VOILE DU PALAIS — AMYGDALES
Préparation. — La coupe du pharynx ayant été faite et le pharynx étudié (voir plus loin), la paroi postérieure du pharynx fendue, on dissèque le voile par sa face postérieure, après l’avoir fixé avec des épingles sur une plaque de liège ou de carton. Il suffit d’enlever la muqueuse pour préparer facilement les muscles du voile.
Le voile, avec ses piliers et l’amygdale, appartiennent logiquement au pharynx; mais pour simplifier la description, nous les décrirons avec la cavité buccale.
Définition. — Le voile du palais est une cloison membraneuse qui prolonge la voûte palatine et sépare en arrière la bouche du pharynx. C’est le palais mou ou mobile des anciens anatomistes. Il sert d’obturateur pendant la déglutition et modifie l’émission des sons.
Oblique, au repos, en bas et en arrière, il a une surface quadrilatère longue de 3 centimètres, large de 4 centimètres, épaisse de 1 centimètre. On lui décrit deux faces : l’une antérieure, l’autre postérieure, et quatre bords.
La face antérieure ou buccale, concave, lisse, rosée, présente un
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raphé médian, des saillies glandulaires et quelquefois des orifices de glandes près du raphé. C’est d’elle que naissent les piliers antérieurs du voile.
La face postérieure ou nasale, face supérieure de quelques auteurs, que l’on ne peut voir sur le vivant qu’avec le miroir pharyngien, montre elle aussi un raphé médian creux ou saillant, et une surface mamelonnée. Sa couleur est plus foncée.
Le bord supérieur épais est fixé au bord postérieur de l’os palatin et, comme nous l’avons vu, indiqué quelquefois par deux arcades à la surface de la muqueuse. Les bords latéraux sont séparés de la joue par un bourrelet dû à une traînée de glandes sous-muqueuses.
Le bord inférieur est remarquable. Seul il est libre. l)e sa partie moyenne descend un prolongement conique, long de 1 à 2 centimètres, la luette (uvula), dont la base se continue avec le voile, et dont le sommet touche la base de la langue. De chaque côté de la luette, le bord devient tranchant, concave et forme l’origine des piliers postérieurs du voile.
La luette est assez souvent déviée d’un côté ou de l'autre, et quelquefois bifide.
Piliers du voile. Isthme du gosier. — De chaque côté du voile descendent deux piliers ou arcs membraneux qui se portent l’un vers la langue, l’autre vers le pharynx, et qu’on appelle piliers antérieurs et postérieurs (fig. 747).
Les piliers antérieurs partent de la face antérieure du voile, se portent en dehors et en bas, en décrivant une courbe à concavité interne et se terminent sur les côtés de la langue, à l’extrémité du V lingual. Ils contiennent dans leur épaisseur le muscle glosso-staphylin.
Les piliers postérieurs naissent du bord inférieur du voile et se portent en dedans des piliers antérieurs, en arrière de la langue, sur les parties latérales du pharynx. Comme ils sont concentriques aux piliers antérieurs, les quatre piliers sont visibles à la fois par devant quand la bouche est ouverte. Ils renferment le muscle pharyngo-staphylin.
Les piliers ont tous une forme triangulaire, effilée à leur origine sur le voile, élargie à leur extrémité inférieure. Ils possèdent une face profonde ou externe, adhérente; une face superficielle ou interne, libre, muqueuse.
Entre les deux piliers antérieurs de chaque côté, le voile en haut, la langue en bas, est l’orifice postérieur de la bouche, qui fait communiquer celle-ci avec le pharynx : c’est Y isthme du yosier.
Entre lés deux piliers postérieurs, le voile en haut et la paroi postérieure du pharynx en arrière, est Yisthme pharyngo-nasal , qui fait
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communiquer la partie nasale respiratoire du pharynx avec sa partie buccale, digestive.
Enfin entre les piliers antérieurs et les postérieurs s’étale une dépression, de forme triangulaire dont la base repose sur les côtés de la langue. C’est la fosse, loge ou excavation amygdalienne, qui contient Y amygdale, et que nous décrirons avec cet organe, à la suite du voile du palais.
Structure. — Le voile du palais, sur une épaisseur maxima de 1 centimètre, comprend une double muqueuse, une double couche glandulaire et une couche fibro-musculaire ; cette dernière fait en quelque sorte la charpente ou corps du voile, que la muqueuse avec sa couche glandulaire sous-jacente tapisse sur ses deux faces en se repliant autour du bord libre.
