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II. CONSTITUTION DE LA IVIOELLE

La moelle est à la Ibis un centre d’action et un centre de transmission. Elle exerce cette double fonction à l’aide de ses fibres et de ses cellules. Les cellules groupées ou isolées obéissent à la loi commune en vertu de laquelle ces éléments s’articulent ou tout au moins s’unissent entre eux, mais ne se fusionnent jamais et conservent leur indépendance. Les fibres sont de deux ordres : les fibres endogènes , qui proviennent des cellules de la moelle; elles constituent le faisceau fondamental, le faisceau cérébelleux direct, le faisceau de Gowers, et les racines antérieures; — les fibres exogènes, qui ont pour origine des cellules situées en dehors de cet organe et qui forment le faisceau pyramidal, les racines postérieures et les faisceaux de Burdach et de Goll. prolongements de ces racines.

Fibres et cellules se groupent en trois systèmes, qui sont les mêmes

c ans tous les centies nerveux, etqu on distingue en système d'association, système commissural et système de projection. Les deux premiers se confondent en partie entre eux dans la moelle.

I Fibres d’association et fibres commissurales. — Les fibres d'association sont celles qui réunissent deux parties différentes dans une même moitié. Elles sont homolatérales, naissent et se terminent du même côté. Les fibres commissurales sont des fibres croisées qui relient les moitiés droite et gauche d’un même organe. Cette distinction n’est pas très nette dans la moelle, car bon nombre de fibres de cordon se bifurquent et fournissent une branche au cordon homolatéral, et 1 autre au côté opposé.

Les fi lu es d union sont constituées par le faisceau fondamental antérolatéral que nous avons vu envelopper toute la substance grise, d'autant plus qu il faut y joindre un petit faisceau fondamental postérieur qui occupe la partie profonde du cordon postérieur au voisinage de la commissure grise. Ce sont des fibres courtes, les unes ascendantes, les autiés descendantes, qui relient les uns aux autres les divers segments ou otages de la moelle. Elles ont pour origine des cellules

STRUCTURE DE LA MOELLE

disséminées dans la substance grise, et connues sous le nom de cellules de cordon ou cellules funiculaires. Les cellules commissurales en

bulbe

Faisc. .

pyr.

. Gangl . spinal

sont une variété ; de môme aussi certaines cellules d association, appc lées cellules de Golgi, dont le cylindre-axe très court et ïamifié ne dépasse pas le voisi- ^

liage de la cellule ÎC •/ . -À '• '•'■‘■Ecorce eérébr.

et sert à établir des connexions très localisées.

2° Fibres de projection.— Les fib res

de projection sont celles qui s’étendent hors des limites de l’organe nerveux, et qui le relient à d’autres organes, centres nerveux, viscères, muscles, surface muqueuse ou cutanée. Ces fibres sont de deux ordres :

lesunes, centripètes, apportent à un centre nerveux les impressions extérieures qu’elles projettent en quelque sorte sur son champ cellulaire; les autres, centrifuges , réfléchissent, reprojettent sur les organes l’excitation cellulaire, le plus souvent sous la forme d’impulsion motrice.

Leurs cellules (cellules radiculaires motrices, colonne de Clarke, cellules du faisceau de Gowers) appartiennent à la catégorie des cellules de projection.

Au système de projection se rattachent tous les faisceaux autres que le faisceau fondamental. Le faisceau deGoll et le faisceau pyrami-

Arb.

cutanée

Arbor. musculaire

Fig. 547. — Fibres de projection cérébrale.

Voie sensitive en bleu, voie motrice en rouge. — Trajet des impressions sensitives conscientes de la périphérie du corps a l’écorce cérébrale, et des excitations motrices volontaires du cerveau aux muscles.

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

HiiS

dal sont communs à la moelle et au cerveau qu’ils relient en sens ascendant et descendant; nous les décrirons avec le cerveau. J1 en est de môme des faisceaux de Flechsigetde Gowers, voies efférentes du cervelet, qui seront mieux comprises avec la constitution de ce dernier organe. Nous n’insisterons donc que sur les fibres du faisceau de Burdach, voie sensitive localisée en grande partie à la moelle, et sur les racines antérieures, voies motrices.

Les impressions sensitives, provoquées sur les surfaces et dans les organes du corps, arrivent aux cellules des ganglions spinaux, puis suivent les racines postérieures et par elles pénètrent dans le cordon postérieur. Tandis qu’une partie monte par les fibres longues du cordon de Goll qui les conduisent aux centres supérieurs et notamment au cerveau, les autres, passant dans les fibres courtes et moyennes du faisceau de Burdach, restent localisées dans la moelle. Elles actionnent les cellules de la substance grise, autour desquelles elles se terminent, et même les cellules motrices. — Dans le sens centrifuge, la moelle par ses cellules motrices et les racines antérieures met en mouvement les muscles du système locomoteur, des viscères, des vaisseaux et peutêtre même le protoplasma des cellules glandulaires. L’arc réflexe des physiologistes répond à un couple anatomique sensitivo-moteur.

La conduction de la sensibilité est directe, homolatérale; les libres croisées étant en nombre très restreint. Il est probable aussi que les fibres sont des conducteurs neutres qui transmettent indifféremment les sensibilités tactile, thermique et musculaire.

Il faut faire toutefois cette restriction, que si les fibres du faisceau de Burdach sont la voie principale et habituelle, il existe une voie accessoire qui peut la suppléer partiellement. On admet que le faisceau fondamental peut être utilisé pour conduire des excitations sensitives et motrices.

Localisations motrices. — Les cellules motrices qui commandent aux muscles sont groupées en colonnes dans les cornes antérieures. Mais chaque muscle a-t-il dans ces colonnes un centre anatomique, comme c’est le cas pour les nerfs crâniens? On peut aujourd’hui répondre par l’affirmative. Chaque muscle du tronc ou des membres possède son groupe cellulaire d’origine plus ou moins spécialisé; les centres moteurs sont localisés dans la moelle comme ils le sont dans le cerveau. Les localisations sont musculaires et, par suite, fonctionnelles, la (onction étant inséparable du muscle. Si le muscle est considérable, comme le diaphragme, le triceps sural, ou s’il est doué d’une autonomie fonctionnelle bien déterminée, ses cellules d’origine forment un noyau distinct; si au contraire le muscle est de faible volume, ou s’il appartient à un groupe synergique comme les adducteurs de la cuisse, son centre

STRUCTURE DU CERVEAU

est confondu dans une colonne unique. Il faut remarquer en outre que les centres moteurs sont superposés et juxtaposés dans le même ordre que les muscles correspondants (Marinesco).

En résumé, les localisations motrices sont musculaires ou fonctionnelles; elles peuvent d’ailleurs être en même temps segmentaires, puisque les centres sont superposés. Une seule et même racine tire ses filets nerveux de deux ou trois segments.

Il y a donc dans la moelle une projection musculaire. La moelle motrice reflète l’image de la musculature du corps avec ses états de fédération ou d’émancipation, ses formes régressives ou progressives et sa distribution topographique, Tl en est de même pour les noyaux moteurs des nerfs crâniens.

STRUCTURE DU CERVEAU

Nous prenons le mot cerveau dans son sens le plus large, et nous exposerons sa structure dans son ensemble, dans tout ce qui n’est pas la moelle ou le cervelet.

Nous étudierons successivement : les origines des nerfs crâniens, — la structure de l'écorce cérébrale, — les systèmes de fibres qui mettent celte écorce en rapport avec les autres organes.

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