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V. iléo-cæcale

Cæc. paroi int.

Orifice append.

Iléon

Appendice vermicul.

Fig. 783. — Cæcum : configuration interne.

On a enlevé un segment de la paroi externe du cæcum et du colon ascendant sur une pièce séchée et insufflée. Orifice iléo-cæcal et orifice appendiculaire.

— La face externe du cæcum présente l’ori-

gine des trois bandelettes et les trois séries de bosselures, superposées

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ordinairement au nombre de deux par série. Sa forme est celle d’une ampoule à laquelle on considère 4 faces et un fond.

Le fond lisse et uni répond au milieu de l’arcade crurale ou un peu en arrière. — La face antérieure répond à la paroi abdominale antérieure, à travers laquelle on peut l'explorer. — La face postérieure repose sur le muscle psoasiliaque dont elle est séparée par le fascia iliaca et le péritoine pariétal. — La face droite suit l’arcade crurale et la crête iliaque. — La face gauche répond au détroit supérieur du bassin. Elle reçoit l’implantation de l’appendice, et plus haut la jonction de l’iléon qui l’abordant obliquement forme avec elle un angle aigu, ouvert en bas et à gauche, Y angle iléo-cæcal.

Il est important de remarquer que toutes ces faces et le fond sont tapissés par le péritoine viscéral. Il n’y a pas de méso-cæcum, comme on l’a cru si longtemps. La main peut faire tout le tour du cul-de-sac intestinal, qui se projette librement comme le poing fermé entouré d’un mouchoir.

Surface interne. — Cette surface nous présente, outre les cellules

et les crêtes habituelles, l’orifice de la valvule iléo-cæcale et celui de l’appendice.

Valvule iléo-cæcale. — La

valvule-iléo-cæcale ou valvule de B aùMn (1605) est une évagination de l’intestin grêle dans le gros intestin, faisant barrière entre ces deux cavités. A l’état frais, elle représente un gros bourrelet transversal, percé d’un orifice où passe le doigt, orifice que circonscrivent deux lèvres superposées. Elle ressemble beaucoup à la fente buccale. L’orifice se termine par deux angles ou commissures. Nous avons déjà dit qu’il marque la séparation entre le cæcum et le colon.

La lèvre ou valve supérieure

est horizontale, semi-lunaire, avec un bord libre concave, un bord convexe adhérent. Elle surplombe la lèvre inférieure et se termine à chaque extrémité par un pli, freins de la valvule qui se prolongent

Fig. 784. — Coupe de la valvule iléo-cæcale (en partie d’après Toldt).

Les couches musculaires en rouge ; les deux lignespleines répondent aux deux plans de lacouche longitudinale. Remarquer qu'une partie des fibres longitudinales sont aussi invaginées, avec la couche circulaire figurée par des hachures. Sur le bord de la valvule on observe les fibres irradiées d’un tissu conjonctif dense.

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sur les faces antérieure et postérieure du cæcum. La lèvre ou valve inférieure , plus* étroite mais plus haute, est presque verticale et de forme elliptique. Son bord convexe adhère à la paroi du cæcum; son bord concave limite en bas l’orifice.

Sur une pièce sèche, les valves sont très nettes mais deviennent très minces, et l’orifice est circonscrit par des arêtes tranchantes.

La valvule iléo-cæcale est formée par une évagination de l’intestin grêle qui pénètre dans le gros intestin. Toutes les tuniques ne s’invaginent pas ; la muqueuse, la sous-muqueuse, les fibres circulaires et la couche interne des fibres longitudinales se replient sur elles-mêmes ; mais les fibres longitudinales externes et la séreuse restent en dehors et se portent directement sur le gros intestin. Les valves ne sont donc que des duplicatures partielles de la paroi de l’intestin grêle. Si on incise en dehors tout autour de l'iléon à son point de pénétration et qu’on coupe la séreuse et la couche musculaire sous-jacente, on n’aura plus qu’à tirer sur l’iléon pour voir celui-ci s’allonger de quelques centimètres, les valves se déplisser, disparaître, et l’étroite fente transversale remplacée par un large orifice circulaire.

