux d’une amande , d’où elles ont tiré leur nom. Elles sont à peu près verticales, et leur longueur est de 2 centimètres.
L’amygdale est maintenue en place : par la continuité de sa muqueuse avec celle des piliers, et par son adhérence profonde à la tunique Abréffé d’Anat. — III. 77
Pilier ant.
Langue
Fig. 749. — Rapports de l'amygdale sur la coupe horizontale (d'après Arsimoles).
La capsule de l’amygdale se confond avec la tunique fibreuse du pharynx qui recouvre par devant le constricteur supérieur. L’amygdale est en rapport avec l’espace préstyiien où se développent les phlegmons périamygdaliens. Les deux espaces pré et rétro-styliens, division de l’espace maxill o pharyngien, sont séparés par le diaphragme stylien (M. stylo-pharyngien, le plus interné ; M. stylo-hyoïdien, stylo-glosse). C’est dans l’espace rétro stylien que font saillie la parotide et les gros vaisseaux.
Comparez avec la figure 76ï et la description de l’espace maxillo-pharyngien qui l'accompagne.
APPAREIL DIGESTIF
fibreuse du pharynx et à des muscles qui prennent insertion sur elle (muscles tonsillaires).
On lui décrit deux faces, deux bords et deux extrémités ou pôles.
La face interne ou libre, saillante dans le pharynx, a un aspect criblé dû à des orifices qui conduisent dans des diverticules, appelés cryptes, amygdaliens. Cette face est souvent recouverte partiellement ou même complètement par un pli muqueux, le pli triangulaire ; on dit alors que l’amygdale est encapuchonnée.
La face externe ou adhérente, profonde, convexe, est tapissée par la tunique fibreuse du pharynx, qui lui adhère, et par le constricteur supérieur du pharynx. Elle est située un peu au dessus de l’angle de la mâchoire, en avant et en dedans de l’espace maxillo-pharyngien. La carotide interne et la carotide externe en sont éloignées de 2 centimètres, et séparées par les muscles styliens. L’artère faciale lui est parfois contiguë, et c’est le seul gros vaisseau qui puisse être atteint dans une opération.
Le bord antérieur ou externe longe le pilier antérieur; le bord postérieur ou interne, le pilier postérieur.
Le pâle supérieur répond à la fossette sus-amygdalienne; le pôle inférieur , a la base de la loge et se rapproche de la langue.
Structure. — Une coupe transversale microscopique de l’amygdale suffit pour montrer que cet organe est formé par un plissement de la muqueuse et que ce système de plis est enchâssé dans une coque fibreuse, la capsule. La capsule, épaisse de 1 millimètre au plus, est une sorte de coupe, qui par sa convexité adhère aux muscles et aux aponévroses voisines et fixe la glande, tandis que sa concavité émet des prolongements conjonctifs qui s’enfoncent entre les plis muqueux et portent les vaisseaux. Les plis de la muqueuse représentent autant de glandes folliculeuses (fig. 755).
Une glande folliculeuse, dont le type simple existe à la hase de la langue, est une invagination sacciforme de la muqueuse. La muqueuse conserve son épithélium pavimenteux, mais son derme est infiltré de follicules lymphatiques, visibles à l’œil nu comme des points ou de fines granulations. La cavité du sac porte le nom de crypte, crypte muqueux. Des glandes en grappe y déversent leur produit, et elle se remplit d’une masse concrète, d’un magma, souvent caséeux, qui renferme des cellules épithéliales desquamées, des globules blancs sortis par diapédèse et de nombreuses bactéries. Cette masse ne sort que difficilement par l’étroit orifice du crypte.
L’amygdale est une agglomération d’une douzaine de glandes folliculeuses. Leur forme y est irrégulière et compliquée. Les cryptes amygdaliens anfractueux débouchent tantôt à la surface par des orifices
BOUCHE
longues
poches
ou
Orif. tub.
arrondis, et tantôt s’unissent en deux ou trois même en une seule fente verticale.
L’amygdale n’atteint son développement complet que dans le cours de la première enfance. Elle subit chez l’adulte des phénomènes de régression.
Vaisseaux et nerfs. — - Les artères sont fournies par l’artère tonsillaire, rameau de la palatine ascendante, elle-même branche de la faciale. L’artère tonsillaire relativement grosse se divise sur la face profonde de la glande en plusieurs rameaux qui pénètrent dans son intérieur. Elle peut produire des hémorragies abondantes. — Les veines forment sur la face adhérente un plexus tonsillaire qui se déverse en avant, par la veine pharyngienne, dans la jugulaire interne, en arrière dans le plexus de la fosse temporale. — Les lymphatiques , issus des réseaux interstitiels de l’organe, sortent à travers la capsule et vont aboutir aux ganglions qui entourent la veine jugulaire interne, au voisinage du tendon postérieur du digastrique.
Les nerfs proviennent du glosso-pharyngien, qui forme sur la face externe de Farnygdale le petit plexus tonsillaire.
Fossette sus-amygdalienne. — Chez le nouveau-né, il existe audessus du pôle supérieur de l’amygdale, dans l’interstice des deux piliers, une dépression qui se prolonge vers le voile du palais; c’est la fossette sus-amygdalienne ou supra-tonsillaire , recessus palatin , reste de la
deuxième fente branchiale, analogue à la fossette de Rosenmüller. Elle a pour paroi antérieure un repli muqueux, le pli triangulaire , dont le sommet se perd dans le voile, tandis que la base s’insère sur le bord de la langue ; son bord antérieur se confond avec le pilier antérieur, et son bord postérieur se fixe sur la partie moyenne de l’amygdale.
Cette disposition primitive, simple, se modifie avec l’âge par l’extension progressive de l’amygdale vers son pôle supérieur. Il est rare que
Pilier ant.
Fossettes. -a.
Pli triang.
Fig. 750. — Fossette sus-amygdalienne (d’après His).
Cette fossette est bordée en avant par le pli triangulaire, luimême rattaché au pilier antérieur.
APPAREIL DIGESTIF
la fossette et le pli disparaissent en totalité; rarement aussi la forme fœtale persiste, auquel cas on peut introduire une sonde jusqu’à 1 centimètre et plus vers le voile. Dans l’état habituel, le pli triangulaire, reconnaissable à sa surface externe lisse, se soude de façon variable avec la face libre de l’amygdale, et la fossette sus-amygdalienne s’infiltre de tissu lymphoïde. Elle constitue alors la partie palatine de l’amygdale et devient un vasle crypte amygdalien, anfractueux, où débouchent des diverticules qui s’enfoncent vers le voile ou vers la profondeur; son orifice est étroit. Sous cette forme ( sinus de Tourtual ), elle joue un rôle important dans la pathologie de l’amygdale.