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I. ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DE LA MOELLE

Ces éléments sont : les cellules nerveuses, les fibres nerveuses et le tissu de soutien.

A. Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses occupent exclusivement la substance grise. Elles sont toutes de forme étoilée et multipolaire. Leur taille varie d’un extrême à l’autre, depuis les minuscules cellules de Rolando jusqu’aux grandes cellules motrices de la corne antérieure.

Elles sont éparses et solitaires, ou bien groupées. Les principaux groupes qui, dans le sens de la longueur, constituent des colonnes cellulaires, sont les suivants : 1° le groupe externe et le groupe interne de la corne antérieure; — 2° le groupe de la corne latérale qui est localisé à la région dorsale, comme cette corne elle-même, dépendance de la corne antérieure; ses cellules sont une des principales origines du grand sympathique; — 3° la colonne de Clarke, située dans la corne postérieure sur la face interne de sa base; elle fait défaut dans la région cervicale; — 4° le groupe de la substance de Rolando . La substance gélatineuse de Rolando est une forme spéciale de substance grise qu’on reconnaît à l’œil nu à sa teinte translucide, et qui disposée en croissant coiffe la tête de la corne postérieure.

Solitaires ou groupées, les cellules nerveuses sont de plusieurs natures, suivant la destination de leur axone et les connexions qu’il établit. Nous verrons plus loin qu’on peut distinguer des cellules et des fibres de projection et d’association. Dans les cellules de projection se rangent les cellules radiculaires qui donnent naissance aux fibres des racines antérieures; presque toujours de grande taille et pourvues d'abondants prolongements protoplasmiques, elles sont localisées à la corne antérieure. La plupart des cellules d’association sont les cellules dites funiculaires ou cellules de cordon, éléments petits ou moyens, répandus dans toute la substance grise, dont le cylindre-axe occupe Ahrégé d’Anat. — II. 54

structure des centres nerveux.

de préférence le faisceau fondamental. Une de leurs variétés est représentée par les cellules commissurales, dont l'axone passe dans la moitié opposée de la moelle qu’il réunit ainsi à l’autre moitié.

B. Fibres nerveuses. — Les libres nerveuses de la moelle constituent les racines antérieures et postérieures, les cordons et les commissures.

I. Fibres radiculaires. — On distingue les racines antérieures et les

racines postérieures (fig.

Col. Clarke

Bac. posl.

500 et 500).

Racines a n térieures.

Les racines antérieures ont leur origine dans les cellules radiculaires de la corne antérieure, cellules qui occupent de préférence les groupes interne et externe de cette corne.

Chaque fibre est l’axone d'une de ces cellules, qui est par conséquent son centre fonctionnel et trophique, et le courant qui la traverse est tout à la fois centrifuge et cellulifuge.On comprend qu’une section de la racine antérieure laissera le bout central intact et provoquera la dégénération wallérienne du bout périphérique. Au sortir de la cellule, la fibre nerveuse traverse horizontalement la substance blanche en s’entourant de sa gaine de myéline et sort par le sillon collatéral antérieur. Les libres en se groupant hors de la moelle constituent la racine antérieure ou racine motrice qui va s’accoler à la racine postérieure ou sensitive, au delà du ganglion spinal, pour former le nerf mixte.

Racines 'postérieures. Ces racines n’ont dans la moelle qu’un très court trajet horizontal; elles se recourbent presque immédiatement pour constituer les cordons postérieurs avec lesquels nous les décrirons.

Fig. 542. — Groupement des cellules nerveuses.

Outre les groupes principaux mentionnés dans le texte, on distingue sur cette coupe schématique les cellules périépendymaires ou centrales, les cellules intermédiaires, les cellules basales postérieures et celles de la zone plexiforme de la corne postérieure.

STRUCTURE DE LA MOELLE

11. Cordons de la moelle. — Les fibres des cordons naissent : les unes, de cellules d'association ou de projection contenues dans la substance grise de la moelle (fibres endogènes)-, les autres, de cellules situées en dehors de la moelle, dans les ganglions rachidiens, le cerveau, le cervelet ( fibres exogènes). Elles se groupent pour former les cordons antérieur, latéral et postérieur que nous avons déjà décrits (p. 7911). A leur tour ces cordons se divisent en faisceaux qu'on ne distingue les uns des autres ni à l’œil nu, ni au microscope, mais que l'on a reconnus par des méthodes expérimentales et surtout par leur dégéné-

Cylind.

-axe

Rac. ant.

Fig. 543. — Cellule radiculaire.

Schéma montrant une fibre de racine antérieure naissant d’une cellule radiculaire ou motrice et s’enveloppant successivement de ses gaines; la gaine de Schwann ne se constitue qu’au sortir de la moelle.