Muqueuse. — La muqueuse n’est pas la même sur les deux faces, et cette différence résulte de ses transformations fœtales; celle de la face antérieure prend le type de l’épithélium buccal; celle de la face postérieure, celui de l’épithélium nasal, à fonction respiratoire. La limite est au bord inférieur du voile. Les maladies respectent souvent cette distinction. La muqueuse antérieure, buccale, est épaisse, lisse; sa couleur est pâle, blanc rosé; son épithélium est dès la naissance pavimenteux stratifié. La muqueuse postérieure, nasale, est rouge, granuleuse et mince; son épithélium, primitivement cylindrique cilié, ne revêt que secondairement et par places le type pavimenteux.
Couche glandulaire. — Cette couche est formée d’un grand nombre de glandes, semblables à celles de la voûte palatine; elle représente les deux tiers au moins de l’épaisseur totale du voile. Plus considérable et plus uniforme sous la muqueuse antérieure (fig. 745), elle entoure d’un collier la base de la luette et se prolonge sur le pilier antérieur. Ces glandes acineuses sont englobées dans un tissu conjonctif assez dense; elles sont quelquefois le point de départ de kystes ou d’adénomes.
Couche fibreuse et musculaire. — A. Charpente fibreuse. — Le voile contient entre ses deux couches muqueuses une charpente fibreuse qui lui donne une certaine fermeté, et. sert en partie aux insertions musculaires. Cette charpente est constituée par l’aponévrose palatine qui est transversale, et lé raphé fibreux qui est antéro-postérieur.
L 'aponévrose palatine est une lame tendineuse, mince, résistante, quadrilatère, qui occupe le tiers supérieur du voile sur une hauteur de 1 centimètre. Elle s’étend transversalement d’un crochet à l’autre de l’apophvse ptérvgoïde. Son bord supérieur est fixé au bord osseux de la Voûte palatine; son bord inférieur libre donne au toucher l’impression d’une arête tranchante. Les fibres qui la constituent sont en majeure partie l’épanouissement du tendon du muscle péristapbylin externe.
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Le cordon fibreux du raphé est une étroite bandelette, large de 1 millimètre, qui descend de l’épine nasale postérieure à la luette.
B. Couche musculaire . — Elle comprend 5 paires de muscles. Sur la ligne médiane : les palalo-staphylins ; — sur les côtés et en haut:
les péris taphylins internes et péristapliylins externes ; — sur les côtés et en bas : les 4 glosso - staphy lins (piliers antérieurs), et les pharyngo-slaphylins (piliers postérieurs).
1° Palato-slapliylin. — Petit muscle vermiforme, médian, qui, rapproché de celui du côté opposé, semble former un seul muscle, l’azygos uvulæ; il est situé sous la muqueuse postérieure.
11 s’insère en haut à un épaississement de l’aponévrose palatine, au niveau de l’épine nasale ; en bas, sur la pointe de la luette.
Il est releveur de la luette, levator uvulæ.
2° Péristaphylin
interne. — C’est le premier muscle qu’on trouve sur les côtés en disséquant le voile par derrière; il recouvre le péristaphylin externe, dont il est séparé par une cloison fibreuse. Il s’insère en haut par un double faisceau : 1° à la face inférieure du rocher ; 2° au bord inférieur du cartilage de la trompe d’Eustaehe et à la partie membraneuse
Fig. 748. — Muscles du voile du palais (d’après Sappey).
Les muscles sont vus par leur face postérieure, après ablation de la muqueuse. — A, trompe d’Eustache. — i, glosso-staphyl. — 2, péristaph. int. — 3, 4, 5, 6, 7, 8, pharyngo-staphylin. — 9, stylo-pharyngien. — 10, constrict. supérieur.
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avoisinante (plancher de la trompe) de ce conduit. De là il descend en bas et en dedans, vers le voile du palais, en décrivant une courbe à concavité supérieure et interne, et se termine par un large éventail de libres qui occupent toute l’étendue du voile et se fixent dans le cordon fibreux du raphé, quelques-unes dans le tissu fibreux périglandulaire.
Il est releveur du voile qu’il arrondit en dôme ( levator velï). Il paraît démontré que son faisceau tubaire dilate et ouvre la partie inférieure de la trompe.
3° Péristaphylin externe. — Ce muscle a aussi une double insertion supérieure, sur le sphénoïde et sur la trompe. Il naît : 1° par un faisceau ptérygoïdien, de la fossette scaphoïde qui surmonte la fosse ptérygoïde et de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde; 2° par un faisceau tubaire, du crochet externe du cartilage de la trompe d’Eustache et de la portion membraneuse voisine. De là il se porte en bas, le long de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde, devient tendineux et se réfléchit sur le crochet de cette aile; puis il se dirige transversalement dans le voile du. palais où il s’épanouit en s’unissant avec celui du côté opposé et en formant Y aponévrose palatine. Il a donc deux portions une verticale, musculaire; une horizontale ou réfléchie, aponévrotique. Une bourse séreuse facilite sa réflexion sur la poulie du crochet ptérygoïdien .
