III. Fibres olfactives (voies olfactives. — Rhinencéphale
Le rhinencépha le ou cerveau olfactif est la portion du cerveau affectée au sens de l’olfaction. Chez l’embryon, il se sépare de bonne heure du reste de l’hémisphère, et chez la plupart des animaux il forme un vaste lobe annulaire, entourant le corps calleux et terminé par un bulbe olfactif puissant qui reçoit les nerfs olfactifs. Nous avons déjà dit (p. 833) que chez l’homme, dont l’odorat est devenu un sens très inférieur, le lobe limbique a perdu sur la plus grande partie de son trajet le caractère olfactif; les centres olfactifs primaires eux-mêmes, le bulbe olfactif et son pédoncule, ne sont que des organes rétrogrades.
Nous étudierons le cerveau olfactif dans son ensemble, c’est-à-dire avec ses fibres de projection, ses fibres d’association et ses commissures.
A. Fibres de projection. — Elles se divisent en libres afférentes ou centripètes, et fibres efférentes ou centrifuges.
i° Fibres centripètes. — Ce sont elles qui conduisent à l’écorce cérébrale les impressions odorantes, que les nerfs olfactifs ont apportées au bulbe olfactif. De même que les fibres sensitives de la moelle ne vont pas directement au cerveau, mais subissent un relai dans les noyaux de Goll et de Burdach, de même les fibres des nerfs olfactifs passent par
STRUCTURE DU CERVEAU
des stations périphériques ou centres primaires, avant d'atteindre les
Trig. olf.
Esp. per/'.
Chiasma .
. Corps call.
.... Lamel. opl.
..-Rac. ext.
.... Pôle insul.
■PLi falcif.
B and. diag
Fig. 500. — Région olfactive ou Rhinencéphale.
L'e bulbe et le pédoncule olfactifs aboutissant à gauche au trigone olfactif; à droite, on suit la bandelette diagonale et la racine olfactive externe jusque dans le lobule de rhippocampe.
centres supérieurs corticaux. Ces centres 'primaires sont : le bulbe olfactif, le trigone olfactif et la substance perforée antérieure.
Le bulbe olfactif ou bulbe ethmoïdal est un renflement ovale, long de près de un centimètre, qui repose sur la lame criblée de l’ethmoïde. Par sa face inférieure, il reçoit les 15 ou 20 filets des nerfs olfactifs. Il est creusé d’une cavité, reste du diverticule qui le faisait communiquer avec le ventricule latéral. La substance nerveuse située au-dessous de cette cavité renferme des cellules de grande taille, de forme triangulaire, appelées cellules mitrales. Un de leurs prolongements proto plasmiques, prolongement basal, descend dans la couche inférieure du bulbe et s’y épanouit en ramifications, qui s’entrelaçant avec les arborisations terminales des nerfs olfactifs forment avec elles un peloton nerveux, ou fjlomérule olfactif.
Ce glomérule représente l’articulation entre la voie périphérique et la voie centrale. Du sommet de la cellule part l’axone, qui se dirige en arrière dans le pédoncule olfactif , tractus de forme prismatique, logé dans le sillon olfactif, et composé d’un mélange de substance blanche et de substance grise atrophiée. Ces fibres nerveuses sont de deux ordres, les unes longues, les autres courtes.
Les fibres longues, arrivées à l’extrémité du pédoncule, s’engagent dans les racines olfactives: la racine olfactive externe , racine fondamentale chez l’homme et la seule constante, les conduit au lobule de J’hippo- Abrégé d’Anat. — II. 50
STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX
campe, centre cortical de l’olfaction ; la racine interne , grêle et courte, aboutit au bec du corps calleux, dans une petite région de la face
i n ter n e d e l’hé m i sp h ère connue sous le nom de carrefour olfactif de Broca ; par elle, il est probable que les fibres olfactives pénètrent dans le trigone cérébral. Les fibres longues ont en résumé un trajet direct qui s’étend du bulbe olfactif à l’écorce.