Goll Burdach

Zone de Lissauer

Cêrébel. dir (Flechsig)

Pyr. croisé

Gowers

Pyr. direct (Tnrck) Fondamental, Fig. 544. — Faisceaux de la moelle.

Fig. schématique à rapprocher de la fig. 503 . — Topographie des faisceaux à la région cervicale. Le faisceau pyramidal en rouge.

rescenee pathologique. Quand le centre anatomique et trophique d’un

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

faisceau est détruit, le faisceau dégénère et prend une couleur gris jaunâtre et une structure histologique particulière qui permettent de préciser sa situation et son trajet.

On distingue six faisceaux principaux qui se répartissent de la façon suivante :

Cordon antéro-laléral.. . .

Cordon postérieur

Faiscean fondamental.

Faisceau pyramidal.

Faisceau cérébelleux direct.

Faisceau de Govvers.

Faisceau de Burdach.

Faisceau de Goll.

1° Faisceau fondamental antéro-latéral. — Ce faisceau occupe toute la périphérie de la substance grise dans le cordon antérieur et le cordon latéral et lui forme comme une première écorce. Composé de fibres endogènes, qui naissent des cellules de toute la substance grise, et qui ont un court trajet, il constitue un système d’association entre les divers étages.

2° Faisceau pyramidal. — Le faisceau pyramidal doit son nom à son passage dans les pyramides du bulbe. Il vient de l’écorce cérébrale, occupe dans le bulbe les pyramides antérieures et s’y divise en deux portions : l’une, de beaucoup la plus importante, qui traverse le sillon médian ( entrecroisement des pyramides ) et se porte dans le cordon latéral opposé ; l’autre, qui reste dans le cordon antérieur du même côté. Tous les deux se terminent dans les cornes antérieures, autour des cellules motrices, auxquelles ils transmettent les impulsions volontaires d’origine cérébrale.

On trouve donc, sur la coupe, dans chaque moitié de la moelle les deux faisceaux : le faisceau pyramidal croisé , qui occupe la partie fa plus postérieure du cordon latéral ; le faisceau pyramidal direct ou antérieur, dit encore faisceau de Türck (1851), beaucoup moins volumineux, situé sur la face interne du sillon médian antérieur. D’après leur origine, le faisceau croisé droit marche avec le faisceau direct gauche et réciproquement.

Nous décrirons d’ailleurs plus longuement cet important faisceau avec les fibres de projection du cerveau.

3° Faisceau cérébelleux direct ou de Flechsig. — Ce faisceaux est situé dans le cordon latéral, sur la périphérie de la moelle, en dehors du faisceau pyramidal et du faisceau de Gowers. Il a pour origine les cellules de la colonne de Clarke. Au delà de la moelle, il passe dans les corps restiformes du bulbe, puis par le pédoncule cérébelleux inférieur et se termine dans l’écorce cérébelleuse des vermis. C’est un

belleuses.

STRUCTURE DE LA MOELLE

4° Faisceau de Gowers. — Le faisceau de Goûters (1880) ou auléro

latéral est placé en avant du faisceau pyramidal, entre le faisceau fondamental et le faisceau cérébelleux direct. 11 naît de cellules diverses et mal déterminées de la moelle, monte avec le faisceau cérébelleux et s’en sépare au bulbe pour gagner les pédoncules cérébelleux supérieurs et par eux l’écorce du vermis. Très analogue au faisceau de Flechsig, il est comme lui line voie cérébelleuse centripète.

5° Faisceau de Burdach.

— Le cordon postérieur avec ses deux faisceaux est presque entièrement constitué par les racines postérieures. 11 contient en outre un petit faisceau fondamental postérieur, accolé à la substance grise et formé de libres courtes d'association.

Le faisceau de Burdach ou f. cunéiforme occupe la partie externe du cordon postérieur et s’étend jusqu’à la commissure grise. Ses fibres sont exogènes, car elles sont constituées par les racines postérieures, qui elles-mêmes naissent des cellules des ganglions spinaux et qui pénètrent dans la moelle par le

licorce

céréb.

Entrecr. pyram.

Faisc. croisé

Faisc. direct ( Fürk ou antér.)

Fig. 545. — Le faisceau pyramidal.

Schéma montrant le croisement des deux portions du faisceau pyramidal.

sillon collatéral postérieur.

Les ganglions spinaux ou rachidiens contiennent des cellules dérivées du type bipolaire ; elles possèdent deux prolongements qui d’abord accolés secondent et divergent en T. L’un de ces prolongements, assimilable à un prolongement protoplasmique, est périphérique; il arrive de la peau, des muqueuses, des organes; sa conduction est cellulipète. L’autre, qui est le cylindre-axe, émane de la cellule et se dirige vers

l*i il est central et cellulifuge; c'est lui qui prend part à la

lormation des racines postérieures (fig. 547). La cellule étant

le centre trophique de son

A rboris.