Il est tenseur du voile ( tensor velï), en transformant l’aponévrose palatine en un plan rigide; il est aussi dilatateur de la trompe, dont il ouvre la partie supérieure. Les deux muscles péristaphylins sont, par leurs faisceaux tubaires, apériteurs de la trompe qu’ils ouvrent, pendant la déglutition, pour laisser entrer l’air dans l’oreille moyenne.
4° Glosso-staphylin. — Ce muscle grêle est contenu dans le pilier antérieur du voile. Il s’insère en haut sur la face antérieure de l’aponévrose palatine et sur le raphé médian. Il descend en décrivant une courbe à concavité interne et se termine à la base de la langue, par des fibres les unes transversales, les autres longitudinales. Ses deux extrémités sont élargies en éventail.
Il est constricteur de l’isthme du gosier. Les deux muscles en se contractant se rapprochent l’un de l’autre comme deux rideaux.
5° Pharyngo-staphylin. — Ce muscle long, vertical, dissocié en éventail à ses deux extrémités occupe le pilier postérieur, et s’étale dans le voile et dans le pharynx. Il naît en haut, par une triple racine par un faisceau principal, du voile lui-même (raphé fibreux et tissu conjonctif périglandulaire), et par deux faisceaux accessoires, du crochet ptérygoïdien et du bord inférieur du cartilage de la trompe d’Eustache (faisceau tubaire). Il descend dans le pilier postérieur en dedans de
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l’amygdale, puis derrière la langue, et se termine par deux faisceaux : un faisceau thyroïdien, qui se fixe au bord postérieur du cartilage thyroïde; un faisceau pharyngien, qui contournant la paroi latérale du pharynx s’insère sur la paroi postérieure, au voisinage de la ligne médiane. Quelques fibres de ce dernier faisceau s’entre-croisent avec celles du côté opposé.
Le pharyngo-staphylin est constricteur de l’isthme pharyngo-nasal, compris entre les piliers postérieurs. Il ferme donc la communication entre le pharynx nasal et le pharynx buccal pendant la déglutition. Par son faisceau tubaire, il est apériteur de la trompe.
Vaisseaux et nerfs. — Les artères du voile proviennent des deux palatines, de la 'palatine supérieure ou descendante , branche de la maxillaire interne, et de la palatine inférieure ou ascendante , branche de la faciale. — Les veines issues des plexus sous-muqueux se jettent dans les veines nasales postérieures et dans les veines de la hase de la langue. — Les lymphatiques naissent de riches réseaux. Ceux de la face antérieure s’unissent aux lymphatiques de la voûte palatine pour aller dans les ganglions jugulaires. Il en est de même de ceux du pilier antérieur- Ceux de la face postérieure et ceux du pilier postérieur se rendent les uns dans les ganglions rétro-pharyngiens, les autres dans les ganglions jugulaires (le long de la veine jugulaire interne).
Les nerfs sensitifs du voile sont fournis par les trois nerfs palatins, moyen, antérieur et postérieur, issus du ganglion de Meckel, et par lui du maxillaire supérieur. Les nerfs moteurs se répartissent de la façon suivante : le muscle péristaphylin externe, tenseur du voile, est innervé par le nerf masticateur du maxillaire inférieur, qui lui envoie un filet à travers le ganglion optique, et qui innerve aussi le tenseur du tympan ou muscle du marteau. Tous les autres muscles, péristaphylin interne, palato-staphylin, glosso et pharyngo-staphylin, reçoivent leur motricité du vago-spinal, c’est-à-dire du plexus pharyngien où se confondent les fibres du pneumogastrique et du spinal. On n’admet plus aujourd'hui la participation du glosso-pharyngien à la motricité du voile ni celle du facial, autrefois classique. Il serait toutefois possible qu’à titre d’anomalie, le facial prit part quelquefois à l’innervation motrice.
Péristaphylin externe .
Tenseur du voile et apériteur J Trijumeau par le nerf de la trompe. j masticateur.
Palato-staphylin. . .
Péristaphylin interne
Glosso-staphylin . . • Pharyngo-staphylin .
Releveur de la luette. v
Releveur du voile. J
l Constricteur de l’isthme du ( Vago-spinal.
\ gosier. i
( Constricteur de l’isthme pha- )
( ryngo-nasal. /
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