‹ Abrégé d'anatomieChapitre 136 sur 211 · C. opt · texte numérisé non relu

C. opt

N. caudé

- Rad. opt.

Fig. 5G5.

La capsule interne du côté gauche.

Coupe horizontale.

Schématisation des fibres. Les fibres motrices en rouges, les fibres sensitives en bleu. Le trait rouge plein indique la position du nerf facial. — Le bras antérieur renferme principalement des fibres cortico-thalamiques (pédoncule antér. de la couche optique), de fonction inconnue. — Dans la partie la plus postérieure du bras postérieur, se voient les fibres optiques ou radiations optiques.

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

lenticulaire, et les libres acoustiques occupent la région inférieure, souslenticulaire.

Voie sensitive accessoire. — A côté de la voie principale que nous venons de décrire, il existe une ou plusieurs voies accessoires , indéterminées en anatomie, mais d’une grande importance en physiologie et en clinique, car onsait que la voie principale détruite peut être rapidement et quelquefois complètement suppléée par d’autres libres. On présume que l’impression sensitive passe alors dans la moelle par le faisceau fondamental et dans le tronc cérébral par les fibres de la substance réticulée, réseau de libres et de cellules qui s’étend de la moelle à la couche optique dans la partie postérieure delà tige nerveuse.

R. Voie motrice centrale. — La voie motrice centrale, voie centrifuge qui transmet aux noyaux des nerfs crâniens ou rachidiens les

excitations des centres corticaux, comprend deux faisceaux :

le faisceau géniculé, pour les nerfs crâniens, et le faisceau pyramidal, pour les nerfs rachidiens.

Faisceau géniculé. — Le faisceau géniculé, ainsi nommé parce qu’il passe par le genou de la capsule interne, s’étend de la partie inférieure de la zone rolandique aux noyaux moteurs de la protubérance et du bulbe. Né dans les cellules pyramidales des centres moteurs de la tète, il se dirige transversalement à travers le centre ovale, pénètre dans la capsule interne dont il occupe le genou (fig. b65), et au-dessous d’elle dans le pied du pédoncule cérébral où il répond au quart interne de cette région, en dedans du faisceau pyramidal. Il se termine dans les noyaux moteurs des nerf crâniens, facial, hypoglosse, etc. On ne connaît pas encore les fibres destinées aux noyaux des muscles de l’œil.

Les fibres géniculées sont croisées; elles traversent en effet le raphé médian au voisinage de leur terminaison. Nous savons toutefois qu'il

Locus niger

Pied

F. de Meynert

pyr.

F. génie.

Fig. 560. — Pédoncules cérébraux.

Faisceaux schématisés sur une coupe perspective. — Le faisceau sensitif ou ruban de Reil, en bleu. Les faisceaux moteurs en rouge. Dans la partie externe du pied, en gris, le faisceau temporo-protubérantiel (faisceau pedonculaire de Tiirck, faisceau de Meynert).

STRUCTURE DU CERVEAU

y a aussi des fibres directes homolatérales, qui jouent un rôle important dans les mouvements synergiques.

Faisceau pyramidal. — Le faisceau pyramidal, appelé ainsi parce qu’il constitue les pyramides antérieures du bulbe, est la voie corticale motrice des nerfs rachidiens. Il a pour origine toute la zone rolantique motrice, à l’exception de la partie inférieure réservée au faisceau géniculé. Ses fibres sont les cylindre-axes des cellules pyramidales; sa direction est centrifuge. Interrompu dans sa continuité par une lésion, un foyer hémorragique, il dégénère en sens descendant jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle.

Dans son trajet, il traverse successivement le centre ovale, la capsule interne, le pédoncule cérébral, la protubérance, le bulbe et la moelle.

