VII. Fibres sensitives et fibres motrices
A. Voie sensitive centrale. — La voie sensitive, de sensibilité générale, est comme les voies sensorielles, une voie indirecte, une chaîne à plusieurs neurones. Elle comprend trois segments: les racines postérieures de la moelle (ou leurs équivalents dans les nerfs crâniens), le ruban de Reil et les fibres thalarno-corticales. Les ganglions ou relais interposés sont : les noyaux sensitifs du bulbe et les couches optiques.
1° Racines postérieures de la moelle. — Nous avons vu que, dans la moelle, les fibres des racines postérieures, issues des cellules des gan-
STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX
glions rachidiens, constituaient les cordons postérieurs; tandis que les libres courtes ou moyennes, se terminent dans la moelle et font partie de son système de projection, les fibres longues localisées surtout dans le cordon deGoll s’étendent jusqu’aux noyaux sensitifs qui font saillie
sur la face postérieure du bulbe, les noyaux de Goll et de Burdacb. — Premier neurone.
2° Ruban deReil.
— Le ruban de Reil (1809) ou faisceau sensitif, appelé aussi médian pour le distinguer du ruban de Reil latéral, qui est le faisceau acoustique, est le deuxième neurone, celui qui s’étend du noyau du bulbe à la couche optique. Ses fibres naissent des cellules des noyaux de Goll et de Burdacb, dont elles sont le prolongement cylindraxile; dès leur
Ruban de Reil
N cran, sensil.
Enlrecr. sensil.
A\ de Goll et Burdach
F. de Goll
F. du cord. ant.
du cord. lat.
Commiss. anl.
Corne post.
origine,
A', rachid.
elles s’entrecroisent (entrecroisement sensitif) comme les fibres motrices, et se placent derrière cellesci dans la partie profonde des pyramides du bulbe, puis constituent le ruban de Reil. Ce faisceau plat traverse successivement la protubérance et le pédoncule cérébral, dont il occupe la région postérieure ou calotte (fig. 560) et se termine en totalité dans la partie inférieure de la couche optique. — Deuxième neurone.
Fig. 5G4. — La voie sensilive. Schéma (en partie d'après Van Gehuchten).
Les flèches indiquent le sens du courant. Remarquer l’interruption des fibres dans les noyaux du bulbe et dans la couche optique.
STRUCTURE DU CERVEAU
Bras ant.
N. lentic., —
Caps. ext.~
Bras post.
N. caudé
- F. cort. sir.
- - F. lent, strie
— Pédonc. opt.
• -F. génie.
Sur son parcours, il reçoit comme affluents les filtres sensitives (mais non les fibres sensorielles) des nerfs crâniens, c’est-à-dire celles du pneumo-gastrique, du glosso-pharyngien, du trijumeau, et la partie vestibulaire du nerf acoustique. Nous avons vu (p. 804 et 867) que la plupart de ces fibres naissaient du noyau du faisceau solitaire et du noyau gélatineux du bulbe, et qu’elles se croisaient dès leur origine. La voie sensitive est donc une voie croisée, au moins pour la grande majorité de ses fibres.
3° Fibres thaï amo- corticales. — Ces fibres proviennent des cellules de la couche optique, de ses noyaux externe et médian, cellules au contact desquelles s’est terminé le ruban de Reil. Elles sortent par la partie externe de la couche optique, traversent la capsule interne, puis le centre ovale dans lequel elles se mêlent à la couronne rayonnante, et aboutissent à la zone rolandique où elles viennent former, par leurs arborisations terminales, le 'plexus sensitif qui enlace les cellules pyramidales et qui est une des caractéristiques des centres sensoriels. — Troisième neurone.
Dans la capsule interne, les fibres sensitives occupent le bras postérieur et le genou, mélangées aux fibres motrices. Elles ne sont
pas condensées en un faisceau étroit, qui serait un carrefour sensitif, comme on le croyait d’abord ; elles sont disséminées. En outre, elles ne sont pas réunies aux fibres sensorielles, car les fibres olfactives et gustatives ne passent pas par la capsule interne, les fibres optiques sont localisées au segment tout à fait postérieur, en arrière du noyau
Segm.rétr.l
l ■ ■ PU>‘- • et
F. sensil.
mêlés