Les libres courtes, avant d’atteindre les mêmes centres, subissent des interruptions dans le trigone olfactif et dans la substance grise de l’espace perforé antérieur. Le trigone olfactif ou tubercule olfactif est une petite saillie pyramidale qui termine le pédoncule olfactif et que longent de chaque côté les racines olfactives. Il représente le point ou s’est faite l’évagination du lobe olfactif sur le plancher de l’hémisphère. Sa structure est celle d'une écorce cérébrale rudimentaire.
Qu’elles arrivent directement ou indirectement à leurs centres corticaux, les fibres olfactives ne sont pas croisées; s’il y a un croisement, il doit se faire au delà, dans les voies d’association. De même que les fibres gustatives, et contrairement à toutes les autres fibres sensitives, elles ne passent pas par la capsule interne.
Les centres corticaux , centres supérieurs de perception consciente, sont localisés chez l’homme à la circonvolution de l’hippocampe. Ils comprennent le lobule de l’hippocampe, la corne d’Ammon et le corps godronné.
Le lobule de l' hippocampe qui termine la 5e circonvolution temporale reçoit la racine olfactive externe. Le noyau amygdalien qu’il contient n’appartient probablement pas à l’olfaction. La corne d'Ammon et le corps godronné , qui est enclavé dans sa concavité, représentent deux circonvolutions cérébrales simplifiées, que sépare le sillon de l'hippocampe.
Fig. 561. — Trajet de la voie olfactive. Voie périphérique et voie centrale. — Fig. schématique.
STRUCTURE L)U CERVEAU
Ces centres fonctionnent bilatéralement; leur destruction d’un seul coté ne produit pas d’hémianosmie, ou du moins celle-ci est atténuée et passagère.
2° Fibres centrifuges. — Les fibres de projection à direction centrifuge ou efférentes comprennent : 1° des fibres centrifuges indéterminées, que l’on retrouve aussi dans la rétine; 2° des fibres réflexes médullaires qui se dirigent vers le tronc cérébral et la moelle. A ce groupe appartiennent : le système mamillaire (trigone cérébral, tubercule mamillaire, faisceau de Yicq d’Azyr), et le système habénulaire (ganglion de l’habenula, pédoncule de la glande pinéale ou tænia thalami). Par leurs communications avec les noyaux moteurs des nerfs crâniens et de la moelle, ces fibres sont susceptibles de provoquer des mouvements réflexes en rapport avec les perceptions olfactives.
B. Fibres d’association. — Ces fibres unissent les centres olfactifs entre eux ou avec d’autres centres corticaux, dans une même moitié du cerveau. Nous indiquerons seulement le faisceau olfactif du trigone, les nerfs de Lancisi avec la bandelette diagonale, et la bandelette demicirculaire.
C. Fibres commissurales. — Ces fibres inter-hémisphériques relient d’un côté à l'autre les centres symétriques et assurent leur bilatéralité. Elles sont représentées : en avant, par la commissure blanche antérieure, dont une partie dite olfactive s’étend d’un lobule de l'hippocampe à l’autre; en arrière par la lyre du trigone, qui est une commissure inter-ammonienne.
Le tableau suivant résume cette organisation du rhinencéphale.
1 Lobule de Thippocampe.
Centres corticaux J Corne d’Ammon.
( Corps godronné.
Bulbe olfactif.
Pédoncule olfactif.
Trigone olfactif et substance perforée antérieure. Racines olfactives.
Trigone cérébral et système mamillaire.
Système habénulaire.
Faisceau olfactif du trigone.
Fibres d’association. . . j Nerfs de Lancisi et bandelette diagonale.
( Bandelette demi-circulaire.
Fibres de projection.
centripètes.
centrifuges.
Fibres commissurales.
Commissure blanche antérieure.
Lyre du trigone.