Dans le centre ovale, ses fibres dispersées font partie du grand éventail de la couronne rayonnante; elles convergent vers la capsule interne. — Dans la capsule interne, elles occupent le bras postérieur, en avant des fibres optiques situées dans le segment le plus reculé, en arrière du faisceau géniculé qui remplit le genou. Quant au bras antérieur, nous avons vu qu’il renferme surtout des radiations de la couche optique, fibres thalamo-corticales. Les fibres motrices sont mélangées aux fibres sensitives et il s’y adjoint des fibres des corps striés, qui sont sans doute des fibres vaso-motrices et sécrétrices, ou même des fibres de mouvements réflexes. Une lésion même très localisée produit habituellement une hémiplégie complète dans ce territoire si condensé. — Dans le pédoncule cérébral, le faisceau pyramidal répond à toute la partie moyenne du pied, au-dessous du locus niger, entre le faisceau géniculé qui est en dedans et le faisceau temporoprotubérantiel qui est en dehors. — Il traverse la protubérance audessous des fibres superficielles de l’étage antérieur (fig. 551). — Il redevient superficiel dans le bulbe, comme dans le pédoncule cérébral, et constitue les pyramides antérieures. C’est ici qu’a lieu son entrecroisement partiel. On voit en effet que ces pyramides, à leur extrémité inférieure, se divisent en deux parties inégales, l’une qui s’entrecroise avec celle du coté opposé, faisceau pyramidal croisé ; l’autre, qui reste du même côté, faisceau pyramidal direct.

La partie croisée, de beaucoup la plus volumineuse, se dissocie en 5 ou 6 fascicules qui s’intersèquent avec ceux de l’autre moitié dans le sillon médian, sur une hauteur de près de 1 centimètre; c’est l entrecroisement ou décussation des pyramides , croisement moteur qui se fait au-dessous du croisement sensitif du ruban de Reil. Ces fibres traversent l’épaisseur de la moelle en décapitant la corne antérieure et se réunissent en un faisceau qui se place dans la partie postérieure du cordon latéral (fig. 544): faisceau pyramidal croisé. Il descend jusqu a

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

la partie inférieure de la moelle, diminuant peu à peu de volume en raison des libres qu’il abandonne à la substance grise de la corne anté-

rieure. Les fibres terminales en effet viennent enlacer les cellules

motrices, auxquelles elles apportent les excitations dt* l’écorce cérébrale.

Le faisceau pyramidal direct ou faisceau de Türck poursuit son trajet dans la moitié de la moelle qui correspond à la pyramide antérieure.

Il occupe la lèvre interne du sillon médian dans le cordon antérieur.

Ce faisceau est toujours, sauf anomalie, beaucoup moins gros que le fai seau croisé. Il s’étend jusqu’à la partie inférieure de la moelle; mais peut-être les fibres inférieures, dorsales et lombaires, ne sont-elles que des fibres surajoutées et provenant des ganglions du pédoncule cérébral et de la protubérance. Il aboutit lui aussi aux cellules radiculaires de la corne antérieure, après s’ètre croisé ou non, car les auteurs sont divisés à ce sujet, dans la commissure blanche de la moelle.

Indépendamment de ces deux faisceaux, on connaît des fibres peu nombreuses et non groupées, dites fibres homolatérales , qui se séparent du faisceau pyramidal avant l’entre-croisement et qui restant du

Fig. 507. — La voie motrice. Schéma (en partie d’après Van Gehuchten).

On a indiqué au niveau de l’entrecroisement les tibres homolatérales.

STRUCTURE DU CERVELET

même coté, comme le faisceau direct, vont rejoindre le faisceau pyramidal et se mélangent à lui. De toutes façons, il existe donc pour la voie motrice, comme pour les voies sensitives, des fibres croisées, qui sont la majorité, et des libres directes moins nombreuses. Nous avons dit à plusieurs reprises que cette disposition est en rapport avec la synergie bilatérale des muscles.