■ Collât, long.

Coll, courte Br. ascend.

prolongement nerveux, on comprend que si l’on coupe la racine postérieure, le bout périphérique restera intact, puisqu’il garde sa continuité avec la cellule, tandis que le bout central ou médullaire, isolé de ses connexions, subira des phénomènes de désintégration ( dégénéralion ivallérienné).

Arrivée sur la limite de la corne postérieure, la fibre radiculaire se bifurque et se divise en deux branches :

une branche descendante , courte, qui se termine dans les étages sous-jacents de la moelle; une branche ascendante, moyenne ou longue, qui, suivant sa longueur, déploie son arborisation terminale dans la corne postérieure de la moelle ou bien dans les noyaux de Collet de Burdach du bulbe rachidien. Cette branche ascendante est la voie de conduction qui porte au cerveau les impressions sensitives. Les deux branches constituent presque entièrement les faisceaux de Coll et de Burdach du cordon postérieur. Il est important dénoter que sur tout leur trajet ces branches émettent des fibres collatérales , qui s’enfoncent perpendiculairement dans la substance grise et établissent ainsi des liens multiples. Les plus importantes de ces collatérales sont celles qui, au niveau de la bifurcation, se portent

RacÀne pcst.

dcsc.

Racine antérieure

Fio. 546. — Bifurcation dos racines postérieures.

Fig. schématique. La fibre d’une racine postérieure, réduite à son cylindre-axe, se divise dans le cordon postérieur en branches ascendante et descendante.

STRUCTURE DE LA MOELLE

aux cellules motrices de la corne antérieure qu elles entourent de leurs arborisations; leur groupement constitue le faisceau sensitivo- moteur, par lequel s’accomplissent vraisemblablement les mouvements réflexes.

Les racines postérieures renferment en outre quelques fibres motrices provenant de la corne antérieure et qui ne font que les traverser.

En résumé, le faisceau de Burdaeh contient les fibres courtes et moyennes des racines postérieures, ainsi que les branches descendantes et le commencement des branches ascendantes des fibres longues avec leurs collatérales. Ces fibres se terminent partie dans la moelle, partie dans le noyau de Burdaeh , du bulbe. C’est la grande voie sensitive.

6° Faisceau de Goll. — Le faisceau ou cordon de Golf cordon yrèle , apparaît sous la forme d’un triangle, de couleur un peu sombre, sur les bord du sillon médian postérieur. Il est séparé du faisceau de Burdaeh par le sillon intermédiaire. Comme le faisceau de Burdaeh, il est formé par les racines postérieures; seulement il ne contient que des fibres longues. En effet, à mesure qu’une racine nouvelle pénètre dans la moelle, au niveau de la tête de la corne postérieure, elle refoule vers la ligne médiane la racine sous-jacente dont elle vient prendre la place. Ce déplacement successif en dedans et en arrière ne porte que sur les fibres longues, c’est-à-dire celles qui n’ont pas eu le temps de se terminer dans la moelle avant l’arrivée de la racine nouvelle. Les fibres de Goll aboutissent au noyau de Goll , situé dans la pyramide postérieure, à coté du noyau de Burdaeh.

III. Commissures de la moelle. — - Les deux moitiés de la moelle sont réunies par trois commissures : la commissure blanche antérieure, la commissure grise antérieure placée derrière elle, et la commissure grise postérieure en arrière du canal de l’épendyme. Les fibres qui les traversent proviennent des cellules commissurales disséminées dans la substance grise, mais plus nombreuses dans la corne antérieure; beaucoup ne sont que de simples collatérales de libres de cordon, dont la tige mère reste du même coté que sa cellule d’origine. Il laut aussi y ranger quelques prolongements protoplasmiques des grandes cellules antérieures, qui traversent la ligne médiane.

C. Tissu de soutien. — Le tissu de soutien est constitué par la pie-mère, de nature conjonctive, par la névroglie, d’origine épithéliale, et par un ciment interstitiel répandu entre les éléments nerveux et la névroglie.

La pie-mère entoure la moelle dont elle maintient la forme. Elle se replie dans le sillon médian antérieur. Par sa face interne elle émet des cloisons ou sep ta qui pénètrent dans la moelle en sens radié et

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

Dans ces cloisons

constituent la grosse charpente conjonctive, pénètrent les vaisseaux.

La nevroglie l'orme la fine -charpente, qui s’interpose entre le stroma conjonctif et les éléments nerveux. Signalons comme disposition particulière : la névroghe marginale , qui forme autour de la moelle une couche continue ; la névroglie centrale , qui entoure le canal de l’épendyme; le septum médian postérieur , lame névroglique épendymaire qui terme le sillon correspondant.

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