La valvule s'oppose au reflux des matières dans l’intestin grêle. On considérait autrefois cet obstacle comme absolu, d’où le nom de barrière des apothicaires. Il est bien certain que, sur un cæcum extrait, la valvule est le plus souvent insuffisante et laisse passer l’eau, plus difficilement les gaz. Mais si le cæcum est en place, le reflux est déjà plus difficile, et sans doute pendant la vie, étant donnée les contractions des fibres musculaires, la valvule est-elle généralement suffisante , pour les liquides comme pour les solides.

Appendice vermiculaire ou iléo-cæcal ou cæcal. — L’appendice iléo-cæcal, ou plus simplement Y appendice, est un diverticule en doigt de gant de la cavité du cæcum. Organe rudimentaire, vestige des bosselures inférieures du grand cæcum des herbivores, il présente toutes les variabilités des organes régressifs en voie de disparition, comme aussi leur faiblesse congénitale qui les rend si accessibles aux maladies. Il est le siège de l’appendicite.

11 naît de la face interne du cæcum et quelquefois de son sommet. Sa forme est celle d’un cordon, d’un ver de terre (vermiforme, vermiculaire) dont il a à peu près la grosseur. Sa longueur moyenne est de 9 centimètres, mais peut varier de 2 à 24 centimètres. Sa largeur est celle d’un porte-plume.

Sa direction est tantôt droite, tantôt flexueuse, ou même tordue en spirale. Il est le plus souvent mobile, grâce à un repli péritonéal, mésoappendice, qui l’attache lâchement au bord inférieur de l’iléon; mais on peut aussi le trouver adhérent aux organes voisins. — Sa situation

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normale est d’être descendante et sous-cæcale ; il passe derrière le cæcum et sur son bord gauche et se place à cheval sur le détroit supérieur, empiétant par son sommet sur l’excavation pelvienne. D’autres fois, il se place en avant du cæcum, et assez souvent il prend une direction ascendante, il est rétro-cæcal , placé entre le cæcum et la fosse iliaque ; il peut alors remonter vers le rein et aller contracter des adhérences avec le foie. Cette situation profonde crée de grandes difficultés dans les interventions opératoires.

L’appendice est un tube qui s’ouvre dans le cæcum, au-dessous de la valvule iléo-cæcale, par un étroit orifice, muni parfois d’un repli saillant qu’on a décrit comme une valvule. Sa cavité est oblitérée chez un quart des sujets ; l’oblitération est surtout complète et fréquente chez les vieillards. On y trouve toutes sortes de corps étrangers, des résidus alimentaires, des œufs de parasites. Sa paroi épaisse de 2 millimètres est formée par les quatre tuniques du gros intestin. Sa tunique musculaire peut se contracter et évacuer le contenu de la cavité. La ( muqueuse est remarquable par une nappe de follicules clos, lymphatiques, qui est l’équivalent d’une véritable plaque de Peyer.

C’est un organe rétrogradé, mais non inutile ; son tissu lymphoïde, sa sécrétion muqueuse qu’il déverse dans le cæcum et peut-être aussi sa flore microbienne lui font jouer un certain rôle et lui ont permis de se maintenir.

Vaisseaux du cæcum. — Les artères et les lymphatiques présentent quelques particularités que nous devons mentionner.

Les artères proviennent de Y iléo- colique, ou colique droite inférieure, branche de la mésentérique supérieure. Cette artère se divise ordinairement en quatre branches secondaires qui sont : Yiléale, destinée à l’iléon; la cæcale antérieure, qui passe sur la face antérieure du cæcum ; la cæcale postérieure, sur la face opposée, et enfin Y artère appendiculaire qui longe le bord adhérent de l’appendice. Il est à remarquer que cette dernière artère n’a que des anastomoses grêles avec les artères cæcales; elle est presque terminale , et son oblitération doit entraîner la nécrose de l’appendice.

Les lymphatiques sont plus riches que ceux des colons, surtout ceux de l’appendice. Ils suivent les artères. De petits ganglions existent sur la face antérieure du cæcum et sur sa face postérieure, le long des artères cæcales ; mais les gros ganglions récepteurs des troncs lymphatiques sont situés dans le mésentère, dans l’angle iléo-colique {ganglions iléo-cæcaux ) où ils forment un amas important. Là aussi aboutissent les lymphatiques appendiculaires.

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