Voie motrice accessoire. — Il existe une voie motrice accessoire distincte du faisceau pyramidal, ainsi que le montre l’expérimentation et de nombreux faits pathologiques. Elle peut suppléer la voie principale, et c’est ce qui arrive en fait chez la plupart des hémiplégiques. On sait peu de chose sur son trajet. On présume que son centre est en partie dans l'écorce, en partie dans les corps striés qui sont d’ailleurs une formation corticale, et que ses fibres passent par la substance réticulée du tronc cérébral et le faisceau fondamental de la moelle. Le trajet le mieux connu est celui du faisceau rubro-spinal ou faisceau de v. Monakow , qui du noyau rouge (pédoncule cérébral), descend dans la protubérance, le bulbe et la moelle, où il se môle au faisceau pyramidal. Il se termine probablement dans les cornes antérieures.

D’ailleurs le faisceau pyramidal est un faisceau d’évolution récente, il n’existe que chez les mammifères, et chez beaucoup d’entre eux il est rudimentaire. Il n’atteint son plein développement que chez les primates. Il est proportionnel à l’activité fonctionnelle des muscles qu’il dessert et à la domination de la moelle par le cerveau.

STRUCTURE DU CERVELET

La substance grise qui contient les éléments cellulaires forme l'écorce cérébelleuse, d’une épaisseur de 1 millimètre, et les ganglions centraux dont le plus important est le corps dentelé. De ces éléments variés, dont quelques-uns sont assez petits pour avoir mérité le nom de !/rains , nous ne décrirons que les cellules fondamentales, les cellules de Purkinje (1837), qui comptent parmi les éléments les plus différenciés des centres nerveux.

Les cellules de Purkinje occupent sur une seule rangée la couche intermédiaire de l’écorce cérébelleuse. Elles sont de grande taille. Leur corps ovoïde a la forme d’une grenade. De son pôle supérieur, tourné vers la périphérie, émane une arborisation protoplasmique remarquable; les branches se divisent et se subdivisent en nombreux rameaux épineux, qui s’étendent sur un seul plan, le plan antéro-postérieur, et ressemblent à un arbre en espalier. Le pôle inférieur donne

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

naissance à l’axone qui se dirige vers le corps dentelé ou vers les centres nerveux qui entourent le cervelet.

Les libres nerveuses du cervelet se rangent en deux catégories : les libres d’association et les libres de projection.

Les fi b res commissurales paraissent faire défaut. Le cervelet n’est pas formé de deux moitiés distinctes; au contraire, ses hémisphères

Fig. 568. — Cellules de Purkinje et grains du cervelet.

Coupe frontale d’une circonvolution du cervelet. Les cellules de Purkinje et leur arborisation sont vues de profil. — Grains ou petites eellu’es nerveuses dont l’axone monte vers la surface et s’y bifurque en T, formant ainsi les fibres parallèles.

latéraux sont réunis par un lobe médian, le verrais, qui est le lobe originel et qui chez la plupart des vertébrés est le plus considérable.

Les commissures antérieure et postérieure que l’on distingue dans l’épaisseur du noyau blanc ne sont probablement que les lieux de croisement des libres pédonculaires.

A. Fibres d’association. — Les fibres cl' association unissent deux régions différentes dans une même moitié du cervelet. Elles sont uni ou homolatérales. Elles sont représentées par les fibres arquées ou fibres en guirlande qui courent à la base de l’écorce en faisceaux assez épais, se moulant sur les sillons interlamellaires et interlobulaires. Elles relient entre elles les circonvolutions du cervelet.

B. Fibres de projection. — Ces fibres unissent le cervelet aux autres centres nerveux. Le cervelet, organe surajouté au cerveau et à la moelle, n’est en rapport qu’avec ces centres; il n’a pas de relation avec les autres parties de l’organisme. Les fibres de projection passent toutes par les trois pédoncules supérieur, moyen et inférieur, qu’elles constituent. Elles sont, dans un même faisceau, en grande partie

STRUCTURE DU CERVELET

Fig. 509. — Connexions du cervelet. Schéma.

Les fibres efférentes ou centrifuges en rouge; les fibres afférentes ou centripètes en bleu. Les petits cercles au centre du dessin indiquent les noyaux protubérantiels.

pas directement, mais se font par l’intermédiaire de ganglions interposés, le noyau rouge, les noyaux protubérantiels, l'olive du bulbe,

' oyau de Dealers

Goll et Burdach

croisées, en moindre partie directes; semi-décussation, qui est la règle dans le système nerveux.

Il faut distinguer les connexions cérébrales et les connexions médullaires.

I. Connexions avec le cerveau. — Ces connexions ne s’établissent

Noyau rouge

Corps dentelé

STRUCTURE DES CENTRES NERVEUX

que l'on peut considérer comme de petits cervelets périphériques. Elles comprennent des voies afférentes par rapport au cerveau, et des voies efférentes ou centrifuges.

Fibres centripètes ou efférentes. — Lesdeux principaux systèmes sont:

1° Les pédoncules cérébelleux moyens. Leurs fibres naissent des cellules des noyaux gris protubérantiels, s’étagent dans les couches transversales de la protubérance qui se superposent en strates , et se portent à l'écorce des hémisphères (fibres ponto -cérébelleuses). Ces noyaux à leur tour sont reliés à l'écorce cérébrale par des fibres qui s’engagent dans le pied du pédoncule cérébral.

2° Le faisceau olivâtre. Ce faisceau provient des cellules de l’olive bulbaire, sort par le hile de ce ganglion, se croise avec le faisceau opposé et monte dans le corps restiforme pour se% terminer dans l’écorce cérébelleuse. De son côté l’olive a des connexions avec le cerveau.

Fibres centrifuges ou efférentes. — Ces fibres constituent la presque totalité des pédoncules cérébelleux supérieurs. On constate même à l’œil nu que ces pédoncules sortent par le hile des corps dentelés, s’entre-croisent sous les tubercules quadrijumaux et se terminent dans les noyaux rouges des pédoncules cérébraux. Les noyaux rouges sont en relation avec la couche optique, celle-ci avec l’écorce cérébrale, de là des fibres dites rubro-cérebe lieuses, rubro-thalamiques —

IL Connexions avec la moelle. — Nous devons faire ici la même distinction en fibres afférentes et efférentes. Nous réunissons le bulbe à la moelle dans notre description.

Fibres centripètes afférentes. — Dans cette catégorie viennent se ranger :

1° Le faisceau cérébelleux direct ou de Flechsig. — Ses fibres ont pour origine les cellules de la colonne de Clarke, contournent la face externe du bulbe, pénètrent dans le pédoncule cérébelleux inférieur et se terminent dans l’écorce du vermis.

2° Le faisceau, de Gowers. — Ce faisceau, qui provient des cellules de la corne postérieure de la moelle, accompagne le faisceau de Flechsig jusqu’au bulbe; là il s’en sépare, s’engage dans l’épaisseur de la protubérance, puis en sort pour contourner le pédoncule cérébelleux supérieur et se termine lui aussi dans l'écorce du vermis, audessous et en avant du faisceau cérébelleux direct.

3° Les fibres des noyaux de Goll et de Burdach (?). — Ce sont des noyaux contenus dans le cordon postérieur du bulbe et qui à leur tour sont en relation avec les fibres des racines postérieures de la moelle. Il faut y joindre des fibres du nerf vestibulaire, une des deux branches de l’acoustique. Toutes suivent le pédoncule cérébelleux inférieur.

Fibres centrifuges ou efférentes. — Ces fibres mal connues se por-

ENVELOPPES DES CENTRES NERVEUX OU MÉNINGES

lent du cervelet aux noyaux moteurs des nerfs crâniens, et d’autres à la moelle elle-même {faisceau cérébelleux descendant , contenu dans le faisceau fondamental antérieur).

Le cervelet est un organe d’une importance considérable dans l'édifice nerveux, car il existe chez tous les vertébrés; il atteint chez l'homme son plus grand développement. C'est un organe homogène, doué de l’unité anatomique et physiologique; il possède partout la même structure, et on n'y a pas reconnu de territoires comme dans l'écorce cérébrale. Enfin c'est un organe moteur, étranger à la vie psychique, à la vie sexuelle, aux phénomènes sensitifs proprement dits. Sa fonction se rapporte à l’équilibration.

ENVELOPPES DES CENTRES NERVEUX

Page 1